‹ Journal d'un voyage aux mers polaires [microforme]Chapitre 25 sur 53 · LEP · texte numérisé non relu

LEP

LS

bonheur de

£ 4 RFA EEE dem

ce qui ne1

lui et a dû

et veut le un grand é

canot soit quatre heur à contemplé ment par qu ques glaçon (—9,929 ca vert d’une c que fois qu’( Je suis de excellence es plomb à bord ques momen peut me don

à JUILLET.

res, on aperç blanc sale que

Mais lorsqI lever une gr bittent un pet not, où je ne de les accomp:

ments, la long De 00 forts taur

th ' l'av le travers

« Franklin, pour la d

« reporte naturel] M0 illustre capitai LA tre capitaine «

nu haissé sur eux un

les tro

VOYAGE AUX MERS POLAIRES. 47 ce qui ne m'étonne pas à cause du mortier qui a été tiré près de

NOUS ind je lui et a dû nécessairement l’ébranler. M. Kennedy en est effrayé, vuau M ‘treut le changer pour une baleinière. Cependant, on en a fait m; le un grand éloge, et je ferai mon possible pour qu'au moins le nets canot soit essayé. Nous avons aperçu un instant Disco '; vers ments quatre heures, nous tombons sur un pack. Je reste longtemps tt com à contempler cette immense plaine: de glace, accidentée seulee cette De ment par quelques monticules produits de l'écrasement de quelduLa- De dues glaçons entre des glaçons plus faibles. Thermomètre 28° manger (—92,22 centigrades). A sept heures, notre gréement est recouose. De vert d’une couche de verglas qui nous couvre de ses débris chanl que fois qu’on manœuvre une corde ou une vergue. t couler Je suis de plus en plus inquiet pour mes yeux; le remède par “tint excellence est l’eau blanche, et nous n’avons pas d’acétate de ne plomb à bord. Que la volonté de Dieu soit faite ! Mais jai queltes? ques moments de tristesse en songeant à l'inhabileté que cela Sr: dé peut me donner.

s débris r neleur A © UuET. — Nous continuons à suivre le pack. À dix heurapide: Ë res, on aperçoit presque sur le bord de la glace une masse d’un un peu Îe blanc sale que l’on prend pour de la glace de vase. in. J'ai MR Mais lorsque nous approchons, le bruit de notre sillage fait x plon- . lever une grosse ourse blanche, dont les deux oursons se dé-

‘5 NW n h " ,, HF ; A un peu plus loin. Nos chasseurs s’élancent dans un ca- Le no 10 à SN F , * Q SE theur- N° où je ne puis, à cause de mon mal d'yeux, avoir le plaisir de les acc : A aides . # A au bi: mA (CIS accompagner, mais Je suis avec Intérêt tous leurs mouvements, la longue-vue à la main. L’ourse, grosse comme un de

ps el . 00 forts taur dl à | 1 Laisirà M forts taureaux, bäille et semble envoyer au diable les im-

a partie gés sur

a l'os TU à CN . n : .

n. ve le travers de l'ile Disco (iles de la Baleine): c'est d'ici que sir John à Fran , . . , . n , . . 4 AT lin, pour la dernière fois, a écrit à l'amirauté le 12 juillet 1845, et la pensée <e re ) c . . Le porte naturellement sur les atroces privations par lesquelles ont dû passer cel

Es à

illustre ca ji al M apitaine et les malheur | ‘ac ag è i i pitaine et les malheureux qui l’accompagnent; peut-être Dieu a-1-il

issé sur "ec Ù sur eux un regard de compassion, peut-être nos devanciers ont-ils.en le onheur de les trouver !

s, C'est el'eau,

a RES AMEN Ses ET cp M age rm ads hperc ns nmnes vas du mn :

portuns. Une petite tête sortant d'une touffe de longs poils légèrement jaunâtres s’allonge dans la direction du canot. Une balle lui dit bientôt l’intention de ses visiteurs, et rien n’est indéfinissable comme la pesante légèreté avec laquelle elle court sur ce terrain mouvant où un homme ne pourrait la suivre. Les petits ont disparu, et il faut remettre la partie à une autre fois. II est fort heureux qu’elle ne se soft pas jetée à l’eau, car ils étaient

