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messe. Cette bénédiction se donne aussi dans le rite de l'Eglise de Lyon, lorsque le primat y célèbre solennellement. Une autre cérémonie commune à ces deux églises, est que le diacre prend ja crosse en mains pour chanter Ite missa est. La seule différence qu’il y ait par rapport aux saintes huiles, est qu'après qu’elles sont bénies, un thuriféraire marche devant et les encense, pendant qu’on les reporte à la sacristie.
31.— Dans les églises de France, les erucifix ne sont pas couverts au temps de lu Passion, comme au Romain. Cela n’empèche pas d’en découvrir un Île Vendredi-Saint, en chantant Ecce lignum crucis, ete. On va chercher ce crucifix dans une chapelle ; il est couvert d’un voile de calice, porté sur un brancard par deux clercs et précédé d’un troisième qui l’encense. L'évêque, après lavoir découvert, se déchausse pour l’adorer avec les prostrations ordinaires. Après avoir repris la chat-sure, il s’assied dans un fauteuil eur le marchepied de l'autel; on met devant lui une petite table couverte d’un tapis, au-dessus duquel il prend le crucifix à deux mains et le présente à baiser aux chanoines et à tous les autres ecclésiastiques qui se présentent à genoux devant la table, deux à deux, sans se déchausser. Avant l'office de ce jour, l’évêque de Québec, avec trois compagnons, avait fait les stations à la cathédrale et dans les églises de St-A gnan, St-Paul et St-Paterne, assez distantes les unes des autres, pour être fatigué de la marche, dans un jour où la chaleur s'était déclarée de bon matin, et se soutint jusqu’au lendemain. Les reposoirs, dont le plus beau n'avait pas dû coûter une demi-heure d'ouvrage, n’étaient remarquables ni par leur élégance, ni par le concours des adorateurs. S'il se trouva à St-Paterne plus de monde que dans les autres églises, c’est que le sermon de la Passion allait y commencer. En effet, À peine en étions-nous sortis, que nous rencontrâmes le prédicateur, le cahier à la main, repassant son sermon dans la rue,
et marchant, tête basse, et le bonnet carré sur la tête.
L'évêque de Québec ne voulut pas laisser Orléans, sans voir les parents des ecclésiastiques Orléanais, Messieurs Raimbault et Fournier, émigrés dans son diocèse. Il ne put découvrir la famille
de M. Pichard !, mais il vit quelques personnes de celle de l’abbé Villade. Il leur déclara à tous qu’il ne fallait plus compter sur le retour de ces ecclésiastiques, trop occupés en Canada, et trop à l’aise pour revenir dans un pays où le clergé est misérable, et où les fidèles ne lui donnent pas assez d’occupation. Il est vrai que l’irréligion du peuple est la plainte journalière du clergé de France.
1° avri! —M. Desjardins, peu satisfait de nous avoir conduits à Messas et ramenés À Orléans, voulait encore nous accompagner à Paris, et y demeurer, comme il fit, aussi longtemps que nous, au Cas que ses services nous fussent nécessaires. En conséquence, il avait de bonne heure retenu des places pour lui et Pour nous, dans une diligence qui devait se rendre dans la nuit suivante, Nous prîmes donc congé du bon évêque d'Orléans, à 6 heures du soir, et, le lendemain matin, Samedi-Saint, nous étions rendus à 7 heures aux Missions Etrangères.
Comme c’est surtout le matin que !:s denrées arrivent de toutes parts À Paris, il est assez plaisant de voir, À chaque barrière, une vingtaine d’hommes armés de sondes pointues et luisantes au soleil, comme des épées, se darder sur toutes les voitures, À mesure qu’elles arrivent et en percer tous les sacs et ballots, d’outre en outre, pour s'assurer qu’il n'ya rien autre chose que ce qu’on leur a déclaré. Toutes sortes de marchandises sont assujetties à cette opération, excepté celles que les rouliers prouvent par des écrits dont ils sont porteurs, avoir été visitées, plombées ot scellées au lieu d’où elles viennent. Mais dans Lur empressement de traverser de leur sonde tout ce qui passe, ils ne se donnent pas toujours le temps de considérer, et la sonde est déjà au fond d’un ballot, avant qu’on les ait informés qu’il ne doit pas subir cette opération. Ce fut ainsi que peu de jours après le
mm 1.—M. Raimbault était alors à Nicolet, M. Fournier à la Baie du Febvre,
M. Pichard était mort à Berthier (comté de Montmagny) le 24 décembre 1819, et M. Villade était curé à Sainte-Murie de Beauce,
retour de l’évêque de Québec à Paris, on ouvrit à la barrière une caisse d’ornements, quoique légalement plombée à Lyon, et il est encore à savoir si la sonde n’y aura pas fait son chemin, en dépit des mesures qu’il avait prises pour l'en garantir.
