‹ Journal d'un voyage en Europe [microforme]Chapitre 29 sur 59 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Départ de Rome. — Viterbe. — Ste Rose, — Lucien Bonaparte, — Sienne. — Fiorence, La bénédiction des Cenüres, — Bonaparte et ses nominations épiscopales. — Les épitaphes inconvensntes dans les églises, — La chapelle des Médicis, — Le musée, — Les Apennins et la neige, —

famille royale à la messe, — Périlleus® traversée du Mont Cenis.—Chambéry. — Chaille, — Lyon.

10 février. —Le départ eut licu le lendemain, au soleil levant. Ce jour complétait exactement le troisième mois de notre résidence à Rome. C'étoi, sudi-gras. La terre était couverte d’une petite gelée blanche ; il faisait froid, mais très beau, Un jeune prêtre irlandais (M. Ennis) avec lequel nous avions fait Connaissance e nous rendant À Rome, et qui nous y avait beau- Coup recherchés, voulut nous reconduire jusqu’au Ponte Hole, et monta pour cet effet en voiture avec nous. La porte Flami. nienne ou del Popolo par où nous étions entrés à Rome, au mois de novembre, fut celle par où nous en sortîmes. La voiture était bonne, les chevaux et le voiturin aussi, ce qui nous promettait d’être À Florence au bout de cinq à six Jours, moyennant la somme de 15 louis.

À peine sortis de la ville, nous nous retrouvâmes dens le désert, Rendus pour dîner dans l’auberge d’un méchant village, nous y attendîmes près de deux heures une dame française, la marquise de Bellemare, laquelle devant retourner dans son pays après deux ans de séjour à Rome, avec sa nièce et son neveu, avait désiré

voyager en même temps que nous. Comme sa voiture était différente de la nôtre, nous passions les journées sans nous voir, excepté aux auberges où nous nous tirions d'affaire pour dîner, mais où une si grande compagnie rendait les places difficiles à trouver pour le soir. Il aurait été de l'intérêt de la marquise comme du nôtre, de voyager séparément. Nous ne pûmes cependant effectuer cette séparation désirable avant d'arriver à Florence.

De Monterosi (c’est le nom du village où nous dinâmes), nous ne pûmes faire autre chose dans la soirée que de nous rendre à Ronciglione, petite ville, si l’on peut lui donner ce nom, tout à fait insignifiante.

11.— Nous en partîmes de bon matin, dans l’espérance de faire une meilleure journée que la précédente. C’est un avantage dans cette saison, d’avoir les jours croissants, Cette réflexion anime les voyageurs, au lieu que le décroissement des jours d’automne n’est propre qu’à décourager. Toute la matinée se passa à traverser une montagre couverte de troncs d'arbres abattus, qui pourrissent sur la terre et dont on s’est contenté de couper les branches, preuve que l’on s’entend fort peu, en ce pays, à se procurer du bois de chauftage.

De l’autre côté de ette montagne, se trouve la ville de Viterbe, capitale du l'atrimoine de S. Pierre. Nous y arrivons entre onze heures et midi. L'ancien évêque de Senez, retiré dans cette ville, avait fait connaissance À Rome avec l’évêque de Québec, dans le cours de l’automne, et l’attendait, ce jour-là, à diner. Ce fut à son logis que nous descendîmes et avec lui que nous parcourûmes une partie de la ville, dans les rues de laquelle on s’estime heureux de marcher sur un pavé de grandes pierres carrées, plates et bien ajustées les unes auprès des autres, après avoir foulé, pendant trois mois, les raboteux pavés de Rome.