- six dans le youyou, et ces animaux nagent plus vite qu'un canot

armé de quatre hommes, car ils prennent quelquefois des phoques à la nage. M. Kennedy raconte que leurs tracks (traces) ont treize et quatorze pouces de long, les jambes de devant sont plus courtes que celles de derrière. Quand ils sont blessés en fuyant, ils se retournent et cherchent à mordre le corps qui les a frappés; supposant qu’il y a un ennemi derrière eux, ils donnent un coup de patte. Les matelots prétendent que c’est une poignée de neige que l'animal applique sur sa blessure. Cette ourse, bien que très-remarquable, et un des plus beaux spécimens, disent les chasseurs, par un effet de mirage, sans doute. m'avait paru plus haute qu'un bœuf. Un instant après, je li voyais sous des dimensions considérables encore, mais moins fortes. Les chasseurs disent. avoir éprouvé la même impres sion. Dans la soirée, on donne [1 chasse à un nouvel ours qui se jette à l’eau, et, au milieu des glaçons, dépiste notre youyou. Quand cet animal se jette à l’eau, il plonge jusqu’au «not, et, là, applique seS pattes sur les fargues, ce qui est plus dangereux que s’il venait en nageant.

6 et 7 sunzer. — Je passe toute la journée du dimanche B

couché. M. Kennedy est v.nu me lire les prières. Au point du jour, nous summes, par un temps clair, près di

Waigat. La terre, à quinze milles, excessivement haute, le so: Ba . Ces. Les Amd

leil dissipe le brouillard, et, par un temps très-clair, nous voyon la plus belle scène. Au fond, ces montagnes élevées, aux teintts d’un bistre rougeâtre ; sur le haut, des lignes blanches de neige:

ee.

le somm semble bi

le ciel et cinquante sommes p tion, la pl colossales cuple les f.

huit ans, el débris, tou mur criblé partout des ment creusé un volcan é brodigieuse dans tous le Dans l'ap:

mière fois q dant qu’on n d'un coup « Li mère, si elle Al'anéant * Ce doit être Saignée dans

8 Juuzer.

quelques lettr CL Jane de Bo 7 puisse pas dir " Des nouvel noncent, mais

Fées

Pete Ce

. dans le sud de ‘ées à l’ile Bec

légèballe éfinissur cé petits .JLest étaient \ canot es pho- (traces) int sont ssés el qui les ils donest une e. Cette aux SPés doute.

»s, je lt $ moins impresvel ours ste notre qu’au Cij est plus

dimanche Bu

VOYAGE AUX MERS POLAIRES. 49 le sommet de plusieurs, couvert d’une éternelle enveloppe, semble braver les rayons du soleil. Leur image se reflète dans le ciel et double leur élévation. Nous sommes au milieu de cent cinquante 1ce-bergs aux formes les plus variées. Comme nous sommes près de la terre, c’est-à-dire près du lieu de leur formation, la plupart conservent le type de fragments de ruines aux colossales proportions ; il me semble voir sur une échelle déeuple les faubourgs de Montevideo, une ville assiégée pendant huit ans, et dont les approches recèlent la destruction. Tout est débris, tout est mutilation, rien qui soit intact; ici un pan de mur criblé de boulets, là un mirador élevé qui menace ruine, partout des ruines. Plus loin, un ice-berg, aux sillons profondément creusés, s’entr'ouvre comme une grenade mûre ; ou paraît un volcan éteint dont le cratère est béant, ou bien encore une prodigieuse masse semblable à une pierre calcaire qui se fendille dans tous les sens.

Dans l'après-midi on est obligé de me saigner. C’est la première fois que je subis cette opération, et je reste debout pendant qu’on me tire trois pleines assiettes de sang. Je tombe tout d’un coup en balbutiant ce nom si cher : Ma mère! Pauvre mère, si elle me voyait !

A l’anéantissement succède une faiblesse pleine de bien-être. Ce doit être une mort douce que celle qui suit une abondante saignée dans un bain.

8 sucer. — Deux navires sont en vue. J'ai heureusement

et Jane de Bo’ness. Je me lève afin qu’on me voie et qu’on ne puisse pas dire que j'ai été trop mal. On me croirait mort.

