RE TT RER
ler en dessous des bancs voisins; mais la scie s’abimerait sur l'endroit même où le sable serait placé.
Nous avons tendu une ligne de Parrière du navire dans la direction du cairn nord, coupé la glace sous cette ligne et scié dans la même direction. Ce travail a occupé ouze hommes pendant huit heures.
La glace parait more-rotten (plus pourrie), comme nos matelots l’appellent, là où elle est recouverte d’eau; je pense donc qu’il faudrait, lorsque la sûreté des hommes n’est point compromise, diriger la ligne de sciage, autant que possible, au travers de ces mares ; les hommes y sont plus exposés à avoir les pieds mouillés, mais de bonnes bottes y pourvoient. — Nos malades ou convalescents sont en bonne voie de guérison, les deux hommes de l'équipage non entièrement débarrassés de tour symptème de scorbut sont MM. Miller et Magnus, qui peuvent néanmoins vaquer à tous Îles travaux, même hors du navire; le docteur s’est rendu à terre il y a deux jours; il n’y a donc plus que le pauvre M. Hepburn, dont, comme il le dit lui-même en plaisantant, la pire affection est incurable : elle consiste en vingt années de trop.
Embraqué ‘ la chaine à l'heure de la haute mer. (Il serait évidemment mieux de le faire à l'heure de la basse mer, en raison de l’état où est la glace.)
29 super. — Il n'a pas fallu moins de trois jours pour scier la glace entièrement, du navire à la pointe nord, où se trouve une large fente ou craqûre qui traverse la baie au sud. La glace variant en épaisseur entre trois et cinq pieds, la brise qui a soufflé au nord dans les premiers jours de la semaine n’a produit d'autre résultat que d’encombrer l'entrée de la baie. La scie a été le premier jour endommagée par une pierre probablement apportée et retenue là par les herbes marines : car la glace se
* Embraquer une chaîne ou un cordage, c’est haler dessus pour le tendre ou en faire disparaitre le mou. (Dictionnaire de marine, de Bonnefoux e Päris.)
ait sur forme par couches ajoutées du dessous. Le crow's-nest (nid de corneilles) à été réinstallé à la tête du mât, et plus d’une fois ans Ja par jour, nous y grimpons, interrogeant d’un œil inquiet l’horigne el on qui nous entoure; quelles que soient nos espérances, il est ommes au moins fort à craindre que nous n’ayons que fort peu de temps à nous, après notre libération. Il est maintenant impossible de 0S Ma- se rendre à ce cairn à pieds secs, et les hommes occupés au se donc seiage sont obligés de prendre une planche pour traverser les )npro- mares. L'opération d’embraquer la chaîne ayant été continuée, travers le navire s'est formé un petit bassin encore fort restreint cepens pieds dant, et il est maintenant supporté par son élément naturel. ralades M. Gidéon Smith me parlait hier d’un lit de mousse que font x hom- les pêcheurs des Shetlands, dont la description est si semblable à symp- celle donnée par Linnée dans son voyage en Laponie, que j’intnéan- sère ce dernier : « Les grandes mousses chevelues (Polytrichum ire: le « commune), que les Lapons appellent rombi, croissent abonnc plus « damment dans leurs furêts humides, et ils les utilisent comme me en « moyens de couchage.
vingt « Ils choisissent les plantes aux têtes les plus fournies, dans «les touffes desquelles ils taillent une surface suffisamment nit évi- « large pour un lit ou coussin qu'ils séparent du sol en dessous, raison | «et quoique les pousses soient à peine branchues, elles sont tel- « lement mêlées vers les racines, qu’elles ne se séparent pas les | « unes des autres. Ce coussin de mousse est très-doux et élas- RARE « tique, ue devenant pas dur sous la pression; rien n’est plus Fous «chaud qu’une couverture de la même substance. Les Lapons glace « plient ce lit en un rouleau que le bras d’une homme peut emsouf- « brasser, et ils peuvent ainsi chaque jour le transporter au gite oduit « de la nuit suivante. S'il devient trop sec et trop pressé, on lui sis 4 «rend sa première élasticité en le mouillant un peu. » (M. Gillienr À vray S, Lives of emunent z0ologists.) ce se st 80 sucer. — Hier, M. Kennedy et moi nous nous sommes
rendus à terre à la poursuite d'un lièvre que nous avions re-
362 J, KR. BELLOT.
connu sur l°s collines du nord; à l'heure de la haute mer nous n'aurions pu communiquer avec la terre sans mon cloak-boat, bien que la chose soit encore praticable à mer basse. Nous parcourûmes le terrain que ces animaux paraissent hanter de préférence; mais ce fut en vain, grâce sans doute aux sages précautions de la nature, qui leur donne en toute saison une fourrure de la couleur du sol, ce qui leur permet plus facilement d’échapper à leurs divers ennemis '. —— Nos jeunes commensaux se trouvent très-bien de la vie de bord, vu que nous pouvons leur fournir des herbes fraiches chaque jour; ils mangent également bien des carottes conservées, mais de toutes les plantes que nous leur apportons, ils semblent goûter les fleurs par-dessus tout : entre autres, une espèce de renoncule jaune et simple que nous avons trouvée aujourd'hui.
