RME
Hi
LE - ee
Au reste, il ne faut pas croire que la beauté de cette église ait assez de charmes pour mériter la présence de son archevêque. Il ne s’y montre qu’une ou deux fvis l’an pour les ordirations. Le reste de l’année, il demeure à Londres, dans le palais de Lambeth, et laisse l’église primatiale aux soins d’un doyen dont les services suffisent À son peuple qui ne désire rien de plus.
La nuit et la pluie nous prirent à une petite distance de Cantorbery, où un défaut de calcul dans les voituriers, nous avait détenus beaucoup plus longtemps que nous n’aurions voulu. Il était plus de 7 heures, lorsque nous arrivâmes à Douvres, dans une auberge nommée l’Hôtel-de-Paris, maison tumultueuse, remplie d’étrangers de toute espèce et où il fut assez difficile de nous procurer un méchant repas en maigre, quoique, par respect pour le mercredi des Quatre-temps, nous n’eûssions pris, dans tout le cours de la journée, qu’une très légère collation vers midi. Deux paquebots se disposaient à partir, le lendemain au matin, pour Calais. Les deux maîtres de ces vaisseaux se disputaient, le soir, À qui nous traverserait, et le lendemain, 16 septembre, ils ne vou-
gothiques, mais ils en font nécessairement partie ; ils sont de l’essence du style gothique, plus peut être que l’ogive. Comment en effet pourrait-on imaginer que des voûtes en pierre suspendues à des hauteurs prodiieuses pussent se soutenir pendant des siècles, appuyées seulement sur des murs verticaux percés de larges fenêtres ? N'’est-il pas évident qu'il faut des forces additionnelles pour contrebalancer la poussée terrible de ces voûtes sur les murailles, qui s'effondraient inévitablement si elles n'étaient renforcées par des arcs-boutants ? * Demander une église gothique sans arcs-boutants, dit Violet-le-duc, c'est demander un navire sans quille ; c'est pour l'église comme pour le navire une question d'être ou de n'être pas.” Ils sont non seulement nécessaires mais encore agréables ot constituent des ornements admirables où se révèlent la science et le goût exquis des architectes du moyen-âge. Imaginez les cathédrales de Cologne, de Paris, de Chartres, sans arcs-boutants ! Ce défaut de connaissances architecturales n'est pas du tout surprenant chez le Prélat, À cette époque, on se bornait à étudier les ordres ionique, corinthien et composite. Les styles roman et gothique étaient peu connus ici. Et en savons-nous beaucoup plus maintenant ? On enseigne sans doute l'architecture dans les collèges, mais pas assez, et l'on rencontre encore des prêtres et des laïques instruits qui n’en savent pas le preinier mot et qui en parlent tout de même.