COQUETTERIE
eore enfant, car, les blessures ayant mal guërf^ la peau s'élèye en bourrelets d*un demif*pou€e au-dessus des cicatrices. A chaque tera^e , près de la reine et touchant presque l'oelir, est ta* touée la pointe d'une flèche, imitée arec quelque exactitude. Il paraîtrait que l'on a intro-^ duit de l'indigo dans, la chair arec la pointe d'une aiguille , et c'est par ce^te marque, tracée sur tous les visages , que les femmes d'Ëboe se distinguent de celles des tribus.voisines.
Avant de déjeuner, Addizetta passa plus d'une heure à nettoyer et à polir ses dents, en les frottant avec les racines fibreuses de je ne sais quel arbre ou arbuste, fort estimé pour cet usage dans son pays, ainsi 4jue dans l'intérieur de l'Afrique. Des milliers d'individus emploient ici une grande partie du jour à cette amusante occupation. Et c'est à cette cause qu'il Êiut attribuer la blancheur qui distingue, en général , les dents des naturels.
, Vers dix heures du matin , on a servi , pour déjeuner, un plat de <poisson bouilli avec des ignames et des bananes. Le roi , craignant que notre présence n'incommodât sa femme , nous a fait prier de nous retirer un peu en arrière pour qu'elle pût manger plus à l'aise et plus tranquillement : car^ hélas , nous sommes loin
CÉRÉMONIES SVPfiASTITIEUSESi 24^
cl'étre ]placés sur un pied d'égalité ar^ee Addizetta et son royal époux. Quiuf^dUs ont eu fini de déjeuner^ et avalé une caïebasse de Feau du fleuve , on nous a servi , à notre |our , notre gamelle, et après nous ^ l'équipage et les esclaves ont été aussi régalés d'ignames et d'eau ^ Le ^ soir , un autre rafraîchissement du même genre a été distribué à la ronde : ce sont les seuls itepas qu'aient fait les hommes d<eBrassdans les vingt^quatre heures. Avant de manger , le roi Boy a pour habitude d'oflrir une petite portion de sa nourriture aux «Esprits de la rivière , » afin de se concilier leur bienveillance et d'assurer le suocès du voyage. Il ne boit pas un verre de rhum ou d'e^u-de-vie y sans en jeter quelques gouttes dans l'eau , en invoquant la protection de ces êtres imaginaires , murinurant çntre ses dents quelques mots ^ dont il va sans dire que nous ne pouvons comprendre le sens. Ces coutumes religieuses sont invariablement observées ^ à ce qu'on nous assure^ par les habitans de Brass , quand ils quittent leur pays , ou y retournent , par la voie du Niger : on appelle cela l'ofirande du manger et du boire , et on la reniouvelle k chaque repas. Un usage du même genre est établi dans le
Yarriba , à Badagry , au Cap Coast Castle et géin. i6
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néraiement le long de la cote occidentale.
Jamais les naturels d'aucun de ces endroits ne boiraient un verre de liqueur , sans en répandre une petite quantité à terre comme cérémonie fétiche: Dans la mâtinée nous avoirs vu une bi-atiche du fleuve coûraiit à TOuest , le bras jyrincipal descendant toujours âU Sud-Ouest.
