‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 14 sur 90 · La dafc était restée en blanc dans le manuscrit · texte numérisé non relu

La dafc était restée en blanc dans le manuscrit

r ,3. Rodolphe, duc de Souabc, élu empereur par le parti opposé à Henri IV, h 7 mars 1077.

ccsseurs la même force et la même vigueur. L'Empereur s'est plaint de cela pour faire connoître, aux tôles couronnées les dangereuses maximes de la Cour de Rome", et Ton s'est contenté ici d'arrêter chez Geignard,, libraire, l'impression du bréviaire mais tout le monde convient que cela méritoit pis 1 . ' '

Juillet*

Le savelier Nivclct et lç cuve tic Sjînt-CenoiL — Désordres dans les fylîses.^ — Assassinat d'un clerc de notaire dans le bois de Boulogne. - — Duel d'officiers, — Le poète Roy. — Mort du président Lambert. , — M. Turçot, prévôt des marchands. — Procession des religieux de la. Merci,

Comme le parti constitutionnaire avoit le dessus, un savetier, Nivelet, homme qui se mêloit de faire des controverses, eut l'insolence d'interrompre le curé de SaiïH- Benoît2 et de vouloir disputer avec lui : on Ta mis à la Bastille.. Mais un prêtre a eu l'imprudence d'en faire autant à Saint-André à un prêtre de la paroisse, qui faisoit; peut-être la prière le soir, il y a quelques mois, fl lui dit qu'il ctoit un malavisé, et que ce qu'il prêchoit é[oit rempli des hérésies de Calvin et de Luther. Il a été mis en prison; à l'Official, on l'a condamné à des peines canoniques, comme un temps de séminaire, des jeûnes et des prières; au Châtelet, il a été condamné à faire réparation d'honneur à ce prêtre de Saint-André dans h\chambre du conseil, en présence de douze personnes,

1 . La légende a été supprimée par arrêt du Parlement. (iVo/e de BarbicrA Cet arrêt est du 20 juillet 1729. Yoy. Mercure de France > ann. i 729, juillet, '. p. 1688.

2. L'église de Saint-Benoît le Bètournèt h la fois collégiale et paroissiale, 1 étajt située rue Saint-Jacques, vis-à-vis la place de Cambrai, sur une partie ? de l'emplacement de la rue des Écoles, Elle portait le nom de Bélournc, \ parce que l'autel était tourné du côté de l'occident. Sous. François 1", on construisit la nef et le, portail, et l'autel fut placé alors à l'orient. Plusieurs hommes distingués y furent enterrés :, Claude Perrault, Chopin, Domat, Baron, etc. Supprimée en 1792, cette église devînt le théâtre du Panthéon, jusqu'à sa complète démolition, en

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-nu-tête et à genoux , en cinq cents livres de dommages et intérêts, en une amende et en cinq ans de bannissement1. Il est d'une conséquence infinie de punir ces zélés outres en fait de, religion, capables de faire de grands désordres. On verra ce qui sera fait au Parlement.

Un maître clerc de notaire (Billechen? riie Saint- Honoré), devant aller faire signer un acte aux environs de Boulogne, le jour de Saint-Pierre-Saint-Paul, ne voulut point aller avec les parties ; il alla par le bois de Boulogne pour se promener. 11 y avoit ce jour-là une chasse au renard. On l'a trouvé, sur les quatre à cinq heures du soir, assassiné vers les murs entre la Muette et la porte Maillot, qui est un endroit fort écarté, ûn livre à côté de lui, et ayant' /ingt-deux coups d'épée. On ne sait point encore ce que ce peut èlre. On croyoit que ce pouvoit être des contrebandiers qui se seroiént cachés en cet endroit; mais on ne croit pas que ce soit des voleurs. On a dit depuis que c'est un assassinat, et en même temps qu'on Ta assassiné pour un autre : une méprise. On n'a rien découvert depuis. Cela a intimidé le bourgeois de Paris, qui n'osoit plus souper dans le bois et le traverser la nuit. Pour moi, qui y ai passé à toute heure de nuit, je n'y ai jamais entendu parler de rien.

Il y a cinq ans qu'un capitaine de dragons du régiment de Bonnelies, aujourd'hui de Morville, reprocha à Taide-major d'avoir trouvé à redire à sa compagnie. Cela s'échauffa ; le capitaine donna deux coups de canne à Taide-major. Ils mirent l'épée à la main; il y avoit du monde, on les sépara; on condamna le capitaine en quatre ans de prison, ce qui a été exécuté, et on leur donna une lettre de cachet pour ne point se trouver dans le même lieu. Hier, Taide-major,- qui nase trouvoit pas lavé par ia prison de l'autre, rencontra le capitaine dans

i. II n'a point appelé de cette sentence. (Ffolê de Barbier*)

le café de la place dn Palais-Royal ; il sortit et l'attendit. 11 lui fit mettre Tépée à la main dans la rue Saint- Thomas -du -Louvre1, ils se battirent bien ; mais le capitaine fut tué, et l'autre , blessé, s'est sauvé dans le Palais-Royal. , - * "

Roy2, ci-devant conseiller au Cbâtelet, fameux poêle * connu dans le pays des belles-lettres s'est marié à la ; fin, a épousé la fille d'un bon marchand, -et s'est fait secrétaire du Roi. On dit qu'il a donné un carreau a sa femme, et qu'on lui dit qu'il y avoit des gens qui plair santoient du carreau z9 et qui avoient dit telles choses; que Roy répondit que de pareilles plaisantéries mérileroient des coups de bâton; sur quoi, quelqu'un lui repartit qu'il ne seroit pas surprenant qu'il en donnât,

1. Cette rue a été supprimée pour faire place au nouveau Louvre.

2. Pierre-Charles Roy, poëtc dramatique et satirique, était né à Paris en - 1683. Il fut l'un des auteurs des Calottes > dont nous avons déjà parlé.

Roy ne composa pour le théâtre que des opéras, des ballets et des intermèdes. Parmi ces pièces, on remarque le ballet des Éléments et Topera de Callirhoé qui obtinrent de grands succès. Il eut le malheur d'offenser Voltaire dans *ces vers : .

Il a loué Noailles, Jusqu'au moindre petit morveux Portant talon rouge à Versailles.

Voltaire, dans une lettre à Moncrif, t. b4, p» 69, (voy. aussi p. 185,*) du 16 juin 174b, le traite de -t? il a in gnome. Là, ne s'arrêta pas le courroux du grand poëte. Il plaça Roy, sous le nom d'/ro, dans son roman des' Voyages de Scarmentado, et composa contre son ennemi l'épi gramme suivante :

Connaissez-vous certain rimeur obscur, Sec et guindé, toujours froid, toujours dur, • * Ayant la rage et non l'art de médire, Qui ne peut plaire et peut encor moins nuire, Pour ses méfaits dans la geôle encagé, ■ ; A Saint-Lazare après ce fustigé, . ■

\ Chassé, batlu, détesté pour ses crimes,*

I Honni, berné, conspué pour ses rimes.

Cocu, content, parlant toujours de soi? ' Chacun s'écrie ; « Eh ! c'est le poëte Uoi ! »

(Éd. cit., t. 14, p. 314),

. Roy, pour se consoler de toutes ses mésaventures, so jeta dans une grande dévotion et mourut eu 1764.

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