Réparation d'honneur à la capitale de la France : elle a plus de belles rues que ce journal ne lui en avait d’abord accordées, preuve qu’on voit mieux à deux fois qu’à une. Il ne faut pas croire, au reste, que ces rues, toujours dépourvues de trottoirs, puissent en aucune manière entrer en comparaison avec celles de Londres ou même de Turin.
D'un autre côté, les parcs de Londres, qui en sont les plus belles promenades, ne sauraient approcher de celles de Paris, entre lesquelles se distinguent les Champs Elysées, les boulevards, le jardin du Luxembourg, et surtout celui des Tuileries, de 3,000 pieds de long sur 1020 ae large, où se trouvent, à travers de nombreux parterres, des allées en toute direction, tant grandes que petites, des terrasses, des bosquets, des jets d’eau, des verdures, des statues de marbre, etc. Il semble que le gouvernement ait voulu réunir dans ce seul lieu, tont ce qu’il y a d’enchanteur. Le peuple de Paris sait Vapprécier, car à toutes les heures du jour, on y trouve du monde par centaines, et l'on peut bardiment assurer que, chaque dimanche de beau temps, il y passe au moins 100,000 personnes.
Par une bizarrerie assez singulière, la famille royale qui occupe le château des Tuileries, à moins de s’aller jeter dans la foule, est privée, toute l’année, de l'usage de ce jardin, quoïque attenant au château ; et, comme elle est boruée, de l’autre côté, par la place du Carrousel, où il se répand aussi beaucoup de monde, il s'ensuit qu’elle est vraiment prisonnière, si l’on peut appeler prison, un édifice à plusieurs étages, éclairé de tous côtés, ayant plusieurs balcons et 17 toises de profondeur sur 170 de largeur, sans comp" ter les deux galeries, superbes édifices de 227 toises de long, qui le joignent au Louvre, Vune desquelles est finie depuis près de deux siècles; l’autre commencée par Napoléon est restée en
chantier, depuis qu’il a cessé de régner.
Le roi a d’autres châteaux, où il peut se dédommager de la petite incommodité de celui des Tuileries, tels que Fontainebleau, Saint-Cloud, le grand et le petit Trianon, et, par-dessus tout, celui de Versailles, dont chaque voyageur a voulu donner une description, sans jamais réussir à en rendre toutes les beautés. On peut dire, en un mot, que tant d’agréments réunis, tant d’objets profanes, tar: de douceur et de jouissances, sont très propres à enivrer un prince, À l’attacher aux plaisirs des sens et à lui faire perdre la pensée de cette vie gloricuse destinée aux chrétiens après leur mort, et qu’il lui faut une grande dose de foi et de piété pour ne pas se laisser prendre à des pièges aussi séduigants.
La duchesse de Berry qui, depais la mort de sen époux, est venue demeurer aux Tuileries, ayant besoin de marcher tous les jours, a choisi pour promenade, une des terrasses du jardin. Du château à cette terrasse, il y a environ 160 pieds, En les traversant, elle fut, une fois, si grossièrement insultée par un individn, que pour prévenir pareille scène, elle est obligée de se faire aCCOMpagner par un détachement de troupes, pour franchir cette petite distance. Comme il est hors de doute qu’il existe une conjuration contre la perpétuité de la famille royale, beaucoup de Personnes craignent qu'avant la fin de sa grossesse, elle ne soit attaquée dans cette promenade même, d’une manière plus consequente que par des paroles injurieuses.