Cette ville compte 15,000 habitants, trois collégiales, cinq paroisses, un collège de Jésuites qui ont en ce moment 60 pensionnaires, plusieurs monastères d’hommes, tous sans novices, excepté ceux des Dominicains et des Augustins. L’évêque du

Si ao ERRTIMRH PRRRTRT ET TE osmntnarI us #5300P"3t

lieu est le cardinal Severoli, engagé, en ce moment, dans le cours de ses visites, Nous visitâmes ga cathédrale, remarquable par la sépulture de quatre Souverains Pontifes, et encore plus par la conservation d’une pierre brute incrustée dans le mur d’une des chapelles, avec ceite inscription : “super hanc lapidem decollati fuere gloriosi martyres Valentinus Presbyter et Iilarius Diaconus ”. Les chanoines de cette église ont le privilège d’offcier in pontificalibus, comme font les cardinaux à Rome. Les Papes ont souvent séjourné à Viterbe, surtout lorsqu'il est arrivé que leurs sujets de la Capitale se sont mis en insurrection contre eux.

En parcourant le palais épiscopal, qui est assez vaste ct assez malpropre, l'évêque de Québec parvint À un petit balcon fort élevé, qui donne sur la Campagne. Il commençait à y faire ses observations, lorsqu’entendant raconter qu’en ce même lieu un autre balcon s’était rompu sous les pieds du Pape Jean X XI, qui avait été tué sur le coup en 1277, il sc retira promptement, de crainte de donner lieu d’en raconter autant de lui par la suite.

On montre, dans ce palais, une salle où se sont tenus deux conclaves, l’un desquels tenu en 1378 donna ouverture au grand schisme d'Occident. La patronne de la ville est S' Rose surnommée de Viterbe, dont le corps encore entier, quoiqu’elle soit morte depuis 566 ans, se conserve dans le couvent des Clarisses, non assis comme celui de S“ Catherine de Bologne, mais couché dans une niche entre le sanctuaire et le chœur des religieuses, du nombre desquelles elle était autrefois. Elle est dans l’habit de son ordre. Nous entrâmes pour lui baiser les mains, l'évêque de Senez nous ayant dit qu'il était autorisé À nous en donner la

permission.

Le peuple de Viterbe a beaucoup de vénération pour sa protectrice, dont la fête se célèbre tous les ans, le 4 septembre, avec beaucoup de solennité. Ce jour-là, une statue de la sainte est placée au haut d’une charpente mobile de 40 pieds de hauteur, faite en forme de Pyramide carrée, tronquée, et environnée de planches jusqu'aux pieds de la statue. En cet état elle est portée

' La Ë # ÿ

processionellement par la ville. Les porteurs marchent sous la charpente même, et l’on ne voit de dehors ni eux, ni les leviers dont ils se servent. Quarante hommes choisis sont chargés de ce fardeau.

Lucien Bonaparte a trouvé à Viterbe ce que l’on appelle otium cum dignitate et y a fixé sa demeure. La vie qu’il y mène est étrangère à toute politique, et son importance d’autrefois lui attire de la considération. Viterbe est redevable de son existence comme ville à Didier, roi des Lombards, qui la composa de trois villages. A huit milles de Viterbe, se trouve sur une hauteur Montefiascone, l’ancienne capitale des Falisques, aujourd’hui ville épiscopale. Le cardinal Maury en était évêque, et aurait mieux fait de s’en tenir là que de soupirer après l’archevêché de Paris, qu’il n’a jamais pu obtenir, et où s’est éclipsé tout le mérite qu’il s’était acquis pendant la Révolution Française.

Nous laissâmes cette ville À gauche, sans y entrer, quoique le chemin passât à la porte, et après une route pen intéressante le long d’un lac dont les bords seraient susceptibles d’une meilleure culture, nous vînmes coucher à une petite ville nommé Bolsena, ainsi que le lac à l’extrémité septentrionale duquel elle est située. Cette place, qui n’est plus qu’un misérable village, joua autrefois

un rôle assez important, lorsqu’elle était la principale forteresse des Volsques qui, ainsi que les Falisques, s’opposèrent si longtemps à l'esprit ambitieux de la République Romaine.

12.— A yant couché, le vendredi soir, à Bolsena, nous en partimes, le lendemain, d'assez bon matin, traversâmes le bourg de St-Laurent et vinmes dîner à Aquapendente. Cette ville, située sur le bord d’un rocher escarpé, s’annonça un peu mieux que les précédentes ; elle est environnée de beaucoup de vignes qui paraissent soignées et de campagnes assez riantes. Il est remarquable que dans ce climat, on travaille aux champs l'hiver comme l'été, que l’herbe est verte toute l’année, et qu’il n’est pas rare qu'un cultivateur mette son habit bas, dans le cours de la journée, pour n'être pas excédé de chaleur.

