CHAPITRE PREMIER
Raisons de ce voyage, — Compagnons. — Trente jours de traversée, Liver. Pool. — Visite à Sir John Sherbrooke, Londres, Les émigrés Français. — L'évêque apprend que l'évêché de Québec a été érigé en Métrupole, Mémoires du Prélat, Sn réception à Cirencester par Lord Bathurst, secrétaire des colonies, Biens des Sulpiciens, Cantorbury, Douvres,
dité, plasieurs Personnes de son clergé le Pressèrent d'accomplir Un voyage dans lequel ils croyeient apercevoir l'avantage de la religion du Pays. D'autres Particuliers, catholiques et Protestants, Poussés par divers motifs, la Piupart peu dignes d’être considérés,
exprimèrent le même vœu dans diverses circonstances. Sir John Sherbrooke, avant de laisser Québec, au mois d’août 1818, lui fit promettre de faire ce voyage, qu’il lui faisait envisager comme pouvant être tout ensemble avantageux à sa santé, à son pays et au clergé catholique à la tête duquel il se trouvait placé.
Enfin cédant à toutes ces invitations et persuadé d’ailleurs qu’un évêque du Canada pourrait se montrer avec quelque avantage pour sa religion, aux Cours de Rome et de S' James, il se décida à partir, non sans beaucoup de répugnance du côté de sa santé et de la multitude d’affaires avec lesquelles il fallait rompre pour se mettre en route, heureux d’avoir pour coadjuteur un homme aussi sage, aussi prudent et aussi justement respecté que M" l'évèque de Saldes, auquel il laissa, sans inquiétude, son diocèse à gouverner pendant cette absence,
Muni de l’agrément et des lettres de recommandation de sa grâce le Due de Richmond et des personnes du pays les plus connues en Angleterre, ayant consacré trois semaines à mettre autant d’ordre que possible dans ses affaires ecclésiastiques et temporelles, assisté de M° P.-Flavien Turgeon, son secrétaire, qui, depuis un an, l’avait supplié de l’emmener dans ce voyage, si jamais il avait licu, et de M. J.-J. Lartigue, prêtre du Séminaire de Montréal, conduit en Angleterre pour les affaires de sa communanté, ayant emprunté des religieuses de l’Iopital-Général de Québec, le nègre François Cazeau, vulgairement nommé John, pour lui servir de domestique de voyage, et après s’être recommandé à Dieu en prenant congé de sa cathédrale, l’évêque de Québec, au milieu d’un concours de citoyens et d’ecclésiastiques, qu’il laisse à d’autres le soin de décrire, s’embarque le samedi, 8 juillet, entre midi et une heure, à bord du Brig le George Symes, du port de 285 tonneaux, capitaine Bushby, lequel déjà à la voile, semblait s’impatienter qu’on n’eût pas devancé l’heure déterminée pour le départ. Aussi ne perdit-on pas de temps. Dès le même soir, nous passimes devant St-Jean Port Joly; le lendemain, dimanche, nous atteignimes les Pèlerins, le lundi, l’isle du Bic, le mardi, le Mont-Louis ; le mercredi nous perdîimes de vue la
mieux calculé Pour la route que Pour l’estomac des passagers, nous passâmes, le Jeudi, en revue lisle Brion, lesisles aux Oiseaux et parvînmes, à soleil couché, à l’isle St-Paul, qui est par les travers du Cap Ray, isle de Terrencuve, et du Cap Nord, isle du Cap Breton. Voilà plus de 600 milles Parcourus d’un seul trait en moins de six jours, N'est-ce pas d’un bon augure pour le reste du voyage ? Le vent largue tient le vaisseau continuellement penché : on a peine À ne Pas tomber en marchant, soit sur le pont, soit dans la chambre ; chacun songe un peu À son mal; l’un se plaint de ne Pouvoir garder aucun aliment, l’autre au milieu de l'agitation du vaisseau, fuit Panser chaque jour une jambe avariée, dont une écorchure faite en Montant à bord le premier jour, s’est changée en une plaie qui demande un traitement suivi. Le maître du Vaisseau est un brave homme, plein d’honnêteté envers ses Passagers et voulant bien mériter d’eux. Sa Conversation, du reste, toute bornée anx choses de sa route et de sa profession, ne saurait être fort intéressante. Entre nous, nous parlons des excnrsions À faire dans les différentes parties de l’Europe, des amis que nous avons laissés en Canada, de l’intérêt que prennent les amis de la religion À notre voyage, des conséquences que des Personnes crédules tireront de l'apparition d’une comète qui s’est montrée, pour la première fois, le jour de notre départ et qui continue de paraître tous les soirs,
8 juillet, — Ce que la route nous a présenté de plus curieux jusqu’à ce Moment, est l'immense multitude d’oiscaux blancs qui couvrent les deux isles nommées isles-aux-oiseaux et les font paraître comme si elles étaient couvertes de neige. Peu de vaisseaux en vue hier et aujourd’hui ; point du tout le jour précédent. Lundi 5, une frégate allant à Québec, apparemment celle qui était annoncée comme devant y transporter Lord Bishop Mountain et un commissaire de la marine.
9.—Le vendredi matin, on apercevait très clairement la terre du Cap Breton et la partie de Terreneuve la plus voisine de nous.
Le samedi, nous dépassons, sans les voir, les isles de St-Pierre et de Miquelon.
11.-—Le soir, nous entrons sur les bancs. Il est aisé de s’en apercevoir à la brume qui commence et se résout bientôt en pluie. Celui que l’on nomme Green bank est franchi dans le cours du dimanche. Le vent est fort, mais très près, fait considérablement pencher le vaisseau et trébucher les passagers.
12.—Le lundi 12, le George Symes devance trois vaisseaux partis soit de Québec, soit de quelque autre port de l’ Amérique du Nord avant lui. Ils 1. sont pas les premiers auxquels il ait joué pareil tour, depuis qu’il est en route. Nous entrons le même jour sur le grand bane. La brume redouble vers le soir. Capt. Bushby passe la nuit sur le pont, craignant de donner sur quelque bâtiment pêcheur ou sur quelque isle de glace, comme il n’est pas sans exemple qu’on en rencontre, même en cette saison.
13.— Aujourd’hui est le dixième jour révolu depuis le départ de Québec, et voilà plus de 1000 milles de bonne route, c’est-àdire plus du tiers du chemin À parcourir pour arriver à Liverpool où va le George Symes.
15. Le vent continue de nous porter en route. Capt. Bushby avoue n’en avoir jamais eu d’aussi constamment favorable.
16.—Nous voilà hors des bancs, mais non hors de la brume qui ne se dissipe que vers le soir et fait place à un calme assez désagréable s’il continuait. Tleureusement il est remplacé dès le lendemain par un vent doux et favorable qui se soutient tout le jour.
18.—Voici le 3° dimanche que nous passons à bord. Dans des vaisseaux commandés par des catholiques dans les voyages du golfe, on réunissait tout le monde pour sanctifier ces jours-là par la prière commune, une lecture, une exhortation, etc. Ici, ce n’est plus la même chose: dès le premier jour, nous sommes convenus que chacun ferait en particulier ses exercices du dimanche, le peu de catholiques qui se trouvent À bord n’étant point de qualité à être admis dans la chambre, et n’y ayant pas d’entrepont où l’on puisse les assembler, Une raison particulière s’oppose aujourd’hui à tout
rassemblement, cest que le vent devenu assez fort pour nous faire parcourir 8 milles par heure, met le Vaisseau dans une agitation extrême, et Mr Lartign:, dans Un excès de mal de mer, plus aisé À imaginer qu’à décrire, Un autre passager (Mr Kawy) déjà afigé des fièvres tremblantes qu'il apporte dn Haut-Canada, se trouve peu Dréparé À endurer Ch sus le mal de mer et en paraît fort incommodé. Ce M: Kawy est un des Commis ou associés de la Compagnie du Nord-Ouest, et passe en Angleterre avec deux canadiens engagés au service de la même compagnie pour y rendre témoignage de loccupation du Fort William par le Comte de Selkirk en 1816, et des actes de Propriété qu’il y fit tout l'hiver suivant, démarche imprudente qui a grandement nui aux affaires de ce seigneur et Pourrait lui attirer quelque fâcheuse disgrâce,
19.—Le vent qui s’est soutenu toute là nuit, nous à prodigieusement avancés. I] ge ralentit dans Je Cours de cette journée, mais pour redoubler le soir. Le capitaine vérifie avoir fait plus de 160 milles dans les dernières 24 heures. I] n'aura pas un compte moins AVantageux À rendre aujourd’hui, D'après ses Observations très fréquentes et très attentives, nous touchons aux deux tiers du Voyage, avec l'espérance d’apercevoir Ja terre de l'Europe dans Je Cours de la semaine prochaine, Cependant nous ne Complètons que le 17e jour depuis l’embarquement. À quoi attribuer une marche si rapide, sinon AUX ferventes prières des bonnes âmes que nous avons laissées au Canada ? Point de veut contraire jusqu’à Présent ; peu de largue, Presque toujou :s ouest, nord-ouest, c’est-à-dire vent arrière, Puisque notre route sur l’Atlantique doit tendre vers l 94 sud-est, Les habitants de la mer ne sont pas tout À fait indifférents À notre passage. Ilier et aujourd’hui, ils se sont présentés en nombre autour du Georges Symes, comme pour en Égayer les Passagers par leurs sauts et leurs culbutes, tantôt ACCOMpagnant Je vaisseau, tantôt le devançant de quelques Lrasses, comme Pour hâter sa route, Ce sont sans doute ces gambades de Poissons autour des vaisseaux, qui ont fait imaginer aux Pcètes payens, des sirènes, des nyÿmphes, des poissons
traînant le char de Neptune, ete. Le chrétien se contente d’y reconnaître la main bienfaitrice du Souverain Créateur de tous les éléments et de 8e rappeler ces belles paroles du psalmiste : Hoc mare magnum et spatiosum manibus : illie replilia quorum non est numerus. Animalia pusilla cum magnis : illic naves pertransibunt.
22.—A bord de ce vaisseau on jette régulièrement le loch d’heure en heure. Chaque jour à midi, le capitaine, après avoir pris hauteur, marque très soigneusement et très confilemment, en crayon, sar un carte marine, ce qu’il a fait de bonne route depuis le midi du jour précédent, avouant toutefois qu’il pourrait bien y avoir quelque petite erreur sur la longitude.
24.— Aujourd’hui, gros vent de sud-sud-ouest peu avantageux, faisant pencher très désagréablement Je vaisseau. Les passagers, incapables de se tenir sur leurs pieds, ne savent que faire de leurs personnes dans la chambre &t n’osent paraître sur le pont, parce qu’ils en sont chassés Par une grosse pluie qui se prolonge jusqu’au lendemain, dimanche. À midi, capt. Bushby croit être encore à 114 milles des premiers atterrages ; mais il se trompe de moitié. Terre ! Terre ! C’est PIrlande qui commence à montrer ses côtes. Mizen Head, Cape Clear se présentent clairement aux regards empressés des voyageurs à leur lever.
