‹ Journal d'un voyage en Europe [microforme]Chapitre 14 sur 59 · COS · texte numérisé non relu

COS

seul avec mon secrétaire.

Nous nous estimerons heu Il n’en eut pas besoin :

remonta dans sa voiture

naissant de l’offre qui lui avait été faite, qu’il la publia partout, et prit la peine d’annoncer l’évêque de Québec de là jusqu’à Suse, dans tous les endroits où il supposait que celui-ci pourrait arrêter, de sorte que l’incognito devint complètement inutile. Cette grande reconnaissance d’une petite honnûteté fait l'éloge du marquis de Vivalda, et est pour l’ordiuaire le signe caractéristique d’une âme bien née.

‘14.—Dans la matinée du jeudi, nous traversâmes la ville de Saint-Jean qui est le chef-lieu de la Maurienne. Elle n’est pas tout à fait dépourvue d'intérêt, a quelques belles maisons, des boutiques assez bien fournies, enfin un certain air de propreté qui n’est pas fort à l’ordre du jour dans la principauté que nous traversons.

Le dîner de ce jour fut dans un village qui porte le nom de Saint-Michel. La pause ordinaire du haut du jour était de deux heures, temps jugé nécessaire pour faire manger les chevaux. Le temps étant frais et le chemin très beau, l’évêque et son secrétaire voulurent en profiter pour marcher, croyant que la voiture allait les suivre de près, surtout parce que les deux heures étaient déjà expirées. Mais il n’en tenait pas À Fisterre ou à ses chevaux. Il laissa les voyageurs faire quatre milles À pied, et ne les atteignit que plus d’une heure et demie après leur départ, donnant pour raison que deux de ses chevaux étaient malades. Mais ils l’étaient déjà à son départ de Lyon. C’était done une imprudence de s’être engagé, d’avoir même sollicité ce voyage. Quoiqu'il en soit, au lieu de conduire ses voyageurs au pied du Mont Cenis, comme il avait promis de le faire ce jour-là, il s’arrêta à plus de deux lieues en deça, la nuit le contraignant de coucher à Modane. Heureusement il s’y trouva une bonne auberge dans laquelle il n’y avait point d'étrangers. Pour amuser la soirée, l’évêque de Québec alla voir le curé du lieu, ancien chanoine de Saint-Jean, qui désirerait fort que la cathédrale fût rétablie, afin de reprendre son canonicat. M. Personne (car c’était son nom) vint avec son vicaire reconduire l’évêque à l’hôtellerie et l’édifia par une conversation fort ecclésiastique.

15.—La jour ait être forte. Nous partîmes de grand matin et arriv heures, après avoir traversé plusieurs y bourg qui est immédiatement au pied du Mont Cenis, le long duquel Ja rivière d’Arcq semble vouloir exciter Jes

variété de tours qu’elle fait dans l

que l’on puisse trouver en Savoie.

Le Passage du Mont Cenis est trois À monter quand on v

cinq à descendre du côté

jusqu’à quel point l’art est la multitude de détours cette grosse Mmontagn met par une route a

illages, À celui de Lansle

de neuf licues en tout, savoir :

ient de la S

avoie, une 8rr le sommet, et du Piémont. On imaginerait à peine venu ici au secours de la nature, Par et de zigzags habilement Pratiar is dans € autrefois si redoutée, on parvient

au som-

ussi aisée que celle de Ja côte d’Abram à

Québec dans son meilleur étac ; Ja seule différence est que le chemin du Mont Cenis a la doubl

€ largeur de celui p

Ch espace, des b de grandes croix Plantées du côté de Ja Pente, servent À faire con-

naître le bord du chemin, lorsqu'il est ouvert et encombré de neige, comme il arrive très souvent dans l'automne et dans l'hiver, Outre cela, des hommes nommés cantonniers sont bués sur ce chemin, dans de petites habitations, é tantes les unes des autres, ayant Pour fonction « l'hiver et l'été, et d'aller au secours des voy veraient en danger dans les Mauvais temps.

deux extrémités du dessus de la montagne,

font payer une taxe à toutes les voitures qui Passent. Quatre mulets attelés sur

notre voiture Nous portèrent sur ce sommet avec une telle Promptitude, que nous fûmes très surpris d’entendre dire au muletier : « nous voilà rendus,” au moment où NOUS pensions avoir e Il est vrai que le temps était fort beau, e froid qu’une

ar où l’on

am, D’espace alises, en forme

distrigalement disle lentretenir ageurs qui s’y trou- Enfin il Y a, aux des receveurs qui

ouvres, le 16 DOS trouvâmes un froid

qui valait bien celui-là. Pendant que le muletier dételait, l’évêque de Québec et son secrétaire entrèrent dans la maïson d’un des receveurs et s’y chauffèrent auprès d’un petit poële de tôle, en attendant Fisterre qui, ayant laissé un de ses chevaux malades à Lanelebourg, amenait les deux autres au pas pour reprendre sa voiture. Pendant qu’il attelait, l’évêque et M. Turgeon se rendirent à l’hospice établi À 30 ou 40 arpents de là, bien persuadés que quoïqu’ils fussent à pied, le voiturin ne les y devancerait pas.

On sait que sur le Mont Saint-Bernard, autre passage des Alpes, est établi un célèbre hospice occupé par de charitables religieux, qui non seulement accordent l’hospitalité aux voyageurs qui prennent cette route, mais sont encore d’une très grande ressource pour ceux qui, surpris par les avalanches et souvent engloutis sous la neige, y périraient immanquablement, si les religieux ne venaient pas à leur secours, et’ par eux-mêmes ct par des chiens, exercés à fouiller jusqu’à ce qu’ils les trouvent, et à remuer la neige jusqu’à ce qu’ils les mettent du moins en état de respirer. Ce fut sans doute cet établissement qui donna à Napoléon, tandis qu’il était maître de la France et de l'Italie, l’idée de faire quelque chose de semblable sur le milieu du plateau du Mont Cenis. 11 y fit donc élever un édifice à deux étages au-dessus du rez-dechaussée, lui donna 600 pieds de long sur un profondeur proportionnée, l’environna d’une haute muraille percée de petits créneaux ou meurtrières, qui forme une très vaste enceinte autour du bâtiment avec une grande porte à chaque extrémité, en sorte que le chemin traverse toute cette enceinte et rase le front de la maison, au milieu duquel il fit élever une belle chapelle que l’évêque de Verceil consacra, à sa demande, sous l’invocation de S. Napoléon. Un peu plus loin, il fit commencer un fort, hors de l'enceinte, mais que des événements sur lesquels il ne calculait pas alors l'ont empêché de finir et qui, de surplus, n'aurait été qu’un ornement de plus pour l’hospice, cet endroit, que l’on nomme le sommet du Mont Cenis, étant commandé tout autour par des montagnes d’où sortent les eaux d’un joli lac qui est au-devant de

TOR D PNR

l’hospice, et fournit de truites tout le pays d’alentour, Le plateau qui n’a pas moins d’une lieue d’étendue sur toute face, serait un charmant endroit s’il y avait du bois. Mais il en est totalement dépourvu, et cette nudité Jui fait grandement perdre de son mérite. L'idée de Bonaparte, en établissant un hospice À cet endroit, était de Procurer un entrepôt à ses troupes qui, À cette époque, allaient et reveuaient fréquemment de France en Italie et d'Italie en France. Aussi toute une moitié de l’hospice lenr fut-elle d’abord attribuée, Le premier étage du reste du bâtiment est destiné au logement des Pauvres paysans et aux offices de la maison, comme Cuisine, boulangerie, dépense etc. L’étage supérieur devait être le Monastère, qui se trouve assez Vaste pour une communauté, indépendemmant d'appartements tenus en réserve Pour des voyageurs de qualité, Ainsi il Y a telles chambres qui ont été successivement occupées par le Pape, par Napoléon lui-même, par le roi de Sardaigne etc.

Les religieux chargés de cet hospice sont les Bénédictins du Monastère de la Novalaise, situé près de Suse, à une petite distance du pied de la Montagne. Ils ne sont jamais Occupés, comme ceux du Grand Saint-Bernard du soin de déterrer les voyageurs, Les neiges du Mont Cenis donnent pas d’avalanches comme celles de cette affreuse Montagne. Leur fonction se réduit done au soin d’héberger les Paÿsans, et d’être dépositaires des deniers Provenant des taxes Perçues sur les voitures qui passent, C’est sur ses taxes et sur la ferme de la pêche du lac, qui rapporte 1500 francs, que repose l’entretien de l’hospice. Ces sommes seraient très suflisantes, surtout en temps de paix, où il n’y à ici qu'un petit piquet de 15 à 20 soldats, si elles étaient employées À l’objet de leur destination, Mais le monastère de la Novalaise les accapare et les absorbe Presque toutes, Sous prétexte ou Par crainte d'exposer À la dissipation les religieux qui seraient envoyés pour garder l’hospice, il se Procure de pauvres prêtres séculiers qu'il salarie maigrement et qui sont chargés de la desserte de la chapelle. Avec eux est un seul religieux, ci-devant Camaldule, réuni aux Bénédictins de Ja Novalaise et député par eux Pour la garde

de cet hospice, où il se déplait fort, parce qu’on lui laisse beaucoup moins qu’il ne faudrait pour l'entretien de l'édifice et pour la réception des passants. C’est À lui que les receveurs des taxes de la montagne rendent leurs comptes. Il est, dit-il, éternellement occupé à manier de l’argent, et on ne lui laisse pas de quoi réparer le logement des pauvres paysans, qui s’en va en ruines, tellement que ne pouvant se résoudre à les y placer mal à leur aise, il aime mieux leur donner des chambres et des lits dans

l'étage destiné À la communauté. Cet aimable homme, informé d'avance par le marquis de Vivalda, du passage de l’évêque de

Québec, le reçut avec la plus grande honnêteté, et le supplia,

mais inutilement, de demeurer jusqu’au lendemain. La température du lieu n’invitait pas À y séjourner ; puis il fallait avancer, il était près de trois heures après midi, il restait une demi-licue

à faire sur la montagne et cinq pour la descendre. La pluie nous

prit à la sortie de l’hospice et dura toute la soirée. Lorsque nous

rencontrâmes la nuit, nous avions encore à faire un bon tiers de

descente. Il ne faut pas demander si nous pûmes observer la ville

de Suse, d'où nous repartîmes le samedi de grand matin. Du

moins nous y eûmes une excellente auberge, où nous soupâmes

seuls et fort proprement. Les lits étaient excellents. Ils seront de

même jusqu’à Rome, ayant sur ceux des hôtelleries de France

l'avantage de paillasses remplies de feuilles de blé-d’inde au lieu

de paille. Mais adieu les oreillers de plume ou de duvet. Nous

n’en verrons plus : les Italiens les trouvent trop mous et cmplis-

sent les leurs de laine souvent tapée et très dure.