A quelques lettres prêtes à envoyer par le Pacifique d’Aberdeen

, près R À Des nouvelles, non pas importantes quant à ce qu’elles an-

e, le sv JA oncent, mais du moins pour fixer nos idées, nous sont don- S voyons BA nées. Les Américains ont été emmenés par le courant jusque ix teint k. dans le sud de Disco, et donnent des détails sur les traces troue neige: D ‘es à l'île Beechey et sur la côte entre le cap Riley et le cap

Spencer : trois tombes portant les noms d'hommes de l’Erebus et du Zerror, une avec la date d'avril 1846; d’autres débris prouvent que l'expédition de sir John Franklin a passé là son hiver. Ce qu’il y a de plus étonnant pour moi, c'est que l’on n’y ait point trouvé un document indiquant la direction que ce capitaine a dû prendre. A-t-on mal cherché? Ce n’est pas possible, une fois qu'on était sur le terrain. Le capitaine Ommaney a-t-il trouvé le document? Il en aurait évidemment parlé; car il ne peut avoir craint d'amener sur le véritable endroit des recherches un trop grand nombre de concurrents ; une pareille conduite serait bien coupable, quels qu’en fussent les motifs. D'un autre côté, comment admettre que sir John Franklin eût manqué ainsi aux usages des voyages de découvertes? On peut se perdre en conjectures, et le champ du possible est tellement vaste, que. pour ne pas s’y perdre, nous devons attendre, je crois, les renseignements que nous trouverons à Griffith.

Le fait saillant, c’est la route que les glaces ont fait suivre aux Yankees, portés d’abord au nord du canal de Wellington plus nord qu’on n’y avait pénétré, puis redescendant les détroits et la baie de Baffin. Voilà l'élément vrai qui prouve le courant polaire et l'existence du passage nord-ouest. Dans quelle direction est ce passage ? voilà le hic! S'ils ont été portés au nord, ne serait-ce point que le passage se trouve entre la terre de Boothia et le cap Walker, puisque le courant va se heurter au fond du canal de Wellington et redescend? — En tout cas. j'aime trop sir James Ross pour ne pas être très-content que te qui est arrivé à l’Investigator se soit présenté pour d'autres. Les Américains se plaignent, dit-on, beaucoup de leur équipage, qui est faible et d'assez mauvaise volonté. À un moment un des deux navires a dû être abandonné, et les équipages des deu: sont restés à bord d’un seul, ce qui, du reste, avait l'avantage d'économiser le combustible. Le Pacifique a déjà sept baleines et un baleineau. La Jane en a de même sept. Encore trois 0 quatre, et leur saison aura été excellente. Ils se rendent dans le

commerce à "ons ni le ces quelques Soit que Je beaucoup de écris avec les nord que pos tlquelques E À où le produit … pour le gouve "ques Magasins ; lique. Les autr Drour là plupart

sud. À Bank, nous no les hau heureus,

9 au vk,aun d'hier vie

19 sui les roche.

se trouve est mal pl:

ne montr quelques n goëlette me

où, après .

laine d'indi sans crainte du reste fo quitté le pa

ebus ébris

| son n ny Capisible, a-t-il ilne echere con- . D'un nanqué perdre e, que.

es ren-

t suivrè Ilington détroits courant e direcu nord, terre de urter al out Cas.

ht que ce d'autres.

quipage, it un des des deu

avantagt baleines trois 01 t dans le

VOYAGE AUX MERS POLAIRES. o1 sud. Nos lettres seront remises, si faire se peut, sur le Cod- Bank, c’est-à-dire la barre d’Holsteinsborg. — Au moment où nous nous Séparons, les équipages des deux navires montent dans les haubans et nous saluent de trois cheers (acelamations). J'ai

heureusement obtenu du chirurgien de l’acétate de plomb.

9 sucer. — Nous continuons à nous diriger sur Uppernavik, au milieu des 1ce-bergs et de streams of light ice. La visite d'hier vient heureusement faire diversion à nos préoccupations.

10 sucer. — Temps brumeux et épais. Nous apercevons les roches de Sandersons-Hope. C'est en prolongeant l'île où se trouve cette pointe qu’on arrive à l’établissement, dont le nom est mal placé sur la carte; je cherche des veux l'endroit qu'on me montre et ne vois rien; enfin, à la longue-vue, j’aperçois quelques maisonnettes qui constituent sans doute la ville. La goëlette met en panne, et M. Kennedy et moi nous allons à terre, où, après avoir débarqué au milieu de glaçons et d’une vingtaine d'individus assez sales, on nous montre le gouverneur, qui, sans crainte de déroger, vient au-devant de nous, nous recevant du reste fort poliment. Né à Lively (île Disco), il n'a jamais quitté le pays et dit quelques mots anglais que son fréquent commerce avec les baleiniers lui a appris. Comme nous ne savons ni le danois ni l'esquimau, je cherche à mettre à profit ces quelques phrases allemandes que j'ai préparées à l'avance. Soit que je les prononce mal, soit que l'accent danois diffère beaucoup de l'allemand, il ne les comprend que lorsque je les écris avec les caractères allemands. Cet établissement, le plus nord que possède le Danemark, comporte en plus un aumônier et quelques Européens. Le reste de la population est esquimau

