‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 83 sur 90 · En le disant janséniste. {Note de Barbier · texte numérisé non relu

En le disant janséniste. {Note de Barbier

3. 11 a été à la tète des finances sous le duc d'Orléans r6gent. [Note d$ Barbier.)

percur y envoie des troupes, et nous y envoyons dix mille hommes. Don Carlos doit être à présent maître de toute la Sicile; il fait prisonnières toutes les troupes Allemandes qui sont dans les places et les fait partir pour l'Espagne, ce qui fait une furieuse perte d'hommes pour l'Empereur. Quand il sera paisiblement roi de Naples et de Sicile, il enverra apparemment ses troupes en Italie, ce qui composera une armée considérable. Jusqu'ici, la situation est triste; le voilà dépouillé de deux beaux royaumes et du Milanois. Comme ces deux royaumes sont de l'ancien patrimoine de l'Espagne, et que tous les peuples ont accepté cette domination avec empressement, il ne faut pas compter que cela soit jamais, ou du moins de longtemps, rendu à la maison d'Autriche, qui d'ailleurs finit et s'éteint dans la personne de l'Empereur* On compte qu'il ne peut sortir de ceci qu'en mariant une de ses filles à don Carlos : les deux royaumes conquis seront sa dot.

On ne parle plus du roi Stanislas, qui est le principal sujet ou du moins le prétexte de cette guerre. On ne sait précisément où il est. La guerre civile continue toujours en Pologne, et Ton n'entend rien à l'électeur de Saxe, qui ne s'y met point à la tête de ses troupes.

Le Roi est parti, à son ordinaire, au commencement de ce mois, pour Fontainebleau, pour chasser tous les jours; la Reine y est aussi et toute la Cour.

M. le duc de La Trémoille a pris les eaux de Vais1, dans le Yivarais. 11 a reçu, en Italie, un ordre du Roi de revenir en France pour songer à sa santé, et, après avoir pris les eaux de Vais, il est arrivé à Fontainebleau, où il est resté. Malgré tout son esprit, je crois que, sachant tous . les mauvais discours de la Cour et de la ville, il aura été embarrassé dans son abord et sa contenance. C'est ainsi qu'avec de grands noms, des biens considérables et de

. i. Vais, célèbre par ses eaux minérales, dans le canton d'Aubenas, département d*ï l'Ardèchc,

belles qualités , on n?est pas à l'abri d'aventures trèsr chagrinantes.

Le Roi a fait, dans ce mois, une promotion d'officiers généraux, et ensuite il donnera l'agrément pour ses régiments que bien des gens demandent.

ïïo vendre.

Mori du marquis de Pezé Nouvelles, .-r- Chanson sur M. d'AsfeJd. —

Les Bidal. Congrès. — Les avocats et les pamphlets. La soutane et la chausse des avocats. — Jcap Barbier. — La robe de M, Froland,

Le marquis de Pezé, lieutenant général des armées du Roi, colonel du régiment du Roi^ gouverneur du château de la Muette et capitaine des chasses du bois de Roulogne, à qui le Roi avoit envoyé le cordon bleu, est mort de ses bléssures en Italie, âgé de cinquante-quatre ans ; c'étoit un cadet du Maine, qui n'avoit que cinq ou six cents livres de rente pour tout bien. Le maréchal de Tessé, son parent, l'avoit mis dans le régiment des gardes. 11 s'est poussé par le jeu, par les femmes, par ses intrigues, de manière qu'il étoit devenu favori du Roi. Aussi a-t-il acquis de grands biens et de bonnes places. Il ne laisse que deux filles.

En Italie, les neiges, les mauvais temps ne rebutent point les Allemands; ils ne cherchent qu'à se battre. Par prudence, pour éviter une bataille qui pourrait avoir des suites fâcheuses, nous avons été obligés de quitter l'Oglio. Nous avons fortifié et mis des troupes dans Guastalla, et l'armée s'est retirée sous Crémone et du côté de Parme. Mais les ejinemis nous suivront et la guerre ne tardera guère à recommencer dans ce pays-là.

On parle assez mal ici de tous nos maréchaux de France. Ceux d'Italie ont fait des fautes étonnantes , et ceux d'Allemagne ne sont guère mieux famés. On disoit : a Savez-vous pourquoi la cavalerie est réjiinie en Aile- « magne ? » On répondoit : « C'est que les maréchaux a ne valent rien. »

. On a fait aussi ùh pëtit couplet dë fchanson pour le bon homme M. d'Asfeld, qui a, dit-on, toujours les larmes aux yeux quand il dôniië quelque ordre ou qu'il faut prendre quelque parti.

Sur l'air : Des Feuillantines»

On a beau dire du mal

De Bidal », C'est un très-grand général.

Et son nom couvert de gïoire Sera placé dans l'histoirë.

Quand il quitta le métier

De gantier â

Pour être garçon guerrier;

Chacun le jugea sans* peine

Prôpfe au bâtôiï.flè îûrerine"!

f>hilisbourg est le garant

Du talent Et du! génîe excellent; Aujourd'hui, par sa science, C'est le Vaùban de la France*

Il est plus sage, dit-on,

Que Caton, Parle mieux que Cicéron; Et si Ton pèse son style, C'est un politiquè' habile.

Son cœur, tendre à tous propos,

De sanglots Aècô in pagn e' torts les* niots.

On le voit parmi les armes Toujours mouillé de ses larmes,

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