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Bourg à la porte de Paris

I0UHNAL DE BARIUKK.

entendre qu'ils étoient fous, qu'ils n'avoient aucune inspection sur le spirituel et qu'ils eussent à se désister de pareille entreprise; mais M. Hérault a su leur démarche; il les a traités comme des chiens, s'est fait apporter leur registre qu'il a porté à Versailles, et quoiqu'ils n'aient fait aucune procédure, on ne sait pas s'ils ne seront pas punis, parce qu'il y a plusieurs autres paroisses dans Paris qu'il faudra ainsi renouveler de curés, et qu?il faut arrêter les autres par des exemples.

Il y a bien une autre affaire sur le tapis. Le sieur Lair, curé de Saint-Barthélemy1, est un homme fort âgé et bon janséniste. On s'est aperçu qu'il faisoit des omissions en disant la messe et dans d'autres cérémonies de son métier. On a saisi cette occasion! Le promoteur a rendu plainte, fait informer du fait; et sur l'information, Tofiîcial a décrété d'ajournement personnel, suspend et interdit de ses fondions M. Lair. 11 a interjeté appel comme d'abus au Parlement, et il a demandé des défenses que le Parlement lui a accordées, en vertu desquelles il a prétendu être renvoyé dans ses fonctions. Cela n'a pas été du goût de la Cour; en sorie que le Roi * a nommé des commissaires du Conseil, lesquels ont cassé l'arrêt du Parlement. Le sieur Lair est resté interdit, et on a mis un desservant à la cure de Saint- Barthélemy, Cela a - déplu à plusieurs avocats, qui ont prétendu que cela étoit contre les règles et les usages. 11 s'est présenté pareille affaire pour des curés d'Orléans, et quarante avocats ont signé un mémoire, les 27 juillet et 7 septembre derniers, pour soutenir que le Parlement est en droit de donner des défenses aux simples ecclésiastiques opprimés par leurs supérieurs, et que ces défenses suspendent l'interdiction jusqu'à ce que le fond

t. Cette église était située eu la Cité, vis-à-vis le palais de Justice. C'est là que le roi Robert allait, dit-ou, chanter au lutrin. Ou fut obligé, en 1 783, de la démolir de crainte d'accident, et sur son emplacement on a construit le passage dit du Trado, qui commence à la rue de la Ban Ue rie.

de l'affaire soit jugé. On a imprimé trois mille exemplaires de ce mémoire1 et il s'est répandu. Le clergé, qui a tenu ici son assemblée cette année, a été fort piqué de ces principes, en a porté ses plaintes au Roi, dans un discours prononcé par Mi de la Parisière* évêque de Nîmes2, et en a demandé vengeance; Dans cette consultation, il y a quelques termes dont le ministère a pris prétexte pour attaquer les avocats à qui l'on, en veut depuis la grande consultation sur- le concile d'Embrun. Dans cèlte consultation, on dit que le Parlement est le sénat de la nation, que le Roi en est le chef et autres phrases semblables au sujet desquelles le Roi a tenu un conseil dans lequel on a regardé ces termes comme séditieux et tendant à la diminution de l'autorité souveraine dans un état monarchique, et il a été rendu un arrêt du Conseil, du 30 octobre 1730, lequel a été dressé par M. le chancelier d'Àguesscau, où il a repris finement tous ces termes, a témoigné le soupçon du Roi sur l'esprit séditieux de cet ouvrage. Le Roi ordonne que le mémoire sera supprimé, porté au greffe du lieutenant de police, défenses à qui que ce soit de le regarder, et que lesx quarante avocats, dont les noms sont employés dans le mémoire, seront tenus, dans un mois, de désavouer ou de retracter cette consultation par acte signé d'eux, qu'ils remettront au greffe du Conseil; sinon et faute d'y avoir satisfait, qu'ils demeureront, par provi- . sion, interdits de toutes leurs fonctions, en vertu du présent arrêt; Sa Majesté se réservant, au surplus, d'ordonner, audit cas, ce qu'il appartiendra,

i* Mémoire pour les sieurs Samson, etc., sur l'effet des arrêts des Parlements, tant provisoires que définitifs, en matière des appels comme d*abus des censures ecclésiastiques. Lottin, 7 pages in-4.