A ou le produit du croisement des races. Trois maisons en bois : pour le gouverneur et l’aumônier, une chapelle, une école, quel- M ques magasins, composent la ville haute, le quartier aristocratique. Les autres employés et les autres matelots blancs habitent pour la plupart des huttes qui ne diffèrent à l'extérieur de celles

des naturels que par l'emploi de portes et de fenêtres. Les mots de gouverneur, d'établissement, me remettent en tête ces titres de rois, de princes, si généralement concédés au chefs de tribus ou quelquefois d’une poignée de sauvages, et mes désappointements de jeune voyageur lorsque je visitai les mers de l'Inde. jependant la maison du gouverneur, puisque gouverneur il ÿ a, est assez confortable. Un véritable râtelier de pipes aux longs tuyaux dénonce l’habitation allemande. Bientôt nous sommes présentés à toute la famille, composée de madame la gouvernante, de race esquimau, et à cinq petits enfants qui ne se distinguent du vulgaire que par plusieurs articles européens dans leurs vêtements. L'établissement trafique avec les Esquimaux de la côte des peaux et de la graisse de phoques, dont un certain nombre, du reste, sont tirés par les gens même d'Uppernavik, qui vivent en partie de la chair des animaux qu'ils tuent et en partie ces rations qui leur sont fournies, bien que dans ces dernières années, la guerre du Holstein faisant craindre l'interruption des relations avec la mère patrie, le gouverneur ait plusieurs fois suspendu la distribution des vivres d'Europe. Cette année, les phoques avaient été rares ; cependant, entre Proven et Uppernavik ils valaient 1,000 francs. Une peau d'ours vaut 40 dollars danois, un renard bleu #, et un blanc 2 ou 5 en Danemark. Ma présence à bord du Prince-Alhert l'étonne beaucoup ; mais je la lui explique en anglais et en allemand, et lui laisse quelques mots par écrit en trois langues que l’auminier lui traduira. 11 n’est pas venu, me dit-il, de navire français depuis 1855 à Uppernavik.

Humboldi, Cosmos, p.254 et note 567, 2 vol, édition latine, parle de l'inscription runique trouvée sur une des îles au nordouest du groupe des îles des Femmes, nommée Kingitoarsuk, semblant prouver qu'en 1135 des aventuriers du Groënland et de l'Islande avaient précédé Baffin. Je me promettais de les aller visiter; mais le gouverneur me dit qu’en 1824 ces pierres ont

été emportées en Danemark. — Six chiens et un traîneau nous

‘bande de c

sont do de rass avoir to mais da

à tous desquels nous pr petite er bons pot madame plus de :

compren(

puis un femme et tout ce qi à la relig anneaux, quoiqu'il influence.

que j'ai ré l'observati veux noirs un chignor sans tresse posées de être graiss tout en pea À Casaque bant devan du moins, Sarrures dé les enfants De grands

)otS tres bus ntende.

ya, ongs imes averà: (lisdans ux de ertain navik, et en s dereTTUPsieurs nuée, ven et s vaut 5 en étonne and, et ’aumifran-

latine, 1 nordoarsuk, land et Les aller res On au nous

bande de chiens couvrant un monticule de terre, m’indiquaient

VOYAGE AUX MERS POLAIRES. d3 sont donnés pour 4 livres sterling. Mais la grande difficulté est de rassembler cette quantité d'argent. Nous comptions en effet avoir tout ce dont nous aurions besoin des naturels eux-mêmes, mais dans tous les établissements sans doute on préfère l'argent à tous les articles dont on est approvisionné, et de la vente desquels les Danois tiennent à avoir le monopole. Tout cela nous prenant un peu de temps, le navire est amarré dans une petite crique, et je retourne à terre avec quelques boîtes de bonbons pour la famille du gouverneur. Je suis alors présenté à madame Krafg, la feunme du ministre, que je regrette d'autant plus de ne pas rencontrer, qu'il parle l'allemand, l'anglais et comprend le français; le latin même m'eût peut-être servi. Depuis un an dans le pays, il doit y rester encore sept ans. Sa femme et sa sœur l’ont accompagné. Ces dernières comprennent tout ce que je leur dis en allemand ; toute la famille appartient à la religion luthérienne. — Pour quelques mouchoirs et des anneaux, des colliers, j'obtiens de faire poser deux femmes, quoiqu'il faille un peu que madame la gouvernante use de son influence. Le type de physionomie est pour les deux sexes celui que j'ai rencontré dans l'Amérique du Sud, du moins quant à l'observation superficielle que j’en ai pu faire : yeux bridés, cheveux noirs, longs et plats ; les femmes les portent retroussés à

