‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 74 sur 99 · TENTATIVE DE^ RACCOMMODEMENT · texte numérisé non relu

TENTATIVE DE^ RACCOMMODEMENT

sans inténtiop de Iç faire \) niÉks ayioii9>éeUer ment trompé le roi B»y, et je me rappelais l'iin?menise service qu'il nous avait rendu, en npus tir/int d'un état d'abjection et d'esclavage. Pre»*ipiê tout ce qit'il alléguait contre nous étiût iexact ; j|3 sentais que , sous une foule de rap*ports , son co wroux était j u.stifié .

(( La fureur de Boy s'étant un peu càlméé par mon silence ainsi que par la violence de son agi* tation y je me hasardai à l'assurer avec dou^uir, sur la foi de la lettre de mon frère , que ses :soupçons étaient tout à fait mal fondés^, que M. Lake avait o^tiiinemeat le vouloir et l'en- Vie d'entrer en arrangement avec lui , pour le paiement de ses justes demandes, ajoutant que je ne doutais pas que tout ne se réglât à sa cqm^ plètesatis£uption, dès qu'il nous aurait conduitsJi bord du brick. U se méfiait de mes paroles, mais y crut à-demi, et quitta bientôt après l'àppei^ë-^ ment , menaçant de ne me laisser quitter Brass , qu'à son bon Tplajsir et à sa eonvenance.

«U est di\r et humiliant d'en être réduit ii mentir, et à recourir aux plus jnéprisables subterfuges , popr obtenir <ce qui devrait tout »a-r naturellement être affaire de droitare et d'inté*» griiéi' Mais bt iconduite de Lake ne nous laisso pa&le Aoii. Ih lent que cet homme t|oit dépouiv

doft Pt^pJLfit Mi Gens nm DAHuoomr.

Yù de tous les ««fitimeiv^ d'honaeiir ^m caràcté- -«ésetit lin marin anglais ^ et df toute e^èce de igénérosité ^ poor se re^adit coupable ^ presque à 9on lit de mort , d'une action qui peut avoir les eniites les plus funestes^ et qui compiromet^ aaas line terre étrangère, aii milieu de p^uplades^ sauvages , d^s Anglais, ses compatriotes, les ex*posant, de gaîté de cœur^ aux korreurs du besoin , aux souffrances dé re^layager,^ à la moquerie ^ aux inauTais traitemens, et même à la

mbrt«

» Samedi^ 20 hofembre*^ht roi Boy. ne nous a pas visités d^aujourd^imi^ quoique nous ayomr

reçu de ses femmes notre pitance accoàtumëe de quatre ignames. Addizetta en a ajouta six ce matin , compie cadeau , en recQunàiâsanoe du bien que lui a fait, une dpse de lauduBum que }è lui ai fait prendre hier soir, pour la soulager .d'une douleur dans Ie& régions inférieures de l'estomac , à laquelle elle nous dit être fort sur jette. Noskoffimes sont, ce soir^ un peu ranimés de corps et d'esprit, grâce à ce renfort de vivres. « Biriumche^ 2 1 novembre. --^S* m congédié aujourd'hui les pauvres ^eus. deDamuggQu , avelt un; bon sur le capitaine ^d'up di^ . vaisseaux au-» glais qiû se pouvait trouver dans la rivière Boniày; lequel bçm est ime prî^xîe dé rtmettrç

tBS VOLS. . !I99

atix'pdi^ieiits trois bârikdte poudré ei^ quelles âisUs^ sur rassurancè cPen être payés pai" lu goavdriiement britaiiïiique. Ik ont cptitlé Brass dans leur propre, câuoi y tout^^-ftit abs^tto^ et découraigés. Antonio ^ le'j^mne kewme qfui ihms a toujours accompagnes, et que ttous avions prfe à b(»d dû brick le CUnkery à Badirgfy, est re^ parti avec eux pour son pays natal , oiit it re^ tourne après Àiie absence de deux à trois ans. Cestie frère' du souverain actuel - de Bonnf^^ 01 lefiljs di» feurâi.

