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CHAPITRE DEUXIÈME

Louis XVIII, L

une comédienne, __ de Paris,

s rues, — Le concordat., __ Départ

Mettre en mer, Sa traverse, À deux pi Vait lui en valoir cent. Le Paquebot était petit les Passagers en foule dans tous les coins : le it venir immanquablement et bien vite. Pour s’

e s’empara d’un des lits de la grande chambre, et, s’y étant couché tout son long, ne ge releva que quand il fut de l’autre côté

du Pas de Calais, n'ayant rien observé à Douvres, si ce n’est un cap plus haut que n’est à Québec le Cap aux Diamants, sur lequel cst établie une forte citadelle, avec sa garnison.

La traverse de Douvres À Calais dure plus où moins, suivant qu'il vente ou qu’il fait Calme, On s’attend toujours qu’elle durera entre trois et quatre heures, de muuvaises saisons, que des paqueb en traverse. Grâce au i

» la mer grosse,

bres, mais les uns sur les autres, tant ils étaie nt serrés et tant le mal les dominait.

Le premier objet qui se présente sur le quai, lorsqu'on arrive à Calais, est une colonne érigée à l’endroit où Louis XVIII mit le pied à son retour d'Angleterre en 1814, après treize années d’exil ; le second est une foule de curieux empressés, et, entre ceux-ci, plusieurs hôteliers qui disputent à qui vous logera. “ Moi, monsieur; moi, monsieur, j'ai de meilleure lits, de plus grandes chambres, etc.” Après ceux-ci viennent les voituriers qui s’offrent de vous mener partout où vous voudrez aller, à Paris, en Suisse, à Gènes, à Turin. Il y en a de tous les endroits. A travers les uns et les autres, vous êtes tourmentés par les mendiants accoutumés à faire aux nouveaux venus mille contes pour attraper quelques liards. C’est là leur métier et leur industrie. Ils assaillent un pauvre étranger, le poursuivent jusqu’à son logis, et soit qu’il leur donne quelque chose ou rien, ils ne l’abandonnent que pour en aller vexer un second, puis un troisième et ainsi des autres auxquels ils exposent toutes leurs prétendues infirmités, excepté la paresse qui est la plus réelle. Certes! En débarquant ici, on sent déjà que l’on n’est plus en Angleterre.

Calais est une de ces villes que l’on appelle imprenables, et qui néanmoins ont été prises et reprises plus d’une fois. Elle a pour défense une forte citadelle, un mur et son boulevard, un fossé du côté de la mer, qui est triple du côté de la campagne, et, de ce côté, autant de portes, les unes alignées aux autres, des pontslévis etc. Elle ne compte pas plus de 8,000 habitants, y compris ceux d’un faubourg, qui n’a qu’une rue, mais très longue.

On se croit presque chez soi, lorsqu’après avoir entendu parler une langue étrangère pendant six semaines, on se trouve au milieu de gens qui parlent la sienne. Il en résulte un sentiment de délectation dont on n’est pas maître, lors même que le peuple chez lequel on arrive est moins estimable que celui que l’on vient de quitter.

Etant arrivés avant midi et ne devant partir que le lendemain, à 10 heures, l’évêque de Québec eut le temps de voir assez en

détail cette petite ville. place d'armes, sur laquelle il vit, a vie, parader un régiment français. ; côté par la maison de ville, ancien éd: Ï i 8’ à En ruines, surmonté ‘horloge publique, Au en pierre, les bustes du se le Balafré, l’un libé.

rateur, l’autre Téparateur de la ville.