La première fois que l’évêque de Québec passa à Paris, le Sémipaire des Missions Etrangères se trouvait sans chef. M. l'abbé Chaumont, dernier supérieur, mort au mois d'août, n’avait pas encore été remplacé. L'abbé Desjardins était sur le point de quitter pour se rendre À Tarchevêché. Un des trois membres restant à la maison était dans un Stat d’infirmité qui le rendait incapable d’aucun service, Dans le cours de l’automne, deux nouveaux directeurs ont été admis, savoir : MM. Liset et Buisson, L'un des trois anciens, M. Breluque, chapelain du roi, a été élu supérieur, Au lieu de domestiques pour le service de la communauté, ils sont décidés à prendre des frères et À leur donner
un costume particulier. La maison qu’ils occupent, est un édifice bâti en grand, ayant trois hauts étages au-dessus du rez-dechaussée, surmontés d'une mansarde. Le parement tout entier, tant du dedans que du dehors, est de pierres de taille. Un jardin vaste, tenu avec la plus grande propreté, ayant déjà des arbres en fleurs, au commencement de ce mois, accompagne ce superbe
édifice et procure À ceux qui l’habitent, plusieurs promenades sous des ombrages habilement ménagés. D'une des extrémités de la maison, sort en forine de pavillon une chapelle assez vaste, dont on a fait, dans la nouvelle distribution des paroisses de Paris, une église succursale, dite des Missions Etrangères. Le portail en est séparé de la rue du Bac, par un porche et une cour qui peut recevoir six Carrosses à la fois. Cette cour est ellemême séparée par une grille de fer, d’une autre plus spacieuse, par où l’on parvient à la façade du géminaire. Pour cexx qui viennent du dehors, cette dernière cour 8e trouve bornée, à main gauche, par la chapelle.
Ce séminaire, avec toutes 88 dépendances, & ait été aliéné pendant la Révolution, comme toutes les autres propriétés ecclésiastiques. Feu M. Bilaire, qui s’en trouvait alors supérieur, et qui avait quelques ressources pécuniaires par lui-même, le racheta en son nor:, lors du rétablissement du culte, et en paya une partie, ayant pris des termes avec les acquéreurs nationaux, pour le reste du paiement. C’est dans cet édifice que la communauté des prêtres directeurs des Missious-Etrangères s’est rassemblée à une époque où il restait encore une partie de l'acquisition à payer, sans aucun espoir de remettre la main sur les rentes, qui la soutenaient autrefois. La Providence est venue au secours de ces ecclésiastiques par quelques aumônes. ‘La maison étant très vaste, ils en ont loué et louent encore Un grand nombre d'appartements À des évêques, à des ecclésiastiques, à des géculiers. Une partie de ces locataires se font apporter leur nourriture du dehors, d’autres sont pensionnaires et mangent avec la communauté. Le loyer est plus cher, à proportion du nombre d'appartements que
chacun occupe. Il y a même des particuliers demeurant en Province qui paient ici des chambres À l’année, quoïqu’ils ne les occupent que peu de semaines par an, mais qui ::8 ayant une fois meublées, aiment mieux les payer pour plus de temps qu'ils ne les occupent, et être asstrés d’un pied-à-terre quand ils viennent à Paris, que d’être obligés de courir les auberges.
Si un des prêtres de la communauté a besoin de plus de place qu’il n’en est alloué à checun, il paie le loyer du surplus au procureur de la maison. Pareillement, celui qui a besoin de plus de bois de chauffage qu'il n’en est alloué à chaque directeur pour son "cyer (cette allouance est de deux voies ou cordes), est obligé de t.nir compte de ce qu’il dépense au-delà. Avec cette écoromie, une table frugale et la somme résultante de l’ensemble de ces différents loyers, la maison paie ses dettes, exerce l’hospitalité envers plusieurs ecclésiastiques étrangers, soutient gratuitenent ses séminaristes dont elle ne reçoit pas un sou, et vient d’en faire partir cinq our les missions du Levant, dont l’envoi ne lui 4 pas coûté moins de 5,009 francs. Il n’en reste plus que deux, et les directeurs s'occupent d’en avoir d’autres pour les préparer aux missions.
Les lambeaux de l’ancienne bibliothèque du séminaire occupent encore le même appartement qu'avant la révolution. Cet appartement qui est au-dessus et de toute la grandeur de l’église, étant beaucoup plus que suffisant pour contenir le peu de livres échappés au pillage des révolutionnaires, on l’a séparé en deux parties, dont l’une continue d’être occupés par la bibliotk ‘que, l’autre a été changée en une chapelle, où s’assemble, tous les deux dimanches, une congrégation de la S“ Vierge, la mieux choisie peut-être et la plus fervente du monde chrétien. Elle compte entre 270 et 800 membres, entre lesquels il y a une émulation pour la piété dont on peut se former une juste idée, sans avoir vu de ses yeux cet édifiant spectacle.