Le 9, nous vîmes Ja dernière terre d'Amérique, savoir le Cap Ray dans l'Isle de Terreneuve. Celle d'Europe, s’apercevant aujourd’hui, il s’ensuit qu’en 17 jours, nous avons parcouru l’espace qui les partage. Ce ne serait Pas une marche extraordinaire pour une frégate ou pour un vaisseau allège, mais il faut songer que le Georges Symes est chargé en plein et ne tire pas moins de 15} pieds d’eau.
L’Albion ne se montre pas encore. Nous n’en sommes pas moins dans le voisinage du Canal de St-Georges, à trois lieues ou environ de la terre d'Irlande, et le vent prenant de la force et nous menant bien en route, nous allons saluer, quoique d’un peu
loin, les ports de Kingsdale, de Cork et de Waterford, avant la fin du jour.
Pour demander du rhum et du pain, offrant en échange du maquereau de leur pêche et quelques patates. Une journée de bon vent nous aur:.t conduits, dès le 27, à Liverpool, et nous n'avons pas encore aperçu l'Angleterre, tant la brume est constante et tant les bordées nous éloignent de la Côte.
31.— Nous voici néanmoins au delà de Wareford, de Tuskar Rock, apercevant les Montagnes du comté de Wicklow qui touche à celui de Dublin. Aujourd’hui ge découvre l’isle d’Anglesea, sur le bord du Pays de Galles, Nons en faisons le demi-tour dans la journée, mais avec quelle difficulté ! A quelques instants près, le vent cst constamment debout. Vers le soir, se présente un pilote sortant d’un sloop stationné dans le parage où nous nous trouvons, Il Ÿ a, aux approches de ‘iverpool, onze de ces sloops ; chacun d’eux Contient un certain nombre de pilotes, quelquefois buit, quelquefois douze, tous associés ct détachant l’un d’eux pour conduire tels Vaisseaux qui Passent par la station où ils se trouvent. Jamais un sloop n’empiète sur un autre sloop, ni un pilote Sur up autre pilote. Ils servent tous À tour de rôle. On estime le Profit annuel de chaque individu Parmi eux à enxiron 150 liv.
1°" août.— Le George Symes continue de louvoyer tout le dimanche et toute la nuit suivante.
2.— Le lundi Matin, nous nous trouvons dans l'entrée de la rivière Mersey. Encore quelques milles et le vaisseau sera À Liverpool. Mais les Passagers ennuyés de tant de longueurs et ne Pouvant se résoudre À attendre la marée du soir, font les derniers milles en chaloupe et débarquent À midi, ayant Passé à bord du vaisseau 30 jours révolus.
Quelle ville que celle-ci! Quel bruit, quelle obscurité, quelle petitesse des premières vues que l’on rencontre, quelle Puanteur
occasionnée par la vapeur du charbon de terre ! Tout en est affecté : têtes, poitrines, linges, murs, appartements. Il faudrait beaucoup de temps pour écrire tout ce qu’elle offre d’abord de curieux et ensuite de désagréable aux yeux d’un étranger, surtout lorsqu’il n’a pas encore voyagé en Angleterre.
Liverpool, quoique une des villes les plus commerçantes et les plas peuplées du Royaume (elle contient environ 100,000 âmes), n’a cependant pas le titre de cité. C’est un bourg qui envoie deux députés au parlement. Ici, comme dans presque tout le reste du pays, il y a des gens et des églises de toutes les sectes. La plupart sont des dissenters qui, en se séparant de l'Eglise anglicane, n'en sont devenus que plus violents contre la religion catholique. Celle-ci compte 18,0C0 âmes dans Liverpool, qui se partagent pour l'instruction chrétienre et pour la réception des sacrements entre quatre chapelles, dont deux sont desservies par des Bénédictins et deux par des prêtres séculiers. Le plus distingué entre ces derniers, et celui qui dessert la chapelle la plus considérable, est M' Ths Penswick, âgé de 47 ans, homme d’une conduite extrêmement respectable. Il a sous sa directi.n une école de charité qui ne compte pas moins de 600 enfants atholiques. Ce fut à Cooper-Ilill et dans la chapelle de M" Penswick que l’évêque de Québec et ses deux compagnons célébrèrent leur première messe en Angleterre. Elle est de construction gothique, bien exécutée, toute de brique, comme sont la plupart des édifices de Liverpool, ayant néanmoins un portique en pierre de taille “nrichi de pilastres, ete., mais sali, comme tous les autres, par la vapeur du charbon de terre, en sorte que l’on donnerait cinquante ans d'existence À un édifice qui en a À peine trois. Ce que l'intérieur offre de plus remarquable est 1° un grand châssis au-dessus de l’autel, où sont peintes sur verre les images de quelques saints, interpersées de fleurs et autres ornements bien exécutés, 2° la propreté extrême des bancs et des autres parties de la nef et des tribunes, propreté digne d’un peuple qui a, comme celui d’Angleterre, la bonne coutume de ne jamais cracher par terre, 8’ l’ordre gothique auquel est assujetti non seulement l'édifice en dedans
et en deh.rs, mais enc tout ce qu’il Y à d’ornements sur Paut | pièce d’assez Mauvais goût, placé au-dessus de Quatre degrés et supporté par des pieds, comme le serait le bas d’an buffet de salle dont il a Presque la forme, Cette chapelle est sous l’invocation
La seule FeMarquable après celle-Jà est celle de
eel street, desservie par deux bénédictins. Elle ar les soins de fou
ore tout le tabernacle, les chandeliers et
el, qui lui-même est une
fut construite p
M' Macdonell, mort ilya La trois ou quatre ans, qui était lui-même un prêtre de cet ordre, et 1 frère du Capt. John Macdonell et du Père Augustin, tous deux Î morts à T'raca die, dans l'Isle du Prince Edouar
Un. eu moins grande Par a double galerie posséder plusieurs ouv approchante du marbr
sont unis et luisants.
chaires, l’avte
d. Cette chapelle 4
que celle de St-Nicolas, Mais rendue vaste
qui en garnit Je dedans, à l'avantage de 'ages de marbre ou d'une Composition €; qu’il est très aisé de s’y tromper, tant ils
Deux Colonnes, quatre bilastres, q
I, le gradin, tous de cette mati diversifiéce, sont des morceaux
Célébra sa seconde messe q celle de la Sr Vierge fois brûlée par les pr réforme, et pour fermé d' Edouard espèce de porche, trième messe, situé l'ouvrage d’un € Gérardeau.
. décoration, deau.
si
eux ère, avec des Couleurs charmants. L’évèque de Québec 3 ans cette chapelle, la troisième dans aussi desservie par des Bénédictins, autre- Otestants dans Ja chaleur de Ja prétendue cette raison, rebêtie dans un endroit tr Street, de manière qu’il Y faut entre Celle de St-Antoine, où il all e à l'extrémité N ord de migré français qui la
ès ren-
a dire sa quala ville, est entièrement dessert, nommé l'abbé a présidé ni À sa Construction ni à sg ssez improprement le bijou de M. Gérar-
e dénomination toute différente, ni ces chapelles ni celles
amment quantité d’horloges publiques qui se trouvent tous les quartiers de la ville,
ae 0 —
Les édifices les plus remarquables à Liverpool sont 1° l’église de S. Paul, faite eur le modèle (en raccourci) de S. Paul de Londres, 2° le superbe clocher gothique de l’église de S. Nicolas, bâtie sur les ruines d’une ancienne chapelle catholique, dont la tour avait été conservée jusqu’à ces années dernières et écrasa, en s’écroulant, À la fin d’un office de dimanche, plus d’une vingtaine d'enfants, accident qui donna lieu À la construction du clocher qui l’accompagne aujourd’hui, 3° la flèche de l'église de S. Thomas, très fine, ayant 200 pieds d’élévation au-dessus de la terre, et néanmoins toute de pierres de taille jusqu’à la pointe. Elle est si bien liée dans toutes ses parties, qu’on la voi: brau!er lorsque ses cloches sonnent, 4° l’église de S. Pierre, dans la tour de laquelle il y a un carillon attenant à l’horloge, qui joue un air detrois minutes, à toutes les trois heures du jour et de la nuit, par le moyen d’un énorme cylindre fait sur le même système que ceux des serinettes. Les marteaux frappent sur des cloches suspendues dont la plus grosse pèse 2,400 liv. Dans cette église (le nom d'église en ce pays ne s'applique qu'aux églises anglicanes, toutes les autres s’appelant chapelles), on trouve des preuves de l’inconséquence des protestants, y ayant non senlement des figures de chérubins en plusieurs endroits et un saint nom de Jésus au-dessus de l'autel, mais encore un tableau représentant la pénitence de S. Pierre. Tous les alentours de cette église formant une grande enceinte, sont couverts de monuments. Ilen est de même de toutes les autres églises et chapelles. On y enterre sans difficulté, sans craindre d’insalubrité résultant de cette pratique, dans les parties même les plus peuplées d’une ville de 100,000 habitants. Les cimetières qui sont au dehors, ne servent
que de supplément à l'insuffisance de ceux de la ville. Les prêtres catholiques, lorsqu'ils font des sépultures dans les caveaux de leurs chapelles ou dans les petits cimetières y adjoignant, y président en surps et en étole et y font les prières et cérémonies de l’Eglise. Lors même que le corps d’un catholique doit recevoir sa sépulture dans le cimetière commun hors de la ville, les ministres anglicans, soit par délicatesse ou Par paresse, s’abstiennent d’y
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men. C’est dans la maison de ville que ce maire prête serment, après son élection, qu’il assemble son Conseil, appointe les requêtes, donne les fêtes publiques. Elle est assez vaste, pour tout cela. Chaque jour ajoute à sa magnificence, et en ce moment même, on enrichit de nouveaux ornements sa décoration intérieure.
La corporation de Liverpool est très riche ; son revenu annuel n’est pas de moins de £40,000. Une de ses grandes source£ * profit sont les grands docks ou bassins dans lesquels on fait entre. tous les vaisseaux, À la faveur de la marée haute pc r charger et décharger. Ces be ins bordent la rivière Mersey et tiennent à ta ville. Les vaisse. + paient à la corporation tant par jour, tout le ten:ps qu’ils y sont, ‘il y en a pour le moins trois ou quatre cents à la fois. Ils y entrent par des écluses placées d’espace en espace. La vue de l’épaisse muraille qui borne ces bassins du côté de l’enu, a quelque chose d’imposant, et donne, dès l’abord, une haute idée du commerce immense de cette ville qui a des rapports avec toutes les parties de l'univers.
A une petite distance de Liverpool, il y a des carrières de marbre. Aussi y at-il peu de maisons, soit anciennes, soit nouvelles, où l’on n’en troave d’employé soit en parquet, soit en escaliers, soit en devanture de cheminées. Mais ce que lon trouve, sans même sortir de la ville, ce sont des pierres énormes, de gris jaunftre, aisées à scier ou à tailler et propres à toute espèce d’édiiices et de grande architecture. On en peut juger par les bloce actuellement réunis autour d’une é, ise en construction et dont une partie est déjà travaillée pour être mise en colonnes. Les nombreuses et “'égantes maisons qui se construisent sur de nouvelles et superbes rues, dans la haute partie de la ville où ne parvient pas l’odeur désagréable dont on est affecté dans les rues beaucoup trop étroites de la ville ancienne, donnent une preuve journalière de l'excellence de ces pierres, par le soin que prennent tous les particuliers d’en border leurs portes et leurs fenêtres et d’en faire leurs portiques et entrées, quoique le reste de lédifice soit de briques aussi généralement que les toits sont d’ardoise.