Il pleut et neige à partir de midi, la glace formée pendant la nuit avait un demi-pouce d'épaisseur. — Du haut des collines il nous semble voir la glace s'étendre jusqu’à l’autre bord de l’inlet, et, du sommet du mât, elle ne s'étend qu’un peu au nord de notre baie; on peut voir l’eau libre qui coule en une sorte de ruelle (lane), entre les deux pointes, peut-être jusqu’à Fury- Beach.
Nos hommes ont recommencé à scier hier, à partir du navire, une ligne à peu près parallèle à la première ; mais comme cette direction passe à travers les mares, la besogne va plus vite, l'épaisseur moyenne de la glace n'étant que de trois à quatre pieds. — Dans la ravine, immédiatement à l’est du navire, le torrent est, en plusieurs endroits, de cinq à six pieds de profondeur. Nous n'avons pu traverser les autres hier qu’en faisant des ponts de pierre. La pointe basse de notre côté, c’està-dire au nord, est entourée d’une guirlande de ruines de cam-
{ Sans entrer dans une digression spéculative sur les elfets et les causes, je crois du moins que c’est l'explication la plus plausible du changement de couleur de la fourrure des animaux arctiques.
einer nous cloak-boat, . Nous parer de préféses précaune fourrure nt d’échapnensaux se ouvons leur : également plantes que par-dessus | simple que
: pendant la es collines il ord de l’in- 1 au nord de e sorte de qu'à Fury-
irtir du nahais COMME ne va plus de trois à est du naà six pieds hier qu’en côté, c’estes de cam-
auses, je crois couleur de la
pements, plus récents que ceux des terres plates à l'ouest, où sont des résidences d'hiver sur un terrain plus humide, et marécageux maintenant, parce qu’en hiver la neige y est plus épaisse. Je crois que ces lieux doivent être hantés par la même tribu qui maintenant habite Boothia, car nous trouvons ses trous tout le long de la côte.
La deuxième ligne a été tracée de manière à s'écarter davantage à mesure qu'elle avance vers la craqûre formant le coin, afin qu’elle puisse plus facilement être poussée en dehors; mais, aux approches du navire, on a fait le contraire, afin que cette première partie de la section sciée puisse se retirer en dedans, vu qu'il y à une assez grande étendue d'eau près de lui. Comme le bâtiment n’a pas encore assez de place pour l’évitage, on retient l'arrière fixé par une ice-anchor (ancre à glace), dont le câble vient au couronnement ; la chaîne du nord est embraquée afin de nous haler le plus possible sous l'abri dela terre, et là où le floe est le meilleur, dans la crainte que le floe de la baie ne nous entraîne avec lui.
Les deux lignes sont séparées de trente-trois pieds de la craqûre, l'inclinaison étant de un pouce par brasse de six pieds. La distance de l'arrière du navire à la craqûre est d'environ quatorze cent quatre pieds.
L'opération, bien que fatigante et ennuyeuse, nos hommes
étant le plus souvent les pieds dans l'eau en dépit des bottes.
est cependant une de celles dont ils ne se plaignent point. à cause du but qu'on se propose.
— J'ai tué hier une espèce de pluvier cocorli-dunlin.
91 suuer. — Dans l'après-midi d'hier, le temps, qui avait été pluvieux tout le jour, s’est mis à la neige, si bien qu’à huit heures il m’a fallu de la Inmière pour lire dans mon petit réduit : le thermomètre était tombé à 51° { — 1° centigrade}), c’est-àdire au-dessous de glace, ce qu'il n’avait pas fait à l'air libre depuis quelque temps.
Se MT TN 0:
A dix heures, nons avions six pouces de neige sur le pont, et ce matin nous sommes tous surpris à l'aspect des terres, qui nous reporte aux plus mauvais jours de l'hiver, les falaises elles-mêmes étant entièrement recouvertes de neige sur les rebords des strats et sur les contre-forts par lesquels elles descendent sur la glace. Il n'est point difficile d'imaginer que cette différence de couleur crée une grande différence dans la physionomie, du moins quant à l'effet, et les réflexions que je fais à cet égard me rappellent notre course d'avant-hier : en plusieurs endroits il semblait que les pluies, aussi bien que le filtrage des neiges, entraînaient une large portion de la partie friable du sol: les gelées excessives de l'hiver et le soleil de l'été qui font éclater la face des cliffs, les ravages que la mer fait sur des plages de galets ou que les glaçons occasionnent sur la côte, doivent matériellement altérer la face de ces contrées dans un temps déterminé, et ce serait peutêtre une donnée fort intéressante pour la science qu’un dessin en relief des contours topographiques, soigneusement exécuté en certaines portions du pays; je crois que des observations ana- Jogues à ce que je veux dire ont été prises sur certains glaciers des Alpes.
