CROCODILES
avidité et d'une hardiesse surprenantes. Peu de temps avant notice arrivée deux individusavaiéni été leurs victimes. Un vaste magasin , appartenant à sir John Tobin ,.et contenant les huiles de palmier destinées au chargement des vaisseaux de Liverpool ^ est bâti tout au bord du fleuve ; un malheureux jeune garçon indigène , fatigué des travaux de la jpurnée , s'y étant endormi , l'autre soir, la nuit un crocodile est venu l'attaquer ; il s'éveilla dans la gueule du monstre. Ses cris ) sa lutte , ses efforts furent inutiles; le vorace animal le broya , le déchira de la façon la plus horrible, et emporta une de ses jambes, en se retirapt dans Teau. Le lendemain matin on trouva les restes du pauvre enfant, sanglans et mutilés. Un autre perdit le bras de la même façon , et en mourut.
Les vivres sont cbers maintenant à Duc<-Ville^ et méjiie rarès^ Un bœuf de médiocre qualité se vend vingt dollar (cent francs environ). Le prix des chèvres et des moutons est de seize francs cinq sous et demi ; un canard coâte un demi-dollar ; on a deux volailles pour la même somme. Les naturels çulti ventiles ignames avec beaucoup dé succès; les leurs passent pour les plus beaux et les plus savoureux du pays. Il n'y a point de terrain défriché sur lés bords du
LE BRICit LE TtlOMAS. 373
fleuve; toutes* les cultures se font à quelque distance , au milieu des bois.
Jeudi ^ %o janvier. — Depuis mon cetour dé la rivière du Calabar, j'y suis retourné deux fois, à bord de lu Porcia , accompagnant M. Becroft. Dans l'ijitervalle , 'est airivé Un Vaisseau an** glais , le Càemarvon > chargé de provisions que le gouvernement envoie à la colonie. Ce bâtiment doit aller prendre une cargaison à Rio- Janeiro ; et, comme il y a peu d'espoir de trou-* ver de sitôt une autre occasion de quitter Fîle , nous avons ptié M. Becroft de prendre des arran-* gemens pour notre passage jusqu'à Rio , où nous comptons trouver plus de facilitée pour retourner en Angleterre. U y a huit jours, le brick le Thomas é^ de funesfte mémoire, qui nous prit à bord dans la rivière Nun , a touché à Fernando -Po, revenant des Camérouns. Lake pensait que nous ferions la traversée sur sQn brick; mais, bien que nous ayons passé ici sept longues semaines , nous aimerions certainement mieux y demeurer epcore le double de ce temps, que de nous remettre en son pouvoir.
Nous avions assez de ses soins et de ses affectueux égards, et nous l'avons remercié. Il est resté trois jours dans l'île , et a mis à la voile ce matin à six heures. Il n'avait pas fait un mille, m. a4