‹ Journal d'un voyage en OrientChapitre 21 sur 51 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

TOBfBE DE TANTALE. — GROTTE d' HOMÈRE.

Un gothique château occupe une des crêtes du mont Pagus. Près de sa porte, la tradition populaire veut reconnaître dans un buste mutilé le portrait de l' Amazone Smyrna, fondatrice de la première cité de ce nom : car trois villes ici se sont succédé. Au-dessous de cette figure, un sarcophage en marbre blanc a été récemment dégagé du mur dans lequel il était encastré. On reconnaît dans la construction du château l'emploi de débris antiques; il fut bâti par Jean Ducas^ lequel était, je crois , beau-frère d'Alexis Comnène, et Tenait de reprendre la ville sur les Infidèles, tandis que les Croisés assiégeaient Jérusalem ; elle retomba au pouvoir des Turcs dans le commencement du xiv** siècle, après avoir été reconstruite presque en entier en 1220 par Ange Comnène. En 1345, les Chevaliers de Rhodes firent sur ce rivage un établissement. Cependant Smyrne avait changé plusieurs fois de maîtres quand Tamerlan la ravagea; pour combler l'entrée du port, il avait ordonné à ses Tartares d'y jeter chacun une pierre. Entre le château et la ville on rencontre à mi-côte une voûte et

quelques massifs de maçonnerie, seuls restes d'un des plus beaux théâtres de l'Asie. Pour me consoterde sa destiiiction, on me dit à notre table d'hôte qu'il était

teniple. L'autre monument est remarquable. Noui» le rencontrons plus bas, en descendant ters l'échelle où Ton débarque quand on se rend de Smyme a(u village de Boarnabat. Ëchelle, en langue letantine signifie port. Je crois ne l'apprendre k persontie, mais j'avoue que je l'ai ignoré longtemps. Le tombeau devant lequel nous sommes arrêtés ti'a pas moins de trois cents *pieds de ch^cuit, et est entièi^ement composé de pierres brutes qui, primitivement, s'élevaient en fofme de cône (IN** 39). Le sommet s'est affaissé. La base est entourée pat un mur de soutènement. Les secousses ^uterraines , dont ces montagnes portent des traces multipliées, ont dû Causer l'éboulement de la plus grande partie des pierres de ce tumulus cyclopéen; au centre, on âr découvert une chambre sépulcrale dont la toute forme un arc aigu , comme l'outertui^ supérieure du monument d'Agamemnon, à Mycènes. L'ogive se retrouve très - rarement dans l'architecture des anciens; mais cet exemple^ que j'ân souis les y^ux, prouve qu'ils ne l'ont point ignoré, et qu^ils* avaient reconnu la forcé dé résistance que présente l'arc aigu pour supporter la pression des masses les plus pesantes. J'ai rencontré assez fi^uemment de ces tombes coniques en teri*e et en sable; partout elles affectent la même forme , sur les côtes de Normandie et de Bretagne , comme sur celles de la Grèce et de la Troade ; mais la tombe de Tantale est la pre-

mière que j'aie Tue entièrenient constmite en pierres. A cette occasion, M. Fanvel me rappela le tombeau

que bon nombre d'autres ^ se glorifiait d'être la patrie d'Homère ^ et soutint vivement cette prétention qui émut toute la Grèce. Les modernes y mettent moins de susceptibilité; et je ne pense pas que Zoïle, qui paya de sa vie ses Critiques de l'Iliade , courût aujourd'hui grand risque au milieu des palicares , à moins qu'il n'eût de l'argent dans ses poches. Ce fut à Smyrne qu'eut lieu ce barbai*e auto-da-fé. A présent, pas un de ses habitants ne s'inquiète si le prince des poètes , surnommé Mélésigénès , est né en effet sur les bords du fleuve Mélès , qui , d'après Strabon , coulait le long des murailles de la ville. Cette indication parait précise, et pourtant la source et le cours du Mélès ont donné lieu à presque autant de polémique que l'origine et la vie d'Homère. J'ai déjà fait la remarque qu'en Grèce on konoi^ tous les ruisseaux du nom de fleuve. Quand vous demandez le nom du moindre filet d'eau : Potamos , vous répondon. Soit; mais Potamos, qui? Potamos . Hermus ? Potamos Mélès? Non, Potamos tout court. Vous n'en tirez pas autre chose; de l'eau s'appelle un fleuve, sans plus d'explication. Ce fut donc à M. Fauvel que je fus demander le Mélès , et ce que je cherchais autour de la ville ^ sur la foi de Strabon , il me le montra , du haut de son toit , de l'autre côté du golfe, à deux heures de distance, (c Mais Strabon? lui dis-je. — Strabon parle de l'ancienne ville, là-bas, où sont ces arbres, à droite du tombeau de Tantale,