2. Jean-César Rousseau de la Parisière, évêque de Nîmes, 8 février i 7 ï i — * & novembre 1733. Ce prélat, de mœurs fort suspectes et d'une conduite équivoque, était criblé de dettes. Il fut,dit-on, réduit un jour à sauter par une fenêtre pour esquiver ses créanciers. Voyez le Journal de la Cour, Revue rttrospect., 2e série, t. v, p, 17 3.

JOURNAL Dfc BAUBtF.n.

novembre.

Réunion des avocats. — Démarche. — Déclaration des avocats. — L 'avocat Maraimbcrg. — Histoire des signatures. — L'imprimeur Lottin. — Arrêt du conseil <jui accepte la déclaration des avocats. — Inflexions de Darbiciv — Histoire de Favo'cat Daunard. — Soa insolence, Refus de se joindre à ses confrères. — Chaason.

Cet arrêt a été signifié par un huissier du Conseil à chacun des quarante avocats. Cette affaire a fait revenir les avocats de leurcampagne. On atenu conseil ; on a nommé des commissaires pour travaillera un mémoire en formo de requête, et enfin Àubry et Cochin ont dresse des explications justificatives du reproche que l'on fait à Tordre. Lundi matin, 13 novembre, jour de la Messe Rouge du Parlement, on a envoyé des billets à tous les avocats de fa part du bâtonnier, pour se rendre au Palais pour affaire importante. 11 a fallu que je m'y rende comme les autres, et là, j'ai lu la requête contenant ces explications, qui sont effectivement un fort beau morceau, qui sont, à proprement parler, une foi et hommage au Roi, et une reconnoissance de son autorité suprême et de sa souveraineté; après quoi, je Fai signée avec deux cents autres, chose qui ne pouvoit pas se séparer, à moins que' se désunir de son corps, et démarche d'ailleurs qui ne peut jamais être reprochée, puisqu'un sujet ne doit point balancer à marquer sa fidélité à son Roi. Mais il faut attendre la suite de tout ceci, si le minisire acceptera ou non ces explications, et s'il n'exigera pas la rétractation pure et simple ordonnée par l'arrêt; d'autant plus qu'eu justifiant tous les termes condamnés par l'arrêt du ' Conseil, montrant que ces expressions-là sont usitées, consacrées dans les livres, et même par d'anciennes ordonnances, c'est dire proprement au Conseil qu'ils n'entendent pas ce qu'ils lisent. Deux jours après la signature de la requête, il y eut une défense à tous les imprimeurs d'imprimer la requête des avocats; mais celte défense a été bien inutile, car tout Paris est farci

de copies. C'est cela qu'on pourrait regarder comme insultant de la part des avocats, puisqu'il n'y avoit que les deux doubles que Ton a signés, et que toutes ces copies viennent par leur canal. *

Le 15 de ce mois, quatre avocats, savoir : M. Tarlarin, avocat général de la Reine et à présent bâtonnier, M. Julien de Prunay, son gendre, M. Normant et M. Cochin, ont été présenter la requête à M. le chancelier. Ils ont été aussi chez M. le garde des sceaux. Il y a eu depuis plusieurs allées et venues, tant à Versailles qu'à Paris. On dit que cela en est à présent à exiger qu'on supprime de la requête quelques* phrases qui ne conviennent pas en parlant au Roi, et que la requête ne soit point signée des deux cents et tant d'avocats, mais des quarante avocats seulement, à qui le Roi a parlé par l'arrêt. Si cela est ainsi, voilà un accommodement bien doux sur un arrêt du Conseil, qui ne tend pas moins qu'à accuser les avocats de sédition, d'esprit de révolte, et tendant à la diminution de l'autorité royale, qui est un crime de lèse-majesté au second chef.