16. Nous voici quittes des Alpes, et dans le Piémont, Pedemonlana regio, qui a tiré son nom de sa position au pied de ces montagnes. Il était temps de les quitter, car la nuit même que nous couchâmes à Suse, la pluie qui nous y avait accompagnés, 8e changea en neige sur le Mont Cenis. Un voiturin qui venait après nous et qui nous atteignit à Castel-Franco, rapporta qu’y étant passé deux jours après, il avait constamment eu 18 à 20

pouces de neige depuis le village de Lanslebourg jusqu’à une petite distance de Suse.

Le Piémont est un pays fertile, bien fait pour Contraster avec la Maigre Savoie. Les Champs très étendus sont cultivés comme des jardins. Les planches très étroites semblent avoir été faites avec Ja bêche ot le râteau et alignées au Cordeau, Les vignes ne

l peut Y avoir quarante Pieds entre deux rangées, et Quinze d’un arbre À l’autre dans Ja même rangée, de sorte qu’il n’est pas

Champs offrent donc deux objets également agréables : la régularité de la culture et un ombrage Continu. Cette manière de réunir

où le bon vin abonde, quoiqu'on n'y trouve point de vignoble

Nous traversons, Sans arrêter, la ville de Rivoli, Ce nom son. nait agréablement AUX oreilles de Bonaparte. Il en fit Je titre d’un de ses maréchaux, et l'on sait qu’il n’a Pas trouvé de plus

au nom pour ja rue ouverte À Paris, le long du jardin des Tuileries, lorsqu'il était maître de Ja France,

pieuses, telles qu'une descente d Antoine, à

peinte non seulement sur la devanture, mais encore sur les deux côtés qui l’avoisinent. Dans les villages, les boutiques ont souvent pour enseignes, des peintures de ce genre, appliquées sur le mur, et il s’en trouve dont la peinture n’est point à mépriscr. Il faut avouer que des yeux catholiques retrouvent avec délectation ces monuments de la piété publique. On sent qu’on approche du centre de la religion.

Environ deux lieues avant d’arriver à Turin, on laisse à droite, au milieu d’une campagne très riante, un château de plaisance du roi de Sardaigne, entouré de grandes et superbes dépendances. On dit que Sa Majesté y séjourne rarement, surtout depuis que l’ancienne république de Gènes ajoutée à ses Etats, l’oblige d’y passer deux ou trois mois par an. De ce château À gagner la capitale, le grand chemin devient plus large, plus droit, plus uni, sil est possible, qu’il ne l’était jusque-là. Il est orné, de chaque côté, d’une double rangée d’arbres qui lui donne beaucoup de relief. A l’heure où nous y passâmes, un grand nombre de voitures élégi ‘es, dans lesquelles on apercevait des personnes de tout état, ame des moines noirs ét des moines blancs, y prenaient la promenade du soir. A l’extrémité de ce beau chemin, est la principale porte de la ville située au pied d’une petite montagne, dans les divers étages de laquelle sont parsemées des maisons de campagne dont l’ensemble forme un très beau tableau.

Nous entrons enfin dans cette ancienne Augusta Taurinorum (c’est le nom que lui avait donné les anciens Romains), par une rue fort droite et fort longue, mais à laqueiïle il manque 30 pieds de largeur de plus pour le développement des hautes ct riches maisons qui la bordent. Elle aboutit à une grande place sur laquelle est le Palais Royal, maladroïtement masqué par un autre édifice, qui l'empêche de se développer avec l’avantage auquel il pourrait prétendre. On nous conduit à l'hôtellerie nommé la Buona fama. Il faisait une chaleur pesante à laquelle la pluie succéda pour durer le lendemain tout entier. C'était le dimanche. L'évêque de Québec alla célébrer la messe dans l’église de 8. Laurent située sur la grande place, autrefois occupée par les clercs

Le BOuvernement des était maître du pays.

n Théatin, au modique pension, de desservir cette églis d'occuper Ja Portion du couv

e devenue chapelle, et place que Pour lui. Ce bon re 1g

où il n’y a de asse, tous les dimanches et

une sacristi

Sont pas assez rCspCctés, car ] » Va, vient, cause, etc., d’une manière qui ne Convient pas au lieu saint. Cette église est la première où Î

Marquer, À chaque porte, un grand rideau abattu (pratique universelle en Italie), APParemment pour préserver du froid extérieur ou du bruit des Passants, ceux qui

rent ouvertes,

Après avoir dit la basse messe, l’évêque de assister À Ja grande, se fit annon nes Jui donn

Prétendre un évg

cer à la métropole où les c

il; Car outre le rochet

me les évêques, ils ont une ca

Ou, si l’on veut, de violet doublé e

Lines

Si l’on fait attention aux gravures du Cérémonial des Evêques, on reconnaîtra que les chanoines y sont représentés dans ce costume. La seule différence qu’il y ait d’un Chapitre À l’autre, ou d’un jour férial à un solennel, est qu’au lieu du rouge il y a de l’hermine, blanche pour les chanoines et grise pour les bénéficiers. 1

Il fut aisé de reconnaître que c'était le rit romain que l’on suivait dans cette église, mais le chant et les cérémonies s'y exécutaient avec une précipitation que l’on ne souffrirait pas À la cathédrale de Québec, du moins depuis l'extinction du Chapitre. Car beaucoup d'observations fuites dans le cours de ce voyage s’accordent À vérifier ce que l’on dit quelquefois : que les chunoines, par l'habitude d’être sans cesse au chœur, s’y familiarisent avec Dieu. Misère humaine.

La grand’messe finie, on rentra dans la sacristie, où c'était un spectacle assez plaisant de voir ces chanoines italiens, ct les prébendés, et les clercs de l’église, s’empresser autour de cet évêque étranger, les anciens le questionnant en italien, les autres écoutant ses réponses données en Jatin à une foule de demandes, qui supposaient dans le clergé une bier petite reconnaissance du nouveau monde. “ Y a-t.il des chrétiens dans ce pays ? les habitants sont-ils noirs ou blancs ? Ce nègre qui vous suit est-il un d’entre eux ? Y a-t-il longtemps que vous avez quitté l’Europe pour aller demeurer si loin? Avez-vous mis bien du temps à en venir? Croyez-vous y retourner ?” Turin n’est pas le seul endroit où il ait fallu entendre toutes ces demandes impertinentes, qui prêtent successivement à rire et À s’impatienter.

Pour faire diversion à des propos insignifiants, l’évêque de Québec prit deux ecclésiastiques plus raisonnables que les autres, les priant de lui fuire voir ce qu’il y avait de plus remarquable dans l’église. Elle est, comme toutes celles du pays, construite de briques, revêtue de pierres de taille au pritail et de stuc

1—C'est le Pape qui, en érigeant un chapitre, fixe le costume que devront porter les futurs chanoines.

ou de plâtre au-dedans, Nous ne sommes pas encore rendus aux lieux où le marbre abonde, Mais nous en appro-

chapelle pratiquée au-dessus du chœur des chanoines, qui est €n arrière du Mmaître-autel, On monte à cette chapelle par deux escaliers SYmétriquement placés, l’un à droite, l’autre à &auche, tous deux tombant dans la nef de l'église, Lorsque le Souverain Pontife revint en France en 1805, il fut fait par Ja

chapelle est ornée de Sradins de Cuivre doré et d’un petit retable dont les Colonnes sont de marbre noir, Plusieurs lampes brûlent

avant du chœur et du trône de l'archevêque, et dans la

odeur de sainteté À Rome, i] ÿY a peu de Mois, passe lui-même Pour un prince très religieux. On assure qu’il est rarement plus de 15 jours Sans s'approcher de la Communion. Ja Piété est accréditée dans cette Cour, chose assez rare dans Jos autres cours

PA eR RE Nune

Η En 1898, on a Photographié le Saint-Suaire, et des Copies en ont été répandues dans tout l'univers, Malheureusement il se trouve que son authen. ticité a été Mise en doute Par les auteurs les plus Savants et les plus recome Mandables, ]]3 Ont cité des bulles des Papes défendant de l'exposer comme Une relique Véritable, et aflirmant que ce n'est qu'une image où une repro.

duction du Suaire du Sauveur, La discussion se Continue entre les histori

et les hommes de science. Mais nous n°’

de l’Europe. Les défuntes épouses de Louis XVIII et du comte d'Artois étaient sœurs du roi de Sardaigne et toutes deux d’une vie très édifiante.

Il faut néanmoins avouer que les dégâts commis dans les établissements religieux pendant la domination des Français, ne se réparent pas aussi promptement dans les Etats de Sa Majesté Sarde, que l’on semblerait avoir droit de s’y attendre.

L’après-midi, la pluie augmenta. Cependant, en bons chrétiens, il fallait aller à vêpres. Et qui remplira ce devoir, si des ecclésiastiques s’en dispensent sans raison ? L'église la pius voisine de hôtellerie, celle ie Saint-Thomas, fut préférée aux autres. Nous nous y rendîmes à deux heures après-midi, au son des cloches qui appelaient les enfants au catéchisme, et non le peuple aux vêpres qui devaient se chanter beaucoup plus tard. Un vieux moine que nous rencontrâmes dans la sacristie (car c’était une église d’Observantins), s’entendant demander en latin, qu’il n’entendait guère, si nous pourrions avoir une place pour assister À vêpres, crut que nous demandions de loger au couvent : “ ce n’est pas possible, répondit-il ; la maison est pleine ; puis nous avons ici un de nos pères évêque venu de Milan ; c’est assez. Nous ne saurions prendre d’autres étrangers.” Cette réponse qui s’accordait si mal avec la demande, nous donna l’idée de visiter le monastère, dans l’espérance d’y rencontrer quelque religieux plus avenant. Nous trouvâmes une maison très vaste, tenue avec ‘une extrême propreté, des religieux polis dont un parlait très bien le latin, un bon Gardien nouvellement élu, et enfin l’évêque dont on nous avait parlé. C’est un ancien missionnaire de la Palestine qui a passé dix ans à Jérusalem, et parle en termes forts intéressants des lieux saints, du mélange des religieux catholiques qui en desservent les églises, avec ceux des sectes employés à remplir le même devoir, de la mosquée construite sur le lieu d’où N. S. s’éleva aux cieux, de la permission que le Saint-Siège a accordée de célébrer la messe dans cet édifice, le jour de l’ Ascension, de grand matin, pourvu ne 8’y pas trouver avec les Musulmans, de la somme que ceux-ci exigent, chaque année, pour donner cette

liberté, de l'impossibilité où les chrétiens se trouvent d’en jouir, lorsque la Somme demandée est trop forte pour qu’ils puissent Ja

Ce brave homme, à son retour de mission, fut fait évêqne de Sergiopolis in partibus infidelium, et Envoyé À Milan Pour ÿ füire les fonctions épiscopales, d’abord Pendant l’absence du cardinal

plète où on l’a réduit, Tout ce que le métropolitain lui permet de faire, est d’administrer la Confirmation AUX malades qui la demandent.