sur la plage où l'on dëbai-que pour aller à Bournabat. — Mais pourtant, objectai-je encoi'e, en appelant à mon secours toute mon érudition d'emprunt, on

saison (N* 40) ; c'est le Mélès de M. Fauvel. Reste à savoir si c'est bien celui d'Homère , celui au bord duquel Crithéis lui donna le jour. Ces cavitës sont peu profondes y et n'auraient rien de remarquable sans la tradition qui s'y rattache ; mais si elle est exacte , si Homère , si tous ces dieux dont son cerveau fut l'Olympe ont habité ici avec lui , la grotte devient un temple et le phiÀ vénérable de tous ceux de la Grèce antique.

Cependant il faut bien reconnaître la vérité d'une remarque de Strabon , c'est que nulle part , dans ses vers, Homère n'a parlé ni du Mélès , ni même de Smyrne. Chose assez singulière , le voile qui couvre son existence s'est étendu sur un autre poète de la même ville qui a traité le même sujet, et dont le livre a été retrouvé, je crois, au xvi* siècle, par un cardinal , dans la bibliothèque d'un couvent , à Otrante. Quintus , on est convenu de l'appeler ainsi , se borne à dire qu'il fut inspiré par les Muses tandis qu'il paissait son troupeau, près de Smyrne, à trois portées de voix du fleuve Hermus ; mais il ne fait connaître ni son nom, ni l'époque où il a continué

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s^éteodant le long de la mer (N** 41). Smyrne, aujourd'hui , parait pauvre sous le rapport des antiquités ^ et pourtant il est reconnu qu'aucune ancienne cité n'a plus fourni aux cabinets des curieux , et je pourrais donner une longue ënumëration des objets d'art précieux qui ont été recueillis sur ce sol maintenant épuisé. Mais à quels fléaux n'a-t-il pas été en proie ! Les tremblements de terre et tous les conquérants barbares y ont marqué leur passage. Aujourd'hui 9 Smyrne a surtout à se garder de la peste et de l'incendie. Justement, à ce propos , une pompe Tient de passer sous nos fenêtres ; quelques Francs s'empi-essent autour d'elle. Le feu est dans le quartier des Turcs , et on va leur porter secours en dépit du Êitalisme. J'y cours aussi ; je suis curieux de voir comment se gouverne un incendie en Turquie. J'y trouTC un grand nombre de spectateurs , spectateurs à la lettre; quelques-uns, pourtant, apportent de l'eau dans des vases qui, pour la capacité, ne difiei^ent guère de leurs Jînt-jcutes. Former une chaîne? une idée aussi compliquée ne leur viendrait jamais. Faire la part au feu? cela serait plus turc; maïs l'on réserve ici le despotisme pour les habitudes quotidiennes, el, dans les occasions extraordinaires, la Providence prend seule la conduite des affaires. C'est par une conséquence de leur résignation qu'ils laissent faire les chiens de chrétiens qui veulent les secourir. En ce moment Fincendie approche des bazars.

et si une fois la première étincelle y pënèti-e, je défie bien qu'on vienne à bout de garantir cet immense amas de balles de coton , de toiles , de paillassons ,

ooucher, je demande de^ nouvelles du feu : on n'en 8ait pas* C'est dans l'autre quartier^ me répond-on. Plus tard j'appris pourtahnt que la pompe des giaours veilait de rentrer victorieuse*

Je vais souvent me promenée au pont des Caravanes, situé à l'entrée de la ville ^ sur la route de Constantinople. Les rues qui y conduisent sont fréquemment coupées par les plus sales cloaques. La boue est rci en permanence, et tellement acclimatée, qu'elle y brave même les ardeurs de la canicule. On peut juger jusqu'à quel point il Êiut que l'air soit intercepté dans ces étroits passages, pour que soti action seule ne suflfise pas pour sécher des bourbiers sous le 38*" degré de latitude. Une arche , de construction antique, est jetée sur le Mêles de Strabon, qui, large ruisseau en cet endroit, devient après les pluies un rapide torrent. Placez-vous sur une estrade en planches qu'on a perchée à dix ou douze pieds de terre, sur les branches d''un énorme plaliane, et vous jouirez d'un tableau mouvant très-pittoresque. Les caravanes se succèdent presque sans interruption sur le pont qui porté leur nom. J'y ai compté, en moins d'un quart d'heure, plus deôent chameaux arrivant ou partant. Ces deux longues files suivent leur dii^ction en sens inverse l'une de l'autre, comme les v^gons sur un chemin de fer; seulement l'alhii^e ici est grave et cadencée ; l'animal domestique participe de la nature de son maître. Un ]!^tit âne précède la

DUN VOYAGE EN ORIENT. îll

caravane, comme les petits tambours qui marcheut en tête de nos compagnies de grenadiers. Viennent ensuite ces grands chameaux haut jambes , se mou-

blissent là pour voir passer, ce qui me parait être

leur occupation favorite ; et leur toilette pimpante

et leur coiSure en ailes de moulin font une singulière

opposition avec ces pierres sépulci^les et ces sombres

cyprès.