Ainsi que je l'écrivais hier, le navire est à flot, et, qui plus est, parfaitement éfanche, nos pompes ne retirant pas de la cale plus d’eau qu'avant l'hiver ; notre gouvernail n’a pas souffert non plus.
Le baromètre est descendu de 30° 5 à 30° 2’, et la brise, qui
soufflait hier au soir 7 à l’est, ce matin 8 au nord, souffle ce soir 10 au nord-est; nous avons deux ancres à glace à l'arrière. — Jeudi dernier, nous avons enfin trouvé à terre une plante qui nous a paru ressembler à l’oseille; mais elle est dans tous les cas toute rabougrie, car ses feuilles ont à peine un pouce de long et quelques lignes de large, bien que la plante soit maintenant montée.
La neige qui est tombée et recouvre la glace, se transformant en eau douce, contribuera sans doute à la destruction de notre
Fr. — A ee tn LORS 2 Lu au Lune
le pont, el s, qui nous les-niêmes des strats ur la glace.
de couleur 1oins quant rappellent emblait que inaient une cessives de s cliffs, les que les glant altérer la serait peutu’un dessin t exécuté en ations anains glaciers
et, qui plus t pas de la 'a pas souf-
la brise, qui , Souffle ce à l'arrière.
une plante t dans tous in pouce de oit mainte-
ansformant n de notre
VOYAGE AUX MERS POLAIRE, 560 prison. Le mois d'août se présente d'ailleurs à nous gros de coups de vent qu'il amène en général dans ces contrées, et vient enfin avec les promesses bien reçues de notre délivrance. A huit heures le thermomètre est à 36°, et l’abaissement de chaleur corporelle causé par le vent nous fait trouver délicieux le coin de notre feu.
AT aouT. — La brise continue à souffler avec force dans la direction du nord; et, bien que ce ne soit pas la plus favorable pour nous, elle nous vaut encore mieux que du calme, à cause de la houle que cette brise ne peut manquer de soulever dans l'inlet. À mesure que nous A1pprochons du terme probable de notre captivité, je sens mon impatience redoubler, les quelques moments que nous avons à passer ici ne peuvent, hélas! être consacrés à rien d'utile pour le service de la cause dans laquelle nous sommes engagés, et cette certitude contribue à nous faire trouver le temps plus long.
C'est le deuxième anniversaire de la fête de mon père que je passe loin du foyer domestique, et ma vie errante me condamnera sans doute à en manquer bien d'autres encore. Pauvre père! qui es si fier des succès de ton fils, et chez qui l'amour de la famille surpasse de si haut tous les autres sentiments! Combien je voudrais accélérer la marche de ce temps qui nous sépare de l’accomplissement de projets si chèrement caressés, combien j'ambitionne enfin de pouvoir arriver à vous faire goûter, chers parents, pour la première fois, es conforts de la vie qu’une longue existence de peines et de fatigues a tenus éloignés de vous!
Ah! siles enfants savaient, s'ils pouvaient deviner, quand ils sont au giron paternel, ce qu'ils regretteront plus tard de caresses non prodiguées, de soins non rendus! Je suis depuis plusieurs jours inactif, fantasque, agité, je ne puis m’arrêter à rien; tout, ros conversations, nos espérances, les dates. viennent à ch:que instant me rappeler les absents!
Les dates de juillet 1850 étaient l'occasion, l'autre jour encore, de questions que ceux qui n’interrogent ne savent pas réveiller chez moi des souvenirs qu'en certains moments je voudrais écarter :
Caœlum, non animum, mutant qui l'ans mare currunt,
dit Horace, et je ne l'ai jamais mieux senti; cette imagination maladive qui m'a suivi et tourmenté depuis que je suis jeune homme, m'oppresse et me retient dans les élucubrations sans bornes d'une cervelle trop enthousiaste. Chose étrange! dans les embarras, les contrariétés pleines de désappointements de mille nuances que je subis, cet hôte incommode me poursuit, ne force à écouter les projets les plus fantastiques, et aux objections du présent, me montre un avenir de promesses qu'elle ne tiendra pas davantage.
Sautant des controverses de la religion aux sphères mystérieuses de la politique, des plans du bonheur domestique aux miroitantes facettes d'une carrière publique, elle m'entraine, et, dispersant d'un coup d’aile des châteaux de cartes soigneusement élevés, me laisse barboter dans la mare des désillusions ou bien me traine par une main invisible à de nouveaux désenchantements, où je dissipe des heures entières à voir s'élever et s’anéantir de légères bulles de savon.
Ce gaspillage d’un temps que je ne retrouverai plus, il n’est point de jour que je ne le déplore ; et nombreuses, bien nombreuses sont les heures que je passe à songer à celles que j'ai perdues, et à m’absorber en réflexions superflues sur des fautes irréparables, mais dans lesquelles je voudrais et devrais au moins ne pas retomber.