Il fait ei beau aujourd’hui, qu'après le dîner, la compaguie

AIETETPOMENES PET

prend de l’avance sur les voitures, pour avoir le plaisir de faire un ou deux milles à pied, pendant qu’on les prépare. La marquise de Bellemare fait preuve de courage et marche plus loin qu'aucun de nous,

À cinq milles d’Aquapendente, est un petit village nommé Ponte Centeno. C’est là que se trouve la dernière douane du Pape et que commencent les Etats du Grand Duc. Après avoir passé deux fois à gué la rivière Paglia et fait environ 10 milles de chemin, toujours en montant, nous nous trouvons, le soir, auprès d’une ville fortifiée, nommée Radicofani, que nous avions aperçue de très loin, mais qui paraissait trop élevée pour laisser croire que l’on pât y parvenir en voiture. Nous n’entrâmes point dans la ville, quoique nous en fussions assez près pour en entendre sonner les cloches et les horloges ; mais nous arrêtâmes À quelques arpents de là dans une auberge vaste et commode, où se trouvait aussi la douane. M. Turgeon y fit la déclaration de notre bagage, qui fut plombé et scellé, de manière ‘ n'avoir plus affaire aux douaniers jusqu’à Florence,

Sur une hauteur, À petite distance de Radicofani, est la forteresse de Chinsi ; c’est l’ancienne Elisium, capitale du roi Persenna que les Tarquins engagèrent à aller attaquer Rome, pour y faciliter leur établissement. On sait quelle fut l'issue de cette entreprise mal concertée.

15.—Le beau temps du 12 fut remplacé, la nuit suivante, par une forte pluie qui dura presque tout le dimanche. Il fallait

néanmoins dire ou entendre la messe quelque part. Entrer dans

la ville pour remplir ce devoir, eût été retarder de beaucoup la marche ; les voiturins n’entendent pas raison sur cet article. Le nôtre promit d’être rendu à San-Quirico assez tôt pour la messe, M. Turgeon voulut pourtant rester À jeun pour la dire, si nous arrivions trop tard pour l'entendre. Nous commençâmes done, au petit jour, À descendre par un chemin tortueux la montagne de Radicofani. Cette descente fut longue, le chemin étant gâté par la pluie de la nuit et par celle qu’il fallut essuyer sans miséricorde, jusqu’à ce que nous fussions ren”. .: San-Quirico et longtemps

Eper. D TNA

après. Nous y arrivâmes à dix heures, et prîmes auberge près d’une église collégiale où la grand’messe commençait dans le moment même. Engourdi de la voiture et tout frissonnant par ce temps humide, M. Turgeon était peu préparé à dire la messe ; il se hâta donc d’aller avec son évêque entendre la grande. Nous y assistâmes dans la nef, confondus avec le pauvre peuple (c’est là que l’on prie mieux), et au milieu de bonnes femmes portant des chapeaux ronds qu’elles ôtaient, comme font les hommes, en entrant dans l’église. La grand’messe chantée rondement fut suivie d’une basse encore plus ronde. Les prêtres italiens ne s’endorment pas à l’autel.

La pluie dure jusqu’à Buon-Convento, village où nous vinmes coucher. C’est surtout dans les mauvais temps que l’on sent le prix des carrosses. A la longue on peut y être pénétré du froid | et de l'humidité de l’air, mais du moins on y est en sûreté contre | la pluie. Le cocher même a, jusqu’à un certain point, le même | avantage dans les carrosses de France et d’Italie, parce qu’au- | devant de la voiture, il occupe ce que l’on appelle le cabriolet, | c’est-à-dire un siège revêtu d’un soufflet de cuir, comme ceux de Î nos calèches couvertes, avec un tablier de cuir sur ses genoux. John, qui avait toujours sa place avec le cocher, partageait cet adoucissement inconnu dans les voitures d'Angleterre. | 11.— Ayant couché à Buon-Convento, le dimanche gras, nous arrivâmes à Sienne, le lundi, vers onze heures du matin. La pluie continuait ; il fallut néanmoins voir quelque chose de cette ville quitient un rang distingué eutre celles d'Italie, Elle fut autrefois une république et conserve, dans les titres que l’on donne À ses magistrats, quelques vestiges de son indépendance, quoique entièrement soumise au gouvernement de Toscane, depuis Côme