Pendant tout cet entretien, l’heure des vêpres arriva; elles

remplis de laïques de tout âge et de toute condition, qui avaient Pair d’être JA comme chez eux, et ne se gênaient nullement d’y Causer, sans égard ni Pour la sainteté du lieu, ni Pour celle du

service divin, On Conçoit que des religieux mendiants dont Ja

Pu infester le Voisinage, Le chœur est derrière l’autel et sur le Sr

1— Comme tout cela est relatif] Dans Saint-Pierre de Rome, les laïques, aux plus grande jours de fêtes, touchent Presque à l'autel dans la chapelle Clémentine. Je les ai entendus crier Comme des brûlés, en Prései:ce même du Saint-Sacrement eXposé, à la Cérémonie de Ja fermeture de la porte du jubilé. Il est vrai qu’ils criaient eu l'honneur du Vicaire du Saint Sacrerr «nt !

même plancher, fermé aux deux bouts de l’autel par de petits rideaux. C’est la manière générale de placer les chœurs en Italie, tant chez les Franciscains que chez les religieux des autres ordres. Après complies et le salut, la pluie ayant redoublé, les religieux ouvrirent à l’évêque de Québec une porte qu’il ne connaissait pas, et qui abrégea de beaucoup le chemin qu’il avait à faire pour regagner son hôtellerie. 1l faisait si mauvais temps à la fin du jour, qu’il n’osa entreprendre d’aller visiter le vénérable archevèque du lieu, auquel il s’était fait annoncer. Plus courageux que lui, l’évêque de Sergiopolis et le Gardien des Observantins, vinrent le soir passer une longue veillée avec lu. et il fut très content de leur conversation toute latine !,

18.—Le départ était fixé au lendemain après déjeuner. Il restait à l’évêque de Québec une église à voir qui ne lui était pas tout à fait étrangère. C’était celle de la mission, ci-devant appartenant aux Jésuites, dans laquelle on conserve les reliques de S. Octave et de ses compagnons martyrs. Il y alla célébrer la messe sur l’autel où repose leur châsse, que l’on aperçoit à travers un médaillon pratiqué au milieu du devant de l’autel. Elle était éclairée de plusieurs cierges. L'église est remarquable par le marbre, par la sculpture, les tableaux, la voûte, la dorure qui la décorent, mais bien d’avantage par sa sacristie, l’une des plus vastes et des mieux ornées qui soient en Italie. Elle a une vo”.e ornée de panneaux dorés et de superbes fresques. Mais ce qu’ offre de plus particulier, est la boisure qui la garnit touta: «ur

1— Mgr Plessis était très instruit, et il avait étudié beaucoup durant son séjour à la cure de Québec; au milieu de ses occupations qui auraient dû, il semble, absorber tout son temps, il pouvait encore trouver quelques moments de loisirs pour se livrer à l'étude des sciences ecclésiastiques ; et tel était son désir d'accroître la somme de ses connaissances, qu'il s’avisa d'y consacrer une nuit entière par semaine. Son robuste tempérament et sa forte volonté le soutinre: d’abord dans cette entreprise, mais il dut y renoncer au bout de deux .rois mois, quand il s’aperçut qu'après une nuit d'insomnie, il perdait à lutter contre le sommeil, le jour suivant, autant de temps qu’il avait espérer d’en gagner. Les Evêques de Québec, p. 461.

notre noyer dur, mais il

Presque celui du marbre.

Enfin nous laissons Turin sans

savoir le nombre de ses habitants, qui s'élevait en 1745 à 80,000 er, et qui, si l’on croit le nouvel éditeur de la Géographie de L

Le chemin le plus direct eût été celui de Fortone ; mais il y avait quelque chose qui attirait l’évêque de Québec vers Milan, si Célèbre dans l’histoi

istoire de l'Eglise, et depuis longtemps il était décidé À passer me il aurait fallu encore allonger son chemin. Nous sortîmes do

ac de Turin par la porte qui donne de ce côté, traversâmes la rivière Dora sur un pont de bateaux, Passâmes sans arrêter Par les villes de Settimo et de

Kivasko, et arrivâmes À Civiliano Pour y coucher. L'auberge était assez bonne, mais ja table d'hôte se trouvait garnie d’une demidouzaine de voiturins. Ils n’y Mmanquaic que le nôtre, et peut-être Y serait-il aussi venu, s’il n’eût cu John pour lui faire compagnie,

Par bonheur, un particilier de Novarrais, homme décent et bien né, qui revenait de voy

que nous, et ce fut à bout de Ja table, disaient À l’autre bout. Pour cette fois, se arché qui pût l’ex-

heures avant le jour e qui, voyant un des de

alade (c’est celui qui avait

ujourd’hui P > nous soupâmes hier et il n’en est Petite et moins éclairé chevaux sont meille ‘Mmagés par

pas plus poli ; sa voiture est plus e que celle que nous laissions ; mais ses uoique les chemins soient endomla pluie qui continue de tomber, il nous fait passer de

n sculptée. Le bois ressem- 8 un luisant qui paraît

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bonne heure le village de $. Germini et nous introduit à Verceil avant onze heures. L’archevêque du lieu (M5 Grimaldi) était en ville. L’évêque de Québec alla le saluer et fut reçu avec honnêteté, conversa assez longtemps avec lui, et avant de partir, voulut vénérer à la cathédrale le tombeau du célèbre S. Eusèbe, et alla au séminaire pour y voir la chambre où l’abbé Desjardins avait passé les dernières années de son exil. En quittant Verceil, vous rencontrez la petite rivière Sésie ou Sésia sur les bords de laquelle Annibal remporta, en Italie, sa prem‘'re victoire sur les Romains. Comme dans cette partie les rivières sont fréquentes et les terres basses, les habitants inondent aisément leurs champs et y cultivent avec succès le ri. qui, comme l’on sait, ne peut venir que dans l’eau.

Nous arrivons d’assez bonne heure à Novarre, ville murée et non fortifiée. Elle est épiscopale, mais l’évêque étant absent, il ne fut pas possible de le voir. Ici commence l’exportation des boudins, cervel:. saucisses et andouilles de toute espèce et de toute couleur. Ca les voit suspendus aux fenêtres de presque toutes les maiso . et en grande quantité; ce commerce n’est pas particulier à Ncvarre, mais se fait dans presque toutes les villes jusqu’à Aucône. On a peine À concevoir comment cette abondance d’une denrée assez malsaine peut se débiter. Il y a des villes dans ces quartiers où il s’en vend beaucoup plus qu’à Novarre.

20.—Nous quittons celle-ci et les Etats du Piémont le mercredi matin. Le Ticino ou Tésin, célèbre par la seconde victoire d’Annibal, se présente de bonne heure sur notre route. Nous en passons une branche au moyen d’un pont de bâteaux ct l’autre À gué. Entre les deux se trouve une petite auberge dans le village de Buffalora ; le froid nous engege À y entrer. On jette un fagot de petites branches dans la cheminée et voilà du feu. Comme il n’est pas assez ardent pour réchauffer jusqu’à l'estomac, nous demandons du café au lait, et on nous en présente d’assez bon, mais dans des verres ; les tasses ne sont pas connues ici, ni dans les villes suivantes, sur un espace de 15 À 20 lieues. Chaque Pays a ses usages et ses allures.

Le Ticino Passé, nous nous trouvons dans la Lombardie où le ilanais, Pas arrosé de Sang et engraissé de cadavres. Il ya Peu d'Etats en Europe Qui aient été aussi longtemps et aussi Opiniâtrement disputés, et où ilse soit fait autant de sièges et livré Autant de batailles que celui-ci. Romains, Lombarde, Allemands,

Français, Espagnols, tous l'ont successivement occupé. Le royau-

lemagne, du temps de Charles V, fit partie de la République Cisalpine, Pendant Ja Révolution française, redevint royaume Sous le nom d'Italie, Pendant le règne de Bonaparte, et a été finalement réuni à l'Autriche Par le congrès de Vienne en 1815. Dans ces diverses métamorphoses, Milan n’a Presque pas cessé d'en être la Capitale. Cette ville a été prise 25 fois, souvent rasé au niveau deja terre. L'empereur Frédéric Barberousse fit même semer du sel dans ses fondations, Cependant elle s’est toujours relevée et se retrouve une des Plus grandes et des plus remarquables de l’Europe, On n’est Pas d’accord sur Sa population que la géographie de Lacroix (édition de 1812) estime à 175,000 âmes €t qui passait Pour être de 300,000 en 1745, suivant la relation de feu M. Butler. Sa situation entre l’Adda et Je Tésin la rend très COmimerçante, Un canal] COMmuniquant de l’une à l’autre de ces deux rivières fait tout le tour de la ville en dedans des murs, Elle à 22 Portes, des Palais, des églises en grand nombre, comptait ci-devant beaucoup de Collégiales, de couvents. d’hôpitaux, de Séminaires. On verra plus bas tout ce que cela est devenu. Arrivés dans cette ville, le Mercredi après-midi, l'évêque qd Québec se décida à Y demeurer jusqu’au lundi suivant, afin d'y Pouvoir visiter à loisir les Monuments que l’impiété à altérés, Mais qu’elle n'a pu détruire. Le premier objet sur lequel se Portèrent ses regards fut l’église métropolitaine, laquelle vue du