Cette congrégation ne se compose pas seulement de négociants, qui y sont au nombre de vingt, de trente-quatre employés de
différentes administrations publiques, de six professeurs de Droit,
de littérature et de mathématiques, de plusieurs ingénieurs et
inspecteurs de l'Ecole Polytechnique, de quatre-vingts élèves en Droit, de treize médecins, de sept avouats, de dix juges de différents tribunaux, de huit évêques, de vingt-quatre militaires de
différents grades, du ministre de Saxe, d’un chambellan de l’empereur de Russie, de plusieurs gentilshommes anglais, mais encore d’un nombre de comtes, vicomtes, marquis, les uns pairs de France, les autres de la Chambre des Députés; en un mot 0n ÿ tronve des membres des familles les plus respectables de la plus ancienne noblesse du royaume, tels que les Mirepoix, les Laubespine, les Breteuil, les Larochefoucault, les Brissac, les Noailles, les Montmorency, les Polignac, etc. Ces messieurs ne croient pas que l’on soit dispensé des devoirs du christianisme, parce que l’on est gentilhomme, parce que Von a une éducation au-dessus du vulgaire, parce que l’on à ou que l'on espère une place dans le gouvernement, ou parce qu’on à une fortune indépendante. Il y a dans cette congrégation, des écrivains connus, des génies de la meilleure trempe, des homm.. qui ont récemment figuré dans la diplomatie, et c’est parmi ces hommes de mérite que l’on trouve une piété tendre, une asiduité admirable, à des exercices que nos gens à la mode trouvent petits et superstitieux. Ceux-ci font, dans la Congrégation, sans le plus petit effort, les fonctions de portier, de lecteur, de sacristain, de servant de messe. Tous écoutent, avec le plus grand respect, les exhortations non apprètées que leur fait, les jours d’assemblées, un jésuite connu sous le nom de M. Ronsin. Ils entendent sa messe à genoux, après Voffice, et y répondent tous à la fois, ce qui produit un effet charmant.
La Congrégation ent pour préfet, en 1818, le vicomte de Montmorency, premier gentilhomme de Madame la duchesse d’Angoulème. Tous les deux samedis, les congréganistes, sans distinction, étaient bienvenus À passer la goirée chez lui. C'était une espèce de route pieuse où, après une heure ou deux de con-
TR mmsente ie SEE RS RER EEE MENENIOE
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versation pieuse, on faisait en commun la prière du soir, avant de se séparer. La même chose fut continuée en 1819, par son successeur dans la p:éfecture, M. le prince de R-“han, aujourd’hui ecclésiastique au séminaire de Saint-Sulpice. Enfin le comte Jules de Polignac, préfet depuis le commencement de l’année présente, n’a pas voulu faire autrement que ses deux prédécesseurs, et donne de semblables parties si propres à nourrir la charité entre les frères, et À dédommager la religion des outrages qu’elle reçoit en France et surtout À Paris.
Il esc une autre institution propre à consoler les âmes chrétiennes dans ces jours mauvais et À leur faire voir que Dieu n’a pas enveloppé tous les Français dans la malédiction dcat il semble avoir frappé ce royaume. Il s’agit ici de ce que l’on appelie les œuvres, pour l'intelligence desquelles il faut remonter un peu plus haut.
Dans le siècle dernier, un ecclésiastique connu sous le nom de l'abbé de Pontbriand, dont il existe un bon ouvrage contre le déisme qui, de son temps, commençait À faire des ravages en France, prit en compassion les jeunes Savoyards qui, comme on a vu plus haut, sont employés à Paris à faire la fonction de ramoneurs. Voyant que nul ne s’occupait du salut de ces pauvres étrangers, il les assembla, les instruisit, les prépara aux sacrements, les soulagea dans leurs besoins corporels. Après lui, l'abbé de Fénelon continua cette bonne œuvre. Il mourut, et pendant la Révolution qui survint, elle demeura suspendue comme berucoup d’autres. A la première lueur du rétablissement du culte, l’abbé Legris Duval prit, à son tour, l'éducation des jeunes Savoyards à cœur; mais son zèle ne se borna pas là; car, À cette première œuvre, il en joignit deux autres, savoir : la consolation des malades et la visite des prisonniers. Ces œuvres sont partagées entre trois sections, dont chacune a son président, son trésorier, son secrétaire, et un certain nombre de membres en activité, et d’autres en réserve pour remplacer les premiers. La section des Savoyards a pour patron S. François Xavier, celle des Hôpi-
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taux, 8. Vincent de Paul, et celle des prisonniers S. Pierre-aux- Liens. A la tête de la société est un directeur élu par les cinq premiers membres des trois sections réunies. Il doit être prêtre et avoir les trois quarts des suffrages des électeurs. Si nul ne réunit ce nombre de voix, après trois scrutins, la nomi 9 est dévolue au supérieur ecclésiastique, qui doit choisir entre ceux qui ont été pro'o86s. Si les trois quarts des suffrages se sont réunis sur un me individu, il ne peut néanmoins entrer en fonction, avant que son élection ait été confirmée par le supérieur ecclésiastique.
