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côtés de l’église lui donnâssent le choix, chacun sur les 7 à 8 chapelles dont ils sont garnis, en sus des quatre autels déjà mentionnés.
Dans une action moins sérieuse, il se serait difficilement empêché de rire, en se voyant précédé d’une espèce d’huissier, en habit galonné, portant comme les tambours majors des régiments anglais, un bâton de cérémonie, à grosse poignée d’argent, avec lequel il frappa le pavé de l’égiise À chaque pas de la longue distance qui se trouve entre Ja sacristie et l'autel du calvaire. Après celui-là, venait, par une disposition assez bizarre, un autre bedeau portant une verge et une robe, comme on fuit en Canada, mais ayant de plus un grand rabat noir qui cadrait assez mal avec le reste de son ajustement, et qui, sous prétexte de contenir le peuple pendant la messe de l'évêque, fit, lui seul, plus de bruit que n’en aurait pu faire cinquante personnes indévotes. Il fallut revenir de l’autel à la sacristie, après la messe, À la suite de ces originaux, et paraître très honoré et très satisfait de leurs services.
L'église de S. Roch est renommée Pour sa construction, pour la distribution de ses bas-côtés, pour le mérite de ses statues, tableaux et bas-reliefs et pour la hauteur et l'étendue de son perron. Il vaudrait cependant mieux que ce perron fût plus réservé, que d’y voir des boutiques érigées aux deux bouts, et des marchandises exposées tous les jours, depuis le matin jusqu’au soir, avec tout le concours et les Propos que cette exposition attire. L'église grande et belle tant que l’on voudra, n’est pas tenue proprement. Il n’y a ni ordre, ni silence dans la sacristie. L’allée et venue des enfants, À l’heure des messes (et dans presque toutes les églises de Paris, on dit des messes depuis l’aurore jusqu’à midi), et leurs caqueteries y sont très indécentes et très incommodes, On est choqué de voir des sacristains, dont quelques-uns même sont ecclésiastiques, y rire et parler tout haut, comme ces enfants, au lieu de leur imposer silence.
Mais cette église a été l’objet d’irrévérences bien autrement grièves. Elle fut une de celles qui furent le plus en proie à l’es-
sentant S, Roch et honteusement livrée par des Paroissiens démo. ralisés, Il en fat enlevé quantité d’autres meubles Précieux ; ce qu’apprenant, le curé qui n'avait voulu ni admettre la Constitution civile du clergé, ni émigrer CoMmine ses confrères, mais qui vivait
jetées dans des Coins obscurs et couvertes de vidanges, comme des objets abandonnés, espérant qu'aux désordres excessifs qui règnaient alors, il succéderait des jours de calme où tous ces objets religieux Pourraient reprendre leurs anciennes places.
est donc vrai Qu'il n’y a point de Dieu.” Quel homme chrétien peut fixer des Jeux cette chaire et ne se pas rappeler, avec hor-
Le culte était rétabli, l’église de &, Roch purifiée, M. Mérient (c’est le nom du curé) rendu depuis Plusieurs années à son trou- Peau, et voilà que l'église de cette paroisse devient le théâtre d’une nouvelle Profanation. On connait les Principes du clergé de France sur l’article des comédiens, Ure comédienne Célèbre, M: de Vaucour, meurt impénitente dans cette Päroisse, M. Mérient prévoit que l’on vieñdra présenter son Corps à l'église Paroissiale, I] consulte d’avance, sur ce Cas, le cardinal de Belloy,
alors archevêque de Paris. Celui-ci lui ordonne de
; En
