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L'évôque de Québec avait entrepris le voyage d'Europe

son diocèse, soit en évêchés suffragants, soit en coadjutoteries ou vicariats apostoliques. Cotte affaire demandait à être traitée avec beaucoup de délicatesse et de ménagement auprès de la Cour d'Angleterre. Sa bonne réputation, méritée ou nOn, auprès de

cette Cour, lui faisait apercevoir quelque espérance de succès. Ce premier point gagné, il aurait pu en obtenir un autre et finalenent retirer l’épiscopat du Canada de l’état précaire où il avait été depuis la conquête de ce pays par l'Angleterre, c’est-à-dire depuis près de 60 ans. Mais voilà qu’en arrivant à Londres, il apprend par une lettre de son coadjuteur, que peu d’heures après son départ de Québec, il y est arrivé des Bulles du St-Siège, qui érigent son Eglise en métropole et lui donnent, au lieu de suffragants, deux Vicaires Apostoliques Ecossais, l’un pour le Haut- Canada, l’autre pour le Golfe St-Laurent, division inadéquate, qui ne remplissait qu’une partie de son plan, pouvait faire ombrage au clergé canadien et rendait deux autres sièges plus difficiles à obtenir, Il avait déjà été question de ces deux sujets pour être Vicaires Apostoliques, et l’évêque croyait en avoir assez dit À la Cour de Rome, par ses lettres de la fin de 1817, pour l’engager à suspendre. cette opé: ‘ion jusqu’à nouvel avis de sa part. Mais c’est surtout l'érection de Québec en métropole, sans en avoir auparavant communiqué avec le Gouvernement Britannique, que l’évêque considéra comme une mesure propre à déconcerter toutes les siennes. Aussi n’approcha-t-il qu’en tremblant le ministre des affaires coloniales (Lord Bathurst), auquel il ne voulut pas dissimuler où en était reudu les chosce, Cette information produisit toute la mauvaise humeur a laquelle on devait s'attendre. Dès le lendemain, Lord Bathurst appela le D' Poynter pour lui faire ses plaintes contre la Cour de Rome et le prier d’y écrire pour témoigner son mécontentement. Quant à l’évêque de Québec, il se contenta de faire parvenir À ce Seigneur trois petits mémuires, le premier demandant l'agrément du Cabinet Britannique pour solliciter auprès du St-Siège deux divisions additionnelles de son diocèse, savoir celle du district de Montréal et celle des terres arrosées par les rivières qui se déchargent dans Baie d'Hudson, et offrant Pour occuper ces deux places, deux sujets canadiens dont il cautionnait la loyauté et les principes. Le second mémoire contenait des considérations politiques pour arrêter les desseins formés contre la propriété des Messieurs du

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s0n existence.

L’évêque de Québec n’attendait Pas de réponse immédiate à ces mémoires, I] était raisonnable que le Secrétaire d'Etat prit du temps pour les considérer, Mais il s’attendait Qu'il lui significrait son désir de le voir à Cirencester, Sa Maison de Campagne, où se trouvait, en cette saison, Lady Bathurst, avec laquelle il avait exprimé son empressement de faire Connaissance, comme ; :

la conviction que la mauvaise humeur du Secrétaire d'Etat s’étendait sur sa Personne et qu’il ne Pourrait rien faire avec lui. 30.—Les choses en étaient 1}, lorsqu’il reçut de Sa Seigneurie une lettre datée du 30, lui faisant des excuses d’avoir quitté Londres Précipitimment et l'invitant, dans les termes les plus honnêtes, de l’aller voir ou Ja semaine suivante, ou celle d’après, à

Quand Ja distance eût été plus grande, l’évêque de Québec n’aurait pas délibéré sur un voyage qu’il considérait Comme de nature ‘à avancer ses affaires, Ile hâta donc de répondre que dès les premiers jours de la semaine suivante, il aurait l’honneur de ge rendre À l'invitation de Sa Seigneurie. Après avoir lecommandé ce voyage À Dieu, il se mit en route, le lundi, 6 Septembre, avec son secrétaire, Par la voie de Ja diligence. Cette partie de lAngleterre n’offre rien, en ce qui concerne la cam Pagne, qui soit fort différent de ce qu’ils avaient vu en venant de Liverpool à Londres, La ville d'Uxbridge, Par laquelle ils Passèrent, ce jour. là, n’est autre chose qu’un bourg ordinaire, Celle d'Oxford est d’une autre importance Par son antiquité, par son titre de cité, Par les 18 Paroisses entre lesquelles est divisée ea population