Nous nous ôbmiiies ai^rêtés aujourd'hui poirr acheter des ignames , des ï>ananes, des noi)^ de àocby dans différeris petits villages ; et la curiesite des pa^lVres habitans '^ à notre aspect^ était exiiessîvé* Ce sont' principalement des pêcheurs el des ^ laboùréUrfe ; tiaalgré nos habits si ^icB et sî^ grotesques , ïh ne iidus ont montré nulle ^ro^ièreté; loin de ïa , ils stt sbtit conduits «i- Titeméh^s ^t 1^^^ einprèsèèiÉf»^t à nc^vbir rfàvait rien d^ péiiible pour tiimÈ. lits^pôttê- Toix sbpt s à ce que nous imaginoïis ^ unégrattdfe hou^aiilé pour les naturels deBt-asS, k éii jugeftdu môihs par Péxtk^êmé Wvissemtint oh léÈ'fmk cette mtisiqùe, (JUi n'est pourtant rien mteitf s que mélc^use. Dfeux ; de- ces îtistriàmens , 'cdmttië noua Pavons dit hier, se trdtttaieàt^dans h catfèt pour que Toii pfùt dynniei* d&i^ or#è« ; et ^ mdfé joui- V te^ 6fflcierS' n'bnt f^^ cessée cRx t^friablës^de ^ilë', d'y apîpli^'ei:* Icfur; bouche , tant e^fvtf le dêsl^ dë'chàcim de $ôiMer lW^»s; et d*ajnu-
VILLAGES bES ItIVES. ^4^
ter au bruit étourdissant de continuelles querelles. C'est un ennuyeux concert, mais nous sommes bi^n forcés dé nous en arranger et d'écouter en silence. Les trompettes sont ici tout à fait de luxe, lés voix des hommes de réqui|)agie étant ' à^ëz liautes^et asëéz ' puissantes pour suflSre à toutes les choses de Nécessité et d'ui^ehce; et, quand ils enflent leui^s poumons d'airain^ il n'y a' pàS porte-Voit au monde , quelque grand qu'il puisse êti'e , qui soit de nature à lutter aTéc l'horrilile bruit' qii'ils font ; ils étoufferaient les rugiissémens délai mer.
Indépendamment ' des officiers du canot et de leur suite', nous avons à boi*d un tambour, Tînteiàdant du roi, la fefiamë de '<ihambré de sa fémmè , et dèiix personnes occupées à vider l'eau, sans compter trois capitaine^, pour la direction et là sûreté du canot. Le tapage fait pai^ tout ce monde^, à ïibtre départ, en hur-^ lant à leur fëtiohe à traYerîsl les porte- voix ^ passait toute description;' Leur but était dé nous assurer un hieureux voyage ^ et bien certainement ^ si le* bt'àit y peut quelque chose , nous pouvons compter sui* tdiit le bôtfheur imaginable, liés villages devant lesquels nou^ avons passé aujourd'hui, étaient très^tiomibreux, et seniéâ sur les bords de la rivière, à des inter*
!à^S VILLAGES DBS RIVBS.
yalles de deux à. Irois milles ron de l'autre* Ils étaient entourés par plus de terre cultivée que nous n'eii avions encore vue cette dernière quinzaine.^Les récoltes consistent en ignames^ banane3^ figues bananes, maïs, etc.; et nous n'en avons pas vu de si abondantes depuis que nous avons quitté Kacunda. Le sol des rives semble très-propre à la culture du riz , et de toutes les autres espèces de grains que nous avons observées dans l'intérieur. De la rivière , les vil-
lages ont un aspect très-agréable ; les maisons, bâties d'une terre légèrement coloréie , et recouvertes avec des branches, de palmier, ressemblent beaucoup à nos propres chaumières. Ces huttes sont de forme carrée , avec deux fenêtres de chaque côté de la porte , mais sans étage supérieur.
Ces villageois ne se montrent pas plus confians que ceux au-des$us delà ville d'Eboe , dans leur trafic avec nos gens; car les hommes venaient seuls apporter leurs ignames et leurs vivres , et ils étaient armés de fusils et d'épées. Leurs poissons consistaient en chair de chat-marin et en /!revettes ; fumé sur un feu de bois, et bouilli ensuite, cela était très-mangeaible.Xes naturels de cette partie des rives ne sont point tatoués ; ils portent des étoffes de gazon tressé ,
CÈNE BANS LB CAKOT. n/^g
Tittacfaéés autouf de leur corps , et les plus riches ont ce tétément unique en cotonnade imprimée. Nous louâmes deux petits canots pour porter leS'ignames que nous avions achetés.
En plusieurs endroits, nous avons remarqué que la rivière inoilde ses bords , et coule à travers les arbres et d'épais taillis. Dans les endroits où elle est le plus large , elle ne parait guère avoir qu'un mille et demi ; son cours, aujourd'hui y se drrîgfeait presque droit au Sud- Ouest ; sa liirgeur diminue sensiblement : ce n'est presque plus, qu'un fleuve ordinaire .
