‹ Journal d'un voyage aux mers polaires [microforme]Chapitre 47 sur 53 · AU MINISTÈRE DE LA MARINE · texte numérisé non relu

AU MINISTÈRE DE LA MARINE

Aberdeen, mai 1851.

Monsieur,

Vous avez bien voulu m'appuyer dans la demande que j’adressai à M. le ministre de la marine pour joindre l'expédition de lady Franklin.

Je vous dois l'honneur d’avoir à représenter ici les sympathies et l’uniforme de notre marine, et je ne saurais assez vous dire

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VOYAGE AUX MERS POLAIRES. 407 toute ma reconnaissance. — Je ne sais si M. de Villemain est de retour à Paris, il aurait pu vous faire connaître le brillant accueil qui m'a été fait à l'Amirauté anglaise, et tous les honneurs dont j'ai été l'objet, à ma grande confusion, je l'avoue, bien que je ne me méprisse pas sur leur adresse véritable. Le secrétaire perpétuel de l'Amirauté, capitaine de vaisseau Hamilton, M. J. Barrow, fils du célèbre personnage de ce nom, et le chef du dépôt des cartes et plans, amiral Beaufort, ne m'ont laissé le temps de rien désirer. J'aurais été heureux de voir M. de Villemain pour lui dire tout ce dont je lui suis redevable; mais alors comme aujourd'hui, monsieur, le temps me manqua, et je ne puis que solliciter, si ma demande est trouvée convenable, quelques lignes de remerciment à ces messieurs.

Le premier lord de l’Amirauté et l'amiral Dundas m'ont fait l'heureux témoin de leur sympathique gratitude pour notre marine. A Aberdeen, où les préparaiifs de notre expédition m'ont retenu plusieurs jours, des démonstrations publiques et nombreuses sont venues remercier notre participation à la noble campagne du Prince- Albert, le pavillon français est constamment hissé en même temps que le pavillon anglais sur cette goëlette. Plus ces témoignages d'estime pour nous se multiplient, et plus je cherche à me rendre digne de la faveur qui m'a été accordée.

Je pense être entré complétement dans l'esprit de ma position en refusant de la façon la plus absolue toute indemnité, même d'équipement, qui altérerait et l'indépendance et la dignité de mon épaulette. Les indemnités de route que j'ai reçues à Paris ont été largement dépassées, sans doute, par mon séjour forcé à Londres et à Aberdeen; mais pourrais-je faire entrer en balance le caractère que je dois prendre et quelques centaines de francs ? J'ose espérer que, par ces considérations, M. le ministre voudra bien autoriser la délégation que j'ai demandée pour ma famille.

Je suis réellement honteux de solliciter encore quelque chose;

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mais, vous le savez, monsieur, c’est un besoin sérieux à satisfaire.

Recevez, etc.

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