SOLITUDE
traîné paï* eux , notre canot quittait le lit priacipal , et c'était à grande peiné que nous pouvions l'y ramener. Tout étant disposé à bord , nous serrâmes cordialement la main du chef et des principaux personnages de sa suite , et peu ^e minutes après sept heures , ayant salué nos hôtes de deux à trois toups de fusil et d'autant d'acclamations , nous partîmes de Bocquâ ; et la petite ville , d'apparence propre , fortifiée d'une bonne palissade en bois , fiit rapidement dépassée.
Les deux rivescontinuaient à être mon tueuses, frangées d'antiques d'arbres , qui se courbaient :sur l'eau; ji onze heures nous étions en face d'une ville, qui, d'après la description qu'on nous en avait faite, devait être Âtta. Elle est bâtie , tout'auboi^d du fleuve, du côté Sud-Est, ^làns une situation élevée , sur une' belle pelouse verte. L'aspect eh est d'une beauté inexprimable. La vil^, d'une prodigieuse éteïxduè ,' est oi> née d'arbustes verdoyans et de beaux et grands arbres. H y avait quelqutes canots au pied de la hauteur , mais en côtoyant la rive opposée nous échappâmes à l'observation. Plus bas, les bords devenaient de plus en plus boisés et plus ombragés
qu'auparavant, et, pendant plus de trente milles,
nous ne vîmes pas une ville , pas un village , pas
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^êine une butte isolée. Notre canot glissait , au milieu du silence et de la solitude , aucun bruit i(^ se faisait entendre, excepté ) de temps à
autres ^ le son de nos voix et les coups réguliers des pagaïes. Point de chants d'oiseaux , pas un animal qui froissât les feuilles, qui foulât le sol ; tout était iMmobile et muet ; et le magnifique Niger semblait dormir entre ses rives désertes. . De Bocquà , la rivière coule dans une vallée , -enti^e des montagnes d'une hauteur considérable. Son cours ) jusqu'à Âtta, est Sud-Ouest e:t si^ Biteux. Vers le milieu, du jour, les collines , au JNiprd*Ouest , nous semblèrent^ décroître ; et cellesde l'Est tournèrent au Sud*Ëst^ ^ndis que la rivière continuait à couler au Sud-Ouest. Vers deux heures de l'après-midi , la nature des rives changea entièrement ; de hautes , elles redevinrent basses et marécageuses, particulièrement à gauche ; couvertes d'épais taillis qui , en partie , pendaient sur l'eau^ Une demyieur|i^près , nous dépassâmes deux charmantes petite ile$ ^ qui nous semblèrent inhabitées ^ et, à quatre heures, nous vîmes une branche de la riVièrè , courant au Sud*-Sud£st ; elle paraissait large d^un quart ^ de mille. A ciiiq heures du soir, nos gens étant las , nous découvrîmes un canot, et fîm^ force de rames pour Taborder ; mais ceuxqui étaient