‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 15 sur 99 · PRÉPARATIFS DE DÉPART · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE DÉPART

nous serons tout-à-fait en sûreté : passé ce lieu, les habitans des rives sont , dit-on , moins rapaces , et beaucoup plus traitables. La description que fait le frère du cbef du peuple qui habite à une journée d'ici , est tout ce qu'il y a de plus effrayant. Pour en revenir au prorerbe , « Il y a toujours du vrai dans ce que dit tout le monde )) , nous commençons à ajouter foi à ces bruits si répétés de la férocité.et de la cruauté des races qui occupent les deux rives du Niger,, entre Kacunda et Bocquâ : bien que nous fassions cependant la part de l'exagération des naturels qui, aimant fort le merveilleux, se plaisent à grossir des bagatelles, et à leur donner beaucoup plus d'importance qu'elles n'en ont.

L'après-midi approchant , nous demandâmes, mais en vain , le guide qu'on nous avait promis : ni le chef, ni son frère, ne semblaient disposés à tenir parole; nous fîmes alors nos préparatifs de départ, au grand déplaisir du dernier, qui entama une dolente lamentation , et, mit tout en usage, hors là violence,' pour nous faire changer de résolution. ^

A trois heures de l'après-midi , nous adres^sâmes nos prières au puissant dispensateur de tous biens, lui demandant d'étendre sur nous sa protection , et de nous préserver au milieu des

peuplades barbares qu'il nous ffillait visiter; N.ouâ .ordonnâmes ensuite à Paskôe et à no^ gensr de chargea le baleâu^ Je n'oublierai jamais leurs mines pileuses* Ils fiaient toUtJèn larmes ^ et tremblaient de tous leurs inembres. L^un d'eux, i)dmn^.Antonio>néâ Bonnyêt.fils du: dernier the£^e jc;êtte ville ^ qui nous avait, été confié par I0 Ji^utenant Matson ^ conimandani du Glinker^ çt^ii} a^ussi afTec^é que les autresy II disait se sou-^ .c!ier,peu desa^sureté persoiipelle : sa tie n'était d'aucune importance : tout ce qu'il craignait^, c'était qu^ pous fassions assassinés» inoa frère et toloï : il nous s^mâil chèrement ; il avait voyagé avcQ nous depuis la cote^ et pour lui, autant vaudrait mourir que, dé nous voir tués.

A rpatre heures ef demie , comme tM>u5 Ta-^ vion^ ai^été, ncTus dîmes adieu au^ bons habi- Intans de Kacunda , et, tous les bagages étant à hoi'd et les hommes à leurs postes ^ nous nous embarquâmes , et quittâmes le rivage à la vue dWe multitude immense. Nous eûmes beaucoup de. peine à nous tirer du marais , et à gagner le gros du fleuve^ Les pauvres naturels nous regards^ient avec étonnement , nous suivant deis yeux le plus lopg^temps qu'il purent , cpnyne n'espérant plus nolis revoir ,• ni e^utendre parler def nous daxa^iage. i .-

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Nous étions enfin en route ^ et préparés h cç qui pouvait arriver de pis. « IVJiaintenant , roe$ braves , » dis-je, comme le canot glissait porté par le courant, « il faut nous tenir ferme. J'esri père que pas un ^e nous ne lâchjçra. pi^d , quéln que chose qui advienne. » Antonio,et Sain ditr^Oit qu'ils étaient décidés à ne nous pas. quitter jusqu'au dernier moment. Sam estde Siei^ra-teone, e t j e leur crois du cçeur à tous deux . Je savais, paiî expérien^ce, que nous pouvions compter sua? Jaou^ die et sur le vieux Paskoe, qui avaient fait partie de la première expédition. Quant aux autres^ qi^oiqu'ils se vantassent fort , je n/e m'y fiais^pas, n^ayant jamais. eu occasipn de le$ ibettre k- l'é4 pre^ver Nous fîmes charger le^ quatre fusils et deux pistolets de balles et de chevrotines , dénçidés à faire aux attaquans une chaude ^récepr tion. Ayapt terminé nos préparatifs de défense | et encouragé notre petite bande à se conduira bravement , nous poussâmes tr^is acplamatÎQpç bruyantes ) et remîmes notre sort aux maiiis d^ Dieu.

Notre petit vaisseau voguait avec rapidité , cédant aux efforts vigoureux de nos rameurs. JJ n'y avait plus de larmes , plus de tristesse., et , k nous voir orgueilleusement fendrp l'onde ,, fl semblait que nous fussions de force à tenir- t^tp

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