Toute cette semaine, depuis la rentrée, s'est passée en conférences d'avocats, qui se sont assemblés chez M. Berroyer, et non chez M. Tartarin, bâtonnier, parce que sa maison n'est pas assez vaste pour contenir le nombre de plus de cent avocats, qui ont voulu assister à ces assemblées. M. Normant, qui avôit parlé à M. le cardinal, leur a rendu compte des ajustements* Il a été délibéré que la requête ou mémoire que l'on doit présenter au Roi ne sera que de vingt-cinq lignes, lesquelles ne contiendront aucune justification des expressions condamnées, mais seulement une reconnoissance de l'autorité royale, et que tels ont toujours été les sentiments de l'Ordre. M. Normant a été chargé de rédiger ces vingt-cinq lignes. Hier vendredi, 24 novembre, les quarante avocats se sont assemblés chez M. Berroyer pour signer ce petit mémoire. Il n'y a n. 12

qu'eux, et l'après-midi, M. Normaut a été le présenter soit au chancelier, soit au cardinal j et aujourd'hui, samedi, on rapportera ce mémoire au Conseildes Dépêches, devant le Roi, à Marly; après quoi, on attend un arrêt du Conseil, qui doit venir avant le 4 décembre, expiration du mois porté par l'arrêt du Conseil-

Cela paroit jusqu'ici terminé ; mais la grande difficulté est de savoir comment sera tourné l'arrêt du Conseil, car les avocats seront fâchés si on y parle de pardon- Ils ne veulent pas être dans le cas; il ne faut pas qu'on y , parle non plus de rétractation. Si d'un autre côté, le Roi casse purement et simplement son arrêt du Conseil du 30 octobre, cela sera déshonorant pour le Conseil, Ce sont ces difficultés qui me font craindre que cela ne soit pas. tout à fait fini, et surtout que cela ne finisse pas à notre entière satisfaction, d'autant plus que le clergé souhaitera la suppression des maximes portées paf le mémoire condamné, et ils pàroîtront d'aùtant mieux fondés à le demander que plusieurs autres avocats du premier ordre ne. sont pas de l'avis des quarante sur l'effet, des arrêts de défenses dans le cas d'appel comfhc d'abus des jugements ecclésiastiques.

Voici pourtant une affaire très-grave pour l'Ordre des avocats et qui ne vient que de Tétourderie d'un seul.- Voici le fait au vrai.

En 1717, il y a eu une pareille affaire que celle des curés d'Orléans. L'arrêt est rapporté par extrait dans la consultation des quarante. En 1718* pareille affaire; douze ou treize avocats fameux donnèrent une consultation où ils rapportèrent l'arrêt et les principes. Cette consultation n étoit point, à ce' que l'on dit, farcie de termes ampoulés. En 1730, nôs curés d'Orléans ont pareille question; on copie la consultation de 1718 et l'on ajoute atïï boût ùrie nouvelle' consultation très-courte, où l'on ne fait que dire que Ton adhère aux priricipes de Tancicnnc. Un nommé Maraimb'crg, avocat, est chargé

de cela; cet homme a été autrefois à l'Oratoire, ce qui lait qu'il sait beaucoup mieux les matières du temps que celles de sa profession d'avocat, grand janséniste, laid comme un diable, et la physionomie d'un fou. Cependant, sur ce titre de janséniste, il s'est impatronisé avec tous les premiers avocats qui ont signé les consultations de cinquante1 et de quatre-vingt-dix. Comme l'affaire des curés d'Orléans est une dépendance des affaires à la mode, et que le goût est de faire signer aux consultations le plus qu'on peut d'avocats, Maraimberg s'est chargé de la faire signer des quarante, qui étoient de cet avis. II s'cstlrouvéque la feuille, contenant la copie de la consultation de 1718, et la consultation nouvelle étant ensuite, ctoit remplie jusqu'au, bas,- qu'il n'y a eu que deux ou trois signatures d'avocats, et que le surplus des quarante ctoit signé sur une nouvelle feuille qu'il falloit attacher à la première. Voilà la consultation qui est du 27 juillet 1730.