Samedi^ 1 3 novembre. — Il n'y a peut-être pas isous le soleil, pour celui qui est fatigué et épuisé, plus grand soulagement qu'un sommeil profond et fortifiant} ni , dans notre opinion , plus grande souffrance que d^en être privé. Dans ces heures muettes et sombres que la nature a destinées au repos, l'insomnie est presque toujours accompagnée d'idées lugubres, d'impatience, de tristes présages, de douloureux souvenirs, et amène constamment ta langueur, la lassitude et la maladie. Il n'y a pas créatures au monde qui aient plusi de raison de se plaindre que nous de voir leur sommeil interrompu , leurs nuits troublées. Jusqu'ici nous avons dû en accuser l'humidité, les pluies , la rosée , le froid , les attaques des
a5o QÈKE, DANS LB CANQT^
jQOsquites, les bruits efiroyables,; les cris per-r gains^ ; une fatigue excessive , pu dbs ^j^préhen? sions et de l'anxiété d'esprit ; maii^ténant^ à dé*faut de ce3 causes^ ^çussomin^es g^nés^ et si péniblement seri*éS) fautcf de pia<:e, que, quand nous tombons de sommeil, nous (rouyons impossible de nous appuyer d'afiqun côté sans quQ les lourde^, jambes de M. et de M"' 3oy, avec leurs prodigieux ornçmens, 4'i voire, ne pèsent sur iiQS visages ou sur nos poitMn^^* Une fpis. dans cette position , il faqdrait la i^rce d'uii rhinocéros pour s'çn tirer ^et c^est<ie. qu'on peut ii^aginer de plus ffitigant. La nuit^deniièire, nous avons été extrêmement ^mall^eureux,, et une seconde attaque de fièvre.^ qui m'a pris ce soir, rend ma situation encore plus lamentajble et plus cruelle ; il serait absurde d'espérer jouir d'uif peu derepps, quelqu'impérieuxiqil'eA soit le {>ej|5pin ^ Iprs* qu^ dçux , trois; 01) quatre japib^s e^ pieds nus , gros^ noirs et ri^des , sont pfi^ contact perpétuel avec, votre figure et votre corps, fermant pasT ^ge à la respiration , et pesant quelqi(efpis, avec asse2; de force pour menaçcir de vous etoufTer; Ne pouvant endurer plus longrtemps ce sup-* plice, cette nuit, j'aipréféré me tenir debout dans le c^not } mon iVère , assez indisposé , étaiit fout-*à-fait hors d'état^ d® suivre , mpn exepiple ^
GÊNE DANS LE CANOT. a5l
et j'ai dû faire mes efforts pour rendre , s'il y av^it ra<)yen\, sa.situatiqapIusteQable, dans ce but j'ai pincé le? pi^ de nos ronjQlanS: compagnons ( M. et M"' Boy) à plusieurs reprises^jijsqu'à ce que la douleur letf réveillât en sursaut et leur fît retirer leurs j^mb^s; grâce à ce, stratagème ^ John put se placer e^ ^arrière de quelques pouces ^ et poser sa |é^e dans un étroit espace, çntre deux boUps; piaiç il Vav^it p^s la faculté de se tourner à. droite ou ii, gauche ^ et , ainsi eficaissé^ nepoHvant bouger ses m eipbf^es souffreteux, il a passé de Jpi^çs henrçs scuisr sommeil , et s'est levé ce matin les os bri^ép^^^tes bras et 1^ jambes rompus, se p^afgi^nt ji^nère*. me];it,d€f^jaiigoisses que lui avaient fait éproiiver. les pijeds 4u robii&te coupde royal, leurs anneaux d'ivoires et leurs tas d'ignames.
. Ce n'est qu'à de^ heur^Si du matin que nous, aypnsg^gnéui^eji^drqitpù l'on pu^s;'arr|ter unpeu et I^içser a^i^ rameurs quelque retâche. Au point, du joui:: nousa vonç i^f^B^^ ^^ ÇQurant^etljSS pagaïes ont <Je iK)(uy^au fçpdii les eaux ; \ sept he^t^es du m^tin <; %py et^ femm^e étanjt deçceodi^ à ter^^e pour con^n^erqQr, j'ai pris leur .place et j'ai dormi prpfppdémeïit unie heure et deiA\e,A ^^^ grand soula^emepl;. Nous av^igkSf passé la journée tou^-à-^fait cpmme hiieri sa»$ i:eucpn^r>iK ^^^^ ^