Mais à quoi servent toutes ces réflexions spéculatives, sans une bonne résolution fermement arrêtée et exécutée? Mon cher Alphonse, prends, après avoir consulté ton cœur et ta raison, un petit nombre de déterminations fondées sur des principes
atre jour ivent pas s je vou-
agination ais jeune ons sans gel dans ments de poursuit, t aux obes qu'elle
+ mystéique aux aîne, et, usement sions ou k désenélever et
il n’est bn nomMque j'ai s fautes
moins
S, sans bn cher raison, incipes
solides, mais ne cherche point à tout savoir, à tout connaitre, et, une fois sur la route, ne t'arrête point pour ramasser les pierres chatoyantes du chemin; quelque embaumées et suaves que semblent les attrayantes fleurs de la haie, va toujours et marche en avant, ou le soir de la vie te trouvera sans un gite!
La campagne que j'ai entreprise, les phénomènes que j'ai contemplés, excitent en moi des regrets pleins d'amertume, parce que je rencontre à chaque pas des choses que j'ignore et que je voudrais savoir : botanique, géologie, minéralogie, oiseaux, insectes, coquilles, attirent mon attention, et me reprochent des heures perdues jadis, et dont j'aurais ici trouvé l'emploi si utile! histoire, géographie. religion, philosophie, me font des appels simultanés, auxquels je ne puis répondre à la fois! littérature, sciences, musique, peinture, m'ont tenté et me reprochent de n'avoir d'elles que de vagues souvenirs !
Mon cher enfant, ne succombe point à toutes ces séductions, aie un petit nombre de toutes ces connaissances et cultive-les soigneusement. Nous sommes trop imparfaits pour cumuler tant de spécialités; à chacune desquelles une vie entière suffit à peine; prends garde! dans le champ où tu es admis à glaner, que si tu cours sans cesse d'une fleur à l'autre, ta gerbe ne sera pas faite dans le temps permis, et alors il sera trop tard. Comprendsmoi bien, je ne veux pas t’éloigner de l'acquisition de ces vues générales et à vol d'oiseau qu’un homme complet doit avoir prises, avant d’avoir un rôle dans le drame de la vie humaine ; non, ces connaissances superficielles sont utiles comme mot de passe, comme cet argot de convention appelé langue franque dans le Levant, pour comprendre tout ce qui se dit dans une société où chaque membre a une nationalité différente, un langage technique et particulier à sa race, à son caractère; mais à chacun sait que ce jargon est incomplet, et sans système, ce n’est point une langue régulièrement organisée ; et au sortir de ces relations frivoles, après cette foire des pèlerins de toutes couleurs, chacun reconnait ses adeptes dans la vraie langue de
SLR) J. R. BELLOT.
son pays. la langue grammaticale et poétique qui ne s'apprend point sans travail et sans labeurs.
La première suffirait à un homme de salons, dus les relations passagères d'un bal, où la foule qui s'empresse et tournoie ne laisse à persunne le temps de sonder son terrain; mais à un homme sérieux il faut autre chose : il Ini faut une spécialité, une langue mère qu'il doit connaître à fond et bien étudier avant de chercner dans les autres des analogies de parenté où de position.
M. Kennedy me dit qu'au Canada, où les lapins sont blancs # pendant l'hiver, ils restent gris lorsqu'ils sont domestiques. Des essais ont été faits à Red-River pour utiliser le buffalo comme animal de labour ou de trait, mais sans succès, on ne sait par quelle cause. M. Hepburn a vu des rennes que Pon cherchait à apprivoiser, mais il semble qu’on n’a pas réussi davantage. La Compagnie, à ce que me dit M. Kennedy, trouve chez les Indiens des préjugés insurmontables, qui les empêchent de délivrer les jeunes faons, qu'ils pourraient prendre et dresser au travail.
Les mêmes essais d’apprivoisement (mais à titre de curiosité seulement) ont réussi sur des loutres; M. Kennedy en a élevé deux, qu'il a perdues après peu de temps, par suite d’une inflammation à laquelle il ne savait comment remédier (rétention des urines). Ce genre de maladie me rappelle les précautions prises, à cet égard, par nos chiennes pour leur progéniture, précautions que j'avais attribuées uniquement jusqu'ici à un instinct naturel de propreté. Rien ne doit être négligé. quand il s’agit d’acclimater ou de domestiquer les animaux ; l’éleveur ne saurait observer leurs mœurs avec trop d'attention. afin de pouvoir donner au sujet dont il s'occupe des soins presque maternels, et remplacer pour lui la familie absente.
à 2 aour.— Ce matin, à notre grande surprise et à notre grande satisfaction, nous trouvons que la glace s'est ouverte, à partir de la pointe nord de la baie, jusqu'à la bande de récifs ou
CT ere
PT peer er R
- 2: eh dtagne og M
s'apprend
is les relase et tourrain; mais ane Spéciaien étudier parenté où
ont blancs tiques. Des alo comme ne sait par cherchait à antage. La les Indiens lélivrer les 1 travail.
e de curionedy en à suite d’une ier (rétens précauprogéniusqu'ici à négligé.
maux ; l’éttention.
pins pres-
e grande à partir récifs ou
VOYAGE AUX MERS POLAIRES 269 banc du cairn, formant un passage presque suffisant pour le navire.
