C-oiHre les courtisans Soutenoient rimiucent
Le peuple et la noblesse.
Aujourd'hui, ce n*est plus cela* Ministrë subtil,
Parlement docile,
Normant est facile,
Son corps imbécile, Et Tordre va cahin, caha, Et Tordre va cahih, câha.
AUTRE
Pauvres avocats de Paris!
Pourquoi changez-vous d'avis?
Croyèz-vous que dans la gloire Fleury vous rétablira ?
L'on vous en ratisse, tisse, tisse!
L'on vous en ratissera!
Mercredi 5 28 de cè mois de novembre. H faut savoir que l'expédition du 8 septembre étant faite pour la radialion de l'arrêt du Parlement du 7, le lundi suivant, la •chambre des vacations ouvrit, et le premier président, qui la tient la première fois, rendit compte à la chambre de lotit ce qui s'étoit passé dépuis la séparation du Parlement; On dit alors que la chambre des vacations, qui n'est qu'une commission, ne représentait pas le Parlement, et il fut arrêté sur les registres qu'à la première assemblée du Parlement, le premier président rendroit compte de tout.
Est arrivé le lundi de la rentrée du Pàrlérïieht pour la Messe Rouge; Nous avons dit qu'il fut présenté une lettre de cachet par les gens du Roi , qu'ellie ne fut pas ouverte, et qu'elle est restée entre les mains d'Ysabéau, greffier, pendant la quinzaine, entre la Saint-Martin et la Sainte^Catherine, Le Roi a fait retirer la lettre de cachet.
Aujourd'hui, qui est le jour des Mercuriales, tout le Parlement s'est assemblé à huit heures du malin. On a commencé par dire à M. le premier président que-, sui-:
216 JOURXAL DE lunniER.
vant l'arrêté de la chambre des vacations, il devoit un compte à la compagnie de ce qui s'étoit passé au sujet de leur arrêt du 7 septembre. M. le premier président a répondu qu'il avoit été mandé par le Roi avec M. le * président Le Pelletier, et que le Roi lui avoit expressément défendu de parler de cette affaire» On a répondu au premier président que le Roi F avoit mandé comme un particulier; qu'il n'étoit point député du Parlement pour recevoir des ordres du Roi , et que le Parlement ne recevoit point les ordre du Roi verbalement par la bouche môme de leur chef, sans mission. On a aussi demandé de faire représenter la minute de l'arrêt. Refus du premier président de l'un et de l'autre, sous prétexte que les gens du Roi avoient à présenter une lettre de cachet, qui expliquoit les intentions du Roi, M. le premier président proposa de faire entrer les gens du Roi , pour marquer le respect qu'on avoit pour les ordres du Roi. Instance de la compagnie de commencer par l'examen de la minute, ou le récit des faits. Le but du premier président étoit d'empêcher de délibérer.
Dans le temps qu'on disputoit ainsi, on a vu avancer MM. les gens du Roi dans la Grand'Chambre avec cet air modeste et composé qu'ils ont toujours ; cela a causé du murmure. On a dit que, quand la Cour délibéroit d'affaires publiques, ils n'avoient pas droit d'entrer sans être mandés;* qu'il falloit qu'ils se retirassent. A la faveur de ce petit trouble, ils ont continué leur chemin et sont arrives à leur place. M. Gilbert dit quelques paroles, qu'il étoit porteur des ordres du Roi, et mit sur le bureau du greffier une lettre de cachet de la part du Roi. Dans les assemblées de chambre, le Parlement est au bas comme aux petites audiences; les gens du Roi se sont retirés promptement avec la même contenance. . Le premier président a proposé à messieurs d'ouvrir la lettre de cachet, ce qu'ils n'ont pas voulu faire, disant qu'en affaires il faut aller par date et commencer par les
Novembre f73t.
plus anciennes. Ils ont demande à voir la minute de leur arrêt du 7 septembre ; qu'ils savoient seulement par le bruit public qu'il avoit été biffé par un arrêt du Conseil ; qu'ils vouloient voir la mention qui en avoit été faite, ou du moins que M. le premier président leur fit le détail de tout. M. le premier président leur dit : « Messieurs, « vous ne voulez donc pas ouvrir la lettre de cachet et « vous soumettre aux ordres du Roi? » — « Nous ne disons « pas cela, réponditon ; il ne faut pas nous faire parler; a nous sommes pleins de respect pour les ordres du Roi ; « mais commençons d'abord par savoir ce qui est arrive a à notre arrêt. » Le premier président ne voulut point faire de récit ; le Parlement ne voulut pas ouvrir la lettre de cachet; cette dispute dura une heure et demie.
