SUR LK CARDINAL DUBOIS
De Le lijanc, pp(.re niinjstre, Veut punir |e péculat.
/ C'est bien fait, mais de ce cuistre Qui ppurrq venger l'État?
C'est son mirliton.
I Veuve de il. 'le Cavoic, marédial-des-Iogis iîu Roi*
Année 1731.
. Janvier.
tiruits divers. — Le Parlement mal avec la Cour. — Les éVéques et la consultation des Quarante avocats. — Le mandement de l'archevêque d'Embrun. — Arrêt du Parîenietif, — Là lettre de l'évêque d'Àpt, supprimée. — Libelle brûlé. — Réflexions.
On parle fort de grands mouvements à la, Cour pour le changement du ministère. On compte que M. Orry, notre contrôleur général, ne tiendra pas. 11 n'est pas au ' fait des finances, et il. ne fait rien que par le garde des sceaux, qui ne peut pas y entendre beaucoup} mais il sera toujours bien heureux. A son âge, on vient de le faire conseiller d'Etat, et il aura la pension de vingt mille livres; cela vaut, ma foi, mieux que l'embarras de sa place.
Lé Roi a fait huit nouveaux cordons bleus.
Le Parlement n'entame pas Bien cette année avec la Cour; il a fait des remontrances pour se plaindre des affaires qu'on ôtoit de cette juridiction par des évocations. Il a eu une réponse par écrit très-sèche de M. le chancelier, à qui on l'a renvoyé, jusqu'à dire que le Parlement ne devoit pas s'étonner si ïe Roi lui ôtoit des affaires, que la plupart de ses jugements étoient remplis de prévention. Ce reproche, qui est. vif, est au sujet de l'affaire du cure de Saint-Barthélemy 1 sur l'appel comme d'abus interjeté par lui de son interdiction. On a fait aussi entendre au Parlement que mal à propos s'étoit-il voulu mêler du compliment au Roi par M. Tévêque de Nimes , que cela rëgardoitle Ploi. Cela diminue un peu
- 1. \o$et Nouvelles ecclésiastiques, 17 30, p. 30?
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son crédit; aussi les charges sont -elles à présent à quarante mille livres, et il y en a plusieurs à vendre. M. Fabbé Pucelle, toujours violent dans son parti, a dit de fort belles choses dans une assemblée pour soutenir l'autorité du corps ; mais le plus grand nombre a été pour la douceur, qu'on ne feroit point là-dessus de nouvelles remontrances, et que M. le premier président diroit seulement à M. le chancelier que le Parlement n'avoit point mérité ce reproche.
Cela a donné lieu a un assez bon mot, sur ce que Ton disoitqueles avocats faisoient mieux leurs affaires en Cour, qu'ils avoienteu prompte réponse et satisfaction. Quelqu'un répondit que cela n'étoit pas surprenant, qu'ils n'a* voient point de chef; et en effet, un premier président, qui a à se ménager avec la Cour pour sa fortuné et pour sa famille, va mollement dans toutes ces négociations.
Mais il y a en l'air une affairé bien plus grave. Les évêques font le diable à quatre en Cour pour avoir raison de la consultation des quarante avocats, où ils prétendent que leur pouvoir et leur juridiction sont blessés surtout depuis le dernier arrêt du Conseil, du mois de décembre, en faveur des avocats, où ils voient que les sentiments des avocats sont adoptés. Ils s'assembloient à Paris, on les a dispersés; mais ils prennent une autre voie, qui est de faire des mandements. Comme T archevêque d'Embrun n'est pas ami du cardinal de Fleury, et qu'il est par ordre à son archevêché, c'est lui dont ils se sont servis pour attacher le grelot* Il a fait un mandement terrible1 où il traite les quarante avocats de schismatiques et d'hérétiques, et les parlements de tribunaux chimériques de nation. On l'a arrêté ici par ordre de la Cour, à la chambre des libraires. Il- n'y en a eu de lâchés que cinq ou six exemplaires; mais on a pris des copies, et il est répandu partout. On dit que plusieurs autres évêques en feront de même, qui
1. Voyez mss., tf nT p, 2$ 9. Il fut imprimé à Grenoble, Faure, 1730,
sans doute seront soutenus par la cour de Rome, en sorte que cette affaire est plus brouillée et plus dangereuse qu'elle ne Ta encore été; cela rompt la tête au cardinal-ministre et l'empêche de songer aux autres affaires.
Le Parlement a pris fait et cause dans celte affaire ; par arrêt du 29 janvier1, il a ordonné que l'instruction pastorale et le mandement de M. l'archevêque d'Embrun seront et demeureront supprimés comme téméraires, séditieux et tendant à troubler la tranquillité de l'Église et de l'État.
Par le môme arrêt, le Parlement a déclaré une lettre de M. F ancien évêque d'Apt2, imprimée (concernant les affaires de la Constitution), séditieuse, téméraire, tendante à la révolte, et Ta condamnée à être lacérée et brûlée en la cour du Palais par la main du bourreau.
En sorte que voilà une petite guerre ouverte entre le Parlement et les évêques.
Par autre arrêt du 31 janvier, le Parlement a condamné à être brûlé un libelle sans nom d'auteur qui est, ma foi, fol, par lequel il est avancé que, quoiqu'un évêque soit d'ailleurs soumis à la Constitution et qu'il l'ail reçue, s'il communique avec des personnes ennemies de la Constitution, ses diocésains peuvent se séparer de communion d'avec lui. C'est porter le fanatisme à l'excès.
Il est temps de mettre ordre à tous ces désordres. On dit qu'il y a aussi une lettre du pape au Roi par laquelle, après avoir donné de grandes louanges sur la piété du Roi tres-chrélien, il tombe sur l'arrêt du Conseil rendu en faveur des avocats, se déchaîne fort et menace le Roi, s'il ne renverse pas ce qu'il a fait à cet égard, qu'il sera obligé d'user contre lui Je toute la puissance spirituelle qui lui est confiée.