TRADUCTIONS
Lettre apportée dk i.a part du générai, russe, en réponse
A UNE COMMUNICATION VERBAI.E ENVOYÉE PAR I.ES ClRCASSIENS CONFORMÉMENT AU Y onDRES de Séfîr-Bey, sur les instances, dit-on, de l'ambassadeur d’Angleterre, lord Pon- SONBY.
Vous n'avez pas de chef de la mer Caspienne à Anapa. Vous avez désobéi à la Sublime Porte; vous avez envahi et pillé le territoire russe. Si vous désirez la paix, il faut rendre ce que vous avez pillé, renvoyer les déserteurs cl les prisonniers, et consentir à ce qu’un chef soit nommé par la Russie. Tous les Anglais qui sont venus ici sont des imposteurs, qu’il ne faut pas croire lors même qu’ils attesteraient par serment la vérité de ce qu’ils disent. Ils désirent gagner le pays ; mais mieux vaut qu’il soit sous la domination russe que sous la domination anglaise. Si vous renoncez à toute relation Avec l’Angleterre, la France et autres pays, et que vouA deveniez bons sujets russes, vous pourrez obtenir la paix. Qu’espérez-vous 1 ? Ne savez-vous | as que si le ciel tombait , la Russie est assez puissante pour le soutenir sur ses baïonnettes?' Les autres pays sont bons artisans, bons fabricants, etc. ; mais c’est à la Russie seule qu’appartient la puissancè. Aucun pays n’a jamais fait la guerre avec succès contre ta Russie. Elle a dernièrement fait exiler votre ambassadeur de Constantinople ; or, si l’Angleterre n’est pas en état de protéger un homme, comment soutiendrait-elle un pays? Séfir Bcy est en nos mains. Si l’Angleterre désirait in-
APPENDICE
lervenir, cela pourrait se faire par l'intermédiaire de notre ambassadeur en Angleterre ; mais voyez la supercherie, quand elle envoie ici uniquement des personnes qui viennent pour leurs propres intérêts! Aucune nation n’est aussi forte que la Russie; et si vous désirez la pais , vous devez croire qu’il n’existe que deux puissances : — Dieu au ciel et l’empereur sur terre. Si vous désirez la paix , il faut rendre tout ce que vous avez pris, ne reconnaître d’autorité suprême que celle de l’empereur, et obéir à sa volonté. Il faut que tous les prisonniers, et surtout les déserteurs, nous soient rendus, et quand vous vons donnerez un chef, il faudra vous soumettre entièrement à ses ordres. Dorénavant quand les Russes viendront ici il faudra les bien traiter et leur fournir tout ce dont ils auront besoin ; il faudra fournir aux voyageurs venant de la Russie la nourriture et le logement, et les traiter comme les chefs du pays. Il faut rendre, je vous le répète, les déserteurs et les prisonniers ; et si dans l’espace de ce peu de jours il vous en tombe encore entre les inains, ils doivent aussi être rendus. Il faut nous laisser aller où il nous plaira, nous laisser élever des forts là où nous le jugerons convenable, et nous fournir tous les travailleurs et tous les matériaux que nous pourrons requérir. Si vous vous refusez à écouter et à croire ce qu’on vous dit maintenant, votre pays vous sera enlevé, et vous serez traités avec la plus grande sévérité; obéissez doue à ce que je vous dis, et faites ce que je vous indique. Vous devez croire ce qui vous est dit maintenant; et vous serez traités avec une grande douceur; autrement ce ne sera pas ma faute si vos vallées sont ravagées par le feu et le fer, et vos montagnes réduites en poussière. En vous rendant, vous conserverez ce que vous possédez ; sinon , tout vous sera enlevé, même vos armes, et vous-mêmes serez faits esclaves.
(Signé) le général aide de camp
(Nom illisible.)
28 mai 1837.
Réponse des Cibcassibns a la lettre précédente.
