‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 70 sur 90 · JOUHNÀL DE BÀIUUKK · texte numérisé non relu

JOUHNÀL DE BÀIUUKK

<x naissance qui est parti pour prendre possession du a royaume clans un pays éloigné, que les gens du pays « lui ont envoyé dire par des ambassadeurs qu'ils ne « vouloient point de lui. pour Roi, qu'il a pris possession ((■ du royaume, et qu'il est revenu. » Il n'est point dit s'il a été forcé de revenir ou non. Mais ce seroit en demander trop à saint Luc. v . '

^hOYCiubre.

Impositions nouvelles. — Dixième. — Le roi <3e Surdaigne prend Pavie. — M. de Coîgny à Milan. — Siège de l'i/.zîfjhUonc. — Nouvelles diverses. — Manifestes. — Le régiment dc.Clianipngnc dans la tranchée. — Tambour - battant.

Comme on ne sait point ici de nouvelle positive, le public, en général, n'a pas bon augure de notre guerre. Plusieurs raisons font cet effet :

1° Le François est naturellement inquiet çt impatient.

2° 11 craint que ceci ne nous amène au plus tôt dès taxes et des impôts, ce qui arrivera sans doute, quoique dans la vérité, après une paix de vingt ans, le Roi, ayant des revenus plus considérables que n'avoit Louis XIV, et n'ayant fait aucune dépense extraordinaire ni en bâtiments, ni en maîtresses, le gouvernement devroit être en état de soutenir la guerre pendant un temps, sans charger les sujets. On parle pourtant de voir paraître dans peu le dixième sur les biens, sans les autres inventions des traitants.

3° Le public, en général, n'a pas été content du mariage du Roi ; ainsi on supporte avec peine une guerre qu'il occasionne par rapport au roi Stanislas.

4° Comme tout Paris est presque janséniste , on n'aime ni le roi Stanislas, qui est un grand constitua tionnaire, ni le ministère du cardinal et du garde des sceaux. " .

C'est pourquoi on disoit, ces jours passés, que- l'Espagne noys ^ban^onnoit, et que la reine d'Espagne, qui

nous en veut toujours, et qui ne songe qu'à l'établissement de son fils don Carlos, avoit fait un traité particulier avec l'Empereur , ce qui faisoit craindre que Vargent ne manquât en Italie. Effectivement le débarquement des troupes espagnoles se fait longtemps attendre.

Cependant nos affaires vont fort bien, et on doit être content de notre Gazette du 14, dont les nouvelles sont vraies.

Le roi de Sardaigne, comme généralissime des armées en Italie, sans attendre le maréchal de Villars, s'est avancé, le 2 de ce mois, vers Pavie. La garnison allemande s'est retirée. On lui a apporté les clefs , et il y a trouvé trente-cinq canons et trois cent milliers de pouare. Il a reçu en même temps une députation du sénat et de Jh' ville de Milan/ Il a envoyé M* de Coigny^, lieutenant général , avec neuf mille hommes de nos troupes , pour se rendre maîlre de la ville et faire le blocus du château que Ton dit être très-fort. Il a distribué des troupes pour faire le blocus des villes de Novare et Tortone, et il a envoyé un autre détachement à Pizzighitone2 pour en faire le siège. On dit qu'il a reçu les troupes de France et qu'il a passé dans les lignes en leur faisant toutes les distinctions et les honneurs possibles.

La ville de Milan envoie toujours les clefs aux troupes qui ont passé, le Tésin. Il n'y a que le château qui puisse se défendre.

Le maréchal de Villars ne peut être arrivé à Verceil, qui étoit le rendez-vous, que le 10 ou le 12 de ce mois. Il aura trouvé bien de la besogne faite. Il avoit promis à la Reine en partant d'entendre la messe de minuit à Milan, et, dès le 5 de ce mois, nos troupes sont en état

t. François de Franquetot, comte, puis duc de Coigny, né en 1670, lieutenant et successeur de Villars dans cette guerre. Il reçut le bâton de maréchal en 1741 et mourut en 1759.

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