La lune a été pleine, le 30, à quatorze heures (deux heures de l'après-midi), et nous espérions de la haute mer correspondante, spring-tide (haute-marée), un effet favorable. mais certes rien de semblable. La haute mer a dû avoir lieu dans les premières heures du jour, ainsi l'influence de la lune se fait sentir ici, à deux jours d'intervalle. Nous ne sommes plus séparés de Peau libre que jar la portion que nous avons sciée et qu'une petite brise d’ouest enverrait sans doute dehors; le jusant n’y peut rien faire, je crois, à cause de la barre.
J'ai oublié de mentionner que, dans notre course de jeudi, M. Kennedy et moi, nous avions observé que la glace a disparu du fond de la baie, même dans les anses les plus étroites.
La première partie du jour a été employée à scier la glace en travers, afin que les glaçons, étant plus petits, pussent se dégager plus facilement.
La brise du nord est passée au nord-nord-ouest, dans la nuit, et a peut-être contribué à ce changement dans l'état des choses: mais à l'est la glace semble rejoindre l’aut:2 côté de l’inlet, les vides ayant été sans doute remplis par les dernières brises de nord.
D'après l'avis de M. Kennedy, j'étais allé à terre pour reconnaître la situation du haut des falaises; mais la brume e, la neige qui tombait m'ont forcé à revenir sans avoir rien vu. Le commandant m'avait d'ailleurs recommandé de revenir de bonne heure.
Nos ancres ont été mouillées sans bouées en septembre, et il paraît que M. Leask ne parle de rien moins que de laisser là ancres et chaines, Ge sorte qu’une fois hors d'ici, il ne nous resterait plus qu’à faire de notre mieux pour sortir de la baie de Baffin, vu que nous n'avons à bord qu’une ancre à jet; ilne faudrait pas songer non plus à aborder, ainsi dépourvus, l'Angleterre par le nord de l'Écosse; ce n’est pas tout :
d’après les lois de sauvetage, un navire sans ancres de bossoir est considéré par les pilotes comme en danger de naufrage, alors même qu’il serait sans avaries, et 5. Hepburn me dit que cela ne coûterait pas moins de cinq cents livres (douze mille francs).
Il vient d’y avoir un mouvement de glaces, que j'explique de la manière suivante :
Le floe étant depuis lorigtemps brisé sur les bords, la haute mer ne pouvait rien faire de plus à cet égard; mais, en élevant le tout au-dessus du niveau ordinaire, elle a permis au vent de diriger ces pièces flottantes là où se trouvait un vide à remplir ; à la nuit, nous voyons que les glaces de l’inlet venues en face de l'entrée de la baie sont d'une épaisseur extraordinaire, ce qui nous fait penser que ce sont les glaces du détroit de Barrow, poussées d’abord par les vents d’ouest dans le détroit de Lancastre, puis par le vent du nord dans le passage du Régent; il faut ajouter aussi que, d’après ce que notre expérience nous a appris, la brise que nous avons au nord dans l’inlet est le plus souvent à l'ouest dans le détroit de Barrow.
Nous avons vu, hier, un northern diver (plongeur du nord), oiseau au corps très-long ; j'en avais déjà vu un au port Léopold, mais je l'avais pris pour une cigogne.
8 aout. — La neige ne s’est point fondue sur le floe, comme nous l'espérions, et sur nos lagunes à la surface du floe il s’est formé une glace molle de l'épaisseur de deux pouces; en outre, la côte est encore toute bigarrée des averses de neige des jours derniers ; mais, à notre réveil, nous trouvons que l'entrée de la baie est maintenant toute dégagée d’une pointe à l’autre.
Nous nous mettons à l’œuvre de bonne heure, et les amis de lady Franklin ont la joie de voir monter sans difficulté notre deuxième ancre. Le navire est maintenant retenu par des ancres à glace, placées sur le floe, mais à l’avant seulement, car il a un petit bassin dans lequel il flotte et roule à notre grand plaisir. Nous procédons aussitôt à dégager le chenal scie la semaine
le bossoir
age, alors que cela le francs).
plique de
, la haute élevant le ent de di- \ remplir ; es en face linaire, ce it de Barle détroit assage du notre exnord dans Barrow.
du nord), port Léo-
pe, comme oe il s’est in outre, la des jours trée de la tre.
es amis de ulté notre des ancres carilaun nd plaisir.