. ((I^h^/) 2fandP^m^re*-^^Un>o« deux ina lins petits garçons , qui spnt eselïre«9 du tkâ, Bàf^ noas oiit apporté aujourd'hui , en don, quelques figues bananëis^ Ils avaient dérobé des ftuilles^de tabac dans un jipparteiiaent voisin*' du ndtre-) no^ hommes avaient été témoins du larcin^ et les mS^ dvôles^ craignant les suites d^une déli^ tioii y avaient imaginé ce moyen de lésf gcignevi Les fi^nmes de Boy, en Tabsence passaagSre dé letior seigneur et maître , ne se SQ^t pas mm, pfaià fait scrupule de voler dans ses nragàsiiis une gr^fc .pumtité d. rh™ , q«y k. *«»»«-. ï leatA amie et connaissances. ËUesont eu recours afU même expédient que les petits garçon^ ^ ^^f^ra^ s'assurer de notre discrétion* Une d'diies^ 9.^ lait Tofficë de duègne, est la confidente àe^ ^^7

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pROcss d'adultère..

et su fiyorité. En âgne .de son anterité ^ ell^ poi4e un trousseau de dés pendu i son çoL Elle a aussi la gàt*dé d^. tous les effets .deson naître ; et, .comme distinction, elle jouit du pri- Tilège dé se servir d!uBe canne à pomme , qui ne la quitte jamÉis. Cette femme, d'un excellent naturel ^ régalé nos gens -d'un verre ou deux de rhum par joui'.

<(Hier soir, le roi Boy, complètement nu , et le coips barbouillé d'une façon hideuse , courait par la ville, comme un maniaque ^ une lance à lai main > appelant de toutes ses forces D)u- JDlju^ et. poussant^ à chaque angle de rue, un eri sauvage et frénétique. Il; paraît qu'une des &mmes dé son père est. fortement sos^ànnée d'entretenir un commerce adultère avec un homuielibrequL habite. la ville, Jet, confer^pémèilt -à. un ancien usage, on p^end cet étrsmge moyen pour . informer publiquement les h^ bitarô de la circonstance, et pour implorer l'aîde^etlesconseils dudieuy lors de Texainendes eonpables. Ge matin , lenéducteur à été trouvé mèErt , ayamC ^ k ce qu'on croit , avalé du poison > afin d'éviterun supplice plusicruel; et, comme le |nreC^ a déclaré qu'il croyait à la culpabilité de la.feintpe, e]l6:2^ été sur-^le^antp condamnée à être noyée» En conséquence, cette après-midi ^

. CfiATïNENT. 30I

la pauTre. créature a été tran^ortée, pi^ds et poings liés , dans un canot , au milieu de la ri^' Tière, où on l'a jetée sans hésitation aucune V après lui aToir attaché uin poids au:( pieds pour qu'elle enfonçât plus Vite.. Elle a subi son sort avec une incroyable fermeté. I^a foule supersti* tieuse croit que, si elle eût été innocente. dû crime dont on l'accuse, son dieu lui eût sauvé la vie , nïêrae après qu'elle eût été jetée à l'eàu : maiS) puisqu'elle a péri, son crime^est atéré.'Il n^est permis à la mère de la défunte de montra aucune diouleur ni. aucun signe de tristesse :deia mort prématurée de sa fille ; si elle le faiisaît ,rle même châtiment lui serait infligé : « cai% » disent les naturels de Brass, « si une mère pleure le sort d'un enfant coupable d'un crime ausisi in^ fâme, nous n'hésitons pas à prononcer qu'elle est aussi criminelle que 5a fîUe , et qu'elle a toléré ses vices* Mais si, au contraire, elle ttë trahit.point ile tendresse maternelle , et ne gémit pas sur «soii, isolement, nous enrconcl^oiis qu'elle ignorait la faute ; elle donne ainsi .une appî*obation tacite à la justice* de la sentence, et, se réjouit d'être débarrassée de qui! ne lui eût apporté que honte et déshonneur. » . : J . (c Més^ compagnons* se lassent de. jour en jour davantage de leur ^pos&tion, et s'impatiei^nt

3oa ABDICATION M fORDAY.

