COMMERCE
conduite à notre égard, depuis notre arrivié^^, «st un titre à notre reconnaissance. Il ne céèse de nous prodiguer des témoignages dTntérét; tous les matins il nous envoie des provisions qui suffiraient pour cinquante hommes, et il y ajoute encore du vin de palmier , du rhum , des noix de coco, des bananes , et quantité d^autres bonnes choses et friandises du pays.
Une grande partie de la population de Damuggou est partie ce matin pour le marché de Bocquâ. On en rapporte de la poudre, des fusils, du savon , des cotonnades de Manchester, et grande quantité de rhum , ou plutôt d'eau et de rhum, car il n'y a pas un tiers d'esprit dans ce qu'on vend aux naturels, encore est-il de la plus mauvaise qualité. It&donnent en échange de ces marchandises , de Fivoire, des esclaves, qui passent de suite aux mains des Européens.
Le Niger se retire rapidement ; hier et aujourd'hui il a baissé de trois pieds ; nous eu concluons que les pluies ont cessé dans l'intérieur , quoiqu'elles commencent. seulement à diminuer ici.
Les habitans de ces contrées ont à peine entendu parler de la religion de Mahomet, et adorent quantité de dieux et de démons , comme les habitans du Yarriba et d'autres provinces de l'intérieur. Ils ont des dieux tutélàires pour
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chaque individu ; ils en ont aussi qui ne se mé-^ lent ique des affaires publiques , et qui ont pour tàehe de yeiller à la sûreté et aux intérêts de tous^ Leurs danses religieuses^ leuj^ étants^ hymnes ou cantiques diffèrent peu des cérémonies des autres pays idolâtres ; les oroyanees se ressemblent beaucoup ; ce sont les mêmes su-^ perstitions , les mêmes cérémonies. Il n'y a lieh de particulier ni de neuf dans leurs idées sur l'immortalité de l'âme , les réc<Hnp6nses et les châtimens d'une autre vie*. ^
Le dernier occupant de la hutte qu'on nous a donnée est mort ^ il y a peu de jours , et a été enterré. Mais hier soir^ on a déclaré publique^ ment que son dieu tutélaire l'avait ressuscité^ et replacé au nombre des yivans. On prétend que ces aventures ne sont pas rares; tout le monde croit , ou semble croire à ce prodi^. ïje mortel , ainsi favorisé , a été placé au centre d'une longue procession , accompagnée dechan-* teurs et de danseurs, comme il est d'usage. Oiu Ta promené dans toute la ville, et montré gratis à tous les curieux. Quand le cortège isortit de la maison du gouverneur , un messager vînt nous demander si nous désirions voir le miracle et le revenant ; mais nous avons refiKsé cet lumneur* Il eût été extrêmement désagréable d'avoir