Lottin, imprimeur, à qui Maraimberg a porté cela pour imprimer, a fait quelque difficulté sur ce que la plus grande partie des signatures étoit sur une feuille volante, Maraimberg, pour contenter Lottin, à la suite de ces signatures a commencé un ouvrage nouveau dans lequel il a repris toutes les autorités de la consultation de 1718, mais, dans lequel il a mis du sien pour l'arrangement des phrases et des expressions et du style empoulé. C'est là ce qu'on appelle dans l'arrêt du Conseil, la consultation du 7 septembre 1730. Il a fallu faire signer cela de nouveau. Maraimberg a porté son ouvrage à M. Duhamel, le premier des avocats consultants; comme il est aveugle, Maraimberg lui a lu, il l'a signé, et il convient l'avoir entendu. Il l'a porté à M. Guérin de Richeville, autre fameux avocat, qui Ta lu aussi et signé. Comme c'étoit le 7 septembre, Maraimberg n'a

1 . La consultation contre le concile d'Embrun. Voyez plus haut, p. 24.

2. La dénonciation d'une thèse de Sorbonne. Voyez plus haut, p. t30»

Ï3Û JOCHNÀL DE BAUBIER.

pas pu trouver ses. quarante avocats, qui étoient panis pour la campagne ; il n'en a trouve que onze, outr<: les deux ci-dessus qui, voyant la signature de M. Duhamel, ont signé tout de suite. Maraimberg a reporté sou mémoire à Loltin, pour l'imprimer, et lui a dit que. quoiqu'il n'y eût que la signature nouvelle de treize, il n'avoit qu'à toujours imprimer le nom des quarante, qu'il se chargeoit de faire signer à leur retour. Voilà pourquoi il est dit dans l'arrêt du Conseil, que les quarante avocats * dont les noms sont employés dans le mémoire imprimé (il n'est .pas dit qui ont signé), seront tenus de désavouer ou rétracter. Si on avoit voulu sacrifier Maraimberg, qui le mêritoil bien, la Cour auroitété contente, maison n'a pas voulu pour marquer l' union. Les vingt-sept pouvoient désavouer, n'ayant pas signé, mais cela engageoit les treize autres à la tête desquels est M, Duhamel, qui convient avoir entendu lire; en sorte que par raison de convenance les quarante soutiennent, et tout l'Ordre avec eux.

Samedi 25 novembre, a été rendu un arrêt1 du Conseil d'État, par lequel le Roi est satisfait de la déclaration des quarante avocats et du bâtonnier, au nom de l'Ordre, où lesdits avocats reconnoissent d'une manière claire et formelle ce qu'ils doivent à son autorité et aux droite inviolables de sa couronne; et en conséquence, voulant faire voir qu'il les regarde comme de bons et fidèles sujets, et rendre public le témoignage solennel qu'ils lui en donnent, il ordonne que la déclaration demeurera attachée à la minute de l'arrêt,

La conclusion de cette affaire n'a pas laissé que d'étonner bien du monde, car non-seulement il n'y a point eu de rétractation, mais les avocats se justifient en disant qu'ils n'ont jamais entendu les expressions dont ils se sont servis dans le sens qu'on leur a donné, et que

i. Mcrcwre de Francet \ 7 30, décembre, p. 2543, Joy^rnal de VerdtTfts 4731, janvier, p. 74,

ces expressions sont usitées dans les ordonnances et dans les meilleurs auteurs; c'est bien dire en bon François que le Conseil du Roi a eu tort. D'ailleurs; la cour de Rome ne doit pas être contente de cette déclaration acceptée par le Roi, car les avocats ont réduit l'autorité ecclésiastique dans des bornes étroites avec dépendance de l'autorité royale; quoique cela soit vrai, ce n'étoit leur compte. On y fronde de plus l'article quatre-vingtonze de la Constitution Unigenitus, par la façon dont on parle de l'excommunication, et le parti janséniste a acquis, h mon sens, de nouvelles forces, ce qui paroît cependant oppose aux desseins de la Cour* Ce qui est ici de plus honorable, c'est que les avocats ont traité par eux-mêmes directement avec le premier ministre et M. le chancelier, sans avoir eu recours ni au Parlement, ni aux avocats généraux. Et dans le fond, je suis persuadé, avec bien d'autres, que le Parlement est jaloux de la réussite de cette alfaire; car, comme il faut avouer que les avocats étoient déjà très-hauts, il est à craindre que cela n'augmente par cet événement qu'on peut appeler pour eux felix culpa.

