‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 84 sur 90 · Son nom dé famille. (Note de Barbier · texte numérisé non relu

Son nom dé famille. (Note de Barbier

2. Marchand .d'étoffes de^soie, parce que Al, d'Asfeld est petit -fils de JU. Bidal, marchand» (Note de Barbier.)

Mais je n'aurois jamais fait Le portrait {; D'un héros aussi parfait!

* Je ne m'arrête qu'à peine

Sur ce fameux capitaine.

Le malin de cette chanson est que par l'air on coupe un mot du dernier vers de chaque couplet, comme :

Sera pla, — sera placé dans l'histoire;

Propre au bâ, — propre au bâton' de Turenhe;

C'est le Vau, — c'est le Vauban de la France;

Toujours mou, — toujours mouillé de ses larmes;

Sur ce fa, — sur ce fameux capitaine.

La baronnied'Asfeld1 lui vient de ce que Bîdal, marchand, son aïeul, prêta de Vargent à la reine de Suède2 dans une occasion pressante. Le maréchal est revenu en Cour; on ne sait point encore s'il reiournera en Allemagne pour commander, car tous les officiers conviennent qu'il est incertain sur tout, et qu'à peine se ressouvient-il des ordres qu'il a donnés. Le princci Eugène n'a pas eu peine à profiter d'un pareil caractère.

On parle ici d'un congrès qui se tiendroit à Paris pour l'arrangement des affaires présentes de l'Europe; mais on dit que l'Empereur demande une cessation d'armes, et que nous ne le voulons pas. Ce qui paroi t fondé en raison. Pendant ce temps, l'Empereur redoubleroit ses négociations pour engager des puissances dans son parti et se fortifieroit en troupes et en argent.

L'Ordre des avocats, qui jusqu'ici avoit été respecté et considéré, commence à essuyer des libelles secrets. L'année dernière, il parut une lettre imprimée d'un père à son fils3, pour l'engager à embrasser celte profession,

1. Le père du maréchal, Pierre Bidal, fut résident de France à Hambourg en 167 5, en i 683 et en 1699. Il avait épousé, en 1673, Catherine Bastonneau. C'est eu 1653 qu'il fut créé baron d'Harsefeldt ou d'Àsfeld, dans le duché du lircmin.

2. Christine,, reine de Suède, 1635-1654. Elle mourut en 1689.

3> Mires oy dissertations oU ï'on fait voir jwe la profemçn d'avocat

Il la relève si haut qu'il y fait entrer des papes, des empereurs; il remonte même jusqu'à Jésus-Christ, comme ayant fait dans ce bas monde remploi d'avocat du genre humain. Il met cette profession au-dessus de toutes les autres, et il rabaisse et méprise beaucoup celle des magistrats. Cela est si outré qu'il n'est pas douteux que cet ouvrage ne parte d'un ennemi des avocats.

Cette lettre a donné lieu à une réponse écrite par le fils à son père1, où Ton critique fort les avocats sur leur orgueil et sur un intérêt démesuré. On y traite même assez vivement et fort à découvert trois avocats : le premier est M. Prévost, appelé colosse de paragraphes ; le second est M; Pothouin, accusé d'ingratitude envers M. d'Àrgouges, lieutenant civil; le troisième est M. Norinant, le premier des plaidants.

Quoique cette seconde lettre soit pareillement outrée, il faut convenir qu'il y a bien du vrai; tous les avocats en particulier ne prêchent que simplicité et désintéressement, et il faut convenir qu'il y a à présent beaucoup de présomption et d'intérêt dans tous les membres du corps, ce qui n'étoit pas autrefois. Le système est cause du dérangement de tous les états et des caractères.

On leur reproche assez mai à propos la chausse2, qu'ils ont arrêté que l'on porteroit journellement en robe pour se distinguer des procureurs et des huissiers. Cela est venu de ce que messieurs les conseillers au Parlement délibérèrent, il y a quelques années, d'être toujours en chausse et en soutane sous leur robe. On a cru que c'étoit pour se distinguer des avocats, distinction qui étoit mal fondée. La chausse est de l'habille-

est la plus belle de toutes les professions* Londres, 1733, in-iî (parFr. Bernard Cocquard, avocat à Dijon).

\ . Réponse d'un fils à son père sur deux lettres qui parurent en 1733, au sujet de la profession d'avocat^ în-12*

1. La bande ou pièce d'étoffe bordée d'hermine que les licenciés et les docteurs des diverses facultés de l'Université ont le droit de porter sur l*épaule gauche*

ment du licencié ès-lois; Tout homme de robe ne peut la porter qu'à ce litre; et par conséquent l'avocat en a le droit comme le magistrat. Cependant la plus grande partie des avocats,* et surtout la tête, n'a point arboré la chausse. A l'égard de la soutane , c'est un habillement in commode, mais c'est l'ancien habit des gens de, robe. Dans les anciens règlements du Châtelet, il est dit que le jour de la rentrée, les avocats et procureurs assisteront en robe et en soutane. Mon grand-père1, avocat au Parlement^ indépendamment du Palais, étoït habillé en soutane et en grand manteau long; mon père se ressouvient de l'avoir vu ainsi. La soutane n'est donc point attribuée exclusivement au magistrat,- et la conformité d'habit n'empêche pas la supériorité et la prééminence de son état.

Cette réponse imprimée a paru pour la rehtrée de la Saint-Martin ; cela n'a pas empêché M.Froland*, homme de Normandie, riche, bâtonnier des avocats, de paroître à la première cérémonie en soutane de satin avec une robe doublée de velours, qu'il auroit aussi bien fait d'épargner.

Décembre. ,

Ingratitude île Moncrif. — Epîgramme. — Jansénisme. ^Corivulsionnaircs,

— Les frères et sœurs.— L'âbbéGillet. — * LJàbbé Sellièr. — Lés Êlisiem.

— Le frère Augustin. — Lé prophète Étië: — fil. Carré de MontjeVon.

— Foliés. — Détails. — -Le sang de Foie. — Service à Notre-Dame pour les officiers et soldats morts. — Le prince de Modcne à Paris. — Mauvais temps. — Mariage du prince de éoubise. — Le Célibat philosophique brûlé par la inain du bourreau.

On a raison de dire que les beaux esprits, surtout les poètes, sont remplis d'ingratitiidé pour leurs bienfaiteurs, et sacrifient tout pour un bon mot; Un nommé Moncrif3, homme de rien , très-indigent dans sa jeiï-

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