a semaine
VOYAGE AUX MERS POLAIRES. 971 précédente, bien qu'il doive nous être impossible d’en profiter aujourd’hui, la glace nous barrant le passage à la pointe nord; mais nous n’aurons pas perdu une minute, et cela tient nos esprits occupés. La glace sciée, ainsi que je l'ai dit, s’est recollée; les sciures forment entre les bords une espèce de ciment que les froides nuits gèlent, et nous nous voyons obligés de repasser la scie partout ; il serait done, je crois, plus avantageux, à moins que ce travail ait pour but d'entretenir l'activité de l'équipage, de ne scier qu'un petit nombre de pièces que l'on écarterait à mesure ; en outre, nos pièces ont été coupées trop étroites vers l'ouverture, l’inclinaison ayant été, comme je l'ai dit, de deux pouces par brasse ; il faudrait lui donner six pouces. La besogne n'a donc pas été très-vite, car ce soir, après dix heures de travail, nous n'avons dégagé qu’une trentaine de brasses, que nous avons envoyées au large par pièces de cinq à six mètres carrés, soit au moyen de nos blasting cylinders, soit par des sauts redoublés en cadence, ou en courant d’une extrémité à l’autre, en faisant des leviers de nos anspects, ete... On peut encore briser la glace en roulant un canot, mais il faut qu’elle soit très-mince pour cela; nos cylindres ont parfaitement agi, moins ceux de petites dimensions (deux, trois et quatre livres); mais les plus grands, ceux de sept et huit livres, ont produit un effet on ne peut plus satisfaisant.
L'effet tient également à la manière d'employer ces instruments : après avoir troué la glace dans son épaisseur, il faut couler le cylindr: et remplir le trou de neige, de pierres, aussi hermétiquement que possible, attacher à l'extrémité inférieure une ficelie que l’on hale lorsque le eylindre est ,oulé en dessous de la glace, afin de lui faire prendre une position horizontale et de soumettre ainsi une plus grande étendue à l’action de la poudre : c'est alors qu’on allume la mèche qui est placée dans un tube de gutta-percha. Je suppose que la glace est encoretrep résistante pour qu'une petite quantité de poudre agisse d'une facon efficace.
Les oiseaux de mer avaient déjà pris possession du terrain, ce qui n'a rien d'étonnant, car ils se tiennent toujours sur les bords de l’eau libre. Quelques baleines blanches sont aussi venues près de nous. (Les gens de la baie d'Hudson disent qu’elles se nourrissent de saumon comme le phoque, proserit en Ecosse pour cette raison.) — Nous voyons passer plusieurs volées de anards, black-ducks.
J'ai ramassé dans la vase rapportée par nos ancres (dix brasses de fond) plusieurs jolis spécimens de coquilles.
Une portion de la chaine de bäbord était hier incrustée dans la glace. à un pied de la surface inférieure. Il est donc probable que la glace agit sur les chaines comme suspension. — Parry avait levé les ancres avant l'hiver. — Je suis harassé de fatigue ce soir, mais j'ai le cœur léger et vais m’endormir d’un bon sommeil. Quand l’homme cesse-t-il d'espérer? Espérer c’est vivre, et vivre c’est espérer!
4 aour. — Mème forte brise de nord ce matin. L'offing (le large) parait dégagé de glaces à une grande distance à l’est, mais elles forment un cercle deüt les extrémités s'appuient sur les deux têtes de la baie. Dans a soirée, une brise de nord-ouest à l’ouest-nord-ouest envoie ces pièces flottantes au large. — Continué les travaux d'hier, — Nous regrettons fort de n'avoir pas de scie à main comme les Américains en avaient : elles seraient excellentes pour couper des coins de glace qu'il nous faut détacher avec le ciseau.
Un whalrus, le premier que nous ayons vu, est venu se jouer à l'entrée de notre canal; de même nier des baleines blanches étaient venues en troupe reconnaitre les abords : l’une d'elles était accompagnée d’un petit baleineau noirâtre qui plonwoait et tournait autour d’elle, semblant prendre à tâche d’imiter tous les mouvements Ge sa mère. On me dit que ces cétacées sout généralement noirs dans leur jeunesse.
On à vu un ren:rd tacheté de gris. -— Il semble résulter d’un
1 terrain, rs sur les
aussi vent qu’elles en Ecosse volées de
lix brasses
astée dans c probable — Parry de fatigue r d'un bon pérer c'est
loffing (le ce à l’est, puient sur nord-ouest
large. — de n'avoir . elles sel nous faut
t venu se s baleines rds : l’une e qui plone d’imiter S cétacées
ulter d’un
rapport du capitaine Moore, que les Esquimaux du détroit de Behring domestiquent les rennes.
5 aour. — Même besogne qu'hier. Aussitôt la brise du nordouest tombée, les glaces reviennent à l'entrée de la baie,
C'est aujourd’hui qu'astronomiquement nous devrions perdre le soleil. À minuit, le chenal avance rapidement, et il est proballe que demain le navire aura une communication ouverte avec le large.
Ainsi, par une sorte de magique phénomène, notre goëlette, bien et dûment emprisonnée dimanche dernier, est maintenant à la veille de prendre son essor.