Un avocat, nommé Daunard, qui plaide bien et a beaucoup d'emploi , s'est voulu distinguer. Il a refusé de signer le mémoire ou la première requête; il a même dit que les quarante se tireroient de la sottise qu'ils avoient faite comme ils pourroient; mais que pour lui il continueroit toujours de plaider quand les autres cesseroient. Ma foi ! cette affaire-ci a mal tourné pour lui» car à la rentrée, ceux qui étoient chargés de causes contré lui ont refusé de plaider. Il à reconnu sa faute; ' ; 1 a été de porte en porte chez ses confrères pour demander grâce. On vouloit même le rayer du tableau. Les anciens ont été d'avis qu'il falloit laisser cela. Cependant il ne trouvera plus de facilité ni de liaison avec ses confrères, et cela lui fera grand tort pour son emploi. 11 n'y a pas grand mal; c'est le (ils d'un scerc-

33$ JOUIXAL.DE MIUIIBR.

la ire de conseiller, qui ptoit un des plus insolents de l'Ordre,, et c'est- beaucoup dire1.

Ce temps-ci est fort critique. On a fait ceite petite pièce de vers pour récompenser 31. Daunard, avocat, qui gagnoit dix mille livres par an ;

Il faut que la Cour se cotise

Pour dignement récompenser

Celui qui vient (le dénoncer

De nos avocats la spttise.

Le Hoi lui donnera sans grande résistance Ce qu'il perdit hier a la réjouissance.

Notre ministre-cardinal^,

Encore plus libéral, Pour marquer sa grande largesse, Au dénonçant cédera sa noblesse.

Le sage et ferme d'Aguesseau Pourra donner un quart du revenu des açeaux3- La belle récompense!

Et Clpiivelin4 lui léguera Les présents qu'on lui oflVe et qu'il refusera»

Autre magnificence!

Porta jl 5 lui fera son présent De l'estime qu'il s'est acquise au Parlement! Et le seigneur de Vinlimille 6, A tous les cures de la ville,

Ordonnera avec vigueur De boire à la santé du dénonciateur!

Ce qui, selon la foi que ce prélat professe,

i . Il n'y a pas de remède. Il ne peut plus revenir au Palais. (N. de Barbier.) %. Fils dTun receveur d)c tailles du Languedoc. {Note de Barbier.) 3* A causée qu'il ne les a pas. (Note de Barbier.)

4, Sur ce qu'où a dît qu*en qualité de secrétaire d'État des affaires étrangères il avoit reçu de grosses sommes pour Je* traité de Sé ville, de la part des étrangers '(ADg lois}. (Note de Barbier,)

5, A cause de ce qui s'est passé lors du dernier lit de justice du mois de mars. {Noie de Barbier.)

6, Notre archevêque; disant <^i!il aime à boire et qu'il n'est pas dévot.

(Na fe de Barbier-)

Lui fera plus de bien que non pas une- messn!

Hérault1, au dénonciateur,

Accordera, le privilège D'écrire et vendre seul le mémorable siège Qu'il fit à Sainte-Barbe, et dont il fut vainqueur.

Enfin tout le clergé de France Lui fera pension, Non pas sur ses propres finances, Mais sur le bien que fait la Constitution*

Décembre.

Les avocats Aiez le cardinal. — Les «îveques chez M. de Bi»sy. — Brevets „ de la Calotte. — M. Languet, curé de Saint-Sulnicc, bokùme. — Encore

Ou Lis et la Pélissier. — Vers. — Le duc de Bouillon. — Le curé do

Suint-Sulpice et le bonnetier. — Vers.