Elle est de structure gothique, c’est-à-dire d’un &enre qui admet beaucoup plus d’ornements que le grec. Aussi ne les a-t-0n nulle. Ment épargnés. Que l’on se figure en effet une basilique 500 pieds

de long, de 200 de large, des murs ayant 60 pieds de carré, le tout revêtu du plus beau marbre blanc, enrichi de festons, de pyramides, d’arches, de niches, de statues des meilleures maîtres et de toute taille, au nombre de plus de 4000, sans compter celles qui sont dans l’intérieur. Faites le tour de cet immense édifice, montez sur le toit, réitérez cette visite tous les jours, pendant une semaine ; partout vous trouverez du marbre blanc, partout des statues que vous n’aviez pas encore aperçues et dans l’exécution desquelles vous n’apercevez aucun défaut. Les arcs-boutants qui défigurent les autres églises gothiques ! sont devenus des ornements pour celle-ci, par l’uniformité avec laquelle ils sont placés, par les rampes élégantes dont on les a ornés, par l’usage que l’on a eu en faire, les uns contenant des escaliers pour parcourir plus aisément le toit, les autres des dalots pour l'écoulement des eaux. À travers ces arcs-boutants sont pratiquées de longues eufilades de portes pour communiquer à divers étages, d’une extrémité À l’autre du toit. Ces portes au nombre de plus de 40, qui ont pour épaisseur celle même des arcs-boutants, ne sont pas destituées d’ornements, comme on le pourrait croire ; au-dessus de chaque porte, il y a une niche des deux côtés et dans chaque niche une statue ; de sorte que soit en allant ou en venant, vous apercevez toujours devant vous autant de niches et de statues que de portes, sans compter toutes celles qui terminent les pyramides quadrangulaires en très grand nombre, les unes plus hautes, les autres plus basses, suivant les places qu’elles occupent ; car tout ici est dans l’ordre le plus parfait et le plus symétrique. Mais ce qui mérite surtout de fixer les regards, c’est cette superbe façade, ce portail de 200 pieds de front sur une hauteur proportionnée, avec un perron de même largeur, élevé de cinq marches et qui vous donne à choisir sur cinq portes pour entrer dans la basilique nommé le dôme, dans l'usage du pays. C’est

1—C'est une erreur, comme nous l'avons vu plus haut. Comme science de construction, je crois que les arcs-boutants de Milan ne valent pas ceux des églises gothiques de France, Il y a trop de fer!

dans ce riche portail que se trouvent les Plus grandes et les plus belles statues 1. Que l’on donne au dôme de Milan une place

s’il ne l'emporte Pas, ct quant À Ja matière et quant À la richesse des ornemente, Il est vraisemblable que si Napoléon avait maintenu plus longtemps son autorité, il aurait fait abattre quelques douzaines de maisons pour donner une plus belle vue au dôme, Car il l’avait pris sous sa Protection, depuis qu'après avoir été couronné empereur à Paris par le Pape, il était venu à Milan se faire couronner roi d’Italie Par le cardinal] Caprara, qui en était

Part ailleurs on ne s’est avisé de Couvrir un toit en marbre, Par la manière dont 6" le cimente ici, il est aisé de concevoir qu’il n’y en a point de plus étanche. En un mot, il semble que l’on ait voulu épuiser en faveur de cette église l’abondante mine de

Marbre blanc du Lac Majeur Lago Maggiore, comme la liste de

que année, sur cette somme ce qu'il faut Pour l'entretien du culte et du clergé qui Y est attaché, Tout le surplus est employé À l'avancement du dehors qui ne 8e finira peut-être Jamais, tant il y

mr bee

1— En fait, ce portail n'a pas tous les mérites jue lui attribue l'évêque de Québec. En grande partie en style de Ja Renaissance n l'a corrigé un peu après coup... i] est disparate, plat et Manque de caractère, La chose est

a encore à fuire et tant c : fait peu chaque année. Cependant ce n’est qu'après le dehors fini, que l’on se propose de donner au dedans la perfection qui lui manque.

Ces deux mots Mariæ nascenti, que l’on voit écrits en grosses lettres d’or au-dessus de la principale porte du dôme, annoncent aux étrangers quel en est le titulaire. Une autre inscription audessus de la même porte, mais en dedans du dôme, apprend qu'il a été consacré parS. Charles Borromée, vers la fin de XVI"° siècle, et que le maître-autel avait eu pour consécrateur Martin V ; ce qui n’a pu être qu’à son retour du concile général de Constance, où il fut élu Pape, c’est-à-dire en 1414. II n’y a donc pas moins de cinq sièeles que cette basilique est en chantier. Elle est divisée en cinq nefs dont les arcades sont soutenues par 160 piliers ou colonnes de marbre de 20 pieds de tour, La voûte faite de briques n’a aucun ornement, si ce n’est. un ancien enduit qui est torubé en plusieurs endroits. L'édifice étant en croix, il &’y trouve deux chapelles principales dans la croisée, pourvues l’une et l’autre de statues de taille héroïque, représentant les principaux prophètes de l’ancienne loi. Ces deux chapelles sont noblement et richement ornées. Il y a de chaque côté de l’église beaucoup d’autres autels moins considérables, l’un desquels est l’objet particulier de la dévotion des fidèles, parce qu’au-dessus est conservée la croix que S. Charles porta, ayant les pieds nus et la corde au cou, dans une des processions qu’il fit durant la peste de Milan. Au haut du rond-point de l’église, au moins à 50 pieds de distance du pavé, se conserve avec encore plus de religion le S. Clou venant de la Croix de N.-S. aussi porté processionnellement par le saint archevêque dans le temps de la même peste. On le descend encore de là tous les ans, et on le porte par la ville dans une procession qui se fait À un jour fixe.

Plus des deux tiers de l’église sont pavés en marbre. Vers le bas, il y a encore quelques parties qui sont en briques. Aux deux angles qui séparent les deux principales chapelles d'avec le chœur, il y a deux chaires où ambons qui s'étendent des deux côtés de l'angle, et occupent environ douze pieds chacune le long des murs

8Uxquelles elles tiennent, On Y Monte par des escaliers cachés dans Ja boisure,

Le chœur n’occupe Pas toute Ja largeur du rond-point ; i] est éloigné de chaque côté, d’nne dizaine de Pieds, en sorte que l’on Peut tourner autour et admirer Jes bas-relicfs de marbre blanc

balustres à son Ouverture au milieu, et il faut nécessairement Passer par les deux, si l’on veut Communiquer de la sacristie au sanctuaire,

Contre l’usage des autres cathédrales, le Saint Sacrement est Conservé au maître-autel de celle de Milan. Six lampes Y brûlent continuellement. Le jour, on y tient, en sus, six cierges allumés. Le sanctuaire est d’une obscurité sans Pareille ; ce n’est Pas que les Onvertures y Manquent ; car dans l'étendue du rond-point, il ÿ à trois fenêtres vitrées, chacune de 8à 10 pieds de Inrge sur 40 à 45 de hauteur, Mais les vitres sont tellement chargées de peinturcs, suivant l’ancien goût, qu’elles n’éclairent pas beaucoup plus que si on les eût Couvertes de volets, et la Peinture en est si mul faite, que l’on ne distingue Pas plus ce qu'on y a voulu représenter, que si c'était un simple barbouillage sans objet,

la seconde de 15, la Brosse de 25,0v0. Au lieu de cordes, elles ont de longues verges de fer, et on les sonne avec des pédales faites comme celles des tourneurs. 1] ÿ a dans la métropole de Milan des fonts baptismaux, et une paroisse dont le curé est Mr Oppizoni, archiprôtre ou Premier dignituire du chapitre. De deux sacristies qu’il ÿ a dans cette église, celle qui est du côté de l’évan

gile est entièrement à l’usage des vicaires et autres prêtres employés à la desserte de la paroisse. Elle a son linge, ses ornements, ses chantres, ses clercs à part, et certains autels de ce côté de l’église, affrctés aux messes et autres offices propres de la paroisse. L’otfice public des chanoines sert aux paroissiens, les jours de dimanches, de fêtes et de concours, telles que sont les processions. Un officier du chapitre y fait l’annonce des fêtes et jours de jeûne.

La sacristie du chapitre est à l’opposite de l’autre, et ne sert qu’aux chanoïnes et aux prêtres et clercs attachés au service du chœur. Elle s’appelle le trésor, et nonobstant les déprédations des Français, ce trésor n’est pas épuisé : il contient encore des objets très précieux, tels que de beaux ornemeni: rontificaux de diverses classes, un crucifix et des chandeliers d'argent massif d’une grandeur demesurée, des vases sacrés, anciens et nouveaux, dont quelques-uns sont très curieux tant pour la forme que pour la matière, deux statues d’argent de taille humaine, représentant l’une S. Ambroise, l’autre S. Charles Borromée, tous deux en habits pontificaux. Ja mitre de S. Ambroise est dorée et sa face a des yeux de diamant, ce qui produit un singulier effet. Il y a en outre six bustes aussi d'argent, reste de douze qu’il y avait précédemment, représentant d’anciens évêques dont la sainteté a honoré cette église. Ces statues et ces bustes sont exposés dans le: grandes solemnités aux deux côtés de l’autel, et présentent un aspect très imposant.

Mais le plus riche trésor que possède le dôme de Milan, c’est le corps de son saint archevêque, le cardinal Charles Borromée, chargé, à l’âge de 22 ane, de ce vaste et important diocèse et et qui, en 24 ans d’épiscopat, a plus fait pour la religion, que vingt évêques n'avaient fait avant lui et que quarante ne feront peut-être après. On sait quelle fut sa charité dans les calamités publiques, sou zèle pour l’enconragement de la piété, sa persévérance À rétablir la discipline ecclésiastique par les six conciles provinciaux et les onze synodes diocésains qu’il assembla. Il mourut le 4 novembre 1584. Par le malheu: des temps, une

jusqu’à Ja mort, es nité avec laquelle On veut célébrer sa fête, Puisqu’elle ne doit avoir lieu que dans Quinze jours.

C’est au haut de cette nef et au milieu de la croisée de l'église,

trée est dans l’un des côtés extérieurs du chœur, On laisse, À droite, dlane ce Caveau, un petit chœur où les chanoines descendent l'hiver pour J faire les offices de la semaine, comme dans un lieu moins froid, devant un autel où l’on conserve les reliques de S. Jean Bon, ancien évêque de cette ville. En tournant à gauche,

sur lequel est étendu le Corps du saint Cardinal, revêtu de tous ses ornements Pontificaux, yant même une crosse à côté de lui, le tout renfermé dans une châsse de cristal à barreaux d’argent, de sorte que l’on peut Mesurer la longueur du corps, dont iln’ya

doublée en étotte d’or et de soie que l’on referme aussitôt après, Les messes finies, la porte de la chapelle est close pour Je reste du jour ; mais le peuple trouve À satisfaire sa dévotion pour S. Charles, en Venant prier autour d’une balustrade placée sur le pavé de l'église, et qui n’est séparée de la confession que par une grille de fer de même étendue que la chapelle même et lui servant de plafond, f] Y à toujours des lampes allumées AUX Quatre coins de cette balustrade, et il faut dire à la louange des fidèles de

Milan, qu’à toutes les heures du jour, on y trouve du monde en prières.

