MONUMENTS DANS L'INTÉRIEUR D'ATHÈNES
l' AGROPOLIS TELLE QU'elLB ETAIT.
J'ÉTAIS à Athènes depuis plusieurs jours, et chaque matin je remettais au soir, et le soir au lendemain, ma visite au Parthénon. Sans cesse errant dans la plaine le long de l'Ilyssus, ou sur les hauteui^ du Musée, de l'Aréopage et du Pnyx, je jouissais de loin de la perspective de ces temples qui remplissaient la citadelle, et dont les ruines, vues à distance, donnent encore une idée de leur ancienne splendeur. Je reculais le moment de les contempler de plus près; je pressentais ce que j'allais trouver, ou plutôt ce que j'allais perdre. Enfin je me décidai, et, pour cette fois , sur les observations de Démétrius
tpii m' assurait que Pausanias avail vieilli, je consen-
guide, comme celle d'un sapeur, consiste à passer le premier. Hélas! c'est bien en eiTet d'un sapeur que nous aurions eu besoin pour nous frayer la voie au travers de tant de décombres amoncelés. Nous fîmes une pause devant la tour di te d' Andronicus ; les huit vents sont sculptés sur les pans de son octogone. Pausanias n'en parle pas, mais elle est mentionnée dans Varron et dans Yitruve. L'intérieur n'est plus habité par les derviches tonlons que Byron y vit prendre leurs pénibles ébats. Nous passâmes devant une horloge dont lord £lgin a gratifié la ville, ce qui rappelle ces traits de charité qu'on Ut dans la vie de Cartouche; puis, nous élevant peu à peu , nous vînmes devant la grotte qui sei^it de retraite à Pan , lorsqu'il inspira aux Perses , à Marathon, cette vaine et subite terreur qui depuis a gardé son nom. Dans des temps plus reculés , cette même grotte de Pan avait été le théâtre des amours furtifs d'Apollon et de l'exposition de Creuse; car , en Grèce , il n'y a pas un creux de rocher qui n'ait sa fable. A quelques pas, sous la première porte, une inscription vodve se retr(^ve sur le pilier de droite, et, à gauche, une haute muraille, construite avec d'antiques matériaux, fut, nous dit-on, l'ouvrage des Français au temps des croisades. Nous traversons une deuxième porte, puis une voûte que gardent des sentinelles turques accroupies au milieu des fragments de statues et de bas-reliefs. Un de ces
statue de la patronne , de la magnificence du temple , puisque les ornements en or de cette Minerve d'ivoire représentaient une valeur de trois millions de notre monnaie. Përiclès fit élever dans l'intérieur de la citadelle deux autres temples ; l'un était celui de Pandrose i fille de Cécrops ; l'autre , appelé l'Erecthéum , fut dédié à Minerve et à Neptune réconciliés, et l'on y brûlait l'encens sur l'autel de l'oubli. Ce dernier tem^ple était double , chaque sanctuaire avait son péristyle séparé , et , quand on voulait les distinguer, on donnait à l'un le nom de Neptune Érecthée , à Tautre celui de Minerye Polliade. Ces édifices sacrés , et les Propylées qui en étaient comme le vestibule, appartenaient tous à la' plus belle époque de l'art , à cette administration de Périclès , dont j'ai lu dans Plutarque que de son temps encore les monuments sufibaient seuls pour expliquer toutes les merveilles que l'on racontait d'Athènes y de son ancienne puissance , de son ancienne richesse. Témoignage qui, pour le remarquer en passant, démontre que la dévastation opérée, par Sylla était loin d'avoir été complète. Sans doute elle fut bien surpassée par Alaric , mais pourtant , et c'est le cas de reconnaître la vérité de l'image employée par Synésius , que j'ai rapportée plus haut, le squelette d'Athènes subsistait et n'avait perdu que ses chairs, c'est-à-dire les chefs-d'œuvre de peinture , de sculpture, enfin tous les ornements dont il
tations commises à main armée;. celles d'mi autre genre n'ont pas été moins funestes. Le fronton du Parthénon représentait l'assemblée des Dieux , la flatterie y avait introduit plus tard Adrien et l'impératrice. Eux seuls sont restés; on n'en a pas voulu ; les autres figures ont toutes disparu, et l'on en accuse Morosini, qui, dit-on, causa leur destruction en essayant de les enlever. Depuis, on sait ce qu'a fait lord Elgin; maintenant, voyons l'état actuel.