de Médicis auquel Charles Quint en fit présent, Elle a donné naissance à six Papes et a, en ce moment, pour archevêque le cardinal Zondadari, que l’évêque de Québec ne put saluer, parce aa’il était hors de chez lui. La grande place de la ville est une des plus grandes qui soient en Europe et garnie de beaux édifices. Les rues sort pavées de grandes pierres comme celles de Viterbe

sant medaémmeenacment

et ont de plus des trottoirs de briques. Y ayant une grande irrégularité dans le terrain où est située l’église métropolitaine, il en résulte qu’au-dessous du rond-point ou de la tribune (ces deux noms sont synonymes chez les architectes), il se trouve un appartement de plus de vingt pieds de haut, dont on fait un superbe baptistère, qui n’a point de communication avec l'église, dont il faut aller chercher l'entrée par une autre rue. Elle a 330 pieds de long ; ses murs au dedans et au dehors sont entièrement revètus de marbre noir et blanc. Le portail donne sur une place assez spacieuse pour se bien développer. Il est richement orné de statues, colonnes, guirlandes, ete, On y arrive par un large perron dont les marches sont aussi de marbre. Le dedans de l’église est digne d’une attention particulière par les deux superbes chapelles qu’il renferme. La plus riche est celle de Chigi, ornée de huit colonnes de marbre vert, de beaux tableaux, de deux statues renomméecs, savoir: celles de S. Jérôme et de S® Madeleine, L'autre est celle de S. Jean-Baptiste, dans laquelle on conserve un bras de ce saint, envoyé à Pie IL, par Thomas Paléologue, roi du Péloponèse. Sur le pavé de la nef, qui est tout en marbre, sont représentées en mosaïque les dix sybilles auxquelles ont attribue des propéties sur la venue du Messie, avec le nom de chacune auprès d'elle, Il serait difficile de rendre compte des mosaïques qui sont sur le pavé du chœur. Elles sont si belles, que le chapitre, pour les ménager, les a fait couvrir d’un plancher. C’est en effet le moyen de les conserver longtemps. Ce que l’on ne saurait trop admirer, est la sculpture du chœur exécutée en bois dur, mais surtout un banc à dossier où le célébrant s’assied à la grand’messe avec le diacre et le sous-diacre. On ne conçoit pas qu’il soit possible de manier la gouge avec plus de goût et de délicatesse. Au-dessous de la chaire, sont écrits ces mots : “ C'est d'ici que S. Bernardin faisait tonner la loi de Dieu avec des expressions de feu ”. Près de là, est un monument fait exprès pour représenter, sous la figure de différents animaux, la ville de Sienne et ses alliées, lorsqu'elle était république. Rome ÿ à pour emblème un éléphant portant une tour sur son dos, Florence un lion, Orviette une oie,

Pise un lièvre, Sienne un loup, Volaterra un vautour. Cette église est de forme gothique. La voûte est peinte en azur avec des étoiles dorées, mais cet azur a pun eu noirci avec le temps. Il reste encore à savoir s’il était de bon goût de carreauter tous les murs, de marbre blanc et noir, qui leur donne un air de damier.

On allait commencer une messe basse lorsque nous entrâmes dans cette église. Après l’avoir entendue, nous passâmes À la sacristie. Elle est vaste, propre et d’un goût noble. Un chanoine obligeant nous fait passer de là dans la salle capitulaire, où l’on conserve Îcs portraits de tous les évêques de Sienne et des Papes natifs de cette ville.