Il y a exceptin à faire en faveur de quelques édifices dont les
bonheur de ces infirmes rassemblés : c’est d’être instruits dans les principes de la vraie foi. Mais il y a peu d'apparence qu’ils y parviennent, d’après l'éducation complètement protestante qu’on a soin de leur donner.
L’évêque de Québec n’avait rien à faire À Liverpool. Il y passa néanmoins 10 jours, parce qu’il fut obligé d'attendre la réponse d’une lettre qu’il écrivit de là à Londres, pour se procurer une information dont il avait besoin.
Ce délai lui donna le loisir de prendre connaissance de l’état de la religion dans cette partie de l'Angleterre. On sait que tous les catholiques du Royaume sont divisés en quatre districts, savoir : ceux de Londres, du milieu, de l'Ouest et du Nord, chacun desquels est gouverné par un Vicaire Apostolique, ayant son titre épiscopal in partibus infidelium. Le district du Nord, Northern Pistriet, où l’évêque de Québec se trouvait alors, est composé des comtés suivants: Northumberland, Cumberland, Westmoreland, Lancanshire, York, Durham et Cheshire. Ce district est le plus étendu des quatre et celui qui renferme le plus de catholiques, puisqu'on en estime le nombre à 150,000, dont 100,000 dans le seul comté de Lancashire. Liverpool n’est que la seconde ville de ce comté; Lancaster en est la capitale. L’évêque préf sé à la conduite de ce grand et consolant troupeau, est, en ce moment, un octegénaire nommé D' Gypson ; il a pour coadjuteur D' Smith, consacré depuis plusieurs années et demeurant avec lui, auquel, par un effet de la faiblesse de l’âge, il permet de faire moins de fonctions épiscopales à mesure qu'il a plus de besoin de suppléant. C’est donc le vicil évêque qui, assisté de deux personnes qui le soutiennent par dessous les bras, fait lui-même les ordinations, consacre les huiles, etc., non sans quelque inquiétude pour les personnes ou les matières sur lesquelles il applique les rites de l'Eglise. Le Saint-Siège informé de l’état des choses et de la répugnance du D' Gibson à résigner sa place, a, dit-on, autorisé le coadjuteur À agir indépendamment de lui et même contre sa défense ; mais celui-ci, par une déférence bien estimable pour son supérieur, n’a pas encore voulu
nites
faire usage de ce Pouvoir, et se borne APparemment À suppléer en secret à ce que le vieillard a mal exécuté en public.
9.—TII y a, dans le district du Nord, 138 prêtres, presque tous anglais, dont 75 séculiers, 37 Bénédictins,22 Jésuites, 7 Dominicains et 2 Récoliets, Tous les prêtres séculiers sont missionnaires. Il en est de même des religieux, si l’on excepte cinq Bénédictine qui tiennent la maison professe d’Ampleforth, près d’York, où ils ont 8 novices et 40 écoliers. Il faut aussi excepter quatre ou cinq Jésuites qui sont à la tête du collège de Stony-Hurst, dans le Lancashire, et y réunissent des écoliers au nombre de 200. I] y a, à Durham, un troisième collège composé de 120 écoliers, sous l'inspection inimédiate du Vicaire Apostolique.
Ce district n’est pas même dépourvu de monastères de religieuscs. Il y en a quatre : un à Durham, deux dans la Yorkshire et un dans la “ille même d’York.
Les étrangers ne SOupçonneraient pas que la religion catholique eût autant de ressources dans un royaume où elle a été en proie à tant et de si violentes persécutions, Mais Dieu s’y était réservé des élus, et l’on peut dire, à la louange des catholiques anglais, qu'ils sont les sujets de l'empire les plus paisibles. Le gouvernement leur rend cette Justice, mais n’a encore pu se résoudre À leur émancipation, par diverses considérations politiques dont la plus vraisemblable est la jalousie qu’en éprouverait le turbulent peuple d'Irlande, qui cst regardé comme indigne de cette faveur et auquel on ne veut Pas l’accorder. On Pourrait ajouter À cela l'opposition Constante du clergé anglican, dont les Prélats croient apercevoir la ruine dans l'émancipation des catholiques, Ceux-ci continuent de Pétitionner le Parlement pour leur émancipation, Parce qu’ils voient avec peine les familles nobles de leur communion exclues des places auxquelles leur naissance les appelle. Il est remarquable que le premier duc, le premier comte et le premier baron d'Angleterre soient catholiques, Ajoutez-y plusieurs autres lords et barons obligés de vivre dans leurs terres, sans prendre aucune part aux affaires publiques, privation qui devient Pour eux une tentation continuelle d'abandonner la religion à
se
laquelle ils en sont redevables, et qui les fait tremble sévérance de leurs enfants.
Payer la dîme au clergé protestant, porter leur part des charges Communes des paroisses anglicanes où ils se trouvent enclavés, contribuer À l'entretien et au rétablissement des églises d’un culte qu'ils abhorrent, n’est pas ce qui aflige le plus les catholiques anglais. Ils regardent ces assujettissements comme les autres taxes publiques qui leur sont imposées en commun avec
les autres sujets du Royaume. Ils voient, avec plus de sensibilité,
l'obligation humiliante d'aller devant le ministre anglican répéter les mariages qu’ils ont cont
ractés devant leurs pasteurs, condition sans laquelle les mariages ne seraient Pas reconnus en loi. Le ministre, sans tenir compte, sans même s'informer du mariage préalablement célébré dans l'Eglise catholique, leur fait donner de nouveau leur consentement et subir toutes les cérémonies de la sienne. Tout ce qu’ils ont pu gagner jusqu’à présent, a été de ne pas se mettre à genoux devant lui. Les Espagnols et Irlandais catholiques ne veulent pas entendre à cette présentation devant le ministre protestant, lorsqu'ils se marient en Angleterre, et leur répugnance, procédant d’attachement À leur religion, est assurément louable. Mais qu’en résulte-t-il quelquefois ? Que le mari ct la femme venant à se brouiller, font divorce, sous prétexte qu’ils ne sont pas légalement mariés, et, lorsqu’en conséquence, ils veulent se marier à d’autres, ils donnent lieu À une question également délicate et difficile À résoudre, savoir s'ils sont libres aux yeux de Dieu, comme aux yeux de la loi.
représentation à ce sujet qui doit & du Parlement.
r pour la per-
On prépare une e soumise À la considération
Du reste, sous une infinité de rapports l'émancipation ferait , | ; ( plus de mal que de bien aux catholiques, en réveillant la vanité, l'ambition de arvenir aux places qui leur seraient ouvertes, et en À les jetant, au préjudice de leur foi et de leur morale, dans les sociétés protestantes, Les habitants du Canada se félicitent beaucoup de n'avoir jamais eu À gémir sous les privations qu’eudurent les catholiques en An leterre, Hélas ! s’ile considéraient la chose 1 l'4
sous le rapport de la religion, ils reconnaîtraient qu'ils n’y ont rien gagné,
La liberté de la religion ne consiste pas Précisément à faire des Processions dans les rues, À porter les SaCrements au dehors avec solennité, à faire Marcher la croix et le clergé à Ja tête d’un convoi. Cet extérieur à assurément son Avantage ct donne À n08 cérémonies une Pompe dont Dieu Peut tirer sa gloire. Mais indépendamment de tout cet extérieur, on Peut dire que la religion est libre, lorsque les fidèles Peuvent, sans être inquiétés, en faire les exercices dans le + Maisons et dans leurs églises, entendre la parole de Dieu, chanter ses louanges ct Participer aux sacrements, Les catholiques anglais ont cet avantage et l’apprécient beau- COUP, ju’ils ge rappellent qu’il fut un temps où la peine de mort erait Prononcée contre tout prêtre qui était convaincu d’avoir dit Ja messe et contre tout fidèle COnVaincu d'y avoir assisté, où des prêtres d’une certaine description, Par exemple leg Jésuites, n'avaient Pas même la liberté d'exister dans ce royaume, soit qu’ils exercâssent ou non. Aujourd’hui, le Souvernement n'y regarde plus, et quoiqu’il n’ignore Pas qu’il y a dans Je royaume, non seulement des ecclésiastiques séculiers, mais Cncore des reli. gieux, il se rafsSure sur ce que la loi ne les reconnaît pas comme tels, mais seulement comme des Particuliers. En effet, ils ont soin de ne pas s’appeler pères ni frères, même entre eux, ni d, porter des noms de religion hors de la maison Professe : chacun est qualifié Monsieur et porte son nom de famille. Parmi les Héng. dictins anglais, le Père Joseph est M" Fisher, le Père Bède, Mr Day, le Père Antoine, Mr Slover, e ainsi des autres. Trois où Quatre d’entre eux prêtent leurs noms pour former Un frust qui acquiert de: nds et les régit Pour la SOMmunauté, Chacun de ces trustees fait son testament ct lègue à un autre de la com- Munauté sa part APparente de la Propriété. Le vœu de pauvreté n'en souffre point, Chaque religieux employé dans une mission prend sur Je revenn son nécessaire et tient compte du surplus à la Communauté, quelquefois même au Préjudice des chapelles qui, en général, sont mal pourvues d’ornements, Ils mènent
petit train, ainsi que les prêtres séculiers, la campagne, sont logés À l’étroit, mais proprement et même élégamment habillés, poudrent leur cheveux et portent des bas de 8oie pour aller en Compagnie. A voir deux ou trois jeunes bénédictins se tenir par-dessous le bras ct marcher dans les rues, vous les prendriez pour des jeunes bourgeois ou pour des commis de la ville, En général, ils sont jolis garçons, bien élevés, sachant se tenir en compagnie et ayant des manières aimables. Pendant le séjour de l’évêque de Québec À Liverpool, il eut occasion de dîner chez un particulier où se trouvaient À table douze prêtres anglais, dont huit étaient bénédictine, [ls avaient tenu une assemblée au chapitre de leur Ordre, le jour précédent, dans une auberge où ils avaient dîné ensuite. Deux semaines auparavant, les Jésuites en avaient fait autant. Cela ne souffre pas de difficulté dans ce pays, Parce que les uns, comme les autres, n’ont pas de moyen de s’assembler autrement.
Depuis le temps de la prétendue réforme en Bénédictins ne portent l’habit de leur Ordre qu’ leur vêture et de leur profession.
de ce Royaume, et font re S. Angustin,
Du temps d’Elizabeth, ils furent tous proscrits ct ceux qui ne subirent pas la mort, n’y purent échapper qu’en fuyant dans des Pays étrangers, Il n’en restait plus qu’un ; encore était-il prisonnier dans la Tour de Londres. Voulant, À quelque prix que ce fût, conserver l'existence de son Ordre, on prétend que, dans sa prison même, il donna l’habit À deux postulants qui firent profession après que la persécution fut ralentie.