21.— Cette chapelle ou confession du modèle des pasteurs fut le premier endroit où l’évêque de Québec voulut célébrer la messe à Milan. Il y fut assisté et servi à l’italienne par plusieurs jeunes clercs, ayant à leur tête le cérémoniaire de la métropole, en soutane violette avec un surplis sans étole. Vainement M. Turgeon en demanda:t-il une : on ne voulut pas y entendre. Le cérémonial ne l’exige point. Mais il fut bien autrement surpris de voir ces jeunes clercs toucher les vases sacrés, mettre le vin et l’eau dans le calice, le couvrir et le découvrir sans plus de façon, dans tous les temps de la messe. Avec le temps il s’accoutumera à tout cela.

Il n’y a point de canons sur l’autel lorsqu'un évêque célèbre, mais un in-folio à gros caractères qui contient tout l'ordinaire de la messe, et qui est d’abord ouvert au-devant de la custode, puis porté au coin de l’épître pour le lavabo, puis ramené au milieu de l'autel, puis fixé sur le pupitre, à la place du misscl, au commencement de la préface, retiré pour faire de nouveau place au missel, après les ablutions, remis au milieu pour le Placeut, enfin porté à l’autre coin pour l’évangile selon $. Jean. C’est un mouvement perpétuel, mais qui est dans le génie des cérémonies ita-

liennes. Là-dessus on ne vous fait pas plus de quartier à Rome qu’à Milan et dans tout le reste du pays.

Le palais archiépiscopal de Milan est séparé du dôme par la largeur d’une rue, sous laquelle S. Charles, étant archevêque, fit pratiquer une communication voûtée pour aller commodément de l’un à l’autre. Ce fut par ce chemin que l’évêque de Québec fut conduit, après sa messe, chez M" Litta, l’un des chanoines et frère du cardinal-vicaire de Rome. Ces chanoines ont leur logement dans une pærtie de l’archevêché, mais ne sont pas aussi jaloux de les occuper qu’on le désirerait, la plupart aimant mieux demeurer en ville. Ce palais est très grand, ayant deux carrés, mais on n’y trouve plus ni les appartements qu’occupait S. Charles, ni la chapelle domestique où un religieux de l’ordre des Humiliés

lui déchargen un coup de fusil. Cette partie de l’édifice, si digne

d’être Conservée, a disparu dans des réparations subséquemment faites au palais,

Jusqu'à présent, les ar

“1 chevêques de Milan avaient été tirés des pie familles nobles du pays. Du moins on ne leg Prenait que parmi

les Italiens. Mais l’empcreur actuel d’Autri

S9UVernement touche à

sur la place qui conduit au dôme.

fallait voir en vil

plus que le : M ‘évêque de

secrétaire,

e chargé de les guider, Les Pavés de

rudes, mais on Y trouve ce qu’il serait À désirer

si À Paris et À Lyon, savoir : des lisières de

8, dans toutes les rues, éloignées l’une de

ut pour recevoir les deux Principale

Y est fort doux, $ » Chacun cédant u

8 roues i deux

des réparations, teurs. C’est beaucou assez confus de tentn He d’échelles, de cordes, de planches assemblées, de Coulisses, de #4 lampes, d'huile Püante, etc, voilà tout e

de plus remarquable, Il est vrai que les décorations théâtrales sont plus calculées Pour nen

que pour neuf heures du matin, temps où l’on nons fit voir celles-ci,

De là nons passâmes au collège Ambrosien, fondé par le cardina] Frédéric Borromée, neveu et successeur de S. Charles, superbe édifice, mais qui est loin d’avoir les 900 pieds de long que lui accorde fort généreusement la relation de feu M. Butler. L’intention du fondateur était que l’on y maintiînt À perpétuité seize professeurs, pour y enseigner gratuitement toutes les sciences. Cet établissement, fait par un archevêque du lieu, devait naturellement demeurer sous la direction de ses successeurs en office. Cependant il paraît que ses vues ont été déjouées, et que le gouvernement s’est graduellement emparé du choix des professeurs, de la direction des études et des revenus destinés au soutien de cet établissement, dont l’éditice, du reste, est fort bien entretenu. Il renferme une belle collection de tableaux choisis, exposés dans six ou sept salles de suite, qui ne paraissent destinées à aucun autre usage. Ces tableaux sont au nombre de 100, entre lesquels celui des Noces de Cana et celui du sacrifice d’Abraham sont particulièrement dignes de fixer les regards des observateurs.

Attenant, à ce collège, est la bibliothèque Ambrosienne qui ne compte pas moins de 70,000 volumes imprimés et de 6,000 manuscrits. On y trouve une édition de Virgile par Pétrone, une copie de Flavius Joseph écrite au second siècle, plusieurs lettres originales de $. Charles. On y trouve aussi un volume contenant les épîtres de S. Paul, en Arménien, Arabe, Cophte, Syriaque et Ethiopien. Dans le même bâtiment est un recueil d’antiques, statues, bustes, inscriptions, etc.

Un autre établissement qui fait honneur à cette ville, est le grand hôpital, ospidale maggiore ; il a 100,000 piastres de revenu annuel et peut contenir 2,000 malades suivant les uns, 4,000 suivant les autres. On assure que S. Charles donna tout son héritage pour l’encouragement de cet hôpital, le jour même qu’il lui échut. Il n’y avait réellement que 1,000 malades dans l’hôpital, lorsque l’évêque de Québec le visita, suivant l'information qu’il recu’ les chapelains qui en administrent le spirituel, au nombre de Tout le temporel est aux soins d’une commission laïque. On 1. :ginerait à peine combien sont nombreux les livres de comptes,

D latife ù — …

paroles qu’il n’effectue pas. Au contraire, il maintient des principes scandaleux posés par Joseph II, par exemple que la parenté et l’affinité ne sont pas empêchements dirimants au delà du second degré. Les cours de justice de ses Etats prononcent conformément à ce principe, de sorte que l’autorité ecclésiastique se trouve nécessairement et continuellement heurtée et contrariée. Ni la condescendance du Saint-Siège pour lui, ni la réception magnifique qui lui fut faite à Rome, l’hiver dernier, où le Pape le logea dans des appartements de son propre palais, ornés tout exprès à cette occasion, avec une élégance dont on les croyait à peine susceptibles, se resserrant lui-même pour le mettre plus au large, ni les jeux, les fêtes, les courses de chevaux, les illuminations, la dépense de 5,000 écus romains que sa présence coûta à la Chambre A postolique, ni les avis charitables et paternels qui lui furent donnés de vive voix et par écrit de la part du Saint-Père ; rien de tout cela n’a pu dompter son indocilité, n’exciter sa reconnaissance. Il n’a pas voulu s’apercevoir que la Cour de Rome avait fait pour lui plus qu’elle ne fit jamais pour Charlemagne, son insigne bienfaiteur. A peine de retour à Vienne, François I a donné de nouvelles preuves de son peu de respect pour le Saint-Siège.

De neuf hôpitaux qui existaient à Milan, en sus de celui dont il a été fait mention ci-dessus, il n’en reste plus qu’un seul tenu, avec une propreté remarquable, par des frères hospitaliers de l’ordre de S. Jean de Dieu. Il n’y a qu’une seule salle, mais qui contient 74 lits, ayant chacun une sentence de l’Ecriture Sainte en avant, imprimée sur une planchette. Ces sentences sont très bien choisies, tendant ou à exciter la compassion envers les malades, ou à soutenir la patience de ceux-ci. Dans une partie de la salle, élevée de quelques degrés au-dessus de l’autre, étaient réunis plusieurs prêtres malades. I/évêque de Québec se fit un devoir de visiter ces lits avec un peu plus de détail que les autres. Il s’y trouva un ancien curé qui, le voyant en cravate blanche au lieu du petit collet que portent tous les ecclésiastiques italiens, le menaça de la malédiction portée contre ceux qui refusent de con-

accouru pour calmer le bruit qui s’y était élevé entre les catholiques et les Ariens, au sujet de l’élection d’un évêque, fut lui-même proclamé par un enfant. Elle continua de servir de cathédrale jusqu’à la construction de la basilique Ambrosienne dont il sera fait mention plus bas. Elle est encore une des plus belles églises de Milan par sa forme, par ses décorations, maïs surtout par les précieuses reliques dont elle est dépositaire. On admire sa coupole et les fresques qui la décore, et où le peintre semble avoir voulu réunir les mille et milliers d’anges qui environnent le trône de Dieu. Les connaisseurs louent beaucoup le tableau de S. Paul par Gaudentio, qui est dans une chapelle latérale. Le gradin de l’autel principal et l’autel lui-même sont partie en marbre et partie de jaspe, surmonté d’une superbe niche. Mais lorequ’après avoir fait le tour de l’église, on en vient à considérer la chaire, il n’est personne qui ne soit offensé de sa simplicité au milieu de tant d’ornements. La voûte répond au reste de l’église par sa magnificence. Il y a dans le chœur 75 stalles remarquablement bien sculptées en bois dur. Cela fait assez voir que cette église a servi à une communauté religieuse, car un Chapitre n’aurait pas un si grand nombre de chanoines. En effet les Bénédictins y ont eu un de leurs monastères, et l’on en trouve la preuve dans la sacristie, vaste et bel appartement, plus digne qu'aucune autre d’être comparée à celle de l’église de la Mission à Turin. Or cette eacristie est environnée, au-dessus de la boisure, des portiaits très nombreux de tous les cardinaux sortis de l’ordre de S. Benoît.

Le peuple ne connaît plus cette église sous le nom de Basilique Porcienne !, mais sous le nom de $. Victor, martyr, qui y est spécialement honoré. Ses reliques et celles de $S. Satyre sont conservées dans l’épaisseur du mur qui sépare cette église d’avec la chapelle souterraine. Celle-ci, aux quatre coins de son petit sanctuaire, a des tombes bien scellées, pleines d’ossements de

1—Cette basilique n'existe plus, et l'église de S. Victor a été reconstruite en 1566 sur ie même emplacement.