G aourT. — Dans la matinée, nous achevons de dégager le chenal où nous sommes retenus; à trois heures de l'après-midi, et en quelques minutes, nous courons sous l'impulsion d’une fraiche brise de nord-ouest hors de la baie :ù nous sommes restés près de onze mois. Après avoir soupiré si longtemps après notre délivrance, nous jetons avec plaisir un regard d'adieu sur ces hautes falaises, dont nous savons par cœur toutes les fissures, tous les accidents, et que probablement nous ne reverrons jamais ni les uns ni les autres. Ces roches arides, ces terres couvertes de neige qui, bornant notre horizon pre: que de tous côtés, arrêtaient forcément nos regards, ont pris à nos yeux un air de connaissance; cette nature morte ou endormie est pour nous pleine de vie et de sentiment.
Adieu done, baie Batty, merci de ton hospitalité telle queile ! Les ravines nous envoient des bouffées de brise sous lesquelles la petite créature s'incline, et semble se traîner avec peine, comme si elle avait perdu ses facultés de locomotion. — La glace nous offre un chenal d'environ cinq à six mètres de large le long de la côte.
7 aour. — Même temps à grains. A midi nous sommes encore au sud de la baie Elwin, ayant à remonter contre le vent et
un fort courant. Nous devons toucher au port Léopold pour y laisser avis de notre départ de la baie Batty, et nous rendre de à à l'île Griffith, afin de voir s'il s’y trouve quelque document déposé par les autres navires.
8 aouT. — Le temps s’est éclairci et mis au beau; mais nous sommes arrêtés à la hauteur de Boat's-R«vine, par un stream qui nous barre le passage avant que nous ayons pu passer à l'est, où se trouve une grande quantité d’eau libre. Il dérive au sud-est; quant à nous, nous laissons porter au sud-ouest pour attendre sous la terre que ta glace ait entièrement passé au large. À midi, nous sommes à un mille au nord de la baie Elwin. Nous n'avons pu voir si le soleil se couchait à minuit.
Dans l'après-midi, la brise, qui au large est sans doute à l’est, amène les glaces sur nous, et nous nous réfugions dans la baie Elwin : quelques ice-bergs échoués semblent indiquer une barre. Nous serrons la côte nord; c’est à peu près l'heure de la haute mer, et le canot trouve deux brasses de fond en dedans de la barre; au delà d'une pointe basse qui se projette au sud (de la côte nord), est une baie que le maître d'équipage dit aussi grande que la baie Batty, mais sans eau. — Neige et brise variables du nord au nord-ouest, pendant la nuit.
9 aour.—Nous avons essayé de sortir dela baieavecune légère brise de nord variable, A environ un mille de notre mouillage, le capitaine, à la tête du mât, reconnait que la brise plus au large est à l’est, et nous regagnons en toute hâte la baie Elwin, remorqués par nos deux embarcations; la glace est sur nos talons, et, comme elle envahit la baie, nous nous halons à terre sous la côte nord. La goëlette échouée par six pieds d'eau à mer basse (tirant d’eau du navire, 8 pieds 8 pouces anglais) ; la pointe nord nous abrite un peu, mais cependant l'avant-garde du floe arrive jusqu'à nous et incline le bâtiment sur le côté; fort heureusement il fait calme, et la vitesse de la glace n’est pas très-grande; celle qui nous touche n'est pas épaisse, et la plus épaisse s’é-
ld pour y rendre de document
mais nous un stream | passer à | dérive au ouest pour | passé au la baie Elminuit.
ute à l’est, ans la baie ‘une barre.
de la haute edans de la tte au sud juipage dit ige et brise
une légère mouillage , us au large in, remortalons, et, sous la côte basse (tibointe nord floe arrive heureuseès-grande; paisse s’é-
VOYAGE AUX MERS POLAIRES, 37% choue à la pointe, ce qui arrête la masse; à basse mer, nous sommes complétement échoués et à la bande sur tribord. Ce qui nous est arrivé montre combien il est important de toujours surveiller le mouvement des glaces ; si nous avions été à deux milles plus au nord (2 et demi de la pointe nord), comme il faisait à peu près calme, il #st certain que nous n'aurions pas eu le temps de remorquer le navire dans la baie, et il eût été pressé contre la côte sur les berss qui y sont échoués, et en danger d’être défoncé, par le plus beau temps du monde.
Il y à également un grand discernemeut à apporter dans le choix d’un mouillage. Ma première idée eût été de mouiller en dedans de la barre pour qu'elle nous protégeàt; mais, comme cette barre est sur la côte sud de la baie, et commr la brise poussait le floe directement de l’est, un mouillage sur la côte nord était préférable à cause du croc formé par la pointe nord. Ce matin, nous avons perdu le jas' d'une de nos ancres (stock), parce que la clavette (fore-lock) n’était pas bien fixée; nous avons fabriqué un autre jas en bois, composé d'un bout rond dans le trou du jas, et de deux pièces d’orme de chique côté.