Du reste, ni les Bénédictins, ni les Jésuites d'Angleterre ne s'accordent bien avec les prêtres séculiere, L'esprit de corps qui les anime, les porte comme inévitablement à accaparer tout ce qu’ils peuvent et À ne trouver de bon que ce qui se fait par ceux. Les évêques eux-mêmes qui, avant leur épiscopat, appartenaient à des corps réguliers, leur préfèrent le clergé séculier, comme plus souple, plus À la main, plus obéissant, au lieu que 'es reli-
tant de la ville que de
Angleterre, les au moment de Ils sont fort anciens dans l'Eglise monter leur origine jusqu’à son A pôtre,
gieux Mettent sans cesse en avant leurs €xemptions ct leurs privilèges, cherchent des Protecteurs et ne voudraient dépendre que de leurs Supérieurs claustraux, même pour ce qui regarde Je Ministère des âmes essentiellement subordonné à Ja direction des évêques, Dans le siècle dernier, les religieux anglais avaient tant Sagné de terrain dans cette Eglise, que l'on n’y rCConnaissait qu’À peine l'autorité des vicaires apostoliques, et que le Pape
enoit XIV, Pour remettre les choses sur le pied où elles devaient
être et Pour réprimer Leg Cntreprises des réguliers, fut Contraint
de donner Ja Constitution Apostolicum Ministeriun, qui réglait leur eXemption et rétablissait Jos vicaires apostoliques dans leurs droi. épiscopaux Usurpés par les entreprises des moines. Cette Constitution est conservée comme Ja bise de la discipline qui dirige, depuis ce temps, l'Eglise Catholique d'Angleterre 1,
I La Constitution Apostolicum min islerium avaient été donnée en 1753 et, à l'époque du Voyage de Mer Plessis, elle avait besoin d’être remplacée par une autre, Aussi, lorsque Mur Wiseman fut mis à la tête de l'Eglise en Angle. terre, il comprit tout de suite Ja nécessité d’un Changement Pour la meil. leure &ministration des affaires religieuses. Il s'adressa au Saint-Siège, et après trois ans d'efforts, il réussit à obtenir l'établissement de la hiérarchie Catholique, Le bref est du 24 septembre 1850, Londres eut un archevêque et même un Cardinal. Mur Wiseman aimait beaucoup les religieux, il en fit entrer un £rand nombre dans son diocèse de Westminster, Mais il ne pou. vait toujours obtenir d'eux les services dont il aurait eu besoin, Et ce passage de la lettre Suivante qu'il écrivait au 1E Faber, en 1852, cor:bore bien ce que disait Mer Plessis quelques années AUparavant :
“When! came to London, there was not à single Community of inen, There were two Jesuits € garçon in a house, that Was all, Now it js difterent,
“I. The Jesuits have à Splendid Church, à large house, several] priests, besides Westininster, Scarcely was l'settled in London, that | applied to their SUpcrior to establish here a Community in due form...I also asked for Missionnaries to give retreats to Congregations, etc. I was answered on both heads, that dearth Of subjects made it linpossible, Hence we have under them only à church, which by its splendour attracts and absorbs the wealth of two Parishes, but Maintains no schools, and contrit 10 nothing to the education of the P'or at its very de Could say mue. re, but I forbear,
PT
L’évêque de Québec voulant être témoin de la manière dont loffice divin se faisait dans cette ville, assista le dimanche, à la grand’messe de la chapelle de $. Nicolas, et à vêpres de celle d'Edmond £treet. Il fut édifié dans l’une et dans l’autre de la tenue des fidèles dans le lieu saint. On n’y voit ni ricaneries, ni tournoiement de tête, ni salut, ni caqueterie, comme chez les Français. Chacun abîmé dans la méditation, semble ne voir que Dieu et soi-même dans le lieu saint, et reste constamment à genoux depuis le commencement de l’offertoire jusqu’au dernier évangile. La grand’messe ne fut allongée ni par l’aspersion, ni par la bénédiction du pain, ni par le chant de l’Introït, du Graduel ou de la Communion (ces choses sont inconnues dans les chapelles anglaises), mais bien par le Ayrie, le Gloria ete, chantés en plusieurs parties par des voix d’ho:nmes et de femmes accompagnées de l’orgue, avec force répétition des mêmes paroles, surtout de lAmen du Credo, chanté au moins en dix façons.
“2. The Redemptorists came to London as a missionary order, and I cheerfully approved of and authorised their coming. When they were settled down, I spoke to them of my cherished plan of missions to and among the poor. I was told that this was not the purpose of their institute in towns.….
“3. The Passionists 1 brought first to England....l got them placed at Aston Hall, and thence they have spread....…lhey have never given me a stroke of work among the poor..."
Le Cardinal Manning, on peut l’affirmer, n'aimait pas beaucoup les religieux et bien des fois il se plaignit amèrement de leur esprit d'indépendance et de l'abus qu’ils faisaient de leurs privilèges. Bientôt la lutte éclata entre lui et les Jésuites, La cause fut portée à Rome et le 22 mai 1881, par la bulle Fomanos Pontifices, le Pape mit fin à la querelle et fit des règlements qui sont encore en force aujourd'hui,
Les ordres religieux sont infiniment utiles à l'Eglise. Mais comme dans le clergé séculier, tout n'est pas parfait chez eux ; et de là des difficultés et des contestations plus ou moins graves qui ont besoin d’être réglées par l'autorité suprême du Saint-Siège. 11 faut de la mesure en tout et les choses les plus excellentes peuvent devenir nuisibles par l'abus que l'on en fuit. Voir: The Life and Time of cardinal Wiseman— Wiifrid Ward, et Life of' Manning by E. S. Purcell,
M. Penswick expliqua avec beaucoup de dignité l’évangile du dimanche ; son homélie fut écoutée très attentivement.
Les vêpres de l’autre chapelle consistèrent dans le chant de deux ou trois Psaumes détachés et dans la récitation du Te Deum et d’une longue suite de prières, le tout en anglais, faite avec beaucoup de grâce et d’un ton fort pénétrant, par l’un des bénédictins desservant cette chapelle (Mr Brower), revêtu d’un surplis fin et d’une large étole, à Senoux sur le premier des cinq degrés de l'autel, et ayant devant lui un tabouret surmonté d’un Coussin sur lequel reposait son livre. Le chant fut plus grave que celui que nous avions entendu le matin. I] n’y avait point de voix de femmes, mais l'orgue était touché Par une pieuse demoiselle qui s’en acquitte fort bien.
Quant aux cérémonies, on n’y entend rien dans ces chapelles. Deux enfants remarquables par leur modestie, chaussés en bas blancs et en souliers rouges qu’ils prennent et laissent dans la sacristie, et revêtus de surplis très blancs sur une soutane rouge, sans chandeliers, sans encensoir : voilA tout le clergé. Le sanctuaire trop petit n’en saurait contenir davantage et il n’y a point de chœur,
Les chantres sont tous dans la tribune en avant de l'orgue.
10.— Avant de quitter Liverpool, l’évêque de Québec avait besoin de savoir où prendre Sir John Sherbrooke, ci-devant gouverneur en chef du Canada, avec lequel il avait à traiter de quelques affaires, et SUpposé que ce général demeurât sur la route de Liverpool à Londres, il ne voulait pas s’exposer À revenir sur ses Pas pour le trouver. (C’est Pour cela qu’il avait écrit à sos banquiers, M" Cox et Greenwood, qu’il savait être à Londres, Leur réponse reçue le 9, Jui apprit qu’il demeurait, en effet, à michemin de cette Capitale, entre Notingham et Southwell, dans un village du nom de Calverton. Ce fut vers cet endroit, quoique détourné, qu’il se décida à diriger sa route. Le mardi fut employé aux Préparatifs du Voyage, et l'on partit à cinq heures du matin, le mercredi, par le stage, dont l’évêque avait retenu les
quatre places de dedans pour lui, ses deux prôtres et son domestique, afin d'éviter, du moins Pour ce premier jour, de se trouver avec des gens mal assoitis. Une partie du bagage fut laissée pour être transportée À Londres, dans quelque autre voiture d’eau ou de terre. Celui qui en était chergé l’envoya par eau, c’est-àdire par des canaux pratiqués tout le long de cette route à travers les terres.
11.—Les coaches toujours traînés par quatre chevaux au grand trot,conduisent les voyageurs avec une agréable rapidité. Sur toutes les routes, vous en rencontrez, à chaque pas, chargés de monde dedans et dehors et encombrés de bagage sur l’impériale. Indépendamment des quatre ou six personnes de l’intérieur, il y en a quelquefois jusqu’à douze au dehors, tant au devant qu’au derrière de la voiture, tous mieux assis et plus à l’aise qu’on ne serait porté à le croire. Dans ce nombre doivent être comptés le cocher et le garde chargé du soin du bagage. Les cochers ne disent jamais mot À leurs chevaux ; le grand fouet dont ils sont munis suffit pour les stimuler. Tout au plus, ils sifflent quelquefois. Dans les chemins les plus étroits, dans les petites rues de village, vous ne voyez jamais une voiture en heurter une autre, tant est grande la dextérité avec laquelle ils les conduisent.
On croirait À peine en Canada que, sur une route de 200 milles, comme celle qui mène de Liverpool à Londres, il n’y ait pas une seule ornière. Cependant la chose est littéralement vraie, non seulement pour cette partie, mais pour toutes les autres du Royaume. Aussi les chemins d'Angleterre sont-ils reconnus pour les plus beaux du monde.
La campagne est en général assez riante, mais monotone. Les champs sont petits, carrés, tous clos en petites haies de verdure, interspercées d’arbres d'environ 20 à 25 pieds de haut. Il ya des collines assez fréquentes, mais toutes semblables, sur une étendue de plusieurs centaines de milles, Qui en a vu une, a vu toutes les autres. Point de forêts, pas même de bosquets : rien qui soit digne d’être comparé à la charmante variété de sites que présente le district de Québec. Il est vrai que nous voyageons
ici dans l’intérieur. Peut-être Y a-t-il auprès de la mer, des cam- Pagnes aussi belles que celles qui bordent le St-Laurent.
On était alors dans le tenps de la Moisson, beaucoup plus forte eu foin qu’en grain, quoique celui-ci fût très beau. Déjà une partie des champs était labourée Pour recevoir le grain qui se sème régulièrement en automne,
Les maisons des fermiers, quelquefois éparses dans les campa- 8nes, et plus souvent réunies çn Villaze, annoncent bien leur Pauvreté. Elle sont extrêmement Petites, toutes de pierre, cou- Vertes de paille, d’ardoise où de tuiles cannelées comme des gauffres. On ne voit presque Pas de granges. Le peu qui en existent sont fort étroites at suflisent apparemment à loger le grain. Quant au foin, on ne le met pas en bottes, mais en mules allongées qui ont a-sez la forme de granges, et que l’on tranche avec une sorte de grand Couteau, soit pour en nourrir Îes animaux sur les lieux, soit Pour l'aller vendre dans les villes, à tant la livre ou le quintal. On regarde comme économique (et peut-être a-t-on raison) de le &arder d’une année sur l’autre. Ainsi le foin que les animaux Hangent en 1819, est celui qui a été fauché en 1818.