un chignon sur le sommet de la tête, comme les Chinois, mais sans tresse derrière ; de doubles cottes en peau de phoque, dis-

posées de façon que les côtés sans poils se touchent et puissent être graissés, des culottes et une casaque avec un capuchon, le

touten peau de phoque, forment l'accoutrement des deux sexes,

La casaque des femmes diffère seulement par une queue retom-

bant devant et derrière. et leurs bottes sont, pour les élégantes

du moins, en cuir tanné et teint en couleurs éclatantes avec bi-

garrures de peaux de différentes couleurs. Les femmes portent

les enfants sur le dos dans une poche ménagée dans la casaque.

De grands pieux supportant quelques pirogues, et surtout une

une hutte, et je priai qu'on demandit si je pouvais y entrer. Ayant reçu une réponse affirmative, je cherchai vainement la porte. Chiamo! chiamo! me criait-on du dedans : il me fallut l’aide d’un des assistants pour deviner qu’une ouverture, à peine de deux pieds de haut, recouverte d’une peau, était la porte. Des bouffées chaudes et chargées de férides émanations m'arrivent, je sens s'ébranter mon courage, mais entin je pénètre dans l'intérieur de la hutte, après avoir rampé, sur une longueur de deux mètres, dans une sorte d'égout aux murailles humides, dont le pied repose dans une boue détrempée de sang, d'eau, d'huile et de graisse. Non, jamais je n’oublierai l'impression causée par ce que je vis; bien que je me crusse préparé à tout par les nombreuses descriptions que j'avais lues de ces misérables huttes. Encore ceci est-il dans un endroit comparativement civilisé, où l'exemple des Européens doit créer et crée des besoins de confort inconnus aux peuplades errantes, dans un établissement que visite tous les ans un inspecteur envoyé par le gouvernement de Copenhague. Une eñceinte rectangulaire de pierres, recouvertes à l'extérieur d’une épaisse couche de terre, et à l’intérieur de trois ou quatre planches, forme Ia carcasse, la charpente de la hutte; de chaque côté de la porte et au fond, une sorte de treillage à un pied du sol et de trois à quatre pieds de large, recouvert de peaux servant de lit et de table. Dans l'espace du milieu, qui a à peu près trois pieds, une moitié de phoque, dont la graisse a été enlevée, mais dont les chairs saignantes sont foulées aux pieds, et qui est là à portée des appétits des hôtes de la hutte.

Sur un des côtés, une vieille femme presque aveugle, aux jambes et aux bras nus, aux mèches grisonnantes, coud des peaux qu'elle remue avec ses pieds et ses mains. Ses paupières rouges ressortent sur la couleur bistrée par cette maigreur qu’on ne trouve que chez les individus de cette race. On dirait d’une vieille sorcière de Macbeth. — Près d’elle est couché son fils, le maître de la maison, qui se met sur son séant pour me faire

es honne nue, allai l'autre ell vêtement:

le double pons, que aux murs au milieu Point d près de le boyaux, |:

sens SufToc VEUX voir, qu'une ma je cherche bienveillan De léger déshérités à un long € ma respiral mosphère, Commen reilles cond impossible curiosité, | qui annoncé Suflisammer en viennen particulière qui veut dir Pauvres pet leur ont fait guerre. Ils la côte du

la lut ine te.

rians de les, au, ion tout éranent oins $$- 1verres, et à , là ond, ieds Dans é de sai-

ppé-

aux des ières qu’on d'une fils, faire

es honneurs de chez lui. Au fond, une jeune femme, presque nue, allaite un enfant nu qu'elle tient d'une main, tandis que de l'autre elle rassemble à la hâte quelques peaux qui forment ses vêtements. Deux lampes, où brûle une huile fétide, remplissent le double rôle d'éclairer et de chauffer l'appartement. Des harpons, quelques lances, des rouleaux de peaux, sont appendus aux murs ou posés verticalement, la partie inférieure plantée au milieu de détritus de toutes sortes.

Point d'ouverture qui laisse échapper la fumée ; un seul trou près de l'entrée, voilé par de minces enveloppes d’intestins ou boyaux, laisse seul voir qu’il y a un monde extérieur. Je me sens suffoqué ; le nez, la gorge, l'œil, tout est affecté, mais je veux voir. Je cherche même à cacher ce que j'éprouve, et, lorsqu'une main huileuse s’étend vers moi en signe de bienvenue, je cherche un mouchoir que je tends en cadeau pour éviter la bienveillante étreinte qui me menace.