Construite À la taient maîtres de la place.

douze autels, un chœur entouré

e porte de la grille, et e l'autel, Il y a dans 1

émalation Pour bien entretenir leur église, et

nommé M. le Doyen,

absent ; mais il vit

À alut qui se donnait,

» CÉ y célébra Ja messe, le lendemain, à la

suite d’un prêtre bossu par derrière, et avant un autre bossu par devant, heureux d’avoir vu en Canada des ecclésiastiques fran-

çais bien bâtis, car autrement il aurait mal auguré de la mine de ce clergé.

se

tard que cette diligence, allant de jour et de nuit, ne pouvait nous convenir, ni pour ce qu’il restait à faire du jeûne des Quatretemps, ni pour la sanctification du dimanche qui arrivait le lendemain. Mais l'engagement était pris ; il ne fnt plus possible de reculer. Vainement nous flattions-nous de l’espoir d’attrapper une messe à la volée en passant devant quelque église. La chose ne s’adonna pas, et d’ailleurs les postillons ne sont pas des gens assez religieux pour que l’on puisse attendre d’eux ces sortes d’égards. C’est ce que nous ne tardâmes pas à reconnaître. Après avoir voyagé dans les élégantes voitures d'Angleterre et y avoir été conduit par des chevaux luisants et noblement enharnachés, on recule presque d’horreur à la vue des lourds et sombres carrosses de France, portés sur des roues aussi épaisses que celles des charriots et conduits par des chevaux assez vigoureux, mais maigres, sales à faire peur, attelés de cordes ou de méchant cuir, ayant des attelles de colliers larges comme des cangues, surmontées de quatre à cinq livres de laine bleue ou rouge, que l'on croit nécessaire, en ce pays, pour préserver le cou des chevaux de la pluie. Maïs s’il fait beau, comme il arriva tout le temps que nous mîmes à traverser la France, les pauvres animaux sont singulièrement incommodés de ce fardeau qui les échauffe. Outre MM. Chouvy et Turgeon, l’évêque de Québec avait pour compaguie dans l’intérieur de la voiture, MM. Pansevau et Cattore, deux égrillards arrivant l’un de l’isle de S. Domingue, l’autre de celle de Cuba, et venus en Europe tout exprès pour dépenser de l'argent, satisfaire leur curiosité et pour du plaisir. Le premier des deux était assez modeste ; l’autre, plus décidé, parlait fort cavalièrement. En peu d'heures, il eut le caquet rabattu, sans presque s’en apercevoir et fut très raisonnable le reste du voyage. Les chemins, quoique inférieurs À ceux d’Angleterre, étaient néanmoins beaux, et nous les avons trouvés tels par toute la France, dans cet automne beau et serein, à très peu d’exceptions près. Nous traversâmes, ce jour-là, le département du Pas de Calais, fimes une légère pose à Boulogne pour changer de chevaux, et arrivâmes à Montreuil après la nuit fermée, et après avoir

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monté Péniblement une côte, très longue et très raide, d’où la ville a Peut-être tiré son 20m. Nous ; fûmos mis à ce qu’on

les hôtes avec beaucoup de zèle et d’empressement. Elle dissi.

Les hôtellcries de France ne valent pas celles d'Angleterre, du côté de l’ordre et de la Propreté. On n’y connaît Point l’usage

au lieu de planchers, pratique incommode Pour les pieds de tous les étrangers, et encore plus pour les Senoux de ceux qui y veu-

lats pour vous coucher, au lieu des lits de plume qui étouff:nt les 8ens, en Angleterre, Il fat même un temps où l’on n'avait que très peu À Payer pour tout celz ; Maïs depuis 1814 que les Anglais se sont répandus en &rand nombre dans la France, d'abord par Curiosité, ensuite dans l’espoi: d'y vivre À Moilleur marché que chez eux, ils ont gèté les hôteliers par leur &énérosité, de sorte que, dans la plupart des Provinces, on Paie le double de çe qu'il en coûtait Auparavant. Le temps n’est plus où, pour 18 sous, on vait à Souper, à coucher et à déjeuner. On assure qu'on ce <0ment, il n’y a pas moins de 5,900 aüglais établis À Boulogne, Où ils vivent À beaucoup meilleur marché que chez cux, sans cesser de correspondre avec leurs Parents et amis d'Angleterre, à raison de la proximité des lieux.

Les Campagnes de France sont généralement plus riantes que celles d'Angleterre. Plus de ruisseaux, plus de bosquets ; les

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