Nous Passines, ce Premier jour, Par les villes de Warrington, Kuutsford, Macelensfield, Leck, Ashborn et Derby, Capitale du Derbyshire, et arrivâmes, à soleil couché, à Nottingham, Capitale du comté de même nom, Nous avions fait Cuviron 80 milles. Il était temps de dîner pour des Voyageurs qui n'avaient rien pris depuis 10 heures da matin. On ous servit des viandes réchauf. fées à la hâte, perce que nous étions pressés de nous rendre, ce soir-]à même, À Southwell, qui en est distant de 16 à 17 milles. Nous y arrivâmes fort tard, le cocher ayant plusieurs fois manqué obscurité de Ja nuit, L'auberge où nous logeâmes, est, si l’on en croit Phôt elière, la maison même où le roi Charles I, Poursuivi par ses sujets, fut fait prisonnier, Cette auberge s'appelle Saracen head où Tête de Zarazin,
Tout le monde sait que les auberges d'Angleterre sont les meilleures d'Europe. Propreté, honnêteté, abondance et variété de nourriture, bons lits, chambres à part etc. Mais on ignore
peut-être qu’outre le prix assez fort que l’on donne aux hôteliers, il faut encore faire aux domestiques une gratification qu’ils demandent avec importunité. Si vous avez passé plusieurs jours dans la même maison, il n’est aucun d’eux qui ne croie avoir droit À uue récompense, Celui-ci est le waiter ou premier écuyer de la maison, cette fille a fait votre chambre : celui-là à fait quelques arpente pour vous indiquer une maison que vous ne connaissiez pas, ce petit garçon vous a servi le déjeuner ou le thé : autant de gens qui veulent être récompensés, qui l’exigent, qui se Piaignent que vous ne leur donnez pas assez et vous font des reproches. Il en est de même des voituriers. Vous payez au maître d’un stage où vous entrez, ce que la loi ou la coutume alloue, selon la distance où vous allez. Mais vous n'êtes pas quitte. Lorsque vous laissez cette voiture pour passer À une autre, il faut payer tant au gardieu du bagage et tant: cocher. Si l'on voyage en chaise, il n’y a pas de gardien, mais il faut payer davantage au cocher, et cela revient souvent, parce que l’on change plus souvent de chaises que de stages. Les pauvres voyageurs, les étrangers surtout, sont dévorés par ces frisons. Il paraît que dans les auberges et les maisons de poste, les domestiques et cochers n’ont pas de gages, mais vivent des présents des voyageurs où des hôtes. Celui qui nous avait conduits de Nottingham à Southwell, murmura beaucoup de ce qu’outre le prix de la voiture, on ne lui avait donné que deux shellings de récompense,
12.—L'évêque de Québee, s’il eût mieux connu Îe pays, aurait pu s’épargner le voyage de Southwell, puisqu'il fut obligé de revenir sept milles sur ses pas, le lendemain, pour trouver le vil. lage de Calverton qu’il cherchait. Ce fut là, dans l’un des plus misérables endroits d'Angleterre, au fond d’une vallée dépourvue d’ombrage, près d’un petit ruisseau qui coule À peine, qu'il rencontra Sir John Sherbrooke, retiré dans une maison assez spacieuse, seul avec sa dame ct quelques domestiques, et occupé de la construction d’une plus grande, à deux arpents de à, également à l'extrémité de ce méchant village qui n’a rien de vivant. Sa jambe et son bras gauche étaient dans le même état qu’à son
départ du Canada. I] marchait, une Partie du i emps sur son Jugement très sain,
jour, à l’aide d’une
Canapé, Du reste, moire exquise,
Cœur ouvert et loyal, aimant toujours le Bas-Canada et Prenant au bonheur du pays un intérêt plus vif qu’on ne devrait l’attendre d’un h Plètement retiré
'é des affaires, Meilleure grâce du
que lui proposa sur le Comme la vue de pi
Il répondit AVEC sagacité et de la
stions que l'évé.
N Voyage, mais fatigue, il refusn de Jui Présenter, le Je
êque avait dessein
ndemain, en Passant, Après environ deux
heures de COnVersation, il se sépara de ce brave homme, proba. blement Pour ne le jamais revoir ! Ce fut q
qu’il vint rejoindre reste de la journée.
On est étonné de guère que ]
ans cett
e triste pensée à Southwel]
» €t y pasea le trouver dans cette
a moitié de celle des Trois-Rivières église dont la Construction a dû coûter des 50 Elle ne date Pas de moins «
légiale et elle Paraît avoir conservé ce titre d deveuue Protestante, Puisqu’entr
cimetière qui l’environne se trouvent celles de plusieurs Doyens, Archidiacres, Chanoines et de leurs épouses. Quant aux insc
tions Catholiques, les pierres cn sont si vieilles et si enfoncé terre, qu’il est impossible de les lire.
Ce vaste édifice, d’ plus beaux mouumen peut sans exagérati long sur cent pie deux cha
petite ville, qui ne vaut
> CN Canada, une mmesg immenses, le 6 à 700 ans. C’étai:
puis qu’elle est e Îles inscriptions funéraires du
ripes en
ents pieds de
de l’une des autre, il n’y à Pas moins de 160 À 180 pieds. Qu $
lonnes de pierre de taille placées à une égale dista més par la rencontre de la nef avec ces deux chapelles, soutiennent quatre arches cintrées à la voûte de l’église, qui servent de base à une tour Quadrangn. laire élevée d’e
nviron cinquante pieds au-dessus de l'édifice et
omme com-
dont les faces peuvent en avoir 40 de large. Elle cst terminée dans son extrémité supérieure par une corniche surmontée de festons et de petites pyramides, comme il est d'usage dans le gothique, mais sans perdre sa forme. Il en est de même de deux autres tours quarrées qui s’élèvent À l’aligoement du portail, moins iarges et moins hautes que la première. Ces trois tours, ce portail et tout le mur extérieur de l’église sont en picrre de taille, ainsi que tous leurs ornements sculptés et ciselés. Les modillons qui bordent et terminent la corniche qui règne tout autour de l'église au haut des murs, sont des représentations de têtes humaines, ayant chacune des figures différentes, le tont orné d’arches, de pilastres, de’ guirlandes et d’œils de bœuf, de même matière. Les divisions mêmes des châssis, ou plutôt des fenêtres qui ne s’ouvrent pas, les barreaux qui reçoivent les vitres,ordinairement taillées en forme de lozanges très petites et Par couséqnent très multipliées : tout cela est en pierre et suppose dans les anciens dont nous nous permettons de mépriser les ouvrages, une habi.. leté À manier le ciseau que l’on ne trouverait pas chez les modernes.
Du reste, il ne faut pas croire qu’un édifice aussi antique se soit conservé sans altération. L’inclémence des saisons a miné, dégradé, pourri, détaché plusieurs ornements et beaucoup de pierres. Des arbrisseaux ont cru et fait effort dans les murs. L'ancien toit s’est usé ; la vicille charpente a été remplacée par une nouvelle plus basse, défigurant l'édifice et commençant à son tour à devenir ancienne.
Outre les deux chapelles qui donnent à cette église la forme d’une croix, il y en a plusieurs autres qui ont leur ouverture dans la nef ou dans le chœur, mais qui, apparemment, Pour n’avoir pas été construites en même temps que l’église, ne sont pas en symétrie comme les deux premières. Comme l’on a entièrement perdu de vue la destination primitive de ces dépendances, il est possible que l’on donne le nom de chapelle à ce qui était autrefois sacristie ou cloître de chanoines.
Si cette église eût été cathédrale et non collégiale, on prendrait pour l’ancien évêché un autre édifice de même genre que l'église,
compter une galerie au-dessus du chœur, également remplie de bancs qui se regardent.
Le jour où l’évêque de Québec visita cette basilique, était celui de la naissance du Prince de Galles. Il y avait office et il voulnt voir comment il s’exécutait. Pour cette fin, il se plaça dans un coin de la galerie d’où il était aisé d’apercevoir ce qui se passait dans le chœur. Un révérend, avec assez de dignité, présidait à la cérémonie. Il était assisté d’un bon chantre, habillé comme lui en long surplis et de 7 à 8 enfants de chœur, les uns en surplis, les autres en habit laïque. Ils chantèrent quelques pseaumes accompagnés de l’orgue, que jouait une demoiselle, et entremêlés de longues prières prononcées ou plutôt déclamées par le ministre. C’est la manière anglaise de faire les prières publiques, et là-dessus la pratique des prôtres catholiques n’est pas différente de celle des protestants. Au surplus, ce ministre, en sus de son clergé, n'avait pas plus de deux ou trois auditeurs, si l’on en excepte quelques curieux qui ’eurent pas la même patience que nous d’assister jusqu’à la fin de la cérémonie.
13.— Cependant il fallait reprendre la route de Londres, et l’on convint que ce serait le lendemain, vendredi. N'y ayant pas de stage dans l’endroit, il fut résolu que l’on partirait en chaise de poste. La différence qu’il y a entre ces deux sortes de voitures, consiste en ce que le stage peut donner place À quatre ou six personnes partagées entre deux sièges qui se font face en dedans, et en recevoir au dehors, tant devant que derrière, un nombre encore plus grand, sans préjudice du bagage dont le dessus de l’impériale est quelquefois encombré. Sur cette voiture il ya jamais moins de quatre chevaux, au lieu qu’il n’y en a que deux sur celle que l’on nomme chaise, qui est aussi à quatre roues et couverte, mais n’a qu’un siège et ne peut recevoir de bagage au dehors que ce qui peut trouver place sous le siège du cocher, ni au dedans plus de deux ou trois voyageurs. La chaise coûte plus que le stage, mais on y est plus en liberté, et voilà pourquoi l’évêque et ses compagnons, après en avoir essayé, continuèrent d’en faire usage le reste de la route, John trouvant sa place
nn ones ve
n mnt +
auprès du Cocher, tantôt sur On siège, lors qu’il se trouvait assez large, tantôt un peu plus b:4 Gr le Dag ge, tantôt à la place même du cocher, lorsque celui.i Preiéiai; monter sur un de ses chevaux Pour les faire mieux aller. Mais la plupart des VOyageurs, par économie, préfèrent le stage comme micux accommodé aux moyens des &ens de toute caste qui, dans ce Pays, surtout en été, sont toujours sur leg routes, Il y à telle maison auprès de Londres, où il n'arrive pas moins de 700 stages par jour. Quand aux gens riches, ils voyagent d'ordinaire avec leurs Propres voi. tures, et c’est Sans contredit la manière la plus Commode et Ja plus indépendante.
Les Principales villes que nous traversâmes, ce jour-là, furent Newark, Grantham ct Stanford. Dans la dernière de ces places, il Ya trois églises À très petite distance, dont l'antique genre de Construction fait bien voir qu’elles datent de plus loin que la pré. tendue Réforme. On en peut dire autant d’une plus considérable qui se trouve À Grantham, et en général de toutes les structures gothiques, avec des tours Carrées servant de clochers, que l’on rencontre, soit en ville, soit en Campagne, Il faut avouer que sur cet article, les protestants d'Angleterre sont forts modestes et aiment mieux s’accommoder tout uniment des églises qu'ils ont ravies aux catholiques, que d’en construire À leurs frais.