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d’environ 8,000 âmes, par les 19 collèges qui composent sa célèbre Université. C’est ici un des quartiers généraux (Cambridge est l’antre) et un des foyers du Protestantisme. Cependant beaucoup de monuments et de pratiques y déposent en faveur de l’ancienne religion. Le nom et la qualité des fondateurs, la erosse de l’évêque Wickam, conservée comme une précieuse relique dans une armoire du sanctuaire de la chapelle de Mew-College, l'obligation du célibat imposée à une certaine classe de bacheliers, les prières pour les fondateurs défunts, dont on les charge tous les ans, et qu’ils ne remplissent pas, le genre même ct la distribution des collèges et des églises ; tout trahit des enfants criminels qui se sont révoltés contre leur mère.

La nuit qui se fermait ne permit à l’évêque de Québec que de donner un coup d’æœil sur beaucoüp d’objets dignes d’inspection plus longue. Il ne put refuser son admiration à deux statues de bronze placées sur un piédestal, au devant de la chapelle de New- College, l'une représentant un Philistin, l’autre Samson qui le terrasse avec la mâchoire d’âne dont le Livre des Juges fait mention. Il est vrai que les deux statues sont parfaitement nues, mais les statuaires ne sont nullement scrupuleux sur cet article. Les antiques exposés dans le Château du Louvre, à Paris, et dans celui de Versailles, et les jardins des Tuileries et du Luxembourg, en font voir bien d’autres de cette espèce.

7.—Le lendemain matin, il fallut partir à 5 heures pour profiter de la diligence. La pluie commença à tomber comme nous lais- . sions Oxford et rendit assez difficile la récitation des matine, dawus la voiture, à raison du brouillard dont le ciel était couvert.

L'Université d'Oxford étant en vacances, lorsque nous y passÂûmes, nous fûmes privés d'entendre les deux ou trois coups que donne tous les soirs, un peu après neuf heures, la cloche de 17 mille livres pesant, qui se trouve dans un des nombreux clochers de cette ville, et dont le son pénètre dans tous les collèges, et donne le signal du coucher. Un enfant de l’hôtel où nous logions, nous en dédommagea par le son d’une harpe qu’il maniait avec une grande facilité. Il est vrai qu’il fallut payer le plaisir ; car,

A la sortie d'Oxford, on Passe successivement sur six à sept

uns couvrent de petits ruisseaux, desséchées en cette saison. Mais

Nous ne vîmes de ville Un peu considérable, dans cette matinée, que celle de Warrington que nous traversÂâmes, et À onze heures, nous étions rendus À Cirencester, vieille et petite ville où l’on ne Compte que 5,000 habitants, sans nulle augmentation depuis près d’un siècle. L'église, est remarquable par des fondations de rentes annuelles assez considérables dont le tableau, ainsi que celui des fondateurs, est exposé sur un des

, Comme il est assez d'usage, non seu- , Mais dans les autres parties de l’Europe, églises catholiques, beaucoup

ués sous le nom d'un inconnu, au lieu que chez les Protcstants, chacun est jaloux que son nom Paraisse,

La famille Bataurst tient une place distinguée parmi les bienfaiteurs et fonds teurs de cette église. Aussi at-elle une chapelle assez vaste qui lui cst appropriée, dans laquelle se trouvent les tombeaux, les épitaphes et les bustos de ses différents membres, saus préjudice d’un banc vaste et orné qu’elle occupe dans le centre de la tribune de l’église, la plus saillanto. L'une des rues de la

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ville aboutit À une porte cochère, et cette porte est l’entrée d’une espèce de parterre en gazon, au fond duquel se montre tout entière la superbe maison que l’évêque de Québec était invité à visiter. Elle occupe la partie de devant d’un pare qui n’a pas moins de cinq milles et demi de profondeur sur environ un demi, et en certains endroits, un mille entier de large. Des bosquets, des verdures, des petits sentiers en grand ombre, bien entretenus, quelques grottes en pierres de taille, une nappe d’eau, des maisous de domestiques, une troupe de daims, quelques pontsetc. Tout cela suffit pour contenter le goût sérieux d’un seigneur anglais. Mais qu’un français, un italien tirerait un bien autre parti de cette terre, si elle lui appartenait, surtout si, pour l’enjoliver, il pouvait, comme le comte de Bathurst, disposer annuellement de 25,000 liv. sterl. de revenu ! On y verrait des jets d’eau, des rochers, des cascades, des statues etc. La maison même prendrait sous sa main une forme plus élégante, et, sans peut-être avoir un ameublement plus précieux au-dedans, se présenterait À l'extérieur avec plus d’avantage et de magnificence et mériterait le nom de château qu’on ne saurait donner à celle qui existe, quoiqu’elle soit belle et élégante pour le pays où elle se trouve. Ce qu’il y a de plus remarquable est que la maison est placée de telle manière qu’elle enfile le clocher de l’église de Cirencester, et que, de quelque distance qu’on la considère, du côté du parc, pourvu que ce soit en droite ligne, elle semble porter sur le milieu de son toit, ce clocher qui en est éloigné de plusieurs arpents en avant.