La route de Constantinople, à la sortie de Smyrne, ma rappelé les nôtres ; c'était le seul souvenir de ce genre que mes yeux eussent rencontré depuis Ithaque. La voie est pavée et bordée des deux côtés d'un mur à pierres sèches , où l'on retrouve souvent employés de jolis fragments de sculpture antique. J'ai suivi ce chemin pendant une demi-lieue environ, jusqu'à de belles et abondantes sources d'eaux chaudes qui s'échappent d'une antique fondation qu'on appelle les bains de Diane. Sans le secours d'un plan que m'avait communiqué M. Fauvel , j'aurais eu peine à reconnaître l'enceinte demi-circulaire des thermes ou du temple dont j'avais sous les yeux les restes informes. Quant à la rivière, car ces sources, dès leur naissance, en forment une abondante et limpide, j'en ferais volontiers mon fleuve d'Homère , comme terme moyen entre Strabon et M. Fauvel. Ce serait le Mélès du juste milieu. Et véritablement, en assignant cette position au fleuve, il se trouve à peu près à distance égale du torrent desséché de l'ancienne ville et du filet d'eau de la nouvelle.

ROIITR ntiPHliSR. — AiASni.lIK.

aise et se quereller avec M*^' Maracini , et j'emmenai un autre Grec qu'il venait de prendre à son service, et qui m'était plus commode parce qu'il ^tait franchement domestique.

Le 29 septembre , nous remontâmes le Mëlès de Strabon en chevauchant à travers les cailloux qui remplissent son lit, puis nous le laissâmes à notre droite dans un ravin qui nous séparait du château , et au fond duquel nous apercevions les arcs ogives d'un vieil aqueduc. Après cinq heures de marche, nous nous arrêtâmes pour diner au bord d'une eau courante qui traversait le chemin, et, cinq heures plus loin , nous prenions gite pom* la nuit.

Rien n'étonne, les premiers jours , les yeux d'un badaud d'Europe comme ces caravanes de chameaux cheminant d'un pas si réglé. Je viens de compter, tout d'une file, cent vingt et un de ces quadrupèdes chargés de figues et de raisins; ces fruits secs sont une richesse pour le commerce de Smyme. Cinq hommes à cheval ouvraient la marche; ils étaient comme encaissés dans d'épais manteaux d'une espèce de feutre blanc , qui descendaient carrément bien au-dessous de leurs étriers. Ils ressemblaient ainsi à des coiFres de momies. Leur tête seule conservait sa forme ; après cette avant-garde venait un âne monté par un chamelier , puis dix chameaux , et ainsi de suite, chaque dizaine se trouvant séparée de la suivante par un surveillant et sa monture qui formaient comme les pater de ce

Nous ne sommes encore ici que dans l'Éphèse moderne, c'est-à-dire à Aïasoluk; l'ancienne ville commence à une demi-heure plus loin yers la mer, qui évidemment a reculé de plusieurs milles. Le port a disparu, les terres charriées par le fleuve l'auront comblé , ainsi qu'une grande partie de la vallée où s'étendait la cité. D'après une tradition grecque, c'est en ce lieu que saint Jean a éci^ son Évangile, et le nom même d' Aïasoluk semble être une corruption des mots diyioç xo^or, qui signifient la parole sainte. L'histoire de cette nouvelle Éphèse présente de longues lacunes. On ignore l'époque de sa fondation, et ce n'est que vers la fin du xiv^ siècle qu'on lui voit acquérir une certaine importance , et devenir la résidence des princes sarrasins qui possédaient l'ancien royaume de Carie; cependant j'ai peine à croire que les monuments dont les ruines se trouvent encore à Aïasoluk ne remontent pas à une époque antérieure. Nous savons que les Goths ravagèrent Éphèse. C'est vers ces mêmes temps que Justinien y construisit une église, où Nestorius fut condamné par un concile dans le v*" siècle ; cette église, la tradition la place à Aïasoluk; elle fut dédiée à saint Jean , ce qui s'accorde avec l'étymologie que je viens de rapporter. On peut donc croii'e que dès ce temps la ville de Diane commençait à être abandonnée pour celle du saint apôtre, qui avait droit a toutes les préférences des Chrétiens. Sans

doute ils furent tes plus empi'essés à enlever les débris des temples païens, pour en bâtir Aïasoluk ,

figure y est restée, justement celle d'Hector; si c*est un Grec qui a commis cet acte de vandalisme, on pourrait croire qu'il a respecté l'effigie du martyr.