En approchant de la Capitale, le pays devient plus sombre, les arbres plus fréquents dans les haies : il ÿY a même des bocages et des forêts dans les propriétés des seigneurs. Mais, soit habitude, soit préjugé, soit insuffisance du bois, les seigneurs, comme les particuliers, se chauffent avec du charbon de terre.
On ne voit ici ni tremble, ni merisier, ni érable, ni cèdre, mais des ormes, des Peupliers, des chônes, des hôêtres chargés de fônes en cette saison, des saules, des tilleuls, des Marronniers et des sYcomores. Ces deux dernières espèces sont les plus grands arbres que le PAYS nous ait présentés jusqu’à ce jour. Le hôtre, l’orme, le tilleul, le chêne, ont les feuilles plus petites et plus allongées qu'en Canada. Les arbres résineux que l’on rencontre en très petite Quantité, ont aussi le bouquet plus petit que les
Et +
nôtres. Cela est surtout remarquable dans le pin. Du reste, le pin et le sapin et l’épinette etc., sont si petits qu'ils semblent plutôt transplantés d’ailleurs que naturels au sol d’Angleterre.
Les moutons qui paissent en grand nombre sur tous les coteaux, sont trop gras pour être mangés avec plaisir. Leur laine est plus unie et plus fine que celle des nôtres, mais ils sont beaucoup plus petits. Les chevaux, au contraire, ceux surtout qui servent au transport des marchandises, du foin, des charbons ete., sont d’une taille fort au-dessus de tout ce que nous voyons en Canada. Ils traînent des voitures à quatre roues extrêmement grandes et lourdes À proportion. On les encombre d'effets jusqu’à quinze et vingt pieds d'élévation au-dessus des essieux. On croit voir des montagnes ambulantes. Aussi les charretiers n’hésitent-ils pas, lorsque la charge le demande, à atteler non seulement trois et quatre, mais souvent six et huit chevaux sur ces énormes voitures.
Dans les comtés les plus voisins de la capitale, on commence À rencontrer des ânes, et plus on s’en approche, plus ils deviennent communs, Pour conduire de petites voitures, pour porter des denrées au marché, cet animal sobre et docile est d’une utilité inconcevable. Il serait digne de nos socictés d'agriculture d’en faire venir en Canada et de les y faire propager. Ils s’acclimateraient très vite, et pourquoi l'âne n’y serait-il bon À rien, lorsqu'il est d’une si grande ressource dans toutes les parties de l’Europe ? On s’est trop prévenu contre cet animal par le mauvais succès de quelques premiers essais. Plus d’attention pour le premier hiver à ceux que l’on importerait, les mettrait en état de soutenir m'eux l'hiver suivant, [Leurs écroits nés dans le pays, n’y seraient pas plus étrangers que nos veaux ou nos poulains et, en peu d’années, on aurait à se louer de lui avoir procuré cette classe d’excellents serviteurs,
Les hôtelleries prennent un air de dignité remarquable, À mesure que Vous Vous avancez vers la capitale. Un aubergiste et sa femme vous reçoivent à leur porte d'aussi bonne grâce qu’un lord ou une lady recevraient des amis qui viendraient les visiter.
Cela fait, ils disparaissent, donnent leurs ordres etc., vous Jaissent À Ja discrétion d’un intendant qui prend soin de VOUS, avec Un air ce noblesse Qui ferait honneur au premier $entilhomine d'Angleterre. Table garnie, chambres Séparées, lits élégants et Propres : rien n’est épargné, Il court au-devant de tous vos besoins, Seulement, à votre départ, le &entilhomme Ouvre Ja Main et, en sus du Compte de l'hôtellerie qu'il vons Présente, reçoit avec reconnaissance le shelling de Sratification que vous lui donnez,
Nous Couchâmes à 39 milles de Londres, La nuit obscure et AVancée ne nous Permettait Pas de nous en approcher davantage, Le lendemain, aVant sept heures, nous avions repris la chaise de Poste,
Les haies ne bordent plus les terres aussi régulièrement que dans les Parties les plus éloignées Le Commerce approche tout. On Commence à trouver des ; 3 de bois, faites avec des douves, telles qu’on les import nada où de la Baltique,
Quelques granges et autres bâuments autour deg Maisons, sous leurs toits de tuiles, sont environnées de Planches, C’est ce que l’on ne trouve pas vers l’intérieur du royaume,
14,—Des Voitures allant au Marché, des ânes chargés de denrécs, des troupeaux de bœufs où de mouton. » qui Courent, sans Je SaVoir, à Ja boucherie, remplissent le chemin et embarrassent la Marche, Log villages deviennent plus fréquents et se touchent les uns log autres, In &rande ville so découvre Cnfin. Les yeux des Voyageurs sont à peine assez grands Pour la Contempler, Mais u'aperçoivent.ins Un luage de fumée exhalée par le Charbon de terre et ne laissant Voir les rues et les maisons qu’en Petit nombre. Enfin, entre Onze lieures et Midi, chacun arrive À son auberge, ajoutant à Ja fatigue du Voyage l'ennui que donnent inévitablement l'agitation des habitants et les criailleries des Vendeurs de bagatelles qui remplissent les rues et les places.
Que dire de Loudres qui n’en ait déjà été qit ?—Que Par un recensement fait en 1811, cette métropole mesurée à Quatre Milles de 'aÿOn sur toutes les faces, 8Fant pour centre l’église de
S. Paul, se trouvait être d’un million trente-neuf mille âmes. Les naissances qui y ont eu lieu depuis cette date, ont dû compenser amplement le vide laissé par les Français qui l’ont quitté pour rentrer dans leur patrie depuis la restauration de Louis XVIII. La population a donc augmenté, du moins de tous les nouveaux habitants qui sont venus d’ailleurs s’y établir.
15.—L’évêque de Québec, venu en Angleterre par motif d’affaires et non par curiosité, n’avait que peu de temps À donner à la visite des objets qui fixent les regards et occupent les recherches des étrangers dans cette capitale. Il était plus essentiel pour lui de cultiver les gens que de voir des curiosités. Aussi se borna-t-il à rencontrer ceux qui pouvaient lui être utiles, et à ne voir des beautés de Londres, dans ce premier séjour, que l’abbaye de Westminster, l’église de S. Paul et l’asile de Chelsea.
16.—I1 faudrait des semaines pour visiter Westminster, avec ses dépendances, et des volumes pour en donner une description exacte. Que l’on se figure une église gothique, longue de 360 pieds, large de 72 dans la nef et de 195 dans la croix; la nef divisée en trois, chacune des deux parties latérales séparée de celle du milieu par deux rangs d’arches qui occupent l’énorme distance du pavé au carré de l'édifice ; À l’extrémité de cette triple nef, on entre par deux portes de fer dans le chœur où sont couronnés les rois et les reines d'Angleterre.
Derrière l’autel de marbre qui termine le chœur, se trouve une chapelle autrefois dédiée à S. Edouard le Confesseur, dont clle porte encore le nom et enferme les cendres. On y monte par un escalier. Le corps du saint est contenu dans une boîte ou caisse qu’on ne voit pas, parce qu’elle est couverte et environnée d’une tombe de pierre en mosaïque. Ce tombeau, autrefois objet de culte pour les Anglais, n’est plus autre chose aujourd’hui qu’un monument national. Le corps du saint y repuse en paix au milieu de ceux de dix autres rois et reines, dont quelques-uns n'étaient peut-être pas fort dignes de lui faire compagnie.
Dans cette chapelle se conservent aussi les deux méchants fauteuils qui servent au couronnement des rois et des reines
6 ee, © m
d'Angleterre. Sous le siège de celui du roi, on voit la célèbre Jacob’s stone Où pierre de Jacob, qui passe Pour avoir été apportée d’Ecosse Par Edouard I. Les écrivains irlandais ne sont pas d'accord sur cette origine et Prétendent que cette pierre vient de chez EUX, que, suivant un ancien oracle, celui qui scrait assis dessus aurait toujours la SOuveraineté d'Irlande, et qu’en conséqence, lorsque Henri IT eût subjugué leur Pays, il crut nécessaire de transporte- cette Pierre en Angleterre Pour assurer sa Conquête, Elle v’a, du reste, rien de remarquable, Elle est d’un gris blanchâtre, brate, piate ot Carrée. On revôt ces deux fauteuils de velours lorsqu'ils doivent servir, et ce n’est Pas sans besoin, Mais qui ne s’étonnerait de l’idée S'perstitieuse attachée à Ja Conservation de cette Pierre !
Après la chapelle d'Edouard le Confesseur vient celle de ITenri
IL. On appelle ainsi l’addition que ce prince fit, à l'extrémité orientale de cette église, d’un édifice d'une Construction très estimée et qu'il destina À sa sépulture et à celle de sa famille, La Première pierre de cette chapelle fut Posée en 1503, La construction coûta £14,000 d’alors, qui répondent à 280,000 liv. strl, d’au- Jjourd’hui, La Chapelle à 99 pieds de long, 66 de large et 54 de haut. Elle est ornée au dehors de 14 tours Pr'oportionnées À la grandeur de l'édifice, Le tnit se termine en une demi-sphère d’où sortent cinq espèces de petites chapelles où retraites, dans chacune desquelles on eutre par une arche Qui» sa base sur le pavé. C’est dans la nef de cette chapelle que se tient le chapitre de l'Ordre du Bain. Les bannières des chevaliers sont Suspendues tout autou k chacune Portant le nom de celui à qui elle appartient, Le tout fait une fort jolie garniture de pendants à 15 ou 20 pieds de terre, tout autour de Ja nef.
Outre Henri VII, dont Ja tontbe n'a Pas coûté moins de £10,000, et divers autres princes et princesses qui ont trouvé leur sépulture dans cette chapelle, on Y Voit le singulier Contraste du tombeau de la reiue Elizabeth figurant avec celui de Marie, reine d’Ecosse, Ils sont tous deux d’une Magnificence ei uniforme et Pla- Cés avec tant de symétrie, de chaq.s côté de celui de Henri VIL,
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que l’on ne soupçonnerait pas que l’une des deux ait été l’innocente victime cruellement sacrifiée à la barbarie et à la jalouse ambition de l’autre. Un autre contraste moins frappant, mais encore assez singulier, que présente Westminster, est de trouver enterrés dans la grande nef de l'église, À 12 pieds l’un de l’autre, deux antagonistes politiques constamment en guerre, pendant leur vie, | savoir : Charles Fox et William Pitt. Le monument de ce dernier, fort éloigné de son corps, est au-dessus de la porte d’entrée de l’église. Il y figure, avec un très grand nombre d’autres, qui en garniesent tout l’intérieur et dont les corps reposent au-dessous du pavé. Poètes, historiens, philosophes, médecins, guerriers, mathématiciens : tous les grands hommes et les génies célèbres ont, dans ces derniers temps, trouvé des monuments dans cette église. Les chapelles, au nombre de neuf, qui environnent le chœur (sans compter celles de S. Edouard et de Henri VIT), contiennent, en général, des monuments plus anciens de princes, ducs, marquis etc., dont les corps imités en bronze, sont couchés tout leur long par-dessus leurs tombes, avec le costume de leur siècle. La plupart de ces seigneurs étant morts avant la Réforme, il est pas rare de trouver des statues de même métal, à genoux et priant autour de leurs tombeaux.