Le Parlement se douioit bien que la lettre de cachet portoit défense de délibérer sur l'arrêt du'Conseil, qui avoit ordonné la radiation. Il ne connoît point la voie des arrêts du Conseil ; il n'auroit pas manqué d'arrêter qu'il seroit fait des remontrances au Roi sur cette affaire. Après quoi, l'ouverture de la lettre de cachet seroit devenue inutile. Voilà ce que M. le premier président vouloit empêcher.
D'ailleurs, ce n'est que depuis la régence de M. le duc d'Orléans qu'on à voulu assujettir le Parlement à des lettres de cachet, contre lesquelles il a toujours protesté. 11 prétend qu'il leur est défendu par les ordonnances de recevoir des lettres closes, et que c'est par la voie des lettres patentes que le Roi doit informer son Parlement de ses intentions. *
Après l'heure et demie de dispute , tout le Parlement est resté trois heures jusqu'à une heure en place, les bras croisés, se regardant les uns les autres, prenant du tabac, et n'y ayant de conversation que d'un voisin à son voisin. Ce silence et cette posture avoient quelque chose d'original. Personne ne vouloit lever le siège, pour n'avoir pas sur son compte d'avoir rompu l'assemblée. Comme
SIS journal de; BAppirn.
urçe hçqre sQnnoij,, et qu'on yoyoit bien que pela se terminèrent à rien. M. de Sajnt-Martin, conseiller deGraniT- Chambre et des qppiens, qui fut un des trpis qui furent exilés si loin , du temps de la régence, di( à M. le premier président : .«Monsieur, crpye?-vous qu'il faille î attendre, les lanternes ppur avoir plus de lurnières, 4 pendant .qu'un beau SqW IhM ? }\ Vëmm jambes; op vit dans toqs une envie 4§. s'çn. aller, et tout Je mpnde s'est levé .en -jnêmp temps, comme par' un signal, et on a remjs l'assembjée h dejjiain je^di. l<a Qour a été informée d,e tous ces faits et a pris ses Pleures.
Jeudi, 29 npvembre, le Parlement s'est assemblé à huit heures ; .outres la lettre dp caghe.t de la veille, qui restoit à ouvrir, les gens du Roi entrèrent, qm en apportèrent une seçpnd§. Eijtç retiré^, on epmmença par lire la derpière, en cl^a^e (^ii ^3 ^»^ïl?f »?? ^ * ^ ^^^^?"^do ctoit adressée à M. le premier président, avec injonction d'exécuter la première. I) y eut des paroles trèsTyiveg danç cettp assemble contre M. le premier pré§i(J§n jt et le président Lp P.§- ]etier,qHe quelqu'un attaqua ajigsj psrsonnellejuent. A la fin, on piiyrit la premièreïettre déchet, qui faisoit dé.fense de délibérer sur l'arrêté du 7 septembre, rayé en yertu de l'arrêt $n Conseil,. Oïj puyril la seconde, qui réitéroit les mêmes défenses, et deplusquiordorinoità M. le procureur général de remarquer ggux de messieurs qui voudraient aller contre les ordres du Roi, et de les dénoncer. Ces deux lettres sont, dit-on, en termes très- ^urs. .Suivant cette dernière , il falloit donc que le procureur général assistât à l'assemblée. Au surplus, cet ordre me paroît petit de. la part de la Cour; c'est menacer, c'est vouloir faire peur. 11 faut, au contraire, que celui qui est maître sache les coupables et les punisse; d'ailleurs, c'étoit rendre le procureur général espion du Parlement dopt il fait corps. Comment se seroit-il acquitté de cette commission? Personne ne propose de délibérer contre les ordres du I\oi. Mais on
NÔVClSlBKË 1731* 219
murrîuirâ beaucoup, et après toutes ces dispufëS, altercations, reproches personnels, M, l'abbé Pucellë dit f « Messieurs, si lë Roi étoit âù Louvre, il fâudroît aller « jusqu'à son trône lui portèr nos plâiritës et nos rés* « pects, ei forcer même les barricades polir y arriver; S Quelqu'un dit tout haut : « Mais il n'est pas si loin; il <r est à Marly. » Ët àussitot pâi" àcclàffiàiioh tout lë monde cria : » A Marly, à Mârly ! » Il étoit onze Iïéurës; On se Sépara pour aller boire un ëôûp et prendre dés carrosses, et rendes- vous à la Grând'Chambré, a midi et demi. Jë rië sais si tous dévoient revenir, ou si on arrêta dès lors deux qiii rëviehdrôieht ; ils partirent âii ridfribfe de cinquante dans quatorze carrosses , à six ét . à quatre chevàux. il y âvoit lë premier président et cinq ou six présidents à mortier.