À trois quarts de mille derrière la maison et dans la même direction, se trouve une colonne de pierre surmontée d’une statue de même matière représentant la reine Anne d'Angleterre. C’est un tribut de reconnaissance que l’agent du présent comte de Bathurst a cru devoir à cette souveraine, pour l’avoir appelé, le premier de sa famille, à la dignité de Pair du Royaume. Cette colonne, y compris sa base et la statue, a 62 pieds de haut, sur une grosseur proportionnée. C’est, sans contredit, ce que le pare offre de plus précieux. Ce même seigneur, contemporain et ami d'Alexandre Pope, ayant fait placer un buste de ce poète sur une

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des grottes de pierre qui ornent le même pare, les protestants du voisinage, peu endurants, même À cette époque, sur l’article de la papauté, et se Persuadant que c'était le buste du Pape que l’on avait ainsi érigé au mépris de la Réforme, vinrent de nuit, renversèrent et mirent en pièces l’image du Pauvre poète qui, À la vérité, avait professé toute sa vie, la religion Catholique, mais qui, sous le rapport de la Pitié, était bien au-dessous de ce que l’on doit attendre d’un Pape. La licence de ses poésies suffit pour le caractériser,

Il serait difficile de rendre Compte de toutes les honnêtetés dont l’évêque fut comblé de la Part de Lord Bathurst et de sa famille. Il ne put obtenir de retourner À l’auberge qu'il avait retenue dans la ville. Il fallut qu’il logeÂt chez Sa Seigneurie, et reçut tous les services que des domestiques honnêtes et bien dressés s’empressèrent de lui rendre, ainsi qu’à son secrétaire. Un somptueux et élégant dîner où se trouvèrent plusieurs gentilshommes respectables, amis de la Maison, et dont tous les honneurs furent pour Je Prélat ; une veillée aussi amusante qu’elle le pouvait être, prolongée jusqu’à minuit ; le lendemain, 8, mêmes politesses à déjeuner etc., ete. Mais l’évêque de Québec avait été conduit À Cirencester par des vues plus sérieuses que celles de Courir après ces signes d’égard et de respect. I] obtint, dans la matinée, une audience privée de ce seigneur et le mit tout uniment sur le chapitre de ges trois mémoires, La réponse du Secrétaire d'Etat sur le troisième (celui qui concernait les lettres Patentes demandées Pour le Séminaire de Nicolet), fut qu’il n'y apercevait nulle difficulté. Sur le second, relatif au Séminaire

et de lui laisser des maisons, des fermes, des rentes etc., autant qu’il en serait nécessaire Pour la subsistance de ses membres actuels et de leurs Successeurs. La réponse À cette proposition que l’évêque savait avoir déjà été faite par le Duc de Rich-