Le samedi, 16 décembre, les avocats par députés ont été à Versailles, en robe, remercier M, le cardinal de Fleury. Usétoient huit, savoir; M. Tartarin, bâtonnier v M. Berroyer ; M, de La Vigne, conseil du garde des sceaux ; M. Chevalier, conseil du cardinal; M. Julien de Prunay, conseil de M. le comte de Maurepas; M. Normant, M. Cochin et M. Gacon, Ils ont été parfaitement reçus. M. le cardinal leur a dit que le Roi l'avoit chargé de leur dire qu'il les regardoifc comme les défenseurs des droits de sa couronne, et de les assurer de sa protection royale en toute occasion. Qu'à son égard, il les prioit de compter sur son amitié; en sorte que ceci, qui a été répandu et qui a été la grande nouvelle de Paris, s'est terminé au mieux*

Les évêques s'assembloient ici chez M. le cardinal de Bissy, pour répondre, dispiUon, à la déclaration des avocats ; mais on leur a fait dire de se retirer dans leur diocèse.

Je sais que le roi Stanislas et sa Cour, portés apparemment pour la cour de Rome, ne sont pas contents de cet événement.

i . Lorsqu'il est venu chasser les prêtres qui étoient au collège de Sainte -JJarbiî.

140 JOURNAL L)E BAUBIKIi.

Cela a fait en- tout cas un très-grand tort aux évoques dans l'esprit du public, et les critiques n'ont pas manque de faire deux Calottes : Tune pour notre archevêque de Paris1, l'autre pour M. de La Parisière2, évêque de Nîmes, qui, à la fin de l'assemblée du clergé, a fait la harangue au Roi.

On lui a reproche une phrase de sa harangue, où il dit que le règne'du Roi dépend de la catholicité ; et Ton entendoit par là que le roi de France ne pourroit pas régner t s'il n'étoit catholique, ce qui seroit contraire à nos maximes, que le Roi ne tient son sceptre que de Dieu, indépendamment de sa profession de foi; aussi M. de La Parisière a-t-il écrit une lettre à M. le cardinal de Fleury explicative de ses sentiments sur l'autorité du Roi, et qu'il n'a entendu autre chose sinon que la manière de régner est une suite de la catholicité, et non le droit de régner. Cette lettre est imprimée.

Le frère de M- Languet, archevêque de Sens, qui est curé de Sàint-Sulpice, est un bohème d'une autre façon, adroit, et qui n'épargne aucun tour de souplesse pour* pouvoir venir à bout de faire achever le bâtiment de son église.

11 a couru une histoire dans Paris, que M. Du Lis, juif, domicilié en Hollande, riche de sept à huit cent mille livres de rente, qui, dans le séjour qu'il a fait à Paris, a eu pour maîtresse mademoiselle Pélissier, une des premières actrices pour le chant de l'Opéra, à laquelle il a donné beaucoup d'argent et de diamants. On dit qu'outre les dons, il s'est plaint, un peu avant son départ, que la Pélissier lui en avoit pris, qu'elle ne vouloit pas lui rendre; qu'il vouloit en avoir raison par les voies de la justice, et que pour cet effet il avoit laissé

1. Brevet de grand-maître d'hôtel du général de la Calotte en faveur de M. L. de P. (mss. u, 31 S)

2. Brevet d'orateurau régiment de la Calotte pour M. Tévêque de Nîmes* — Il y eut aussi un brevet de garde des sceaux des états de la Calotte en faveur de M. D[aguesseau] c[hancelier] de France (mss, n, 321).

une somme entre les mains du curé de Saint-Sulpice » pour poursuivre cette affaire, et qu'il lui donnoit ce qu'il en retireroit. Cela a donné lieu au trio comique qui est de l'antre part. Cependant cette affaire, qui a fait grand bruit dans Paris, et pour quoi l'on disoit déjà les avocats charges, ne paroît pas avoir de réalité.

L'affaire est vraie. M. Normant étoit chargé pour mademoiselle Pelissier, et M. Cochin pour M. Du Us; mais l'affaire ne se poursuit pas.

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