Depuis qu'on avoit arrêté ce voyagé, le premier président, le procureur général et M. Hérault avoient envoyé sur-le-champ des courriers à Marly, Le cardinal vint à IssyS et M. de Maurepas et M. lë garde des sceaux, qui . étoient à Paris, l'y allèrent trouver; Le Parlement arriva ainsi à Mârly, en cortège, sans être mandé, ni savoir à qui s'adresser, lis demandèrent le chancelier, le .cardinal, le garde des sceaux, les ministres pour les annoncer âû Rôi, qiii y étoit. Âucurï d'eux n'y étoit. Ils s'adressèrent à M. ïe duc dé Noaillës, qui rië Voulut point sé charger de les présenter. Le Roi fut informé qu'ils étoient là; peut-être même, ët il n'en faut pas douter, sa réponse lui avoit été envoyée d'Issy. M. lë duc de Trësmes, premier gentilhomme de la chambre dë service, vint trtiiiver ces messieurs ét leur dit que lé Roi étoit trës-étonné et très-mécontent dé cette démarche, ét qu'il leur ordotinerôit de s'en fétourïier. Il fallut prendre son parti ët se sépârër; Ils furent dé' retour à Paris sur lés huit heures et demie du soir. On dit qu'en sortant dé Marly, le premier président et M. ÏAbtiê Ptieélle rêfik
1 , Maison de campa gae, qui appàrleiïâîÉ au sémiùaire dé Stfînt-Sûlplce.
220 JOURNAL. DE DARNEIt.
contrèrent M. le cardinal de Fleury; qu'il y eut là de gros mots. Us ont fait leur licence ensemble et sc-connoissent depuis longtemps ; que le cardinal lui dit qu'il éloit honteux qu'il fût toujours chef de parti, et qu'il l'âvoit ménagé jusqu'ici à cause de l'ancienne connoissance. ■* Cela fait au demeurant un sot voyage, mal concerté et entrepris bien légèrement. Les jansénistes trouvent cela beau et disent que le Parlement a fait ce qu'il a pu ; mais les gens sensés pensent autrement. C'est jouer à compromettre son caractère; car, il faut l'avouer, celle réception est méprisante, et l'on peut dire que le Parlement de Paris est un corps assez grave et assez respectable pour pouvoir parler au Roi en personne, d'autant qu'il est majeur. Mais il faut agir suivant les circonstances, et ils dévoient s'attendre à ce coup, qui ne relevé pas leur crédit.
Décembre*
Arrêt du Conseil d'État sur les avocats. — Les avocats rappelés. — Le Par* lement. — La petite vérotc. — Morts de l'évôquc de Périgucux, du duc de Rochccbouart. — La petite vérole de madame la Duchesse. — Le tombeau de M. Paris. — Le roi de Sardaiflnc veut s'évader. — Situation du premier président. — Les Âvocat$ démasqués. — Lieutenants généraux» — Calottes.
Samedi, lendemain de saint André, rr de ce mois, le Parlement comptoit s'assembler encore; mais le premier président envoya dire à tous qu'il n'y auroit point de palais. Par là, le ministre a eu le temps de prendre des mesures et de faire arrêter quelque chose dans le Conseil des Dépêches du samedi. À lundi, pour les suites.
• Il n'est pas douteux que le Parlement aura le démenti de celte affaire ; il n'est pas même possible qu'un corps comme celui-là, aussi nombreux, aussi mal composé en général, rempli de gens qui ont à craindre, d'autres qui trahissent, les chefs même n'étant point unis avec lereste, puisse jamais tenir tête au ministère pour la politique.
