‹ Journal d'une expédition entreprise dans le but d'explorer le cours et lChapitre 82 sur 99 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

auti'esle chêne d'Afrique, qui croît en grande abondance sar le bord de la nier, dans la baie George ; le bois de sapin , l'ëbène , Tarbre de vie ( Ligniim vitœ ) , une sorte de bois de campêche jaune ^ diverses espèces d'acajou et d'autres bois très-durs, couvrent toute File , et peuvent , par la suite, acquérir une grande valeur.

Nous avons eu le bonheur d'arriver pendant la belle saison, mais nous n'avons pas encore joui des bénignes influences de la brise de mer, qui , vers le milieu du jour, souffle quelquefois du Nord-Ouest. Le harmattan se fait , dit-on , sentir ici, quoique toutes les autres îles , situées dans le golfe, en soient exemptes. Ce vent, qui passe sur les sables brùlans de TÂfrique , serait intolérable, si la brise ne venait en tempérer Pardeur. Tout le temps qu'il règne , l'air est tellement desséché , qu'on éprouve en le respirant une seùsation pénible , mais qui , assure-t^on , n'a rien d'injurieux pour la santé. L'atmosphère est chargé d'un sable extrêmement fin et léger, qui ternit tout , atnortit l'éclat des rayons du soleil^ et jette une espèce de voile sur les objets. Le sol paraît souffrir de l'excès de la sécheresse. On prétend que ce vent , si sec , qui s'élève d'ordinaire après la saison pluvieuse , est très-utile pour purger l'atmosphère des vapeurs aqueuses

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dont elle est reiiiplie ; et rôti remarque qa^à aao retour kts thalades commencent à eotrer en couvaleâeeWe* Le harmattan produit ùfi singuUer eôetfiurla ^eàudés naturels. Lorsqu'ils ont été peiidant quelque temps exposés assoit action, leur peau selère pât^ larges écailles s|ir fout le corps y qui semUe alors couvert en entier d'uae poussière blanche.

Toutes les iles du golfe de Guinée^ à rexeepâoik de Fcrliand^^^o^reiifer ment chacune une ca{»itale asdez considét^âble ; et , quoiqutë leui^ prodtiits suffîstat à approvisionner les vaisseaux qui tiennent les visiter ^ et qu'elles fassent même im petit trafic avec ces bâtim^ns^ il est probable que c'est prihcipalement la traite des nègres qui leur donn^quelqu'importailce. Quant k l'ile du Prince et à l'ile Sàint-Thomàs^on sait qu'elles servent de dépôt ^ et qu'on y aaaèlie ^^de ,U cote ^ les esclaves , réembàrqués ei!isuicte et conduits ^ à mesure qtie les ocoaisions $e pr^^^ tent , sur les points oh l'on croit s'eù pouvoir dé- Élire < Les naturels dé la petite île d'Ânno^Bon semblent vivre dans des transes continuelles ^ et craignelit de subir le mémesort^ Les traitemens qu'ils ont éprouvés de la part des Espagnols M îitatifi^nt que t^t^op leurs terreurs/

B'après une andienne tradition , ils se par-

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ètiadent avoir appartenu autrefois aux Portugais 5 ih cdn^rvent des preuves ^e leur initiation aux cérémonies dé la reKgioh cathéliqne rmiJaine. lis ont^ dit^n ^ un soin tout particulier de montrer aux étrangers Je«r égliSe^ trèsbien Située, en face du lieu où Ton défaart[uâ» D'âpre^ tous les récib ^ il^ vivent maintenant dans Tétat de simple nature, et sajîs coâj»ai$SaliQ6 aucune de ce qui se passe dans le reste du monde. Une kistoire qu'ils racontent av^Biî WJk^ naïve confiance , et dans laquelle se retroUtent quelques traces de notions religieuses ^ peut faire apprécier le degré dé lunlières qu'ils possèdent Un jour, le roi ^ dans l'intention de donner à un étraiigst* une haute idée de Sod importance , lui tiit , très-sérieuseinent -, qu'un peu avant son arrivée^ ^ dans une conférénfcfe intime 'avec l'être suprême ^ il avait reçu de ce dei*niet*^ la révélation des causes d'une nkala-r die qui avait récemment affligé File, et eninême-^ temps l'a^urance de la jsanetiôn divine donnée à son^otàvemement. On i*ap|)orte nombre d'âu*^ trœ bistoires non moins absurdes, et telles qu'on peut les attendre de g^is semi -barbares ; le dire du vieux roi suffit toujours , et l'on n'oserait lUeltre en douté dansson empire la véracité et Ift l^itimité de ses parole. Anno^Bdn peut passer

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pour ua pays sain ^ comparé aux autres îles da golfe de Guinée ; mais son éloignement de la côte le rend prévue inutile pour la répression de la traite. L'unique parti qu'on en pût tirer serait d'en faire la station d'une demi-douzaine de bateaux à vapeur , qui rendraient plus de services que tout autre vaisseau pour atteindre le but qu'on se propose.