d'avance, par des affiches injurieuses À la sévérité du clergé. Au jour convenu, ils apportent le corps, se font ouvrir l’église par quelques émissaires envoyés dans des avenues détournées, s’y répandent à grands flots, criant à tue-tête, blasphémant le nom de Dieu et maudiseant le curé qu’ils cherchent partout et ne trouvent pas. L’un d’eux s'empare encore de la chaire, où il exhale sa bile contre le clergé et fait l'éloge de la défunte, et de l’honorable profession qu’elle a exercée pendant sa vie. Un pauvre vicaire était dans la chapelle des fonts, où il finissait un baptême : on l’en arrache et on le force à faire les prières de la sépulture chrétienne sur le cadavre de la comédienne, que la même troupe reprend aussitôt et conduit en triomphe au cimetière. La chose n’en demeura pas là. Napoléon qui tenait alors les rênes du gouvernement, apprend ce qui s'était passé. Au lieu de donner le tort à des impertinents qui avaient profané une église chrétienne, il le met tout entier sur ceux qu’il aurait dû louer, et fuit écrire à l’archevêque une lettre si menaçante, qu’il se crut obligé de condamner M. Mérient à trois mois de séminaire. Le bon curé s’y soumit, et voilà où aboutit sa fermeté. : Ps Depuis la restauration de Louis XVIII, une comédienne est encore venu mourir sur cette paroisse. Le curé lui a accordé sans difficulté, les prières de la sépulture, craignant, avec raison, de n’être pas plus soutenu par le gouvernement du Roi, qu’il ne l’avait été par celui de l’ex-empereur. Ce qui est arrivé, sous le nouveau régime, à M. Delapéruque, euré de Gallardon, justifie assez cette conjecture. C’est dans sa paroisse que demeurait le nommé Martin qui, en 1715, se sentit si fort inspiré de faire au Roi quelques révélations. Te premier auquel il donna connais-
sance de son inspiration, fut 1aturellement son pasteur immédiat. Celui-ci qui connaissait parfaitement la probité et la religion de l’homme qui lu parlait, ne erut pas desoir mépriser cet éveil et
en imiorma l'évêque de Versailles, au diocèse duquel il appartenait. Graduellement la chose parvint à la connaissance de Louis XVIIL. On fait venir Martin, on prend plusieurs jours pOur « iuire éxmiminer de près au physique et au morai, et on
reconnait en lui un cœur droit et pieux et une tête saine. “ Je suis chargé, disait-il, de représenter au Roi l’obligation où il est de faire observer les dimanches dans son royaume. Je sais que j’ai d’autres choses À lui anuoncer ; mais je ne sais quelles sont ces choses. Il m’a été dit qu’elles me seraient suggérées, lorsque je serais en sa présence.” Il obtint, en effet, une audience. Le Roi le reçut dans un appartement où il ne pouvait être entendu de personne, mais qui, par précaution, n’était séparé que parun vitrail de l’appartement voisin, où il y avait du monde. Le Roi mit Martin à son aise, et celui-ci lui parla environ trois quarts d’heure. On observa que Sa Majesté changea souvent dg visage pendant ce discours, et parut, en général, triste et pensif. Martin se retira et a toujours protesté depuis, qu’excepté l’article de la sanctification du dimanche, il ne se souvenait de rien de ce qu'il avait dit dans cette entrevue, On ne sait si le Roi a tenu compte des autres révélations de cette espèce de prophète, mais il est évident qu’il n’a pas remédié à la profanation du saint jour, qui est encore honteusement profané sous ses yeux. Le seul effet sensible qui en est resulté, est que, soit par dépit contre M. Delapéruque, pour avoir, le premier, mis en avant son paroissien inspiré, soit pour qu’il fût moins exposé à être interrogé, comme il l'était par tout le monde, sur cette communication extraordinaire, une lettre du ministre du Département Intérieur a signifié À l’évêque de Versailles, qu’il fallait déplacer M. Delapéruque. Celui-ci s’y est soumis avec une promptitude qui fait son éloge, quoiqu’il fût curé de Canton, c’est-à-dire titré, les autres n’étant plus que des curés révocables ad nutum, depuis le Concordat de 1801.
