‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 5 sur 99 · VISITE DES NATURELS DE GUNGO · texte numérisé non relu

VISITE DES NATURELS DE GUNGO

cher; là partie qui n'eslpas envahie par rinondatiop a été nétoy^ paur nous , et nous y sommes passablement établis. On nous a apporté une grande terrine de blé bouilli , et une autre de pbisçon , avec environ <Kx livres de viande d'hippopotame* Nous nous sommes fort bien arrangés dés deux premierj^ mets y mais la viande n^étapt que dé la graisse , nous l'avons dominée à nos gens. Notre délicatesse les a fort amusés, ils nous assuraient n'avoir jamais goûté de meilleure viande ; là chair d'hippopotame est ici là principale ^a^rriture des habitans.

Les^ naturels d^ 'Gungo semblent doux, inoffensifs et paisibles. Ils vivent de pêche, et écha];igent du poisson avec leurs voisins , contre du blé et des ig^ameSf An coucher du soleil ^ nous avons eijt Is^ visite de toute la population de l'ile , mQjpit^nt à mie centaine de personnes ^ t^ant hpinmes que femmes et enfans, décem^.

in^nt vêtus, et conduits par leur chef, vieillard vénérable. |1 portait ,1e costume .mahométan; il Étranger la foule., et la fit asseoir avec beau-^ coup d^ordre autour dé notre hutte. Ils gardèrent cette ppsture environ une heure , satiiifai-^ sant leur curiosité» en nnus regardant, et s'a^ dressant mutuellement des observations , tandis que- leurs physionomies exprimaient beaucoup

4e plaisir et de surprime. De notre c6té , nous ne pouvions lear parler q^e par signéis. Les hommeis ne se montraient point àlarméSyinaislfesfemnles, et de jolisf petits enfdns h joues rebofûdies (ear un enfant, quoique uègre^a de là grâce et du cbarme) isemblaient eJBTrayëâ de. nos. figures blanches^ et se cachaient ïe visage , fort aises de s'en aller le plus tôt possible. Avant notre dé^ * paft, nousleur distribuâmes deui cents aiguilles^ qui furent i^çues avec beaucoup de rècônnàissahde et de joie. '

Lundi ^ î6 tX^btè.-^Ce matin, ciel somhve et nuageux. Un peu après èit heureis, eojhme nous nous disposions à partir, le chef est tenu au bord de l'eau nous apporter, en reconnaissance de notve visite ^ un morceau d'hippopotalÀë , àoLûs une' calebasse blanche et fort pr6pl*è« Ce don a été très->-goùté de nos gens qui estiment . cette iiande une grande friandiise. Nous avons O0ertanqhef une centaine d'aiguilles, ^t aux jeunes filles qui nous avaient apporté deS provisions^ quelques colliers dé verroteries. Elles ont paru ravies , et je ne • doute pas que notrfe visité n'ait fait une impression Vive et dura-^ ble sur Tesprit de ce simple et bon peuple^ Après atoir lu haut là prière , coutume que nous n^avons jamais négligée ni sôi^,îii mâtin , ndUS

aVonç^t judieu am cKef (fe Gnilgo et i^ ses aajetf^, assemblé]^ ^r la plage p^ar &ous voir encore. Lorsc[i3»e netre tranot à laissé la rive^ toua ioh% leyé Jessnaijià en Tair, M^ sôuliaitaiit uà lieurètix voyage.

Il 9'y avait jpas plus d& demii^heure que nons "éti^ûi nmt l'«aQ^ tipitod le w^to^ a fraiôhi^ icf 4)oiibi£âftt bientôt de vidlenoe^ il a agité '1^ fkmy^ ^ o^me uiie -mer \ notre petit esi^uif i^ ,pi V uni à XBOt Maille de lioix, montait et descta4> dàit sur les vagues. Il tembhit \itie grosbe pluie i|«î nous bîiem^ait jus^^aux 98 ^ et remplissait a iiii^kîé liolïre eàiiot. Nous étions aiorsîmv milieu iAala HTière , Ist en danger d'èmfoncer à citâque instant, ^qs bomuses famaient d'incroy^ables ef^ ^té pour, gagner les jônqs qui bordaient la rive droite^ufin que nous pûséîons taous y leier^, jus^ iju^à ^e que le tent et la pkiiè fussent ab^tti» , et que Teau f ait iiôde venue calme. Le vent /§f)itf il oêtit|:^ nous^ Feàu dans une agitation co«tiifidelie ^Idt notx^ firagile petit vàisi^eau reçut , sc^ lob Texpres^cia des marins^ «plus d'un lûdup déniiez. )) Nous veinons ^eiifin iie péniétrer dans le marais,'^ nous «ious^ félicitions cte <9et«èdéliTi^nbè-, loracpi'à notre grande tèrrfeu^ un >£-

firojrable craooidil^ d^ûiie grobis^ur Wninstruètl^^v «^éludca dé 9M' «unisiire s bo«t bWis dé notee' 'tà:^

^8 VILLAGE SUBM EI^GJK .

not, et plongea dessous avec une étonnante vio*- Itence ; nôiis rivions éviden^ment troublé dans ^on sommeil. C'était le plus gros c]x>€odile cpie j'aie jamais vu; s'il eût touché noti^ barque .^ il l'eût infailliblement renversée. La pluie, jointe à l'eau qui nous arrivait par-dessus bords, remplissait le canot, au point qu'il nouç fallait ein-^ ployer constamment trois ^personnes à le vidier. Le gros ^emps ayant enfin cessé , nous quiti^m^ notre retraite vers huit heures et demie , pour reprendre le fil de l'éau, •