L'église de Westminster a subi plusicurs variations remarquables. D'abord, c'était une abbaye fondée par Segbert, roi des Naxons orientaux, sous l’invocation de S. Pierre. L'abbé et les religieux furent contraints de la remettre À Henri VIII, qui la changea en une collégiale de chanoines séculiers, avec un doyen à leur tête, et bientôt en fit une cathédrale à laquelle il donna pour diocèse le comté de Middlesex, à l'exception de la paroisse de Fulham qui resta sous la jurisdiction de l’évêque de Londres. Edouard V1 détruisit la cathédrale et rétablit la collégiale. Marie, qui lui snccéda, voulut que cette église rentrât dans son état primitif et redevînt une abbaye. Après elle, Elizabeth, en 1560, détruisit ce qu'avait fait sa sœur, et rétablit la collégiale qui consiste en un chapitre composé d’un doyen, de douze chanoines séculiers et trente enfants de chœur, de douze aumôniers,
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de choristes, d’un bedeau, d’un organiste, d’un maître d'école et de quarante enfants, qu’on appelle les écoliers du roi où de la reine, Tel est l'établissement qui subsiste aujourd’hui.
ya Encore, auprès de l’église, des restes de l’ancien cloître et du Chapitre des moines, édifice hardi en ce qu’un seul pilier, fixé au milieu, recevait et Supportait de hautes arcades s’élevant de tous les angles de l'édifice qui était Octogone,
Auprès de cette abbaye était l’ancien palais des rois, détruit et remplacé Par ce que l’on appelle la place de Westminster, entre l’abbaye et Ja Tamise. Sur e tte place est la halle de Westminster, Westiinster Hall. Elle est après le théître d'Oxford, le plus Vaste appartement qui soit au Monde, sans Colonnes. Elle à 74 Pieds de large et 275 de long. C’est de ]à que le roi Part pour s’ailer faire Couronner dans l’église de Westminster, I] ÿ revient dîner ensuite. On dit que Richard II qui répara cette salle, autrefois Construite par Guillaume le Roux, y donna à manger à 10,000 Per:onnes à la fois. Ce fut dans cette salle qne Charles I subit le Procès où il fut Condamné } mort. C’est IA que sont Jugés les Pairs ct autres grands fonctionnaires de Etat, sur les ACCusations formées Par la Chambre des Communes, La haute Cour de Chancellerie, la Cour de lEchiquier et celle des plaidoyers communs donnent sur cette salle imposante, mais dépourvue de toute décoration, si ce n’est dans les Occasions solennelles ci-dessus mentionnées, #uxquelles on la revêt d’une tenture.
Dans le même groupe d'édifices se trouvent aussi les deux chambres du Parlement, toutes deux trop petites pour leur objet. Les curieux qui veulent assister À quelque débat intéressant de la Chambre des Communes, sont obligés de ge rendre douze heures d'avance Pour y trouver des Places, La chose Paiaîtra fort croyable à quiconque saura qu’une partie des galeries est occupée par des membres Qui autrement ne Pourraient suivre les délibé. rations, et que ce qui reste de Places pour les étrangers, ne vaut Pas trois fois Ja galerie de Ja Chambre d'Assemblée du Bas- Canada, Celle d'Angleterre est °Reore Foimarquable Par la vétusté
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de ses boisurcs, de ses bancs surtout, où l’on voit des écorchures, des aiguillettes arrachées etc.
La Chambre des Lords, quoique sombre, a néanmoins plus de dignité ; l'appartement est élevé, les boisures en bon état, les murs couverts d’une tapisserie à l’aiguille représentant la célèbre Armada de Philippe II pour la conquête de l'Angleterre, et le sort malheureux de cette espèce de Croisade dans laquelle plusieurs souverains du continent étaient imprudemment entrés, à la sollicitation de Sixte V. Les sièges de cette salle sont décents et commodes. On vous y montre le banc des évêques, celui de l'opposition etc. A la tête de la chambre est le dais et le trône du roi; au-dessous, trois énormes sacs de laine, Woolsacks, longs d'environ six pieds, larges de quatre, et hauts de deux, sur le premier desquels s’assied le Chancelier, oratenr né de cette chambre. Les deux autres sont pour les juges, lorsqu'ils sont appelés pour être “onsultés sur quelque point de loi important.
Derrière la chambre des Pairs est un appartement de même largeur, mais beaucoup plus court, y adjoignant et communiquant par deux portes À deux battants, une de chaque côté du trône. C’est dans cet appartement que le roi fait pose, quand il vient au Parlement, et c’est par l’une de ces portes qu’il y entre. Cet appartement est aussi orné, dans une de ses extrémités, d’un dais au-dessous duquel on déposait les différents membres de la famille royale après leur mort, pour être de là transportés à la sépulture. Il est devenu inutile depuis leur résidence à Windsor, car c’est là qu'il leur a plu de mourir et d’être enterrés, et l’on ne prend pas la peine de les apporter à Londres, pour les faire retourner À Windsor.
La Chambre des Pairs est assez grande pour eux, mais on ne conçoit pas qu’elle puisse être suffisante pour l'admission des Communes au dehors de la barre, et ceci doit modérer les mernbres du Conseil Législatif du Bas-Canada dans les plaintes qu'ils font de la petitesse de leur chambre. En voilà assez, pour cette fois, sur les édifices de Westminster. Passons à S. Paul.
Cette église, la cathédrale de l’évêque de Londres, est construite
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en forme de Croix, enrichie de trois Portiques, l’un À l'Ouest, l’autre au Nord, le dernier an Sud. Le Portique de l'Ouest, qui Orne la grande porte d'entrée, est composé de douze Colonnes d'ordre Corinthien (car il n’y a rien de gothiqne dans cet édifice), dont les bases Portent sur Je Premier degré d’un Perron de 22 Marches, de Marbre noir, qui sont de toute la largeur du portique. Les douzes 8&randes colonnes sont surmontées de 8 autres l’ordre Composite, Leg deux autres Portiques sont également ornés de
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Colonnes, mais en moindre nombre que celui de l'Ouest. Dos Quatre angles formés Par la figure de croix donnée à l'édifice, s'élèvent Quatre dômes, chacun Surmonté d’une boule et d’une
Croix dorées, Ils ne servent qu’à faire ressortir le dôme Principal
Si l’on va à la seconde galerie qui est au-dessus du dôme et au Pied de Ja lanterne, On fait 254 degrés de plus, ce qui égale 534, L'évêque de Québec s'arrêta là, s’y trouvant assez élevé pour contempler toute Ja ville et ses alentours, autant que la fumée le lui put Permettre, En Montant 80 logrés de plus, il ge scrait trouvé À Ja boule dorée qui a 6 pieds de diamètre et dans laquelle douze Personnes Pourraient tenir à la fois, De là au haut de la Croix, il Y a encore 30 pieds, de sorte que Ja hauteur totale de cette église au-dessus de Son pavé, est de 434 pieds ; Ja longueur 510; Ja largeur Commune de Ja nef, 100; Ja largeur dans la
qui sont au Portail de l’église, il ya une horloge dont le cadran
où celle de l’évêque de Londres ou du doyen de cette église, qui est toujours l’évêque de Lincoln.
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Dans l’intérieur du grand dôme sont peints en fresque les dif: férents travaux de S. Paul. Mais l'humidité a détruit nne partie de cette peinture, et le reste ne tardera pas À avoir le même sort.
Des colonnes, des niches, des architraves, des guirlandes, ete.,
sont choses aisées À faire, surtout Pour un architecte aussi intelligent que l'était Christophe Wren. Mais à quoi tout cela mènet-il dans une église Profestante, où il n’y a rien de vivant ? Ea entrant dans celle-ci, vous croyez entrer dans un désert, Chacun ÿ Va et vient, se promène, cause tout haut, parce qu'il n’aperçoit rien de religicux qui lui en impose. D'ailleurs, cette église, même SOUS un noint de vue matériel, n’est pas un ouvrage parfait. Les portes, .…., cout Ja grande, sont beaucoup trop étroites pour leur hauteur. C’est un défaut qui frappe les yeux des moins habiles connaisseurs. L'église est remarquablement sombre. Pour y mettre quelque ornement, il a fallu occuper une partie des niches et des arcades par des Monviicats de poètes, d'animaux, de généraux, entre lesquels on remarque celui de l’amiral Nelson, dont le corps repose sous le pavé de l'église, celui du général Abercrumbie, tué en Egypte dans la dernière guerre avec la France, celui du major général Brock, qui eut le mâme sort à Queenstown, dans le Iaut-Canada, le 13 8' 1812, tous assez mal représentés ct servant à provoquer la critique des connaisseurs. Apparemment on continuera de remplir cette église de Monuments, celle de Westminster n’en pouvant plus recevoir. Sous ce rapport elle deviendra un objet de curiosité. Les libertins y trouveront un aliment à leur lubricité, si les statues que l’on y ajoutera sont aussi im aodestes que celles qu’on y a déjà placées autour des grands hommes dont on veut immortaliser la mémoire ; mais la religion n’y 8agnera pas en proportion de ce que le libertinage y trouvera d’attrayant.
Chaque monument est orné d’une inscription, La plus remarquable de toutes est celle de l'architecte Wren, mort en 1723, À l’âge de 81 ans, et enterré sous le pavé de cette église. Elle finit Par ces mots: Lectyr, si Monuinentum quæris, circumspice. C’est sous la direction de ce seul architecte, par les soins d’un même
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de Québec S'y trouva, Tout se Passait dans Je chœur, Deux cha. noines, un chantre, Environ 1Q enfants de chœur y Parurent en surplis sales, Ouverts par devant, Sans robes Par-dessous, et chantèrent des Psaumes, récitèrent des prières avec beaucoup de pré.