Plus loin est la bibliothèque qui communique à l'église par une porte à claire-voie. Tous les livres en ont été emportés À Florence ; il n’en reste que 3€, mais fort curieux. Ce sont des volumes en très grand folio, au::efois écrits sur parchemin par des religieux du Mont Cassin, avant que l'imprimerie fût inventée. Chaque volume ferme à clef et a sa serrure particulière. Ils contiennent la note ct la lettre de l’antiphonaire et du graduel, écrites très nettement, partie en noir, partie en rouge, historiées d'animaux, de fleurs et autres ornements, selon l’usage de leur siècle. Ces sortes de manuscrits ne sont }..s rares en Italie. On en avait fait voir d’assez semblables, à l’évêque de Québec, iorsqu’il visita l’église de St-Picrre-aux-Liens à Rome. Autour de la bibliothèque, dix tableaux peints en fresque bien conservés, faits sur les dessins de Raphaël, représentant les principaux traits de son fondateur, le Pape Pie II, de la famille Piccolomini, connu sous le nom d’Enéas Sylvius et secrétaire du concile de Bâle avant d'être élevé au cardinalat. Jusque-là tout allait bien, Mais quelle idée que d’avoir élevé sur un piédestal, au milieu de cette bibliothèque, trois statues en marbre blanc, représentant les trois grâces dans un état de nudité qui serait choquant même chez des particuliers ! Ne peut-on être statuaire qu’au dépens de la pudeur !

L'évêque de Québec ayant témoigné le désir de voir le crucifix devant lequel S* Catherine était en prières, lorsqu'elle reçut les

stigmates, un serviteur officieux s’offrit de l’y conduire, Il fallait, pour s’y rendre, parcourir à la pluie plusieurs rues assez malpropres et dans un terrain fort inégal. N'importe, la curiosité, ou, si l’on veut, la dévotion fait surmonter ces petits obstacles. Il nous conduit dans un endroit de la ville fort retiré et au fond d’un cul-de-sac, où l’on nous ouvre une petite chapelle construite sur le lieu même où avait demeuré cette sainte fille, qui n’était pas religieuse mais seulement du tiers-ordre de S. Dominique. “ Fort bien, et le crucifix, où est-il ? ?” — 4 Dans l'appartement voisin.” — “Allons donc le voir.” — « Non, monsieur, il est renfermé, on ne le voit pas.”—% Et 1e ne disiez-vous cela plus tôt ? nons nous serions épargné le voyage.”

Quoique nous fussions inconnus dans cette ville et que le mauvais temps, qui retenait ses habitants dans leurs maisons, nous exposât à faire peu de rencontres par les rues, nous n’en fûmes pas plus reconnaissants de la complaisance qu’eut la marquise de Bellemare de nous accompaguer avec son neveu ct sa nièce. Il fut même résolu dans notre conseil privé de la laisser en arrière, aussitôt que nous le pourrions faire honnêtement ; l’occasion ne tarda pas à se présenter.

Nous laissâmes Sienne après dîner pour aller coucher À Paggibonzi, village sur la route de Florence. A quelques milles sur la droite, sont deux monastères, à quatre lieues l’un de l’autre, qui valaient bien la peine d’être visités, savoir : celui de Vallombreuse, fondé par S. Jean Gualbert, en 1060, et celui de &, Romuald de 1009, connu sous le nom de Camaldoli ou des Camaldules. Mais ces petites satisfactions sont interdites à des voyageurs sur leur retour, empressés de regagner leurs foyers, surtout lorsqu'ils sont dans la dépendance d’un voiturin prêt à les rançonner, s’ils s’arrêtent ailleurs qu'aux endroits convenus, ou s'ils y séjournent quelques heures de plus. Ce serait bien autre chose, si on lui proposait de détourner sa route de quelques milles.

15. Aujourd’hui les chemins se ressentent encore de la pluie des deux jours précédents ; du reste le temps est beau et frais, Nous dînons à San-Cassiano ; il ne restait plus que cinq lieues de

Page 1