Vers dix heures,, nous étions en face d'im grand village, situé sur une îlepUte et bass^. A cet endroit, le courant passait*, avec toute l'itnpét.uosité d'un torrent , sur un large banc dé sable; malgré tous nos efforts pour résister, iious ne pûmes

maîtriser le canot , il fut emporté avec une irré-r sistihle vitesse , et eA moips de deux minutes , j^ frappa contre le toi^ d'une l^utte , qui était sous l'eau. Le choc iut si rapide et si viojent., qu'un de nos hommes fut lancé par-sdes^us bord; les autres , plus heureux, se çrampoiiuèrent aux branches d'un arbre. Le courant étant trèiShpeu profond , malgré son excessive rapidité, l'homme put regagner le bateau; il avait eu plus de peur que de mal. Le village est à peu près balayé ou Çf^uvert, à l'exceptipn d'une douzaine.de maisons^

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.tant les eaux sont hautes. Nous vîmes un grand âboibre 3e canots ocçupçs à recueillir les faabi^ tans, pour les transporter en terré ferme, • A Zangoskie , on nous iavait fortement recona- . mandé d'aborder à une grande et importante ville màrôhande yntvpané^ Egga , et qu'on notis dit être à trois journées en descendant le ]^[iger• Iie^ideoii messager, qu'on nous avait donné ^ < devait nous y accompagner, mais depuis hier, nous n'avons pas entenjdiu parler de lui , et ne l'avons pa^ revu. On dit qu'au*-delà d'Egga , lès Fellàns n'ont plus d'influence , et que, passé cette ville , les bords du Niger sont habités par différ rentes races, moins douces , moins humaines et moins civilisées que les Noufanchies ou Nyfféens. Nous étions parvetius jusque là sans guide, parce qu'il i^^vait pas pl4 à ce dernier, de nous accompagner^ et ^arce qù% nous ne voulions pas consentir à l'attendre. Mais ici , nous jugea* mes prudens dé prendre des renseigoémehs sur cette ville d^gga, dont on nous avait parlé , de peur de la dépasser sans la voir ; et si pareille chose' nous fiVt arrivée , je crois qu'il nous eût. été impossible de remonter contre le dourant. Nous approchâmes donc du village, criant et appelant, de toute la vigueur de nos poumons , les hàbitâns que nous voyions aller et venir dans

ASMCr I^S BItU«

rues , ayaMt de l'eau jnscfifaux genoux ; tnà^ ils ëèâfietitÀ tm^ tri^ graïide dktaiice klit canot: ^ ou trop préoccupés de lieUrs propre affaires^;' il est probable d'ailheurs qu'ils i>e coipprireut pas lios qUestiohis , et de notre côte nous ii^enteùi^ dî<mspàs tem% réponses. Cependa^ . deux ou OU tk*ôi$ pji^êlres Miallaïus nous£rent saT<ûr, taidt

* bien 4piè mal , que le Niger était pli;is gros que de coutume cette année , qu'il avait franofad ses limites naturelles ^ et ^etupocté une portion con*sidérable de leur Tiliagé ; et qui était éviidant' pto le firai>d nombre de carcasses [db buttes que . tkoàn avions -TU «kfoncées dans le sable : . léûrc l;^its circulaires faisant dans la. rivière Veôet. le plus singulier^ Ce qui reste m^n tenant du viW làge , est plus d'à moitié sous l'eau ^ eila detresafe des malheureux faabitàtis doit jltrer^igrânde.

-Voyant que nous*ne pouvions tirer d^ux aucune autiie information, ilbiis nous sommes éloignés « et bientôt après^^ . nous élioiis - par

ié travers des montagnes rëmarqnablds iqa!kier xiOU$ avions, vues devant noos^ biles panais*»

.èaient maiiK;çnant avoir le, k)mmélt plat "^ en fbrme de tabte , et selnblaient tr^près dé là Hvièré ^ une ou deux domàaieni l'idée de la plu^ complète stérilisé y d'autres étaieai couvertes é'uéev^éllàtîxHï chééive et À*abou^;r»e i ^inuitreà

eâfitt étaieblftèrtilei^'^ et oultivéés eh blé préfet

fùsqu^à U tîtne; à leurs bâte» ^^étendaietit de ckàrmaDs yillâges,' déliçieûsemetit situés, et étubellis dé bçûux et gràitids a Ares.

Cotnme nous avancions , nous observâmes une montagne ^ort éloignée à FÈst; , qui se terminait &n ùh iitttuense* dôme. A midi, nous notts arrêtâmes à une J)étile île , pour y d'emàhdèr jdes ï^enseignemens sur Eggà ; maïs tout ce que noiis pûmes savoir, c'est que cette ville était située beaucoup plus loin.

À quatre heures de l'après-midi , nos hohimes *e plaignant dé fatigue «t d'épùiseméht , nous abordâmes dans une petite île , appelée Fôfo , où nous résolûmes de coucher. La rivière avait àtiiouttl'hui bëaucC^up de- sinuosités ; Sj^n cours général était Sud-'E^t et EsNSud^Bst , et !sa làîv geur variait de deux milles j usqu^ si x •

Comme nous venions dé débart|uèr , un homme* nous, accosta. Il arrivait', disait-il , dé Fùnda. U édftrjue qu'il y a trois jours de marché dés boi*ds du Niget aux fwtttieres de ce royaume ; et que la capitale , qui porte le thème tooihs, est à )a hiémé distance dans l'intérieur des terrés. Si cette inforinàtioh est juste , une visite k FÙhdù est peut houS thosé impraticable , car îtôUB «TèmitléS ètM tlmmï. et kalii fdbyéii dtë

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