De légers présents ont bientôt fait des amis de ces pauvres déshérités de la nature ; et, comme le plongeur qui se prépare à un long effort, je cherche à voir le plus possible, en retenant ma respiration et en aspirant le moins que je puis de cette atmosphère.

Comment des êtres humains peuvent-ils vivre dans de pareilles conditions ? C’est un problème dont on croit la solution impossible jusqu'à ce qu’on l'ait vue, Lorsque j'ai satisfait ma curiosité, j'examine de nouveau l'extérieur, et deux barriques qui annoncent l’aisance de mon nouvel ami; leur contenu est suflisamment indiqué par la présence de nombreux chiens qui en viennent lécher les graisseux contours; c’est la provision particulière de l’Esquimau, ou plutôt du Huskie. Esquimau, qui veut dire mangeur de poisson cru, est un nom donné à ces pauvres peuplades par les Indiens qui, au nord de l'Amérique, leur ont fait longtemps et leur frnt encore de temps à autre la guerre. Ils considèrent ce nom comme une insulte, même sur la côte du Groënland, où l’on comprend parfaitement le lan-

56 J, R. RELLOT,

gage parlé sur la cûie du Labrador. M. Smith, notre Steward, qui a appris leur langue à la baie d'Hudson, se fait très-bien comprendre d'eux.

Des parties de phoques sèchent au bout de longues perches, et je vois des sortes d’outres à la couleur rougeñtre, dont je cherche en vain l’origine ; ce sont des panses de daims tués sur la grande terre. Ces outres contiennent le sang et les intestins. qu’on laisse macérer pendant plusieurs jours. M. Hepburn connait tout cela, et sir John Franklin doit en parler dans son voyage.

Toutes les parties du phoque sont utilisées, et cet animal doit être divinisé par eux. J'avais trouvé d'abord la maison du gouverneur assez confortable, mais maintenant elle me parait une somptueuse demeure.

Les Esquimaux ont apporté à bord quelques perdrix semblables à celles que j'ai vues en France ; mais ils vendent tout cher, et, suivant le proverbe écossais du docteur, ils ne voudraient pas vendre leurs hens on a rainy day (leurs poules par un jour pluvieux), parce que la pluie les fait paraître maigres.

Nous n’avons pu trouver d'interprètes : le gouverneur nous déclare qu'aucun des Esquimaux ne viendrait avec nous. Sans doute il a des ordres de son gouvernement pour cela, car M. Penny, qui y a pris M. Peterson, a demandé à l’amirauté qu’on intercédât près du Danemark. En me retirant, je suis sur le point de mettre le pied sur un petit phoque dépouillé; je saute en arrière, parce que je le prends pour le corps d'un enfant.

Vers sept heur:s, nous appareillons avec une légère brise. À dix heures, une pirogue vient le long du bord avec un Esquimau de l’une des îles, qui se rend à l'établissement. On ne peut voir sans frémir ces hommes s’aventurer à une distance quelconque dans ces frêles esquifs, dont les bords s'élèvent à peine à quatre pouces au-dessus de l’eau quand le propriétaire est dedans. Longue de 4 à 5 mètres, sur 0"60 de large, et

0"50 à 0 jayaque, l assemblées elle à au ligne de cu mer en gén libre; cepe ges distar peut sortir, les voir ait cest la piro fait pirogue homme, mo bien plus de € Troco !

rents objets ne Sais com turel, qu'il :

sans bornes intelligents s voit paraitre CCapitan! »

me dit-il: « tonalité aux

Louer.

Îles qui sont le temps est 1 prises à terre.

douzaines d'œ édredon), Ces fournissent un bruns ou verc marquée que 1

r'd, jen

és, t je sur ins, ‘onson

imal n du arait

semtout vols par res.

nous Sans ; ‘Co?

rauté suis uillé ; d'un

se. À squi- )n ne tance ent à taire e, el

VOYAGE AUX MERS POLAIRE. 07 0"50 à 0°40 de haut, une pirogue, ou kayak ( prononcez jayaque, le j espagnol), est faite de peaux cousues ensemble et assemblées sur une légère carcasse d'os ; recouverte en dessus, elle à au milieu un trou, derrière lequel se trouve placée une ligne de cuir attachée à son harpon. Comme il n'y a pas de gardemer en général, la grande difficulté est de savoir conserver l'équilibre; cependant on en trouve quelquefois entrainées à de longues distances. Si la pirogue chavire, comme l'Esquimau n’en peut sortir, il est perdu, mais il se redresse avec sa pagaye. A les voir ainsi enchevêtrés l'un dans l'autre, on se demande si c'est la pirogue qui s’est faite homme, ou l’homme qui s’est fait pirogue; et, si les anciens eussent vu de ces êtres moitié homme, moitié bateau, ils en enssent fait une race à part avec bien plus de raison que des Centaures.