Martyrs. A l'extrémité la plus éloignée de ce Sani: on Montre un poteau de frêne sur lequel S. Victor fut déc: ;:1:.' L'église paroissiale de S. Eustorge a quelques beaux 11, ot

une chapelle voûtée derrière le chœur, tenant lieu d'église souicrraine, et contenant les reliques de S, Magne et de S, Pierre martyrs, dont l’Eglise célèbre la fête le 29 avril. On sera étonné d’ap- Prendre que les Monuments des Trois Mages se montrent dans cette église. On Prétend qu'ils farent apportés d'Orient par S. Philastergue ; mais On Convient aussi que les monuments sont vides, l’empereur Frédéric II fJant fait transporté les corps à Cologne, à la suite d’un siège Ge Ja ville de Milan, qu’il voulnt

L'église de $. Laurent où Sun-Lor 1-6 n'est autre chose qu’une Mauvaise imitation de la Rotoude de Roma. On y voit un singulier tableau représentant un S. Domiuique, en ! äbit religieux avec des ailes. I] Y à Un autel sous Pinvocation de N..D, de Pitié,

où il s’est opéré plusieurs fois des miracles, notamment au mois d'avril dernier, où une petite fille notoirement impotente fut subitement guérie devant l’image de la Mère de Dieu, représentée dans cette chapelle, non en tableau, mais en une statue bien exécutée. Il n’est Pas rare, en Italie, de trouver de ces sortes de statues dans les églises, ordinairement recouvertes d’un tableau qui s’abat comme un rideau, et laisse À découvert la statue et Pélégante niche qui la renferme. Au-devant de l’église de San- Lorenzo, se trouve, dans Je milieu de la rue, une suite de grandes et vieilles colonnes au nombre de 24, sans liaison entre elles, et cintrées de cercles de fer en plusieurs endroits, sans doute pour e8 empêcher de tomber sur les Passants, ce qui arrivera tôt ou

Elle est au fond d’un long portique ; il était plus de midi lorsque

NOUS ÿ passâmes, I] s'y disait une messe basse devant une assistance édifiante et très nombreuse,

Dans le vestibule de l’église de S. Nazaire, qui est de forme octogone, on est surpris d’apercevoir, à 20 pieds au-dessus du pavé, un tombeau sur chaque face, avec différentes inscriptions, dont l’une est conçue en ces termes : “ Jacobus Magnus Trivultius Antonii filius qui nunquam quievit, quiescit. Tace.” C’est-à-dire : Jacques Magne, fils d'Antoine Trévule, qui fut toujours en mouvement, se repose. Tais-toi.” On ne voit pas à quoi cette plaisanterie fait allusion.

Au-dessus de la principale porte, au-dedans de l’église, est une belle priuture ou fresque de l’Ascension de N.-S. : les autres tableuux sont d’un mérite distingué, Le paradis fait le sujet de la peinture du dôme. Dans le sanctuaire sont les tableaux de quatre SS. archevêques de Milan, dont les corps reposent sous le maître-autel. Cet autel a une admirable uiche ornée de quatre colonnes torses de marbre noir, qui lui donnent beaucoup de relief, Les deux bénitiers sont. des bassins de marbre blanc, chacun soutenu par un petit ange de même matière, ayant le bassin sur la tôte et en soutenant les bords avec ses petites mains, comme pour le tenir en équilibre. Cette idée est très ingénieuse.

Mais si l’on veut voir du marbre de ‘oui espèce et du jaspe, et du porphyre, et du lapis-lazuli et des agathes habilement et admirablement enchassées et en très grand nombre, il faut visiter l’église de S. Alexandre, ci-devant celle des Barnabites, et l’on y trouvera tout cela, non seulement dans l’autel et son gradin et sa niche, mais encore dans la chaire, et dans deux confessionnaux placés de chaque côté de l’église, auprès des deux premiers piliers, et faisant tous deux face au sanctuaire. Ce fut dans cette église, l’une des plus renommées de la ville, que l’évêque de Québec alla célébrer la messe le vendredi, 22. La curiosité de la voir plus en détail entrait bien pour quelque chose dans ce choix. Mais elle fut un peu déjouée ; car au moment où l’on découvrit le gradin et une partie de l’autel, allait commencer un service, et il

fallut se hâter ; et comme il arrivait auprès du plus beau confessionnal pour le contempler À loisir, il fut obligé de passer outre, y ayant aperçu un prêtre occupé à entendre les confessions, C’est

autre rit. Ajngi Ce n’est que dans l'église SOuterraine que Je missel romain soit admis,

Eglise de S. Ambroise ! Eglise où il a prêché dans une Chaire dont il reste des vestiges, où il a assisté aux offices divins, assis dans un fauteuil de pierre, qui se conserve avec soin et respect, au

l’empereur Théodose, Pour le punir d’un Massacre qu’il avait, ou laiseé faire imprudemment, Où ordonné, dans un Mouvement de colère, Oh! qu’elle rappelle de chers et touchants souvenirs ! Les portes de cette église, faites de bois de cyprès et revêtues de grilles de bronze, sont assurément très anciennes, Mais les cha. noines ne croient Pas qu’elles soient les mêmes que le S. évêque ferma contre l’empereur.

23.—Le cor du saint Docteur est enfermé sous Je maître autel avec ceux des Martyrs 8. Gervais et S. Protais. Plus loin, dans une chapelle de la même basilique, est Conservé celui de sa sœur, Ste Marcelline, Une statue de la sainte en marbre blanc, à genoux sur un sarcophage qui s'élève de derrière l'autel, tient lieu de tableau À cette chapelle et Produit un trèg bon effet, L'évêque de Qué aurait désiré contempler À découvert les Ossemerite du saint archevêque et des deux Ss, Martyrs qui attendent avec lui la résurrection des Morts ; il fut encore Privé de cette satis-

jé résine nn nm mener.

M us

faction. Le chapitre était alors en vacances, et de trois chanoines qui ont les clefs de cette confession, deux se trouvaient absents.

Il y a dans cette église, un peu au-dessous de la chaire, une petite colonne de granit d’envison 8 pieds de haat, et sur cette colonne un serpent d'airain, On ne sait À quelle occasion ce monument a été apporté en ce feu. Peut-être est-ce un ex-voto introduit à la suite de quelque calamité publique. Quoiqu'il en soit, des voyageurs protestants n’ont pas manqué de dire, dans leurs relations, que les catholiques de Milan adoraient cette image. Ce n’est là qu’un article de plus aux calomnies dont ils aspergent l’Eglise en toute occasion. Assurément s’il y a quelque excès À reprocher aux Milanais, ce n’est pas la superstition.

À l’opposite de la chapelle de Sainte-Marcelline, il en est une autre qui contient les reliques des 88, Nabor, Félix, ete. Ainsi Von voit combien de richesses renferme la basilique Ambrosienne, plus respectable sous le point de vue de la piété que sous celui de sa construction, qui n’a rien de remarquable. Il paraît certain qu’elle était d’abord plus petite et qu’elle a été allongée par la suite, car jusqu’à un certain endroit, les arcades qui la joignent à ses bas-côtés sont de forme gothique, au lieu que lessuivantes sont voûtées à la grecque.

Après avoir été, pendant plusieurs siècles, métropole de Milan, cette basilique est devenue une collégiale. Un des chanoines demeurant dans une maison dépendante de l’église et qui accueillit l’évêque de Québec, avant et après la messe, l’égaya beaucoup par le récit de l’artifice dont il avait usé, pour empêcher les avides révolutionnaires de France d’enlever les lames d’or massif dont le grand autel de la basilique est environné. Il réussit complètement contre l’attente de ses confrères effrayés, qui croyaient cette richesse perdue sans retour.

24.—I1 n’y a pas grand éloge à faire de l’archiprôtre de l’église de S. Fidèle, où l’évêque de Québec alla dire la messe, le dimanche. Passons à la grand’messe du dôme, où il eut soin d'assister, ce jour-là, pour prendre une idée de la liturgie Ambrosienne. Voici ce qu’elle offre de plus remarquable.

éritu tuo. Un ” Après jaquelle on ndant le Célébrant

Ce

Pièces, sang ils reviennent au on entre eux, deux e8 Ministres, qui se

tout le temps qu’il

iscum, le

re des évan.

tte tribune. Le

diacre y chante l’évangile, disant au commencement non seguentia mais lectio sanceli evangelii, etc.

Le même officier qui avait entonné le graduel, avant de quitter l’ambon, annonça en latin la vigile de la Toussaint pour le samedi suivant. Puis, un prédicateur, du haut de l’ambon placé au côté opposé, donna au peuple une bonne instruction en italien sur l’'évangile du jour.

Le sermon fini, voilà que deux hommes vêtus de blanc et coiffés en noir, se présentent à l’entrée du balustre le plus voisin de l'autel, et six femmes revêtues et coiffées de même, à l’entrée de l’autre balustre. Le célébrant s’y rend et reçoit les offrandes des uns et des autres, qu’il dépose dans deux urnes d'argent présentées par des clercs. Ces offrandes sont des pains azymes et des phioies de vin. On les porte à l’autel. Le célébrant assisté de ses ministres en prend ce qu’il faut pour le saint sacrifice, le reste est envoyé à la sacr's'ie. Cependant un bénéficier, assisté d’un clerc portant un bassin d’argent, va trouver À son tour ceux et celles qui ont présenté le pain et le vin, et tandis qu’il leur fait baiser l’instrument de paix, chacun d’eux met dans le bassin une petite pièce de monnaie. Le bassin est déposé sur l'extrémité de l'autel, du côté de l’évangile. Les chanoïnes quittent leurs stalles, font, à la file les uns des autres, le tour de l’autel, montent, en passant,

au coin de l’évangile, le baïsent et bénissent le bassin. Quelquesuns y jettent une petite pièce. Cependant le célébrant fait l’offertoire et entonne le Credo après. Il ne se lave les mains qu'au moment de la consécration et immédiatement avant qui pridie quam palerelur. Six flambeaux sortent en ce moment de la sacristie. Ceux qui les portent s’agenouillent sur une seule ligne deveat l’autel, les élèvent très haut pendant les deux élévations, sans néanmoins cesser d’être À genoux. La lumière qu'ils répandent dans un sanctuaire aussi obscur, jointe au silence qui règne en ce moment par toute la basilique, produit un effet imposant et sublime, Les flambeaux sont emportés aussitôt après. Quoique le Saint-Sacrement soit conservé ici au maîtreautel, contre l’usage des autres cathédrales, on n’y donne cepen-

dant pas la Communion. Après les ablutions, le célébrant reçoit à laver. Il chante la bénédiction précédée de Plusieurs versets, Puis après avoir fait le signe de la eroixX sur l'autel, au coin de l’évangile, il se retire avec ses rEciers, sans qu'on puisse voir s'il recite l’évangile en chemin ou non, tandis que les chanoines chantent none.

L'église de &. Satyre où nous voulûmes assister À vêpres, ce jour-là, 8e trouva si longtemps Occupée par des Catéchismes d’enfants, que l’on y faisait dans tous les Coins, qu'il était presque uuit, lorsque vêpres commencèrent, et qu'il fallut les abandonner au second Pseaume.

