‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 78 sur 99 · COSTUME · texte numérisé non relu

COSTUME

les intempéries de Pair, ils se parent, eoccNi^e d'une sorte de bonnet , fait aveo des. herbes sèches ) bordé de plumes de coqs et d^ittres oiseaux, artistement placées à distance; les unes d^âuî|ffi|&l.. Quelques-uns, non contens d'une parure^i^^tinguée , y iijoutent, sur le devant, des cornes 4e l^élier, ce qui leur donne Taspect le plus étrange et le plus ridicule. Pour fixer sur la tête le bonnet , avec tout cet attirail de plumes , de cornes, de coquillages , on se sert d'un morceau de bois , qui entre d'un côté et ressor| de l'autre , en traversant la chevelure. Quelque^ fois cette élégante épingle est l'os de la patte" oq ^e la cuisse de quelque petit animal , qu'Si^^u soin d'effiler et de rendre pointu pour qu'il pénètre facilement. Rien d'aussi fantasque, d'aussi barbare que ces personnages, tatoués , bariolés, et parés du chapeau que nous^ venons de décrire. Us s'oignent toute la figure d'un mélange d'argile rouge et d'huile de palmier. Quelquefois une poussière grise remplace la terre ; cette même composition s'applique sur toutes les parties du corps, et rend Ja présence des naturels insupportable. Il est presque impossible de deviner la couleur de leur peau sous cette couche d'argile et d'huile ; mais nous croyons qu'elle est moins noire que celle des nègres d'A-

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firiqne, et qu'elle se rapproche du ton cuivré. Leur unique ajustement est le bonnet qu'ils portent sur la tête ; seulement , les deux sexes s'entourent les reins d'une ceinture de feuilles , ou d'herbes sèches*; tandis que les jeiing|i^gjtfis , auxquels le sentiment de l'indécence ^étranger, vont entièrement nus. Des "^rtèbres de reptiles^ des os de volailles, d'oisealux et de moutbns, des coquillages cassés , de petites verroteries, des morceaux de noix de coco, leur tien- |nent lieu d'ornemens ; ils en font de petits paquets qu'ils suspendent In profusion autour de la ^iUe , atec un soin tout particulier ; ils en orJR: ensuite leurs cols, et en attachent des chapelets autour de leurs jambes et de lem*s bras, mais en moindre quantité qu'à la ceinture. Us fabriquent de grossiers couteaux, avec le fer que leur ont donné en échange de viVres les vaisseaux qui ont visité l'ile ; quelquefois ils en polissent quelques morceaux , et les encdiàssent dans une sorte de tresse de paille ; cette œuvre d'art se porte en bracelets , fort estimés. Lors de leur première entrevue avec nos gens , les naturels étaient très-timides et témoignaient de grandes craintes; mafis leur appréhension se dissipa peu-à-peu , et maintenant ils montent à • bord sans déiQance, pour demander des couteaux.

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île» hMhes^ ou tout ù^ qu'ils jugent étrcf à leur co!tiveiiàii(ie« Ils possèdent peu de canots , de petites: dimehs^ns ) pouvant contenir dix à douze r^e^sonnes ehaiGun , mais ils ne sont pas très-et:^ perts dans Fart de les diriger. Cependant , ils font usage de mâts , et de voilés faites avec des e^èéies de natteSé Us ne paraissent pas aimer Teap , et nous n'en avons pas vu un seul qui sût nager. Néanmoins ^ ils réussissent fort bien k la péife ; ceux qui s'adonnent k ce genre d'exercice sont tenus de s'en occuper exclusivement , et il ' ne leur est pas permis de se mêler de culture. Au nSoyen d'échanges entre les pécheurs et Jes cultivateurs , les besoins de tous sont satisfaits.* '* Dans les counmencemens , lorsque des vaisseaux abordèrent pour la première fois dans Itle, les naturels montrèrent^la plus grande répugnance à laisser pénétrer des étrangers dans leurs huttes ^ et même dans les bois situés trèsprès du rivage ;• peut-être craignaient-ils qu'on ne voulût piller leurs plantations* Mais à pré* sent ils sont rassurés , et permettent aux colons'^ de parcourir l'île en tous sens. On distingue au milieu des arbres leurs huttes, delà construction la plus grossière , disposées en petits groupes , autour d'un terrain défriché , où Fon* cultive l'igname. Elles se composent de quelques pieux

fpi'temçf^t ^chés, en terre, jài^^c 4es '^mlles^ de pajimier; pour toitures V et ùiie sorte de treillage d'osier pô^Jr parois. Ellesontdiu oudousie pii&ds .dejofigueur^ U n^oHiéen lairgeur, et tout au plusj .qu£|tre ou cin<{ pieds de faàut) Fameu^ bil^n^p^t cops^te en mprceaujiç d^ bois longs et plats , élevés de quelques pouces aurdessus* du sol ,jet légèreme»t creusés pour servir de l\ts.

Les naturels ont dpt^né de nombreuses orea.vea d^ leur penchant siu vol ; et il fallut d'Aprd User d^une grande vigilance pour les emjipSier de tput eqlever. Maison doit reconnaître que , depuis la fondation de la colonie , les ché& ont pris. une part active à toutes les mesures qui avaient pour but de npiettre un frein k ces déprédations. Cependant quelles que fusant leurs habitudes avant la formation de rétablissement , ils semblent avoir peu gagné par leurs rapports avec les planteurs* Le principal chef a reçu du capitaine wen le redoutable ^*nom de Coupegorge , qui lui restera tant qu'il vivra. C'est , un sauvage déterminé , dont le commerce des. colons et des Européens n'a pu changer en rien les habitudes. Il a reçu des Anglais d'innombrables présens, des vétemens , et u^e fpùte de choses, qu'il dédai^e. Il continue à porter 1s?Wr|)etit chapeau , liéris«â4e plumes ,

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