Cipitation et d’un air fort dissipé, leurs Yeux le plus Souvent fixés
Vérants entrés de Préférence à cette heure, Parce qu’au moment du service, on Peut être admis Sratuitement dans l’église, au lieu qu'aux autres heures de Ja Journée, on n'y peut entrer qu’en Paÿant, «, glise “Obstruite aux frais de Ia Nation, à Coûté un
Chelsea est un hôpital] Militaire situé au Sud-Ouest de Londres et fondé Par Charles IL, en faveur des soldats devenns infirmes Où mis hors de Service Par les blessures Qu'ils ont reçues on Serre, En Moment, ji] ne compte pas plus de 509 sujets de
tion du même porche, se présente, au milieu de la cour, la statue équestre du roi fondateur. Cette cour est séparée, par un treillis, d'un parterre et d’une haie d’arbres de haute futaie qui conduisent aux bords de la Tamise. Les soldats n’ont pas la liberté d’entrer dans ce parterre. C’est le point d’où l’on peut mieux apprécier la régularité et la symétrie qui règnent non seulement dans l’édifice principal, mais encore dans tous ceux qui en dépendent et font partie de l'établissement. Telles sont les cuisines, l'apothicairerie, le logement des médecins, des serviteurs, des femmes employées au service de la maison, l’infirmerie où l’on soigne ceux qui sont actuellement en remèdes ete. On n’a rien épargné de ce qui pouvait rendre ce séjour commode à des hommes qui ont bien mérité de leur patrie. Ceux des soldats qui professent la religion catholique, ont la liberté de l’exercer et d'en remplir les devoirs dans une chapelle de ce voisinage, où un prêtre émigré de France, l'abbé Voyau de Frauvus, chanoine honoraire du chapitre royal de S. Denis, a réuni les catholiques peu nombreux et très pauvres de cette partie de Londres. Lorsqu'il est appelé pour administrer quelqu'un des soldats malades, on le reçoit avec toutes sortes d’égards, et il les mérite personnellement, étant vrai gentilhomme et prètre de mérite. Il se lamente et avec raisou, que les enfants des soldats catholiques soient élevés protestants, dans un nouvel établissement, situé au même lieu de Chelsea « ‘ à une petite distance de l'hôpital. Cette maïson porte le nom c'’asile des enfants. Ils y sont au nombre de 150), tous habillés en uniforme, les garçons bien séparés des filles, menés à l'église deux à deux, tous les dimanches, au son du tambour, ayant leurs écoles, leurs dortoirs, réfectoire etc., dans un vaste bâtiment remarquable par son grand portique, l’un des plus beaux qui soient à Londres. :
17.—L'évêque de Québec ayant pris logement dans le quartier de Manchester, adopta pour sa chapelle journalière celle de King's streel, connue sous le nom de Chapelle Française, comme étant la plus voisine de sa demeure. Elle fut commencée dans le temps de l’émigration, par les soins de feu M" Bourret, prêtre
de St-Sulpice, À une époque où les prêtres émigrés de France par
autres se réunirent enfin dans cette chapelle : les évêques, comme les prêtres, les Ptinces français, Comme les citoyens qui s’étaient enfuis par affection Pour eux. On COMMença À y faire régulièrement l'office divin et À y prêcher en français tous les diman hes. Quoiqu'il soit extrêmement incommode Par sa petitesse et par la Puanuteur du mews, par lequel on Passe pour en trouver Ja porte, et par l’aboiement Presque continue] des chiens de chasse entretenus par un Particulier dans une cour adjacente, les ambassadeurs français en Ont néanmoins fait leur chapelle depuis la restauration du roi de France, qui donne, chaque année, 24,000 francs Pour l'entretien de l'édifice, des Chapelains et d’une école de Charité qui en dépend, Elle n’a rien de remarquable que l’autel en tombeau, bien Peint et Passablement bien doré, Les tableaux sont très communs, le linge et les °Fnements en bon état. I] ya une chape et des dalmatiques de Chaqne Couleur, diacre et sousdiacre tous les dimanches, Un petit orgue, La messe et vêpres sont chantées À Ja tribune, par des laïques, entre lesquels i] ya d’assez bonnes voix. C’est le Chant Grégorien qui y domine, Ces chantres sont d’une piété reconnue et de mœurs respectables. Depuis la rentrée de Ja Plupart des familles françaises dans leur Patrie, les catholiques anglais ont commencé À fréquenter cette
ne é’y Conforment Pas, et peut-être même n’y font-ils point réflexion,
19.—Les ecclésiastiques français, d’abord sans autre ressource que ce qu’ils Pouvaient avoir Sauvé d’argent dans leur étigration,
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furent accueillis, comme l’on sait, de la manière la plus compatissante et la plus hospitalière par le gouvernement Britannique, qui leur a donné d’abondants et de généreux suppléments, chaque année, depuis leur entrée en Angleterre jusqu’à la restauration de Louis XVIII. Cette générosité ne se bornait pas au clergé, mais s’étendait aussi aux familles émigrées. Cette bonne œuvre, depuis la restauration, est continuée par le gouvernement français, en faveur du reste de ces émigrés nécessiteux, tant laïques qu’ecclésiastiques.
Mais il ne faut pas croire que tous aient compté exclusivement sur les secours du gouvernement pour vivre. Un grand nombre de prêtres comprirent, dès le commencement de l’émigration, qu’il valait mieux gagner leur pain que de rester À la charge publique. C’est pourquoi, après avoir pris hauteur, plusieurs embrassèrent le commerce, d’autres enseignèrent le français dans des familles anglaises, et il y en a qui ont fait de petites fortunes par ce méticr ; d’autres se jetèrent dans différentes professions séculières, les uns avec plus, les autres avec moins de danger pour leur état, que plusieurs ont entièrement abandonné et oublié, sans respect pour leurs engagements ; d’autres s’étant appliqués à apprendre l’anglais, se trouvèrent en état de travailler au saint ministère, et 1] y a peu de villes en Angleterre où l’on ne trouve quelque prêtre français à la tête d’une congrégation. Un certain nombre rentra en France à la paix d'Amiens, un plus grand nombre encore au retour du roi en 1814. Ilen est mort plusieurs mille en Angleterre, ct, entre autres, 16 À 17 évêques, tous enterrés dans le cimetière de S. Pancrace, de sorte qu’il ne reste plus dans ce royaume qu’un seul prélat très âgé, savoir, M: de Thémines, évêque de Blois, et environ 200 prêtres, dont plus de 150 dans le district de Londres, la plupart employés dans les chapelles publiques ou dans celle des ambassadeurs : d’autres célébrant la messe dans des maisons particulières et y entendant les confessions des tidèles avec permission de l’Ordinaire, d’autres aimant mieux rester sans fonctions que de signer une formule proposée par leVicaire A postolique, à tous les prôtres français exerçaut
dans le District de Londres, SOUS peine de Suspense ;pso facto, contre tous ceux qui ne la SOuscriraient Pas purement et simplement
Jjunguntur” On a peine À Concevoir Comment des prêtres Catholi.
schismatique, ils ne Pouvaient être en Communion avec eux sans tomber aussi dans l’hérésie et le schisme. Mais Püisqne le chef de l'Eglise les souftre et ne juge Pas nécessaire de les ségréger, de quel droit des Particuliers Prétendr.,. nt-ils les Condamner ? Cette conduite ne rappelle. t-elle Pas celle des Ouvriers du Père de
fait le SOU verain Pontife ? Quelques-uns de ces prêtres se sSOut néan moins rendus, lors de la Publication du Bref du Pape qui approuvait l'ordonnance du Vicaire A postolique de Londres, D'autres Ont rétracté leur signature ; d’autres ont adressé À ce Prélat des lettres injurieuses : d’autres enfin, au mépris de la censure, con. tinuent d'entendre 19 Confessions dans leur logis et de célébrer Privément. Heureusement ce n’est quo le plus petit nombre et le Moins éclairé des ecclésiastiques français d'Angleterre. Ils no sont suivis que de très peu de fidèles, de sorte que cette petite église va inévitablement s'éteindre ay Premier jour. L'ambassadeur de France n’est pas Je
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pelle à Londres. Ceux de Sardaigne, de Portugal, de Bavière et d’Espagne en ont aussi. Les chapelains qui les desservent, au nombre de trois ou quatre dans chacune, exercent leur ministère en faveur des fidèles de la ville. Ces chapelains sont, pour la plupart, anglais. Ceux d’Espagne, de Portugal et de Bavière se plaignent amèrement de ce que les ambassadeurs auxquels ils appartiennent, ont introduit dans leurs chapelles, des chantres et des chanteuses de l'opéra, la plupart protestants et de mauvaise vie, qui, en chantant les louanges de Dieu avec leurs bouches profanes, déshonorent sa maison par les irrévérences qu'ils y commettent, par la dissipation qu’ils causent, par les curieux qu’ils y attirent, comme au théâtre. Sur l'observation qu’en fit l’évêque de Québec à quelques-uns d’eux, ils répondirent qu’ils avaient fait À ce sujet des remontrances inutiles aux ambassadeurs. La chose est d'autant plus singulière, qu’il est du beau ton, pour les ambassadeurs, de ne pas assister aux offices publics, excepté aux fêtes annuelles, mais de se faire dire une messe basse, les uns à midi et demi, les autres À une heure.
Outre les chapelles des ambassadeurs, il y en à neuf autres dans les différents quartiers de la capitale, ouvertes à la piété des fidèles, et cinquante-deux dans les différents comtés qui composent le District de Londres, dans lequel on compte 88 ecclésiastiques chargés de la desserte des 90,000 catholiques, précieux au Gouvernement par la tranquillité, l’obéissance aux lois, l’éloignement de toutes les assemblées séditieuses, où ils sont maintenus par leurs pasteurs. Les prêtres catholiques mettent leur gloire À ce qu'aucun de leurs fidèles ne prennent part aux insurrections capables d’alarmer, telles que celles à la tête desquelles se sont dernièrement montrés les Hunt et les Francis Burdett.
Les comtés qui forment ce District sont ceux d’Essex, Ilartford, Bedford, Buckingham, Sussex, Kent, Middlesex, Surrey, Berkshire et Hampshire, auxquels il faut ajouter les isles de Jersey et Guernesey. Le vicaire apostolique préposé à cette partie de l'Eglise Cathoïique d'Angleterre, est M‘ Guillaume Poynter, évêque titulaire de Halie, homme qui, par sa prudence et sa
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depuis longtemps de celle du St-Siège, dont il est le vicaire pour toutes les Provinces Britanniques des Indes Orientales et Occi-
Pour procurer d’une manière plus solide le bien spirituel de ces colonies et en même temps diminuer l'excès d'occupation qu’elles lui donnaient, il obtint, l’année dernière, des deux Cours de Rome et de Londres, l'établissement de deux nou veaux vicaires apostoliques, L'an des deux est bénédictin anglais, connu à Liverpool, d’où il est natif, sous le nom de D' Sjat-+ Il fut consacré à Rome en 1818, sous le titre de Ruspe dans la Byzacène. Sa mission Principale est l'isle-de-France, d’où sa jurisdiction s'étend sur le Cap de Bonne-Espérance, l'isle de Madagascar et Botany Bay, où il peut se rendre du lieu de sa résidence en 75 jours. Ii se disposait À Partir Prochainement pour sa destination, assisté de six À sept prôtres, lorsque l’évêque de Québec eut le plaisir de le rencontrer à Londres et de faire amplement COnnaïissance avec lui,
19.— II ne vit Pas avec moins d’intérôt le Dr Buckley, ci-devant chapelain de Ja chapelle de Portugal à Londres, Puis supérieur du Séminaire Anglais de Lisbonne et enfin consacré à Londres, le 29 juin dernier, par le D° Poynter, sous le titre de Gerra, pour desservir, en qualité de Vicaire Apostolique, les isles Britanni. ques du Golfe du Mexique, telles que la Trinidad, la Grenade, Ste. Lucie, Tobago etc. I] doit se rendre À Son poste au mois de décembre. C’est ainsi que le royaume de Dieu regagne d’un côté ce qu’il perd de l’autre,