‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 23 sur 99 · RÉCIT DU CHEF · texte numérisé non relu

RÉCIT DU CHEF

habitent les bords de la Tsfaadda. Selon lui ^ c'étaient de bonnes gens^ presque tous Musulmans. Il n'y avait, disait-il, qu'un mauvais endroit à passer, nommé Yamyam* Ici, notre conversation fut interrompue par le vieux chef ^ qui désirait retourner au village , et que le Mallam fut obligé d'accompagner. Ce dernier était un beau et vénérable vieillard, et il répondit à toutes nos questions avec une clarté, une promptitude, qui témoignaient de son intelligence.

Après avoir remercié le Tout-Puissant de sa protection signalée, durant ce jour d'épreuves , nous allâmes chercher un repos nécessaire.

Mardi , 26 octobre. — A mon réveil , ce matin , je vis notre fidèle Paskoe occupé à l'ôtir des ignames pour nôtre déjeûner. Cet homme nous a «té d'une grande ressource , et de tous nos gens c'est le seul qui ait du cœur. Malgré la pluie qui est tombée toute la nuit , nous nous sommes levés ce matin assez dispos , car notre auvent de nattes , quoique frêle , nous avait passablement garantis.

De bonne heure, ce matin, le chef du village, le vieil interprète et bon nombre d'hommes et de* femmes , sont venus nous visiter de la façon la plus amicale. Peu contens de ce qu'ils nous avaient donné hier, ils ont apporté aujourd'hui

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un énorme tas d'ignatués , que nous n'ayons cependant Voulu acceptei' qu'en leur donnant de larerroterie en échange. Ils Pont prises, mais je crois qu'ils eussent montré la même bienyeiU lance quand nous n'aurions rien eu à leur offrir. Nous apprîmes encore de l'interprète , que les marchands et acheteurs se rendent à ce marché, non-seulement des liçux voisins , mais aussi des deux rives du Niger, au-dessus et au-dessous de Bocquâ , et de villes et de villages fort reculés. Le chef perçoit un petit tribut de tous ceux qui exposent des objets en vente , et c'est là tout son revenu, lies Villageois^ qui marchèrent hier contre nous à sa suite, sont ses esclaves. On nous dit aussi que , juste en face , sur la rive opposée^ se trouve le grand chemin de Funda ; qui , comme on nous Ta dit à Fofo , est située à trois journées du Niger, en remontant la Tshadda. Nous avons acquis la certitude que la grande rivière y que nous vîmes hier couler de VEst , et tomber dans le Niger, est la célèbre Shar^ Sharj ou Sharrf des voyageurs , ou plutôt la Tshadda ,^ comme on l'appelle partout dans le pays. L'in- *lerprète nous a confirmé a\issi dans l'idée que le cours d'eau , moins considérable , venant de la même direction, que nous avions vu le 19^ était la Coudoùnia. -

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Le chef croit ^ue, dans notre trajet dû imit , nous avons passé tous les endi:H)its où vous pou-* vions être attaqués , et que nous n'avions plus rien*à craindre. Cependai^t^ il nous a conseillé d'éviter, s'il était possible, une ville très-considérable, assise sur la rive orientale, que ncms atteindrions dans Faprès-midi; et dont il affirme que le gouverneur nous retiendrait ■ ' long<-teinps , quoique peut-être en nous traitant bien. « Un peu au-dessous de Bocquâ , » ^ dit-il , « sur la rive gauche , réside un puissant roi, souverain d'un beau pays, nommé Atta , qui certainement vous forcerait de le visiter, s'il était, le moins du monde , prévenu de votre approche. » Il ne pensait pas qu'il nous fit aucun mal ; mais ce chef était un homme fort extraordinaire, et, si une fois il nous avait en sa puissance , nous ne trouverions pas facile de lui échapper ; il pourrait nous garder deux à trois mois , ou du moins nous ^tiendrait assez long- temps pour satisÊiire la curiosité de tout son peuple. Comme le chef deBocquà était persuadé que ce prince pouvait nous rendre les plus grands ser^iceif ^ s'il était de nos amis , nous lui d^emandâmes un gitide et un messager pour nous accompagner à ^ta et nous présenter au roi.

Mais il i*épondit qu'un homme , venant de s^

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