Le Parlement e&t, dit-on, fâché çoiHre les avocats de
ce qu ils sont ainsi rentrés sans attendre l'événement de leur première assemblée. Le Parlement a en cela quelque raison, car il devoit y avoir une union, et les avocats sont rentrés bien légèrement, à ce que tout le monde pense, d'autant que depuis huit jours on ne parle pas du retour des exilés. Cependant M. Rousselet n'est qu'à - Monlfort, à neuf lieues de Paris, et il devroit être ici. Ma foi ! quoi qu'on en dise, le ministre a tenu parole à M, Normant, et M. Normant à ses confrères. Aujourd'hui, lundi 3, on à distribué ce matin, au Palais et partout Paris, car ce n'est plus la mode de crier dans les rues ce qui regarde les affaires du temps, un arrêt du Conseil d'État, du 1er de ce mois, sur le mémoire1 donné par les avocats au Parlement, qui, par le ménagement . dont il est, est très -honorable aux avocats. Le Roi y confirme l'arrêt du 25 novembre 1730, par lequel il reconnoissoit les avocats pour ses bons et fidèles sujets ; que celui du 30 juillet dernier, rendu en faveur de l'archevêque de Paris, n'a rien de contraire à l'autre, d'autant que l'archevêque ne censure dans son mémoire, que de faux principes que les avocats n'ont point soutenus, et qui sont très-éloignés de leurs sentiments. En sorte qu'implicitement le Roi les regarde aussi comme orthodoxes ; la question tombe en fait ; les principes que l'archevêque a censurés sont faux et dignes de, censure, mais ce ne sont point les principes avancés par les quarante avocats. Tout cela est équivoque et fort finement contourné ; mais il est toujours très-honorable à un corps, composé de simples particuliers, d'engager le Roi à pallier et à chercher des prétextes et des ménage* ments. Il n'est même parlé ni de la retraite des avocats, ni de leur retour, ni s'ils ont eu tort, ni s'ils méritoient punition, ni des exilés; la satisfaction que le Roi leur donne, par l'explication de son arrêt du 30 juillet dernier, est entière. Je suis sûr que les magistrats seront
J. Voyez Mercure de France^ 1731, décembre.
très-jaloux des procédés et des égards qu'on a pour les avocats, tandis qu'on les ménage moins, et ils ne pensent pas que c'est moins considération pour lés avocats que politique nécessaire. Le public a besoin des avocats; mais le ministère ne craint rien d'eux ; ainsi il ne risque rien à les contenter: Le Parlement, au contraire, a des droits anciens, qu'on a toujours voulu diminuer et affoiblir j le ministère évitera toujours de lui donner occasion de les reprendre, .
Voici ce qu'on a dit des avocats dans la ëaseite d'Hollande; « L'affaire des avocats fut- effectivement terminée « dimanche 25 ,< et leur rentrée au Parlement se fit lé « lendemain. Par là^ ils se sont heureusement tirés d'un a état dont ils commençoient à se lasser, ia plupart <t aimant le, travail , et tous en aimant le profit. »
Lundi 3, il y a eu petite et grande audience à la Grand' Chambre. À dix heures, les chambres se sont assemblées pour les dispenses de M, Talon, président à mortier, et de M; Joly de Fleury, avocat général. La conférence a tombé sur le voyage du jeudi à Marly. Je sais que la veille, dimanche au soir, le premier président fut jusqu'à dix heures et demie à travailler chez lui avec plusieurs. conseillers. Je n'en sais pas davantage. L'assemblée a duré trois heures. Ôri y a répété tout ce qu'on avoit déjà dit plusieurs fois; on a été -aux voix pour l'enregistrement des dispenses ; on ne les enregistra point. La politique du Parlement fut de se ménager une autre assemblée de chambres, qui fut remise à îundi, à la huitaine, et il a été arrêté que M. le premier président iroit dans la semaine en Cour pour demander au Roi un jour où son Parlement pût lui aller parler en corps et non par députés.- Ôn pourra les amuser de cette vaine - espérance ; mais cela n'arrivera pas ; en sorte que cela n'est pas encore fini. Cela ne . sert qu'à retarder la réception de MM. taion et Joly de Fleury, et à donner bien de l'embarras au premier président.
