‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 41 sur 99 · DÉC13I0N DU PAL AVER. I7I · texte numérisé non relu

DÉC13I0N DU PAL AVER. I7I

du pays ^ les naturels préseus avaient pris sur eux déconsidérer la catastrOJ)he qui avait eu lieu le martin ^ et de rendre Un jugement. En çonséquenee^ ceux de nos effets qui avaient été saù-» vés de l'eau, nous seraient rendus, et le nodr qui avait commencé les hostilités, en attaquant mon frère, perdrait la tête en expiation de sa faute , et pour avoir agi sans l'autorisation de son cbef* Quant à ce qui nous était personnel , nous de** vions nous regarder comme prisonniers, et con*sentir à nous laisser conduire le lendemain ma-* tin à Obie^ roi du^pays d'Eboe, par qui nous devions être interrogés , et qui expliquerait ensuite sa volonté et son bon plaisir concernant nos personnes. » Nous entendîmes cette décision avec un sentiment de bonheur indicible; et, pleins; de reconnaissance , nous rendîmes des actions de grâces à celui dont la main divine s'ë^ tait étendue sur nous , pour nous sauver au jour du péril.

* II* était probablement heureux pour nous qu'aucun objet de valeur , dans nos bagages , p^eùt excité trop fortement la cupidité des naturels ; et c'est peut^ti^ à cette circonstance, et à l'envie de ceux qui ayant eu part è la côn-' quête n'en avaient point eue au pillage, qu'il ^ut , après Dieu , attribuer notre salut Suivant

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tirent, tout de nouveau , pleins d'une émotion religieuse ; mais nous étions les seuls qui songeassent H «lever les yeux au ciel , les seuls dont Tàroe fût touchée ; et cet admirable site, cette heure solemnelle , cette obscurité mystérieuse, ne parlaient de Dieu qu'à nous.

Les homm^ de Kirri ont un aspect s^uyage ; ils sont singulièrement forts et athlétiques. Leur seul vêtement est une {^au de léopafd ou de tigre, serrée autour des reins ; leurs cheveux, nattés, sont collés à la tête par un épais enduit de terre rouge, et leur visage est couvert d'incisions coupées dans la chair, de façon à former de profonds sillons ; chaque cicatrice , de deux à trois lignes de longueur , est teinte d'indigo. Il est à peine ^possible de distinguer un de leurs traits an milieu de toutes ces coutures , et jamais je ne vis créatures humaines plus défi-^ gurées. Les négresses d'Ëboe ont de jolis traits , et nous ne pouvions nous empêcher de penser que c'était pitié que ces hideux sauvages fassent favorisés et bénis d'une si charmante race de femmes. La marque des gens d'Eboe est le bout d'une flèche , tatoué sur les tempes , la pointe tournée vers Tooil. On nous a annoncé que le chef du premier canot qui nous a attaqués sur la rivière ce matin, avait été mis aux fers. e( qu'il

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était condamné à mort par les gens du lieu, qui se sont déclarés nos amis. Ils ont pris notre parti avec une telle vigueur et ressenti si profondément notre injure , que , si le roi d'Eboe , dont notre ennemi est sujet, refuse de faire exécuter la sentence , on affirme qull ne sera plus permis à aucun de ses canots de venir commercer dans le pays. Les femmes du condamné pleurent autour de lui , et mènent grand deuil.

Vers sept heures du soir , d'épaisses et Urges nuées\ montant de l'horizon, ont enveloppé les étoiles comme d'un linceuil ; Tobscurité est devenue complète^ et nous avons eu un tonuido, suite ordinaire d'un jour étouffant. Il a été violent , mais court ; la pluie' est descendue par torrens ; le vent hurlait et gémissait à travers les arbres, et tous les feux s'éteignirent à la fois.' Notre canot était à^demi plein d'eau^ . nous étions inondés , presque noyés ; mais , malgré tant d'ineoD venions ^ d'incommodités, de découragement , nous nous sommes arrangés le mieux quç nous avons pu pour dormir jusqu'au matin , car nous étions épuisés par ce long jour d'anxiété et de &tigues.

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