La porte en question , bien que le choix même des matériaux eipployés à sa construction dénote une époque de décadence et témoigne de la barbarie de son architecte , n'en est pas moins d'un effet trèsagréable. Le chftteau auquel elle sert d'entrée est encore environné de ses murailles crénelées; mais dans Tenceinte ce ne sont que ruines confuses et sans intérêt; l'aqueduc qui y portait les eaux est CQiistruit comme la porte en matériaux antiques , parmi lesquels j'ai remarqué sept inscriptions assez longues et en beaux caractères , sans parler de plusieurs auti'es qui ne contiennent que quelques mots. Tournefort n'a pu les copier, faute d'une échelle pour atteindre à leur hauteur. Dirai-je que l'extrême exactitude dont a fait preuve ce judicieux voyageur dans ses descriptions des îles de l'Archipel , semble l'avoir abandonné à Ëphèse; il confond l'ancienne cité et la nouvelle; à peine s'il y trouve quelques débris clair-semés, et rien de remarquable; cependant les ruines des deux villes sont assurément distinctes, curieuses, et surtout abondantes.

d'une palme. Des têtes de lions ornent cette porte , dont le cintre parait antiqae; mais pourtant, quand on considère le tout attentivement, il est impossible de «ne pas reconnaître que de tels matériaux pix>viennent d'autres édifices, aux dépens desquels celui-ci, comme la porte de la Persécution, auront été construits dans le Bas-Empire. Ce sont donc des ruines de ruines que j'ai en ce moment sous mes yeux. Celles d'un temple voisin , que Tournefort ne mentionne point, sont très-reconnaissables. On lit au chapitre xix des Actes des Apôtres le récit de l'émeute excitée contre saint Paul par une classe nombreuse d'ouvriers, dont l'industrie s'exerçait à fabriquer de petits temples d'argent à l'imitation de celui de la déesse, comme nous voyons encore à Rome des marbriers et des fondeurs vivre de la vente qu'ils font aux étrangers des temples ruinés du Forum. Ce fut à ce théâtre que ces mécontents se portèrent pour accuser l'Apôtre, qui, de son côté, voulait s'y rendre pour s'expliquer ; mais ses amis l'envoyèrent prier de ne point paraître. Par suite du grand danger qu'il courait, Paul quitta la ville et la quitta sans retour ; car plus tard , lorsque en revenant de Macédoine il rapassa par l'Asie Mi neure, on voit qu'il évite de prendre ten^ à Éphèse et qu'il convoque les prêtres de cette église à Milet, pour leur adresser verbalement ses dernières exhortations, sachant, ainsi qu'il le leur dit, qu'ils ne

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reverroDt plus son visage, n Veillez, ajoute-t-il, et souvenez-Tous que jour et nuit pendant trois ans je n'ai cessé d'avertir chacan de vous avec larmes u; puis en terminant il leur rappelle que jamais il n'a été à

temple de Diane, dernière conjecture à laquelle son nom turc de Palais des Vierges a pu servir de fondement. Je ne découvris point de traces d'amphithëâtre; cependant on voit rappelé dans la première épitre aux Corinthiens que saint Paul fut livré aux bétes à Éphèse. Une partie du mont Prion était consacrée aux sépultures, et saint Jean et Timothée y mêlèrent , dit-on , leurs cendres à celles de tant d'illustres païens. On me fît remarquer une grande voûte , jadis revêtue de stuc , sous laquelle la tradi*tion a placé l'aventure merveilleuse de ces six dormants, qui ayant commencé leur somme du temps de la persécution , le prolongèrent jusqu'au règne de Théodose. Cette légende grecque était bien digne par son absurdité de devenir turque, aussi Mahomet 6'en est-il emparé ; seulement il ne parait pas certain du nombre des dormeurs. « Ils pouvaient, dit-il, être trois et leur chien , cinq et leur chien , sept et leur chien » : ceci est extrait textuellement du dix-huitième chapitre du Coran. Je ne vois pas bien ce que le chien de plus ou de moins ajoute à la prababilité du &it. D'après son compte, ils auraient dormi trois cent sept ans.

Je dors en tous contant la chose seulement.

Au-dessous du château d'Aïasoluk, je visitai une mosquée abandonnée dont j'espérais peu , d'après la tiédeur avec laquelle en parle Tournefort. J'entrai

d'abord dans nite vaste cour entourée par un rtiur tie marbre blanc; Wne fontaine à bassin octogone en oGcune encore le milieu: mais le cloître oui réenait

intention , et a bien voulu me promettre de me communiquer le résultat de ses rcherches.

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