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siastiques de son diocèse, mais que cela n’allait pas jusqu’à pouvoir en disposer, parce que ceux qui en étaient en possession, en avaient le domaine direct ; que, d’après les instructions données en différents temps aux gouvernements du Canada, les Séminaires de Québec et de Montréal devaient être maintenus dans la possession de tous les biens dont ils avaient des titres valables à la conquête du pays ; que, par conséquent, il n’entrait nullement dans les vues de S. M. de déposséder M" de Montréal, #ils prouvaient qu’à l’époque de cette conquête, ils étaient prapriétaires légaux de leurs biens. Or, ils se croyaient munis de pièces suffisantes pour prouver cet article, et que si les différents rapports des officiers de la Couronne, tant au Canada qu’en Angleterre, avaient conclu différemment, c’est qu’ils n’avaient pas les documents que ces messieurs pourraient offrir; qu’un des mermbres de leur maison, actuellement à Londres, pourrait, si Sa Seigneurie voulait bien lui accorder une audience (ce qu’il promit sans difficulté), lui donner là-dessus des preuves satisfaisantes, et qu’au surplus, il serait toujours temps d’en venir à une transaction, si le Séminaire contre l’attente de l’évêque, ne satisfuisait pas un gouvernement qui ne cherchait qu’à être éclairé. Lord Bathurst parut satisfait de ces réponses et n’insista pas sur sa proposition. Il objecta davantage contre les deux nouvelles divisions sollicitées par l’évêque, en faveur du Diocèse de Québec. Mais celui-ci s’aperçut qu’il objectait en homme qui recule et qu’il ne voulait pas le désobliger. Il insista donc sur la propriété de la mesure ct la nécessité d’y accéder sans délai, parce que la saison le pressait de partir pour l'Italie, et qu’il ne pouvait partir sans être muni du consentement du Cabinet ae St-James à la division qu’il méditait, et dans laque'!< il n’avait absolument nul autre intérêt que celui de rendre à sc. compatriotes tous les scrvices qui dépendraient de lui, dans la ligne qu’il considérait comme la plus essentielle à leur vrai bouheur ; que c’éta't dans cette unique vue qu’il avait entrepris un voyage pénible et dangereux, et que, comme son motif était pur, il était aussi noble et digne de toute considération.

À ce langage, Lord Bathurst amena pavillon et finit par dire à l’évêque que, le lundi suivant, il trouverait une lettre de lui à l'office colonial, puis ayant fait préparer une élégante voiture ouverte, attelée de deux chevaux, avec deux hommes de livrée, dont l’un servait de cocher, l’autre, monté sur un cheval à part, allait au devant Pour ouvrir et fermer les barrières, il prit l’évêque avec lui, lui fit faire dans le Pare une promenade d'environ une heure et demie, où il ne fat plus question que de matières iadif. férentes. Enfin, après une collation prise au retour, ils se séparèrent et l’évêque, ayant pris congé de la famille, ne songea plus qu’à regagner la Capitale, Il laissa Cirencester à quatre heures du soir, par la voie de la diligence, arriva à Oxford à 10 heures, courut avec son secrétaire, d’hâtel en hôtel, pour trouver une voiture qui se rendît immédiatement à Londres, et n’en put obtenir une qu'après onze heures. En:ore le cocher se réserva:til de ne partir qu’à minuit, dans l'espérance de trouver des voyageurs pour remplir son coach qui était de six places, et il tint parole ; mais heureusement pour eux, il ne s’en trouva que deux autres, savoir, un petit écolier et une jeune dame, au moyen de quoi ils voyagèrent fort À l’uise, ce que l’on ne saurait faire à six sur deux sièges, parce que les places du milieu sont toujours

9.— On s’étonnera peut-être de voir des demoiselles sans leurs Parents, ou de jeunes dames sans leurs époux, voyager ainsi de jour et de nvit, seules avec des hommes qu’elles ne connaissent Pas. Cependant rien de plus commun en Angleterre. Plusieurs demoiselles avaient déjà successivement fait voiture avec nous, dans ce même voyage, et ce n’était là que la répétition de ce qui arrive tous les jours. II ÿ à tant de respect en Angleterre, pour les mœurs publiques, qu’une honnête femme ou fille peut faire le tour du royaume dans toutes les sortes de voitures et dans toutes sortes de compagnies, avec la plus parfaite sécurité.

10.— Il était près de neuf heures du matin, lorsque l’évêque de Québec fut de retour à Londres, assez fatigué de son voyage, Mais ne regrettant ni cette fatigue, ni les 12 ou 18 livres sterling