d'^o sortir. Leur aonie ^ la diiègfi« ^ les at régalés *liier soir d'aile grande quantité dërhlim ; et, leCtrs* griefs leur apparaissant alors sous un jour fim odieux^ ils ont eu lé courage d^allei* en corps relancer le roi JBoy dans son antre , et hii di^mander une explication sur ce qu'il compte faire de nous, lis lui ont dit âyèc iiiÉdigm^tioiiL qu'il eût à les tran^mrter à Ibord dti brick an'*' gliûs\, ou à les yeiidre comme esclayei» aux Esr pàgnols; alléguant qu'ils aimaient mieux perdre la liberté que mourir ici de faim. Ainsi pressé ^ Bqj leur a fait une. réponse équivoque^ mau les a ti^i tés beaucoup moins rudement que je ne le craignais*. J'allai ensuite le trouyer moi^niésie^ pour tâcher d'en obtenir une ' solution ^ mais il me fut difficile de troùy'er le moment de lui parler. C'est aujourd'hui une espèce de féte> et souyerains et sujets ^ tous sont iyres. Autant que je le puis coiii|Nrendre , la première partie du jour a été Consacrée à des solennités. réligieuiseT) à la 3nite desquelles lé roi Forday a publiquement abdiqué en fayeur de Boy, qui e^ sto fiit aîné.

Je déco uyris enfin ces^ grands personnages , dans une éour de Fbabitation royale, entourés d^uu; grand, nonïbre d'indiyidus , ayant, à leurs pieds des boùtcâlles, des yerrei^, des carafes;

ils élaieiil^ tcms dtns un état /d'ivresse pins ou utoms complète ; leurs figures el leurs corps étaient couverts d^ caractères* gixisâers tra-^ ces à la citde. Fôrday seul était iassis duoiS une chaise, Boy t ^ s^ câtés, ell0s autres, parmi lesquels je reconnus notre ami Gtin et untambour , rangés à Tentour rar des blocs de

bois , et sur le tronc d'un arbre tombé* Le pré^ «dent, ou du «oins celni qui oçc«paitr««ique siège de Fassemblée^ prononça i^n long discours, mais il était trop ivre , iBt peut-être aussi trop plein dé jours ) i^nv parler avec grâce ou avec • puissance^ Son éloquence ne SMablâit pas très^ persuasive, et ses auditeurs > à-demi endormis , récoulaient avec assez peu d'attention. Cependant , ils souriaient de tempjs.en temps , et înéme parfois riaient; il ine iPut impossible dfe. décôu-* vrir pourquoi; je. doute qu'eux-meoies eussent pfi fe dire. Le vieux chef pev'tait un chapeau anglais dé castor superfin , et ime vieille veste d'uniforme , qui avait jadis appartenu k quelque yd** lontaire ; mais ce dernier ajustement était si petit , ^'il ne pouvait passe»* qu'un bras dans une des manches,, le reste delà veste étant jeté nég^gemm€lltsur Fépaule gpraehej un uMùchoir de coton, kiDué autour de la taille, complétait SMi costnqie. L'objet le plus apparent dâoS'

3o4 DÉPART DE BEA88*

la cour, élait ÙD^e immense otebrelle fiihée ei|^ terre\, faiie • d'uBC étoffe de coton à ramage ^ dé di^ereos dessins , arec une Jbiiute frange ei^ laine de couleur. Ce dais, pompeux , qui ne sert que dans les occasions publiques et solennelles , .est déchiré^ et d'une saleté dégoûtant^ , étant depuis plusieurs années entre les mains de Fordày. Je restai confondu parmi les spectateurs , jus;qu'à ce que l'orateur eût fini sa haAngue ; alors^ comme on allait se séparer^ je m'approchai du roi Boy, et le suppliai de hâter notre départ pour le vaisseau. Il était en excellente disposition ;; excité, égayé par la liqueui*, il a promis die nous emmener demain. .

. {< Mardi ^ ^3 nos>embre\ — Une fallut pas grand temps pour prendre congé du peu^ d'anus que nou^aviohs à Bràss, et nous quittâmes cette

ville , non^seulement sans regrçt , mais^avec à^ émotions de plaisir toujtes particulières ; lei.rôi Boy^ irois de sesfemiasyes et sa suite , occupaieflil uhgrand canot, ettnôi et mesgens^.une seconde embarcation plu$ petite. Addizetta aurait vo-^ Ion tiers accompagné * don mari abord duvaia-r seati anglais, tant était vif son désir de? voir cette merveille; m^fis Jie vieiix Forday Jeli^a dé^ fieindu , et s'y. est. montré fort oppose $ peutrrétre craignsiit-^il qu'à son^retour chez son perte*, dans

APPROCHES HE LA MIR. • 3o^

h^ puys d'EboQ,i) elle ne donnât à ses amîs une e|>inion trop haute 6t trop^vofable de tont^ce qu'elle avait "vu 5 et qu'il n'en résultât plus tard des aHiâes et yeniies préjudieiables à ses intérété.