La reiation de fou M. Butler fait Mention d’un célèbre écho qui répète 40 fois les mêmes Paroles, formé Par deux murs parallèles dans la maison de CaMpagne du Seigneur Sermonetti, située À trois milles de Milan. Une telle merveille auraît eans doute valu la peine d’une petite excursion : Mais des personnes auxquelles on peut s’en 'apporter, disent que la chose a été exagérie de beau- COUP, qu’à la vérité il Y avait un écho dans cette maison de cam- Pagne, mais non aussi extraordinaire, et qu'au surplus un des Murs qui le produisaient a été abattu depuis plusieurs années,

25.—]: s'agissait de faire route le lundi, D'un grand nombre de voiturins qui se Présentèrent, M. Turgeon Prit de préférence Pierre Dei, de Florence, Comme le mieux recommandé. I] avait iture, trois forts mulets, de la bonne humeur, de l'honnêteté, de Ja Persévérance I] se Chargea de nous conduire à Rome pour la Somme de £28, Nous devions nous NOurrir À nos frais, par conséquent manger seuls, lorsque la COpagnie ne nous conviendraic Pas. Libre à nous de nous associer deux autres per- Sonnes dans la voiture, en déduction du Prix total ; mais il ne s’en présente Pas, et nous n’en fûmes que plus on liberté, John, à l'ordinaire, AVait sa place auprès du cocher, dans cette partie de la voiture que l'on appelle Je cabriolet,

ous partîmes de grand matin. PassÂmes par une petite place du nom de Marignan, et arrivâmes AVant-midi À L, di, jolie ville élevée, tortifiée, et célèbre Par une victoire que Bonaparte

dass: anna main

a remporté près de là sur les Autrichiens, en 1796, au lieu appelé le pont de Lodi sur l’Adda. On arrive à Lodi par un beau chemin, bordé de deux rangées de plaines ou de platanes, qui ne se sentent pas plus de l’automne, que si nous étions au mois d’août. Quant aux peupliers de Lombardie, on n’en voit pas plus dans ce pays, que de trembles à la Pointe-aux-Trembles. Les ouvriers qui dominent dans toutes les petites villes depuis Novarre jusqu’à Plaisance, sont les cordonniers : les boutiques en sont pleines des deux côtés des rues. Des chaussures de tout cuir, de tout prix, de toute espèce, y sont exposées à toutes les fenêtres, comme ies andouilles et les saucissons. Lodi est à environ six lieux de Milan. Nous n’y demeurons que le temps nécessuire pour dîner, et allons concher à un village nommé Casal-posterivre, à l'entrée du Plaisantin.

Nous voici hors des Etats d'Autriche et sur les terres de Marie- Louise, ci-devant impératrice de France, maintenant duchesse de Parme, de Plaisance et de Guastalla. Séparée de Napoléon, son époux, et du ci-devant roi de Rome, son fils qui est élevé à la cour d'Autriche, elle vit, dit-on, dans la solitude et dans les larmes. Sa souveraineté, quoiqee très petite, ne doit pas même pass : } son file, mais est reversible à l’infante d’Espagne, cidevan: reine d’Etruria, le congrès de Vienne de 1815 n’ayant pas jogé que la seigneurie de Lucques, donnée en principauté, fût suffisante pour la dédommager de la Toscane, rétablie en grandduché en faveur d’un arehidue d'Autriche qui, aussi bien que Marie-Louise, est sous l'entière influence de l’empereur.

Pour arriver À Plaisance qui est sur le PÔ, nous laissons À droite la célèbre ville de Pavie, et à gauche ceile de Crémone, toutes deux À une assez petite distance de notre route. Nous ne sommes plus dans une saison où l’on puisse s’amuser en chemin. Les routes sont encore belles, mais pourraient se gâter par la continuité de la pluie ; car il en tombe tous les jours, et la lune, quoique renouvelée du 19, n’est pas moins pluvieuse que le dernier quartier de la précédente.

Nous traversons rapidement Plaisance sans nous y arrêter. À

que vous soyez dans une place, une aut sortie, ne Manque pas de y Vous passez d’un territoire se met en devoir de visiter votre bagage.

» et ils ne sont jamais lus mortifiés 4ne , J P lorsque vous les laiesez faire, car alors ils n’ont plus droit À votre libéralité, Un Voyageur qui est assuré de

effet de contrebande, n’a donc rien de engager à cette visite, Ils en sont bie

dans leurs espérances.

Nous arrêtons Pour dîner, à un bourg nommé Fiorenzuss. n'était pas encore midi, évêque de Québec voulant Profiter de cet intervalle Pour aller adorer le Saint-Sacrement dans la première églis» qu'il pût atteindre, en trouva la porte fermée. C'est Un usage assez universel en Italie de fermer les églises aussitôt après la dernière messe, et de ne les rouvrir que vers le soir. Un religieux qui venait de ville, voyant ce que cherchaient ces étrangers, leur fit signe d'attendre et leur ouvrit une autre porte que celle où ils heurtaient. C'était cetle d’un couvent de Franciseains de l’étroite observance, auxquels appartient cette église, Quelques bons religieux, au nombre de sept À huit, se trouvaient réunis à la porte du réfectoire et sur le point d'y entrer Pour Cîner; ils Partageaient entre eux une bouteille de vin. C'est peu de chose, Les vins sont si doux et si faibles en Italie, que chacun d'eux eût pu la boire tout entière sans commettre d’excès, Ils en voulaurent faire politesse aux deux hôtes qui leur survenaient et qu’ils 16 Connaissaient pas ; Mais ceux-ci venus Pour toute autre chose, se hâtèrent de remplir leur objet, et gagnèrent l'église, qui est

ous les rapports de con-

“’avoir avec lui aucun mieux À faire que de les ntôt lassés et désappentés

en vérité un vrai bijou accompli sous t

amer

struction, d’ornements, de goût et surtout de propreté. Les religieuses auxquelles elle appartint autrefois, n’auraïent pu la tenir en meilleur état que ne font ces moincs.

Ayant compris par quelques paroles de M. Turgeon que le personnage qui leur rendait visite était un évêque, ils redoublèrent d’attention et d’honnêteté envers lui, pendant le temps qu'ii prit pour faire ie tour du monastère, qu’il trouva également remarquable par sa propreté et sa noble simplicité. Lorsqu'il en sortit, le gardien voulut le reconduire à l'auberge ; il s’y refusa absolument. Les religieux, pour s’en dédommager, l’envoyèrent saluer, pendant son dîner, par un chanoïne de collégiale, leur pensionnaire, mais dont la visite fut très insignifiante, le brave homme ne connaissant nullement le français et n’étant pas capable de parler latin. Il west pas le seul qui se soit trouvé dans la confusion sur cet article, pendant le voyage de l’évêque de Québec en Italie. Ce n’est pas qu’ils ignorent la langue, mais c’est que plusieurs ne se sont jamais exercés à la parler. Combien d’ecclésiastiques suflisamment instruits en Canada et qui, dans l’occasion, éprouveraient la même difficulté, par le peu de cas qu’ils font de l’exercice de la locution latine! Puisqu’il est vrai qu’à ne pas pratiquer sa propre langue, on parvient à ne la pouvoir plus parler ; à plus forte raison doit-on se trouver au dépourvu, lorsqu’il s’agit d’une langue morte, si on ne la connaît que dans les livres !

Nous arrivâmes, à soleil couché, à une petite ville nommée Borgo di San Donino. L’évêque de Québec, ayant aperçu, le soir, une église dont l'entrée n’était séparée de l’auberge où il logeait que par la largeur de la rue, profita du retard du voiturier, le lendemain matin, pour y aller entendre une messe avant de partir. Il trouva qu’il s’en disait quatre à cinq en même temps. L'église lui parut pius grande qu’il ne l’avait jugée d’abord. Avant qu’il sortit, des chanoines entrèrent au chœur et commencèrent à réciter matines. Enfin, le jour se développant, il aperçat le dais et le trône d’un évêque, et comprit (ce qu’il était bien éloigné de

soupçonner jusqu'alors) qu’il se trouvait dans une cathédrale.

Il lui était permis de ne pas 8’y attendre, d’après le nom de Bourg que porte cette ville Composée de 4000 âmes.

27.—Pour le moment, il ne fut pas Possible d’en savoir plus long sur le compte d’un endroit d’où il fallait partir incessamment et par un temps assez désagréable, 1] s'agissait de savoir s’il serait possible Où noù de passer la rivière du Taro grossie par plusieurs jours consécutifs de pluie. Elle est À trois lieues et demie de la ville que nous laissions, Nous ÿ arrivons vers midi. Beau- Coup de voitures nous Y avaient devancés. Il fut décidé qu’elle n'était P:e passable, et que le bateau-pont sur lequel on à coutume de la franchir, ne Pouvait se mettre en traverse sans risquer d’être emporté par les flots. Ce bateau n’est Pas conduit À l’aviron, mais Par une cordelle comme quelques-uns de nos bacs. Si elle venait À rompre dans de Brosses eaux, il pourrait dériver très loin, non sans danger pour les voitures et pour les VOÿageurs. Coucherat-on sur le bord de cette rivière? Peut-être ne sera-t-il pas plus possible de la Passer le jour suivant, surtout si la pluie continue ? Et où loger? La seule auberge et très méchante qui soit auprès, eet déjà surchargée de monde. À trois personnes par lit, il n’y a pas de quoi loger les étrangers déjà rendus, sans compter ceux qui arrivent À tout Moment. Retournera-t-on À Borgo ? C’est découdre trois lieues et demie de chemin, qu'il faudis retracer

L'évêque de Québec se décide pour ce dernier parti. Dei sy prèta avec quelque peine, mais on ne raisonne pas, Un voiturin moins honnête que lui n’y eût pas voulu entendre, Nous rentrons donc dans la ville, à soleil couchant, Autre misère : il ne s'y trouve plus d’auberge, Celle où nous avions logé la nuit précédente, ne voulut Pas de nous, Oa Y attendait la duchesse douairière de Modène avec Un grand accompagnement. Inutilement observa-t-on que cette princesse aÿant aussi le Taro À Passer pour venir, nous n’aurions plus besoin de l’auberge si elle venait, parce que ce serait le signal que nous y pourrions passer comme elle, et que tant qu’elle ne le Passerait pas, elle ne Pourrait occuper l'auberge, Tout cela fut inutiie.

Condamné à loger dehors, l’évêque de Québec se rappela qu’il était près d’une cathédrale, par conséquent de l'évêché. Il envoie M. Turgeon sommer l’évêque de donner l'hospitalité À nn de ses confrères. La proposition fut acceptée et nous nous y rendîmes aussitôt. Le voiturin et les mulets logèrent où ils purent ; mais la voiture fut introduite dans la cour de l'évêché, et il y eut place

chez l’évêque hospitalier pour les deux voyageurs et pour le fidèle John.