Le directeur, une fois élu, nomme un autre prêtre pour son vice-directeur. C’est devant l’un der deux que les officiers des trois sections se rassemblent tous les mois pour reudre compte, ainsi qu’au trésorier général et ‘au secrétaire général, de l’état spirituel et temporel des différentes œuvres auxquelles ils sont respectivement préposés, sans préjudice de l’asssemblée régulière de chaque section, qui se tient aussi tous les mois, ni de l’assemb'ée générale de la société, qui a lieu tous les ans, le second dimanche après Pâque.
L'abbé Legris Duval étant mort, en 1818, a eu l’abbé Desjardins por « successeur, dans la direction de la société. Les membres qui la composent, étant pour la plurwt des Congréganistes, on consoit qu’ils sont étrangere aux bas, aux théâtres et aux autres divertissements. L’aigent qu’ils dissiperaient dar: la recherche de ces vains plaisirs, ils l’'emploient avec plus de truit et de consolation à promouvoir les œuvres charitables auxquelles ils se sont dévoués.
Le beau spectacle que celui de gens de lettres, de membres du barreau, de médecins distingués par leur savoir, de gentilshommes occupant des sièges dans la législation ou les premières places du Palais, de descendants des pius nobles et des plus auiennes familles de France, s’attachant à la conversion de prisonniers sans mœurs et sans religion, les catéchisant assidûment, endurant avec humilité les rebuts et les grossièretés des plus endurcis, ou
allant de lit en lit dans un hôpital, faire entendre des lectures pieuses aux malades, exhorter à la patience ceux que la nature de leur maladie porte au décou ragement, ou suivant avec assiduité les exercices que l’on donne aux jeunes ramoncurs, sans se mettre en peine de l’odeur de suie qu’ils exhalent, surtout lorsqu'ils sont réunis, s’asseyant sur les mêmes bancs qu’eux, leur inspirant le goût de la piété et leur distribuant les aumônes qui leur sont accordées toutes les fois qu’on les assemble sur semuine !
Eh bien, tandis que ce petit nombre d’élus accréditent la piété par les édifiants exercices auxquels ils se livrent, et cherchent À défendre le gouvernement par les principes de loyauté dont ils font profession, il y a dans cette capitale et dans toutes les villes tant soit peu marquantes du royaume, une portion de sujets beaucoup plus nombreux, dont tous les discours, toutes les vues, toutes les démarches tendent À détruire les idécs religieuses, À entretenir la déprzvation des mœurs, À ramener l’anarchie avec te ss horreurs. La Chambre des députés enferme dans son 8e. 4 nombre effrayant de ces dangereux esprits ; le trône en est € zironné, et ce qu’il y a de plus déplorable, c’est à ceux-là que 1 souverain donne sa confiance, tandis qu’il la refuse à Monsieur son frère, et comte d'Artois, et À la duchesse d’Angoulême, sa nièce, amie déclarée de la piété et du bon ordre.
Depuis plusieurs annees, le comte de Cazes, franc-maçon insigne, dont on assure que les mauvais ptincipes ne sont pas équivoques, jouissait de toute la faveur du roi. Il était ministre de l'Intérieur et venait d’être nommé, depuis peu de mois, président du cabinet, lorsque le duc de Berry fut asrassiné. On assure que le comte d'Artois, père du prince défunt, prit de là occasion de rendre visite au roi, dans laquelle il insista sur le danger et l’indécence qu’il y avait de maintenir en place, un homme dont les principes étaient les mêmes que celui du meurtrier qui venait de poignarder son fils. On ajoute que le prince demanda de plus la permission de se retirer en Province, n’estimant Pas que sa vie fût en sûreté à la cour, tant que ce favori y demeurerait ; qu’À cette proposi-
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tion, le roi ému lui dit: “ Quoi ! il n’y a qu’un seul individu dans le royaume qui me goit véritablement attaché, et ma famille cherche à l’étoigner de moi !” Quoi qu'il en soit de cette dernière circonstance, toujours est-il vrai 1° que le comte de Cazes a été renvoyé du ministère au moment où on l’espérait le moins ; 2’ que le roi, en le renvoyant, à prouvé qu’il ne prenait qu’à regret cette mesure, car, 1° de comte qu’il était, il l’a créé duc; 2'illuia donné l’ambassade d'Angleterre, avec liberté de ne sy rendre que quand il voudrait, et, en effet, après quatre mois de nomination, il n’y était pas encore rendu à la mi-juin ; 3”ill’a remplacé dans le ministère par des hommes moins habiles que lui, mais
d'aussi mauvais principes.