«Nous nous arrêtâmes un moment à un petit village de pécheurs, peu éloigné de Brass», pour y prendre un peu de poisson, et quantil;é de noi% de cocos fraîches , et dont le lait éjtait doux et rirfraichissaDt. jPoursuivantnotre.marche sur ; deâ criques et de petits cours d'eau qui: serpen-^ taîènt à travers d'épàis.bois de mangliers et de ronces> notas entrâmes dans le principal bras de la rivière , à temps pour voir le soleil se Coucher^ juste^ face de nous , dans un ciel radieux.

4c Nous étions évidemment très-près de |a Bdér ; l'eau était tout-à-fait salée , et hôus respi* rions de'^ioute l'élastidté de nos poumons, la brise fraîche et vivifiante qui venait, de l-Qcéah. C'était une sensation ravissante et d'un iudici-* ble bonheur. Cependant le vent devint bientét tropfoi;t ettroporageux pour nôtre frêle canot;* les vagues , passant par-dessus bord , y pénétraient , et nous, finîmes plusieurs fois en danger dcr sombrer. Nos compagnons étaient en aVtint et hors de vue , de sorte que , pour le moment , il

n'y avait pas possibilité 4e recevoir de l'aide^ pu d'alléger notre barque* Heureuseipent qu'àja

3o6 PEKICIBR APKftÇn DR h^QOÈk^*

diqparâtioi^ totale du* soleil ^ le vent perdit beâucoiip de s^ Tiol^nce , et nous pûmes cônti-* nuer sans crainte. *' ;

a Vers neuf heures dii soir ^ nous rejoignîmes le grand canota, et les deux équipages i^y^ntfait ensemble un léger repas de poisson et* de banà^nés ,« nous passâmes , de compagnie ^ la seconde riçière de Brass , qui était à nôtre gauche. Elle poùTait atoir là, un peu plus d\m demiae&ille dé large; et quoique ass^ agitée pour mettre un ' canot en péril , nous atteignîmes la liTO opposée^) mais en usant de grandes précau-* tiens; Dfe là ,.nous apercei^ons dans le lointain ^ cette mer, objet de nos yoâux , les rayoens de la lune reposant à sa surÊice dans leuir tranquille et lumineuse beauté ; nous entendions les vagues se briser et mugir sur la barre de sabfe qui a'é^ tend à l'embduchure de lariTière. La v»ix so^ lennelle de FQçéan n^ayait jamais résonné plus mélodieusement à mon oreille. Qh! c'était enchanteur, upé musique toute céleste !

(K Filant le long de la rivé gauche , nouis^ en^ trâmefe dans la pr&nièrejinère de Brass, qui est la Nim des. Européens. Bien qu'il jBUit minuit, nous pouTiontf&iblement distinguer les^màts et les cordages du brick anglais , qui apparaissait eomnie un nuage noir et eiSrangé aurdessus de

«é^ffioir DBS 9SUX ra&RBS. , 807

riiorûson. C'était, p6ur moi, le plos ratissi^iit spectacle , les partes mêmes d^ paradis , et mon cœor palpitait d'un inérprimable bonheip:, quand nous débarquâmes en silence sur la riT^ opposée au 1)rick , près de quelques huttes épaiv, ses , pour y attendre impatiemment les premi^ res lueurs du jour.

(X Mercredi , ai novembre. — CJè fut une beu?reuse matinée, qîie celle qui toe rendit mon frère et la société de nies compatriotes. Les pernicieux effets. du climat sont fortemenl^^eâm-^ preinte sur les figures de ces dernier^ , qui , . au lieud'ayoir le teint yif et animé, sont bayes ^

défaits , d'une apparence maladiye et abattue trop pénible à Toir. Cependant l'équipage du sckooner e^agnol, est encore plus maltraité 1 les matelots se traînent sur le pont comme des êtres maudits ; on croirait Toir des ombres , des fantômes ^ cberchant un endroit pour y mourir* C'est un spectâcfe cruel et mortifiant pour l^orgu^l bumain , que cette débilité de notre pauvre nature V II est étonnant que les Européens, en général , et les Anglais, en particulier, ^résistent à envoyer leurs semblables à* cet dama ou Golgaiha , comme fm ^appelle aviec .

raison cette côte d'Âfirique. Mieux les x^udïrait enterrer de suite d^ns la patrie^ où il est enr

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