L'église de S. Roch ne fut pas le seule où l’évêque de Québec célébra la messe, pendant son petit séjour de Paris. Il en voulut faire autant aux Carmes, aux Missions Etrangères, chez les Sœurs de St-Vincent de Paul et dans la chapelle du Séminaire de Saint- Nicolas du Chardonnet, pour satisfaire aux instances de M. l'abbé Thavenet, ci-devant du Séminaire de Montréal, qu’il y trouva remplissant avec édification, la place de supérieur,
L'église des Carmes est un de ces lieux qui rappellent des sou-
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venirs tristes et en même temps glorieux pour la religion ; car ce fut là que commença, en 1792, le massacre des prêtres, qui dura tout le 2 et le 3 septembre, et qui a été décrit d’une manière si touchante par M. l’abbé Barruel, dans Histoire du clergé de France pendant la Révolution. Il est fâcheux qu'aucun peintre n’ait encore songé à faire un tableau pour transmettre à la postérité cette scène mémorable, qui ajouterait tant à la décoration de cette église déjà si remarquable par les différents ouvrages en marbre et en peinture dont elle est abondamment ornée !
Cette église et le monastère y adjoignant avaient été vendus au profit de la nation, après l'abolition des Carmes. Mais le couvent n’a fait que changer de sexe, car une religieuse Carmélite rentrée, par l'effet An décret de la Convention, qui annulait les vœux monastiques, dans une riche succession, l’employa, aussitôt la Révolution finie, à racheter ce monastère avec l’église, et obtint d’y établir une communauté de son ordre, dont elle est abbesse,
Les églises des Sœurs de la Charité de S. Thomas de Villeneuve et des Missions Etran gères, où l’évêque de Québec eut aussi l’occasion de célébrer, ne présentent rien de fort remarquable pour des églises de ville. On peut dire seulement avec vérité que la plus simple de celles de Paris contient à elle seule plus de richesses en marbre, en tableaux, en Ouvrages de bronze et en sculpture et architecture que toutes celles du diocèse de Québec réunies ensemble,
Celle des Missions-Etrangères était en réparat.on, de sorte que l'office divin s’y faisait dans l’église souterraine. Car il n’est pas rare dans les villes de France et d'Italie que pour donner plus d’élévation et de mine aux églises, on en commence les fondements par la construction d’une belle voûte, à laquelle on donne 12 à 15 pieds de hauteur au-dessus de son pavé, Comme elle monte plus haut que le niveau du terrain, on l’éclaire par de petites fenêtres ou de grands soupiraux placés à fleur de terre. On ménage des portes et des escaliers de pierre pour y descendre commodément, soit par les côtés, soit par l’une ou l’autre extrémité de l’église supérieure, qui par l’exhausement que lui donne
cette voûte, acquiert beaucoup plus d’apparence et de majesté,
Elle en reçoit du moins l'avantage de Pouvoir multiplier ses
autels, car il en a toujours plusieurs dans ces églises souterraines, On y met aussi des confessionnaux ; on y dépose des reliques des saints, et enfin un certain nombres de fidèles y ont leurs tombeaux,
Ces églises moins considé ainsi que les Communautés religieuses ou ecclésiastiques, sont toutes retirées de l’effleurement de la rue sur laquelle elles n’ont, pour l’ordipaire, qu’une porte cochère qui introduit dans une covr, au fond de laquelle est le front de l'édifice. Beaucoup de riches particuliers en font âutant de leurs maisons. En effet, si l’on excepte les boulevards, Ja nouvelle rue de Rivoli, et celles qui sont sur les “à quais de Ja Seine, tout le reste des rues de cette ville tant vantée k
Pour sa beauté, sont gi étroites, si sales, si Puantes, si bruyantes, que la nécessité seule
Fun particulier à y exposer la :
devanture de sa maison,
Depuis 50 ans, on v rues de Paris.
dues au milieu des rues, À autres, plus propres À fav imposer, Quelle différence grandes villes d'Angleterre
lanternes, À une distance de moins de 30 pieds,
côté des rues, au-dessus du Parapet, font Jour, et sont allumées q
Célérité qui étonne ;
ante l’illumination
qui se fait, la nuit, des Mais quelle illumination !