« Troco ! » nous crie notre visiteur ; et je lui apporte différents objets pour ses harpons. Je lui fais voir un miroir, et je ne sais comment dire le rire stupide, mais si franc et si naturel, qu'il fait éclater en voyant son image; mais sa joie est sans bornes lorsque je lui fais voir une poupée. Ces gens sont intelligents sous leur enveloppe si animale; quand celui-ci me voit paraitre, bien que je sois vêtu comme tous les autres : € Capitan! » dit-il, je lui fais signe que non. —- « No quishi, » me dit-il; « you mericam. » Cependant rien n’a trahi ma nationalité aux yeux des baleiniers que nous avons vus jusque-là.

{auner. — Nous sommes retenus par les calmes près des les qui sont au nord-ouest du groupe des îles des Femmes et le temps est mis à profit : un canot est envoyé à différentes reprises à terre, et en très-peu de temps il a rapporté vingt-trois douzaines d'œufs de eider duck (anas mollissima, ou canardédredon). Ces œufs, gros comme deux fois nos œufs de poule, fournissent un ample rafraîchissement à l'équipage ; ils sont ou bruns ou verdâtres ; ces derniers ont la forme conique plus

LP marquée que les nôtres.

Trois tombes, dont l’une de 1825, M. Craig, chirurgien du Rambler, une autre, un mousse de onze ans, 1857, ont été trouvées sur l’une de ces îles. — Le temps est magnifique, et il fait presque chaud. Le thermomètre est à 55°; nous restons immobiles sur une mer d'huile. Ge n’est point un de ces calmes de l'Océan, où il y à toujours une houle qui agite le navire, et où les voiles retombent pesamment le long des mâts, il semble que tout sommeille; l'équipage est en bas parce qu'il n’y à rien à faire sur le pont. Mais, grâce à ces rayons bienfaisants qui dorent d’un gracieux reflet les surfaces polies des ice-bergs. la nature n’est point morte; on sent la vie sous cette complète immobilité : c’est l’image du repos, et non de la mort. De temps en temps, une sourde détonation annonce le résultat de la décomposition amenée $ans doute par la chaleur ; un roulement saccadé se fait entendre, semblable au fracas du tonnerre dans .nos orages d'automne, et nous voyons la tête d’un ice-berg se détacher du trone, glisser en mugissant, et se précipiter dans l'onde au milieu des nuages d’écume qui jaillissent à une grande hauteur. Le monstre oscille plusieurs fois comme pour se raffermir sur sa base, ou peut-être en signe de salut aux autres ice-derys, car, qui peut traduire le mystérieux langage de la nature? Une longue houle va dire à plusieurs milles de distance son entrée dans le monde; quelques minutes encore, € naguère partie dépendante d’un bloc plus gros, il est maintetenant lui-même membre de cette famille de géants.

J'ai vu plus d’une fois le lancement d’un vaisseau, cet admirable résultat des efforts de l’homme, j'ai senti mon cœur se serrer au moment où, le signal donné, il s’avançait lentement, faisant craquer sur son passage le chêne de son berceau, tt J'avais battu des mains en voyant flotter cette masse énorme dont je considérais la mise en marche comme le nec plus ultrà des résultats de la mécanique ; qu’est-ce que cel, comparé à la scène d'aujourd'hui? O hommes ! que vous êtes petits dans le monde;

que vos chefs-d’œuvre sont grêles et mesquins, près des travaux

hommes de Pa

de ce gra pyramides Kremlin ?

l'eau et dc des coupol ILest impo lité de par se trouvers un mille et et la houle Elle n’est p; t'ansmissio ondes expli phénomènes conte que, ayant eu lie:

dut se redre m'a confirm

12 auicre nous sommes Un, puis deux baleiniers ar louvoie le lo deux d’entre Pitaine Parke par la glace.