qu’il avait dépensées dans cette excursion, puisque les objets qu’il avait si fort À cœur s’en trouvaient un peu plus avancés. 13.—I1 ne manqua pas de se rendre, le lundi suivant, au bureau des Affaires Coloniales; mais le sous-secrétaire d’Etat qui lui avait lui-même réitéré, par un billet du samedi précédent, l’invitation de s’y trouver, lui dit qu’à la vérité, il avait reçu, le matir, une lettre de Lord Bathurst qui lui annonçait une dépêche pour lui, mais qu’apparemment il avait oublié de l’enf>rmer dans sa lettre, ce qu’il attribuait À la courte vue dont Sa Seigneurie est affigée. Il est plus vraisemblable que Mylord était embarrassé des termes dans lesquels il construirait cette dépêche, sur la rédaction de laquelle son désir d’obliger l’évèque se trouvait combattu par la crainte de fortifier le pa1:1 de l'opposition, très fort en ce moment contre les ministr:s d’Etat ; qu’il avait soumis cette dépêche à l'examen de \' Goulborn, sous-secrétaire, et que celuici avait fait quelque: observations d’après lesquelles elle devait être retouchée. Quoiqu'il en soit, l'évêque de Québec déclara À M° Goulborn que son départ, fixé au mercredi matin, aurait toujours lieu, et le pria d'adresser cette dépêche, quand elle serait venue, à une personne qu’il lui indiqua et qui la lui ferait tenir À Paris. Mais qu’arriva-t-il ?—Que le 15, de grand matin, la dépèche de Lord Bathurst, datée du 15 même, du bureau de Downing Street dont il était éloigné de 90 milles, mais assurément signée de lui, et délivrée sans doute au porteur, dès le 14, fut remise À l’évêque de Québec, qui n’eut que le temps de la parcourir précipitamment, comme il allait monter en voiture. Elle était conçue de manière à mettre l’évêque en état de postuler des Bulles pour les deux évêques qu’il désirait faire établir, l’un dans le district de Montréal, l’autre dans lo territoire arrosé par les rivières qui se déchargent dans la Baie d'Hudson. Le consentement de Son Altesse Royale le Prince Régent était donné à la promotion des deux sujets proposés par l’évêque de Québec, mais le mot d'évêque n’était articulé en faveur ni de l’un ni de l’autre. Quiconque aura quelque idée du ministère Britannique, concevra l'embarras où ces sortes d’affaires mettent les ministres, d’après les restes de

Préjugés existants et leg ménagements qu’ils sont forcés de Prendre pour ne se Pas compromettre. Le premier qui fut évêque de Québec après la Conquête du Canada, se scrait estimé très heureux si] eüt obtenu Pour sa consécration une autorisation égale À celle que contenait cette dépêche, en faveur des deux sujets dont il était question. Mais après 18 à 20 mois de postulation, il n’obtint rien du tout. Seulement On lui fit savoir indirectement que, s’il se faisait Consacrer, Je SOUVernement n’en dirait rien et fermerait les JEUX sur cette démarche, Ah ! quel changement en mieux depuis cette époque, et combien l'Eglise du Canada ne doit-elle Pas à la divine Providence Pour avoir amené doucement et fortement les choses an Point où nous les voyons !

L'évêque de Québec, dans les trois dernièros semaines de son séjour À Londres, avait OCCUPÉ, avec son secrétaire, au Moyen de trois guinées Par semaine, sans Compter la Nourriture, quatre 2Ppartements très Propres ct bien meublés chez un citoyen de Blandford Street, nommé Balbirnie, fervent méthodiste, assidu aux assemblées de sa secte, comme aux prières Communes du Matin et du soir Qu'il faisait avec Sa famille, consistant en son épouse et une jeune servante, à ]a fin desquelles ils chantaient régulièrement entre eux un Pseaume À demi voix, de manière néanmoins À Pouvoir être entendus des aPpartements d'en haut, On ne saurait imaginer de gens plus honnêtes, Plus paisibles que Ceux-là, ou sur les Mœurs desquels la religion parût agir avec plus de succès, Que de catholiques, même parini CEUX qui passent pour €Xemplaires, chez lesquels leur religion u’opère pas d’une Manière aussi Prononcée et aussi frappante ! Is se rassurent sur ce qu'ils possèdent ]n vraie foi, et c’est sans doute un précieux avantage, Mais quel est le plus près du royaume des cieux ? Est-ce le catholique qui a la foi sans les œuvres, ou l’hérétique qui a les œuvres sans la foi ? Faut-il damner sans miséricorde ceux qui

Permettre, Il faut donc espérer que Dieu leur tiendra Compte de leur bonne foi, de leur ignorance invincible, des bonnes œuvres

qu’ils font ou qu’ils croient faire, et qu'avant leur mort, il les éclairera intérieurement et invisiblement sur les points de doctrine qu’ils ont ignorés, sans qu’il y eût de leur faute, puisqu’enfin sans cette connaissance et adhésion, ils ne sauraient mourir dans la paix de Dieu. Sine fide impossibile est placere Deo!.

