‹ Journal D'Une Residence en CircassieChapitre 19 sur 35 · if · texte numérisé non relu

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APPKMDICK.

LETTRE DK BEY (1) DE HATCKW0Ï.

Aux illustres envoyés anglais, maintes salutations , etc.

Qu’il soit connu de votre gouvernement que le gouvernement de Russie nous a envoyé deux ambassadeurs, — un sultan et un noble, — qui ont promis de la part du gouvernement russe de grandes richesses, de nombreux présents et le meilleur traitement en tout ce qui touche à notre bienêtre, le gouvernement russe ne cherchant que le bien de notre pays. Telles sont les promesses de scs ambassadeurs ; mais personne parmi nous, ni princes, ni uobles, ni autres, n’ont cru à leurs paroles et n’y ont répondu , car uous ne les regardons que comme paroles en l’air.

Nous savons que le bon cœur de Vos Excellences et votre humanité vous ont portés à visiter ce pays et à en partager les souffrances. Nous connaissons la bonté et l’amitié qu’a pour nous votre roi , votre empereur, pour qui nous prions jour cl nuit, et que Dieu puisse conserver longtemps! Comment donc abandonnerions-nous l’amitié d’un tel monarque et perdrions-nous le bénéfice de ce qu’il fait pour nous, en nous jetant dans les bras de la Russie? Nous sommes profondément reconnaissants de ce que votre gouvernement a déjà fait pour nous, et nous ne voulons pas en perdre le bénéfice. Notre loi nous ordonne de prier cinq fois par jour, et ces prières nous les dirigeons vers l’Angleterre ; c'est notre devoir et notre intention de toujours prier pour vous cl de toujours vous obéir. Jusqu’à la fin des temps nous ne pourrons jamais oublier les bontés que votre gouvernement a montrées à notre égard. Nous agirons sans détour, selon ce

(I) Le nom de ce chef est omis, de peur de lui attirer des embarras.

qu’il pourra ordonner, et jamais nous n 'oublierons ses bontés. A présent nous n’avons qu’une âme, un corps et un visage, tous tournés vers l’Angleterre. Nos bonnes dispositions à l’égard de l’Angleterre sont aussi impossibles à nier que l’éclat du soleil ou la lumière de la pleine lune, et on peut s'y fier sans restriction aucune (1).

Si vous êtes aussi sincères envers nous que nous le sommes envers vous, vous nous ferez part par écrit des nouvelles que vous apporterez, et dont nous n’avons eu jusqu’à présent qu’une connaissance vague; et si vous faites cela avant la venue de l’empereur, cela nous garantira de tomber en son pouvoir. Ici la population est nombreuse; et de même qu’il y a quelques hommesjudicieux parmi nous, il y a aussi beaucoup d’ignorants qui peuvent être égares par des discours fallacieux. C’est le moment d’empécher l’établissement de la puissance russe ici. Nous avons confiance en votre parole, et tout espoir que les affaires se termineront favorablement. Nous nous sommes jusqu'à présent reposés sur cet espoir, et c’est ce qui nous a portés à vous envoyer celte lettre. Nous espérons qu’après avoir reçu celte lettre vous voudrez bien écrire en Angleterre et venir ici nous visiter; et comme le temps est précieux, nous avons confiance que vous écrirez et viendrez ici immédiatement, afin que ce pays puisse ne pas être perdu sans retour. Notre dernière prière est que vous veuillez bien vous hâter, et que vous nous donniez tout l’encouragement qui est en votre pouvoir.

1253. (Reçue vers le 30 août 1831.)

( Signe )

P.-S. — Nous vous prions de répoudre sans retard à celle lettre.

(I) Nous pouvons présumer que ces expressions de vive gratitude ont etc occasionnées par ce qui avait été dit de l’inlerveDlion de l’ambas- v sadeur anglais.

APPENDICE

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