Les Améri nord, et l'un bien que nous €nvoient des ] Sur la glace p Kane répète ]

du été et il imss de et où mble ny [sants Jerys.

nplète temps lécomnt SaCe dans berg Se ep dans grande se rafautres se de à de dissore, el mainte-

{ admiicœur Se tement, ceau, €l énormè Ltrà des la scène

monde; travaux

VOYAGE AUX MERS POLAIRES. )9 de ce grand maître qui s'appelle la Nature ! Qu'est-ce que vos pyramides de deux cents pieds, votre dôme de Saint-Pierre, du Kremlin? Voilà des montagnes de huit cents pieds hois de l’eau et dont la base à deux mille pieds de profondeur ; voici des coupoles, voici des dômes à quatre cents pieds de haut ! — Il est impossible de ne pas frémir en songeant avec quelle facilité de pareilles masses pulvériseraient un canot, un navire qui se trouveraient dans leur voisinage. — Nous nous trouvions à

un mille et demi de lun d'eux lorsque l’éboulcment a eu lieu,

et la houle est venue nous remuer pendant plusieurs minutes.

Elle n'est pas brisée par l’agitation des lames, ce qui rend cette

wansmission plus facile (cela m’a fait penser que la théorie des

ondes explique bien plus facilement que celle de l'émission les

phénomènes acoustiques et lumineux). Du reste, Beechey ra-

conte que, lors de son voyage au Spitzherg, un éboulement

ayant eu lieu, la Dorothée, abattue en carène à quatre milles,

dut se redresser, et que la chaloupe fut chavirée. M. Hepburn

m'a confirmé le fait.

12 sucer. — Beau temps; nous avons avancé un peu et nous sommes près des îles de Baffin; nous distinguons bientôt un, puis deux, puis enfin dix nuvires, c'est toute la flotte des baleiniers arrêtée dans sa route au nord par la glace, et qui louvoie le long du pack afin de ne pas être beset (investie) ; deux d'entre eux cependant n'ont pu l'éviter, le Truclove, ca- Pitaine Parker, et le Joseph Preen sont à quelques milles pris par la glace.

Les Américains sont un peu plus loin, à vingt milles au nord, et l'un d'eux était échoué hier sur des roches. Pensant bien que nous avons des lettres et des journaux pour eux, ils envoient des baleiniers à bord, L'un d'eux passe avec son canot sur la glace pour venir à nous. Une notice nouvelle du docteur Kane répète les détails des traces trouvées à Beechey par les

| hommes de Parry, ce dont les capitaines sont naturellement en-

chantés . «C'était un des nôtres, disent-ils, un grand homme!» Les Américains ont été drossés jusque par 65° 30° de latitude. ayant ainsi parcouru un trajet total de mille cinquante milles.

La scène est aujourd'hui on ne peut plus animée : dix navires manœuvrant dans un espace assez resserré, pour éviter les glaces et ne pas s'aborder, jettent du mouvement et de la vie autour d'eux; on dirait une ruche dont les abeilles courent de côté et d'autre. Les nouvelles qu'ils nous donnent de l'état de la glace, de leurs succès , de leurs espérances, occupent plusieurs heures.

À côté de ces pesants trois-mâts de trois cents tonneaux aux larges flancs, couverts de rapides embarcations de pêche, notre petite goëlette semble bien frêle ; plusieurs en font la remarque. On dirait le gracieux alcyon venant se mêler aux jeux des puissants albatros ; mais la grâce rapide, l'agilité surtout de ses mouvements, nous permettent mieux qu'à eux de courir an milieu des glaces : partout où une ouverture se présente, le Prince-Albert s'y glisse, et sa petitesse lui donne dans cette navigation spéciale une facilité de locomotion que n'a pas mn navire aux proportions plus vastes. Et d'ailleurs les Baffin. ls Hudson, les Davis, n'ont-ils pas fait leurs découvertes sur des navires encore plus faibles? Qui songerait à se plaindre, at milieu du confortable relatif dont nous jouissons? La plupart ont cinquante hommes d'équipage et un chirurgien. Les chirurgiens sont généralement des jeunes gens ayant fait tout au plus quelques études médicales et trop jeunes encore pour songer à une clientèle; plusieurs d’entre eux sont venus à bord, à parlent presque tous avec enthousiasme des surexcitations de cette vie nouvelle, et si pleine d’imprévu à certains jours. Les baleiniers naviguent presque toujours deux par deux dans h région des glaces en cas d'accident. L'un des hommes placés en vigie à la tête du mât signale une baleine : Vite, vite, arme les embarcations! et les rapides pirogues toujours prêtes sit les côtés du navire sont mises à la mer, elles ont d'avance leurs

Page 1