L'évêque qui est le comte Louis de San-Vitale, âgé de 47 ane, n’en montrant pas 86, a été promu à ce siège depuis environ deux ans, sur la nomination de Marie-Louise, sa souveraine. Il n’a qu’un couvent (ce eont des Capucins) et quatre paroisses dans ea ville épiscopale, et 36 au dehors. Son diocèse n’a que 40 milles de long. La comparaison de cette étendue avec celle du diocèse de Québec offrait une différence assez saillante, pour donner matière à la conversation de la eoirée. Le prélat se conduisit envers ses hôtes avec toute l’attention et la politesse qu’il était raisonnable d’attendre d’une personne de son état. Il leur donna de bons lite dans de très grands appartements, et aurait bien pu loger 40 étrangers sans se mettre à l’étroit; car son palais est un édifice immense à plusieurs étages, dans lequel il demeure seul avec son secrétaire et quatre à cinq domestiques. Il parle français et son secrétaire aussi. Le lendemain, il fit dire la messe dans sa chapelle domestique à l’évêque de Québec, qui eût préféré l’église à laquelle le palais est contigu. Mais ce n’est pas l’usage des évêques en Italie. Ils ne paraissent même aux offices publics de leur cathédrale, que dans les grandes fêtes de l’année.

28.—Celui-ei nous apprit que l’évêque voisin, celui de Plaisance, âgé de 86 ars, n’.vait que trois à quatre ans d’épiscopat, et que

lorsque la primeesse Marie-Louise le nomma au Pape, celui-ci ne put s'empêcher de dire: “ Que faites-vous là? Vous voulez que ’établisse cet évêque à l’âge où il devrait résigner, s’il était déjà promu.” Îllu: secorda néanmoins des bulles, et avec d’autant

plus de raison, qu il connaissait parfaitement bien ce petit diocèse,

l'ayant administré depuis de longues années en qualité de grand vicaire.

L'évêque de Québec ne voulait quitter Borgo qu’à bonne enseigne, et avec la certitude de n’être Pas obligé de sy replicr encore. Le voiturin qui était au &uet, apprit de bonne heure que des voitures avaient traversé Je Taro, ce matin, et ne manqua pas de le venir Presser de partir. L’évêque hospitalier fit des efforts pour Je retenir du moins À dîner ; mais assuré du passage, il aima mieux s’y rendre sans délai et prit congé de lui vers log dix heures du matin. En sortant de la ville, il rencontra la duchesse de Modène avec une longue suite de voitures, ce qui le confirma dans l'espérance de Parvenir, ce jour-là même, À Parme sans difficulté. Le temps était fort beau. De bonne heure après midi, il arriva Pour la seconde fois sur Îcs bords du Taro, où il fallut attendre près de deux heures pour Passer À son tour.

La rivière a en cet endroit trois chenaux. On passe À gué le Premier et le dernier. C’est seulement Pour celui du milieu, large

dars cette seule journée une centaine de voitures, tant de celles qui venaient que de celles qui allaient, Le traversier, qui a cou-

cette rivière, Les piliers d Pierre, au nombre de 18, sont entièrement finis, et l’on Commence à bander les arcades de briques qui doivent les joindre les uns aux autres et Supporter le pavé du pont. On y travaillait lors de notre Passage avec beaucoup d’activité, et ce n'étaient pas seulement des hommes qui exécutaient ces travaux, mais encore des femmes de journée, les unes portant le boya:d, les autres faisant rouler des brouettes, etc.

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Ïl reste une lieue et demie À faire, après le passage de Taro, pour arriver à Parme. Le premier objet qui se présente sur la route, st un arc de triomphe élevé tout auprès du chemin, en mémoire du passage du Pape en 181 4, au retour de sa captivité. On y lit cette inscription : “ Anno MDCCCXIV, 8’ Kal. Aprilis, Pius VII Pontifex Maximus Beatiss. ad Tarum ab exercitibus Fœderatorum primum exceptus, è Gallia in Romanam Sedem postliminio taudem revertens hac processit festaque in urbe substitit horas 45.”

On ne se fait pas d’idée de la joie qu’excita non seulement dans toute l'Italie, mais encore dans toute la France, le retour du Pape. Napoléon, forcé de le mettre en liberté pour se ménager un peu de popularité dans la décadence de ses afiaires, ne voulut pas lui permettre de retourner par la même partie de la France par où il était venu de Savone à Fontainebleau, parce qu’il craignait qu’il ne fit trop de sensation parmi des peuples qui le connaissaient déjà, et lui avaient donné de grands témoignages d’intérêt et de vénération. Il l’obligea donc de prendre sa route par les départements du midi. Mais cette précaution fut inutile. Partout les peuples vinrent en foule se prosterner aux pieds du Vicaire de J.-C. Les protestants de cette partie de la France monttrèrent un empressement à le vénérer peu inférieur À celui des catholiques. Au passage d’un pont, dans le Languedoc, la foule se trouva si grande, que l'officier brutal qui commandait le détachement, insulta le peuple, lui reprocha son zèle et demanda : ‘ que feriez-vous donc si c'éteit l’empereur qui passât ? ” 4 Ce que nous ferions, répondirent-ils tous d’une voix, nous le jetterions dans la rivière.” L’officier furieux continuant de les haranger : “avez-vous soif, s’écrièrent-ils ?” Il entendit ce langage et se tut enfin, craignant qu'ils n’entreprissent de le désaltérer. Ce récit est du P. Fontana, alors général des Barnabites et aujourd’hui cardinal, qui avait été, comme beaucoup d’autres du clergé romain, conduit en France et emprieonné pour la cause du Souverain Pontife, et revenait À sa suite.

L'évêque de Québec arriva À Parme assez tôt pour avoir le

loisir de visiter la cathédrale et le baptistère, édifice totalement séparé de l’église, ayant À part ses murs, ses fenêtres, son dôme etc., le tont d’un genre entièrement loué des connaisseurs. La nuit le surprit au sortir du palais du cardinal Caselli, octogénaire et évêque du lieu, auquel il alla rendre ses devoirs.

Parme est renommée par son fromage appelé Parmesan, grandement estimé dans ce pays et dans les alentours, depuis Milan jusqu’à Ancône. On ne croit la soupe bonne qu’autant qu’elle en est couverte. Aussi ne présente-t-on jamais la soupe sas inettre auprès de la soupière une assiette pleine de ce fromage pulvérisé. Chacun en prend ce qu’il veut ; maïs à peine est-il fondu, que le bouillon file comme ferait de la melasse ou du miel, et que l’on a de la peine à porter sa cuiller à la bouche, sans la voir suivre d’une traînée de fromage qu’on a beaucoup de peine à détacher. Mais c’est le goût du pays. Chacun a le sien, et il n’y a que les étrangers qui le trouvent ridicule.

Dei est matinal, et nous fait ordinairement lever À 4 heures et partir à 5. Quelquefois les portes de ville par où il faut sortir, sont encore fermées et il faut attendre. Le bruit court qu’il y a des brigands sur les chemins, qui s’introduisent, le soir, dans les hôtelleries, s’informent si les voyageurs doivent partir de grand matin, et vont se mettre en embuscade sur le chemin par où ils doivent passer. On cite À tort et À travers les voitures qui ont été arrêtées, pillées, ont eu leurs vitres cassées, etc. Dei n’en croit rien et, au surplus, se rassure sur ce que plusieurs voitures voyageant ensemble, il leur serait aisé de venir À la défense les uns des autres, en oas d’attique. Une pratique assez singulière dans le pays que nous parcot rons, est de couvrir d’une espèce de basin blanc de forme carrée, le dos des bœufs attelés, et ii » en a un très grand nombre ; cer on ne se sert ici de chevaux ou de mulets que pour conduire les voyageurs. Tous les autres transports sont faits par des bœufs attelés par 2, par 4, par 6, mais tous revêtus de cet uniforme,

29.—Nous arrivons pour dîner, ce jour-là, à Reggio ; cette ville est située au milieu d’une campagne très fertile. Elle appartient

au duché de Modène. Sa population est de 14,000 âmes. Ses rues sont belles et larges. Sur la grande place, est une statue de Brennus fort estimée. Nous faisons un tour par la ville, entrons dans une petite église fort jolie, puis dans une autre plus riche et plus grande. Une messe basse y commençait. Le célébrant était très actif; elle dura À peine dix minutes. Il est vrai que le servant, quoique laïque, lui aidait un peu ; car ce fut lui qui découvrit le calice pour l’offertoire et le recouvrit après les ablutions. On n’est pas difficile sur cet article en Italie, pas même à Rome ; et lorsque des étrangers en expriment leur surprise À des prêtres assez ecrupuleux pour éviter pareille indécence, ile lèvent les épaules et vous répondent : “ Que voulez-vous ? C’est un abus.”

Depuis Plaisance, ce ne sont plus les cordonniers qui bordent les rues, mais les tailleurs et les couturiers. Les rez-de-chaussées en sont garnis, surtout auprès des fenêtres, que la température du pays permet de tenir ouvertes même en cette saison. Il n’y fait pas plus froid qu’en Canada à la fin d’août, nonobstant la continuité des pluies qui sembleraient devoir amener du froid. Cependant il est remarquable qu’il n’y a pas plus d'oiseaux (peut-être y en a-til moins) que dans l'Amérique du Nord, en pareille saison. Ce contraste paraît assez singulier.

Il paraît que l’on cultive avec beaucoup de succès le lin et le chanvre dans cette partie du pays. Les voitures en grand nombre que l’on rencontre eur les chemins, sont encombrées de ballcte de filasse de la plus belle qualité. Il n'y a pas une femme, soit vieille, soit jeune, pas une fille, soit grande, soit petite, qui ne soit chargée d’une quenouille et d’un fuseau. Habituées à filer du matin au soir, elle le font en marchant, comme si elles étaient assises, dans Îes rues et sur les chemins, comme à la maison.

Nous arrivons à Modène trop tard pour la visiter (les jours sont forts raccourcis à la fin d'octobre), mais assez tôt pour aller à la cathédrale, et nous édifier d’un salut qui se chantait à l’un des autels les plus voisins du bas de l’église, auquel assistait tout le chapitre avec beaucoup de recueillement, environné d’un peu-

ple nombreux et d’une attitude touchante. La dernière duchesse de Modène a résigné sa principauté À son fils, jeune prince qui donne beaucoup d’espérances, et s’est retirée À ia cour d’Autriche, d’où. elle vient lui rendre visite tous les ans. C’est elle que nous avions rencontrée avec sa suite, le matin du jour précédent. Modène compte environ 90,000 habitants. C’est la patrie de plusieurs savants de distinction.

Nous y passons la nuit, et l'ayant quittée de bonne heure le lendemain, nous arrivons dans la matinée à Castel-Franco, la première place de l'Etat de l'Eglise, où nous rencontrons une garnison des soldats du Pape !

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