Le petit tirant d’eau de notre navire constitue certainement un grand avantage en pareilles circonstances où la moindre chose lui sert d’abri; mais il est facile de voir combien cette navigation dans les glaces, surtout le long de la côte, est précaire. C'est une des raisons qui font que les baleiniers renoncent à tenter le passage au nord, par la baie Melville, quand il n'y a pas de land-floe, car alors ils ne peuvent faire de bassins dans la glace, si la brise pousse les glaces de la baie de Baffin sur la côte est, ni s'amarrer (make-fust) pour garder leur terrain, si la brise souffle de terre.
La mer était ce matin couverte de mollusques très-petits, sans
1 On appelle jas la barre horizontale, le plus souvent composée de deux fortes traverses de bois, réunies à l’aide de cercles de fer, qui s'adapte à la verge de l'ancre, près de la boucle,
doute ceux qui servent de nourriture à la baleine. Le canot m’a rapporté de terre deux papillons, et j'y ai vu un moustique. Les phoques, qui paraissaient abonder le jour de notre arrivée, ont disparu; mais Les canards (black-ducks) sont toujours très-nombreux.
40 aour. — Comme hier dans l'après-midi, la glace entre dans la baie, mais cette fois sans nous presser ; à la haute mer, le navire se redresse et prend la bande à bâbord, présentant ainsi le côté aux efforts futurs de la glace; nous avons transporté pour cela les deux chaînes à bâbord, et un palan de tête de mât a été croché snr la glace. Le master, sans en donner de raisun, pense que le navire est mieux ainsi. Dans les deux cas, la goëlette (qui est à fond plat) sers Doussée sur le flanc en cas compression. Il va sans dire que notre gouvernail était démonté tout le temps que le navire est resté échoué.
A aour. — Le master se rend au dehors avec un canot et trouve que la giace presse contre le cap Seppings, laissant un chenal d'environ deux mètres le long de la côte; à la haute mer, nous halons Le navire à flot, le faisant sortir du lit qu'il s’est creusé eu courant de l'avant à l'arrière, puis d’un bord à l’autre.
Une bande de white-whales de plus de cinquante individus fait le tour de la baie. — Un de nos lièvres est mort; ils sont maintenant très-apprivoisés et se précipitent aux grilles de leur cage pour recevoir les herbes ei les fleurs que nous leur apportons de terre.
Nous remarquons à terre les lais de la mer sur la plage, 1esquels existent en tranches de différentes nuances très-remarquables, comme si elles avaient eu lieu non successivement, mais brusquement, ce qui me fait inclinér vers l'opinion que e2 sont plutôt des couches de neige fondues au printemps.
45 aour. -— Vers midi, une issue a semblé s’offrir à nous, et nous nous hâtons de mettre à la voile, sachant combien les
anot m'a que. Les ivée, ont rès-noM-
ace entre aute mer, résentant ns transin de tête donner de deux cas, inc en Cas t démonté
n canot et issant un jaute mer, qu'il s'est | à l’autre.
individus t; ils sont es de leur Bur appor-
plage, 1esemarquaent, mais 16 r3 Sont
à nous, mbien les
moments sont précieux ; deux corbeaux passent au-dessus de nos têtes, appelant notre attention par leur désagréable croassement. Un ou deux de nos gens secouent la tête d’un air significatif, et font observer que c’est la deuxième fois que nous appareillons un vendredi; un autre, un peu plus avancé sans doute, dit que de son temps il est peu de capitaines baleiniers qui eussent voulu commencer le voyage un vendredi; mais, ajoute-t-il sans en paraître bien sûr, il est probable que c’est une superstition. Après trois ou quatre heures de louvoyage, les glaces nous forcent à terre, et il nous faut, pour la quatrième ou cinquième fois, regagner le mouillage. Jusqu'à quand cela durera-t-il ? C’est une question que j'ose à peine me poser. Le fait est que la saison s’avance, et pour peu que cela continue, il nous faudra à tout prix prendre la route de chez nous, ou nous courons grand risque d'être pris pour un autre hiver. — Faire attention, dans un mouillage par petit fond, à ce que, si Le navire échoue, il ne tombe pas sur son ancre,
44 aour. — Un ours fut signalé ce matin se promenant sur la plage et flairant les traces de notre passage à terre; nous le vimes, quelques minutes après, se mettre à l’eau pour venir reconnaître le navir:. Un canot fut amené, dans lequel MM. Kennedy et Leask lui donnèrent la chasse; les deux fusils ayant raté alors que le canot était sur lui, il se retourne et, avec ses pattes, tâche de saisir les bords du canot ; le capitaine lui assène un coup de crosse sur la tête et brise son fusil ; l'animal cherche à se sauver à la nage, mais le canot l’a bientôt rejoint et deux balles à bout portant l'ont bien vite dépêché. Il ne cherchait point, comme celui de l’année dernière, à dérouter ses ennemis en plongeant. C’est à peu près la seule taçon dont ils puissent être tués à coup sûr; car si la glace eût été à portée, il aurait bien vite disparu.
Notre détention prouve combien il est important de ne pas perdre une minute, car si dimanche matin nous eussions pu