Sans doute la situation de Clarepce a été ad>miraUement choisie; mais il est à regretter que le climat soit si malsain pour les Européens. Quatre décès ont eu lieu à Fernando-Po .pendant notre séjour ; le voilier^, un des charpentiers de la colqnie ^ un matelot de la Porcia , et un homme de l'équipage de la Suzanne , brick anglais que nous avons trouvé ici a notre arrivëcv Ce dernier bâtiment était dans le Galabar , attendant sou chargement , quand la fièvre attaqua l'équipage. Bientôt le capitaine et les contre- , maîtres furent emportés ; tous moururent l'un après l'autre, et il ne resta qu'une seule personne à bord. Il n'y avait plus moyen de sortir de la rivière , encore moins de compléter la. cargaison , et le bâtiment attrait pourri sur place après la mort du dernier matelot , sans les soins de M. Becroft , qui engagea des hommes , conduisit le brick à Clarence, fit remplacer le mât, et,

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après avoir fait radouber et réparer le bâtiment de son mieux , renouvela Téquipagë et les pro^ visions, et l'envoya en mer. On nous offrit même notre passage sur ce vaisseau pour retourner en Angleterre ; les précëdens nous décidèrent à refuser. Bien nbus en prit ; Car il fut obligé de relâcher au cap Coast , la fièvre s'étant déclarée de nouveau à bord.

Le sort de la famille du lieutenant Stock^rell ^ commandant les soldats de marine , est ce que nous avons appris de plusr affreux $ur les effets du climat en ce pays. Cet officier avait fait venir de Pile de l'Ascension sa femme et sa nombreuse Êmiille. Tous habitaient la Maison de la Cas^ cade, élevée par les soins du capitaine Owen ; M. Stockwell pei'dit , Fun après l'autre , cinq de ses enfans, et cinq domestiques qui entrèrent et moururent successivement à son service : son frère fut le onzième. M. Stockwell et sa femme échappèrent à grand peine. La maison , désertée par eux , n'a plus été habitée depuis que par des noirs. La maladie qui attaque les Européeils , dans ces climats, ressemble i>eaucoup, dit-on , à la fièvre jaune des Indes occidentales. Les symptôn^es , depuis l'invasion du mal jusqu'à la fin , sont les mêmes j elle est également expéditive. On prétend que la baie

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George est beattccmp plus saiae que Clareii€0« Sitt|ée à l'Ouest V, riea n'ioberrorapt le spufQe biffis&isant de la brise de mer ; tandis qu'à CU-r renée ce veut o'arrive que plus tard, estiutevre^té par les teires du eâté de TQuest , et tr^* verse un long et fétide marais oà il se charge de toutes sortes de vapeurs et. d'ëmaiiatioiia mal£iisantes. Parmi les avantages Me la baie Georges , il Êiut oompteir un grand espace de terre déeoiuverte, et un sol aussi fertile , aH moins , que celui de Clarence^

Maintenant que notre expéditi^in vient d'ou-r vrir un chemin si large , jusque dans l'intérieun de PÂfrique ; maintenant que le commerce va ^ très-^probablement s'emparer de. cette voie ^ et que les naturels , informés bientôt de ce que nous allons chercher, et de ce que neus apport tons chei( eux ^ afflueront a nos vaisseaux , il n'y a pas de doute que beaucoup de productions , aujourd'hui sans valeur , donneront d'énormes bénéfices. De toutes parts on accourra sur les bordsf du Niger , et ce beau , ce magnifique fleuVe, offrira un spectacle jusqu'alors inconnc|. Le premier effet de cette nouvelle communica* tion sera d'abolir le monopole qu'exercent jus* qu'à présenl^ , à Fembouchure du fleuve , les chefs du bas pays. Des bateaux à vapeur , dans

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la saison où nous avons suivi 1^ eoovant ^ peur* ront remonter jusqu'à Levçr ^ et se rirent des efibvts.qui tenter alfsnt de les arrêter. La ma^ chine à vapeur , une des plus halles inT^ntions du génie de l'homme aidera à intro4ui]:^ la civilisation parmi ces ignorans Africains* Ceméca-^ . nisme,^ qu'ils ne pou|?ront comprendre, sera d'abord, pour eux, un objet d'étonnement et d'effiroi ; mais bientôt ils arriveront successivement à en connmtre et à en apprécier les avan«> tages , saluant la venue de chaque bateau par des cris de joie et de reconnaissance. Àlox^ l'importance de Fernando^Po s'accroîtra nécjpssaire» ment, et cette île deviendra un entrepôt consi<dérablç. Suivant moi , on épargner^t beaucoup de dépenses , et , oe qui est bien plus important, on sauverait la vie h un grand nombre d'indivis dus, s'il devenait possible de transporter Iç chef* lieu de l'établissepuent à la haie George. De tonte la cotç c'est Accra qui paraît le plus sain ; le sol y est bon ^ nettoyé de broussailles à plusieura Milles à la rondelet je le recommanderais , de. préférence , si ce comptoir n'était trop éloigné de l'embouchure de la rivière. ^

Jeudi^ :23 ^ebeiTi^re.r-rLesurintendant, M. Bof^ onoft, m'a engagé à l'accompagna? sur /a Porda^ sohooner de la colonie, qni doit le transporter

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