Des lanternes suspencent pieds de distance les unes des oriser les malfaiteurs qu’à leur en de cette illumination à celle des
et de Londres en Particulier, où les
placées de chaque de la nuit une sorte de artiers à la fois, avec une
ans tous les qu
+ 25.— Dans le peu de
Paris, il eut Occasion de nombre de prélats franc nommés en ve
Secrétaire d'Etat, parce que le BOuvernement n’est i évêchés,
de la religion. Après deux années d’expectation inutile, ce clergé s’est vu forcé, et le Souverain Pontife aussi, d’accéder à un arrangement provisoire qui pourrait bien devenir perpétuel, par lequel le Concordat de Bonaparte de 1801 e.: maintenu quant au nombre et à la circonscription des diocèses. Les évêques de France s’accommodent mal de ce Concordat, et ce n’est pas sans raison. Néanmoins, il vaut mieux avoir celui-là que de n’en avoir pas du tout, ce qui arriverait peut-être, si la chose était laissée au gouvernement jeu énergique de Louis XVIII. “ Votre Majesté prend si peu d'intérêt À ce qui regarde la religion (lui écrivait, le printemps dernier, le cardinal de Périgord), qu’elle force ses sujets de regretter le gouvernement de l’usurpateur.”
Ce n’est qu’après que les évêques de France et le Pape ont eu souscrit À l’arrangement provisoire, que le ministre d'Etat a enfin délivré les Bulles, non aux nouveaux évêques nommés en vertu du Concordat de 1817, mais À ceux qui, depuis deux ans, étaient appelés à remplir des évêchés vacants de la circonscription de
26.—De ce nombre était M. Delatour, nommé peu de temps avant la Révolution au nouveau siège de Moulins, qu’il n’eut pas le temps d'occuper, et depuis à l’archevêché de Bourges. Il fut consacré le dimanche, 26, par M“ de Bernis, successeur du cardinal Cambacérès, duns l’archevêché de Rouen, assisté des évêques de Trèves et de Samosate, en présence de 20 autres évêques, savoir : douze élus et huit déjà consacrés, à la tête desquels se trouvait le cardinal de Luzerne. Le nouveau prélat appelé à l'épiscopat en 1789 pour la première fois, avait eu tout le loisir de bien étudier les cérémonies de sa consécration, Aussi s’en acquitta-t-il avec la légèreté que l’on pouvait attendre d’un septuagénaire de courte taille, battu de l'asthme et bossu par devant et par derrière.
27.—L’évêque de Québec ne perdait pas de vue son voyage de Rome. M. l'abbé Desjardins l'avait empêché de partir le 23, suivant son premier projet, et avait exigé qu’il passât, du moins,
ER on une semaine entière à Paris.
irrévocablement son dé différa jusqu'au mardi
Mais la saison le Pressant, il fixa
Part, au lundi, 27 de ce mois, et s’il le matin, ce fut Parce que le voiturier Ini Manqua de parole ; ‘ar, après avoir essayé, depuis Calais, de la poste de France, il comprit qu'il y avait plus de chance à voyager d'une autre manière, quoique plus lente et un peu plus dispendieuse, Il prit done le parti d'engager M. Turgeon à retenir deux places dans Pintérieur d’un Carosse de voiturin et une place pour John dans le cabriolet, c’est-à-dire dans la partie antérieure de la voiture, qui est aussi couverte, Ces trois places et le Consistant en trois malles et autres petits meubles, coûta aux Voyageurs 160 france Pour aller de Paris à Lyon, l’évêque n'ayant Pas voulu contracter Pour une plus longue distance, avant de savoir comment i] se trouverait de cette manière de voyager. Il laissa Paris, dans l'espoir d’y revoir, à son retour, plusieurs personnes respectables, ecclésiastiques ct laïques, de qui il avait
reçu beaucoup d’honnêtetés, Particulièrement le vénérable cardinal de Périgord.
bagage