Mercredi à, M, le coriitê déMàiifêpâS^cfétaîi'ed'ÉLat, envoya â M. le premier président Un paquet de dix lettres dë rappel pôur les dix avocats exilés, que l'ôti fit mettre sur-fe-châmp à la posté , en sorte qu'il n'y en a point (féxcepté, confimef on disôit à l'égard dé -M< Soyer surtout, qui avoit fait quelque étourderie. On â aj>parenïrrîéht attendu pour sâtoir si lés âvôcats seraient contents dé f arrêt. Il y à eù assemblée^ Quëlquë&iUns n'ont pa's été contents ; iîiâîs les évêqliês fie lé- sont pas âussi de léut côté, et il étôit difficile de cdiîtëntèf tdbt le monde. Le plus grand riôrïibfé à décidé fôviï là douceur ët pour coittinuef les fbiïctidns'.
M. te préirîief présidëht â denîàHdé ul* Jdiïf âù mi* nistrè pouf aller faifë sa commissien ; oh lui a donné sâmëdi, jôiir de là Vierge. H if& à VëfSailfes dëïfiaîidef au Roi un joflr pou? prfmëttfë à son Parlement de lui venir parler eh côfpté et ilôn par députés. Mais je ne crois pas que cëlà ârïiVè. ïï est înémë à souhaiter que cela «'arrivé pââ; car, aprèà le pfëmief compliment dû premier pfésidënt, quelquVft dê messieurs i peut-être plusieurs énseiftble voudfôiêftt parler. On n*a pas son* discoiifs prépâfé ; cela fait collée* et on dit souvent bien des choses de trop, A la vérité? il 3 pourraient laisser parler î'abbé Pucëllë, qui parle pathétiquement et qui est fort siir cetté matière.
Pendant tous ces troubles domestiques , déux chosës vont toujours \&xt train : là pètité vérole, qui continue de tomber sur îës gens de qualité; M.-d'Àrgduges1, évéque dé Péfigueux, en est mort à quâraiitë ans; M. le cîuc de Rochéchoùart2, nouvellëmënt marié, en faveur de qui M. le duc de Mortefnârt8 s'étoit démis de la chargé
!♦ Michëï-Pîérre d'Argôuges', évêquc de* Péri gueux, 8 janvier 17 21 — 13 novembre 1731.
t. Louis-Paul de Rochechouart-Mortemart, né erf 1 7 1 i / Il avait, épousé, eu mai 1730, Marie-Ànne-Ëlisabeth de Bcauvau.
3, Louis H, duc de Hortemart, père du duc do Uoc&cchouarî,
de premiôr gentilhomme de la chambre , est mort la semaine dernière. Le père, qui est un philosophe, ne s'est pas remué pour demander au . Roi l'agrément de la charge et du régiment1 pour le marquis de Mortemart 2, son second fils; mais toute la famille Ta sollicite et Ta obtenu du Roi.
Ces petites véroles sont la suite de la grande et longue sécheresse de cette année. Il y a plus de cinquante ans qu'on n'a vu la rivière si basse et si longtemps sans eau.
La jeune duchesse de Bourbon, qui a seize ans, et qui est belle, a la petite vérole depuis trois jours. Elle a déjà été saignée sept fois du pied ; les médecins ont la rage pour faire ainsi saigner, et ils n'en démordent pas.
L'autre affaire, qui continue toujours, est le tombeau de M. Paris à Saint-Môdard. Malgré le mauvais temps, * qui commence à venir, il y a plus de monde que jamais, même des personnes de distinction ; et ce qui est de plus étonnant, même si l'on veut d'impertinent, c'est que cet abbé Bécheran, qui a commencé à y aller, il y a quatre mois au moins, n'est pas guéri, et y va toujours. Et c'est toujours le même manège. Tous les malades ont des convulsions sur la tombe; je ne sais quand cela finira. M. le comte de Clermont, prince du sang, y alla, il y a quelques jours, avec des grisons*, sans fracas. On y a vu aussi des évêquès : il y a en tout ceci quelque chose d'extraordinaire et un manège qu'on n'entend pas.
Samedi 8, jour de la Vierge, M. le premier président alla à Versailles, fut introduit dans le cabinet du Roi, où étoient les ministres. Le Roi lui dit qu'il étoit fort mécontent de la démarche qu'avoit faite le Parlement de venir à Marly, et qu'il vouloit être obéi , et tourna le dos. Le cardinal et le chancelier parlèrent au premier président et lui dirent que le Roi ayant marqué sa vo-