Noos avons pris connaissance de ce que vous venez d’écrire. Vous éles un général russe, et nous, grâces à Dieu, nous sommes de fidèles musulmans. Notre prophète nous a dit de ne jamais nous rendre coupables de fausseté, et nous obéissons à son conseil. Depuis dix ans nous faisons la guerre avec vous, et toutes les nations de l'Europe savent que nous ne sommes pas amis l’un de l’autre. Le plus grand de tous les monarques, le roi d’Angleterre, nous a commandé d’écrire en ce moment; de toutes les nations sous le ciel, la plus grande est la nation anglaise. Elle a le pas sur toutes les autres , et jamais elle ne fait un mensonge. Comment osez-vous dire que l’Angleterre est fausse? — car nous savons que quand la France attaqua l’Égypte et les mameluks, elle en fut expulsée par l'Angleterre pour la satisfaction des Circassiens, et depuis ce temps nous avons toujours été amis de l’Angleterre. L’Angleterre n’a jamais été coupable de fausseté; elle a en tout temps été l’amie des musulmans ; elle sait que notre situation n’est pas heureuse, et pour cette raison nous avons espoir dans son assistance. Jusqu’à la mer Caspienne nous sommes maintenant tous unis; nous écrivons au nom de tous, et ce que nous écrivons est vrai. Comme nous sommes tous unis, nous pouvons convenir que personne ne mettra le pied sur votre territoire ; et comme les Circassiens De vous inquiéteront pas dans vos provinces, nous comptons que vous raserez vos forteresses , que vous vous retirerez de l’autre côté du Kùban , et que nous pourrons faire un traité par lequel vous vous engagerez à ne plus nous nuire et nous de même. Ne pensez pas que ce soit par crainte que nous vous écrivions maintenant; nous ne le faisons que pour obéir aux ordres du gouvernement d’Angleterre, auquel nous sommes
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maintenant subordonnés. Si vous ne voulez pas ccouler cc que nous vous disons , vous ferez ce que bon vous semblera ; mais en ce cas ne nous envoyez plus de lettres, car nous n’y donnerons aucune attention. Ayez bien soin de ne pas vous laisser aller à la croyance que c’est la crainte que nous avons de vous qui nous fait vous écrire, et soyez bien certain que noire seul motif est l’ordre du gouvernement anglais. ,Par ordre du roi d’Angleterre nous souhaitons donner toute facilité aux marchands qui viennent sur nos côtes, et par celte raison nous désirons que vos forts soient détruits aussitôt que possible. Vous écrivez avec trop de présomption quand vous dites que vous détruirez cc pays ; car en parlant ainsi vous vous arrogez les attributs de la Divinité, — du Créateur 1 Vous parlez avec trop d’orgueil , et vous semklez penser qu’il est en votre pouvoir de faire tout cc que vous voulez ; mais quoique nous ne soyons qu’une petite nation, avec l’aide de Dieu toutes les autres nations se mettront de notre côté.
Si vous voulez répondre à nos propositions actuelles, envoyez votre réponse au gouvernement d'Angleterre, entre les mains duquel nous sommes à présent, et qui est maintenant notre garantie; sinon, ne nous écrivez plus et continuez votre guerre. Ne pensez pas que nous vous écrivions par crainte de votre canon et de votre poudre, car sans les ordres de l’Angleterre nous ne vous aurions pas écrit, et nous aurions continue la guerre. Et si les hommes vienneut à nous manquer, nous irons en chercher jusque dans le sein de leurs mères, et nous leur mettrons des armes entre les mains!
29 mai 1837.
(Sceaux du juge en chef et d’autres anciens.)
Le général Williaminefï fit à cette lettre une courte réponse, portant qu’il ne pouvait prendre de décision sur ce qu’elle contenait, mais qu’il allait en référer ou baron Rosen à Sûkôm-Kalèh, et qu’il enverrait sa réponse aussitôt qu’il l'aurait reçue. Les Circassiens regardèrent cela comme une ruse pour gagner du temps , et ils se déterminèrent à agir en conséquence, ne croyant pas que WilliaminefT fût sous les ordres de Rosen .