Il y a 72 milles de Londres à Douvres. L’évêque de Québec et son secrétaire firent cette route par une diligence de quatre

1-Depuis NotreSeigneur Jésus-Christ, l'Eglise catholique est le moyen ordinaire pour arriver au salut. Mais en fait, un très grand nombre d'hommes restent ignorants de cet admirable moyen préparé par la miséricorde et la sagesse divines. Il ne s'ensuit pas qu'ils sont voués à une damnation inévitable. Caril n'y #ura de condamnés pour n'être pas entrés dans l'Eglise que ceux qui, l'ayant connue, auront résisté à l’ordre de Dieu et à sa grâce qui ne manque à personne. Quant aux autres, ils seront sauvés s'ils observent ce qu'ils connaissent de la loi divine, Il faut distinguer en:re le corps et l'âme de l'Eglise. C'est avec cette distinction et les brièves explications qui précèdent qu'il faut entendre l'axiôme que “ hors de l'Eglise il n'y a pas de salut.”

Inutile d'ajouter que les catholiques appartenant au corps et à l'âme de l'Eglise ont à leur disposition de puissants moyens de salut qui sont refusés aux paiens et aux hérétiques de bonne foi. Mais chacun sera jugé suivant tous Les bons seront récompensés et tous les méchants seront

ses œuvres :

punis.

Mar Plessis se trouvait au milieu d'une excellente famille protestante dont

la bonne foi para ssait évidente. Les membres de cette famille non seulement faisaient des bonnes œuvres, mais encore iis pouvaient avoir la foi divine, c'est-à-dire la foi aux vérités suffisantes pour le salut. Il n'est pas nécessaire qu'ils aient eu la foi catholique au même degré que nous. C’est en ce sens qu’il faut interpréter les paroles de l'évêque : ‘ la foi sans les œuvres, les œuvres sans la foi.”

Même distinction à faire pour ces derniers mots: “ Dieu les éclairera intérieurement et invisiblement sur les points de doctrine qu'ils ont ignorés.… sine fide impossibile est placere Deo.' Pour qu'un protestant de bonne foi soit sauvé, il n'est pas nécessaire qu'il soit éclairé sur tous les articles de la foi catholique, mais seulement sur ceux qui sont nécessaires au salut,

La doctrine de M£' Plessis est excellente pour le fonds, mais ses expressions m'ont paru manquer d'exactitude théologique et avoir besoin d’explications et de commentaires. Voir: L'Ami du Cleryé, vol. 16, page 473. Perrone, conslilution de l'Eglise du Christ, où l'on trouve des citations ituportantes de S, Augustin et de Bellarmin.

Viithe diéétqun cent intense stress tiens nana nrermnnenenemannnn er con mn nee nan aient mes |

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places, ayant Pour compagnie vne dame anglaise qui allait à Ramsgate ct un prêtre français, (M: Chouvy) ci-devant Carme,

t professeur d'histoire ecclésiastiqne de

gleterre pour visiter les bibliomme savant et très Curieux des bonnes

15.—Vers les 3 heures de l” pour changer de Voiture, Cette pose ne de demi-heure. L’évêque et ses deux compagnons ecclésiastiques en profitèrent pour courir à l’église primatiale, qui est un superbe édifice gothique, long de 514 Pieds, tenu Proprement, orné des Monuments de plusieurs

de ses anciens évêques catholiques, sans préjudice de quelques-uns des Prélats protestants qui leur ont succédé. Le tombeau de 8. Taomas ne subsiste plus, Il fat

détruit par les Protcstants dans le temps de ! prétendue réforme, ais on montre la porte latérale Par où ses assassins entrèrent, l'endroit où il tomba sous leurs Coups. Ta pierre qui reçut son sang fut portée À Rome et remplacée par une autre qui, en effet, n’est pas de même qualité que le reste du pavé de l’église, On Montre dans une chapelle, derrière le grand autel, un grand fauteuil de pierre dans lequel s’asseyaient autrefois les rois d’Essex pour être Couronnés, et où s’assici] aujourd’hui le Primat lorsqu'il Preud possession de son église, Enfin, l’ancien cloître de subsiste encore, et l’on réfléchit avec douleur que de v

religieux sont remplacés par des chanoines hé église moins remarquable

minster, qui en a de tan côté de l’ordre et de

après-midi, on fit pose à Cantorbery vait durer qu’une

3 moines éritables

rétiques. Cotte Par ses monuments que celle de West.

t d'espèces différentes, la surpusse du la propreté et a été beaucoup mieux couu dehors, Une soule chose déplaît dans et elle est commune à toutes, c’est que beaucoup d’élévation, il est devenu nécesdehors par des ares boutants qui les envi.

ronnent et sont prolongés jusqu’à la hauteur des sablières 1,

Il s'imagine que s arcs-boutants aux églises

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