‹ Journal de Barbier, tome 2Chapitre 88 sur 90 · Barbier, 1720, t. i · texte numérisé non relu

Barbier, 1720, t. i

'534 JOUHNAL 1)15 ItARMËK.

Dès lors, le jansénisme, prive de l'appui des hommes distingués qili Pavaient élevé à la hauteur d'une doctrine , tomba entre des iïiaïris ignorantes et vulgaires. Les adeptes cependant étaient encore nombreux; iife étaient riches surtout. Il s'agissait donc de rie pas laisser tomber le parti. Comme il y avait un fonds commun de secours alimenté par des cotisatiôns, et qùe l'on appelait la Boîte à Perrette J; on résolut de fànifriêr l'attention publiquô, et Ton eut recours pour cela à dés moyens extraordinaires. Les visites au tombeau du diacre Paris devinrent l'occasion de prétendus miracles signalés par des convulsions2. Urie secte s'orgsinisa promptement. Ellë ëut ses chefs, ses adeptes, ses règlements; Des prêtres se inêlèrèrit h ces folies et les dirigèrent Nous trouvons dans Barbier dés renseignements parfaitement èxacts sur ce point3. Les supplices auxquels se soumettaient les malheureux patients fiïférit àppeléâ secours, et furent divisés en grands secours et èri secours meurtriers * Le cimetière de Saint-Médard fut donc lë premier théâtre ou ces scandales se produisirent. Les femmes et Suftôîit les jeunes filles èndUrdierit les traitements les plus àtfdcfes. Dé jeiirîes garçons, nommés Secouristes , frappaient leurs victimes à coups dè ixnng, à cdups de bûche; sur latête, sur lë ventre; sur les reins; On leur tordait les chairs avec des pinces , et elles prétendaient ressentir Une ineffable volupté. Un chéf dirigeait toujours ces affreuses tortures. Ces femmes st faisaient quelquefois crucifier, d'autres se faisaient frapper avec des épées par les assistants. Un jour, le duc de Fronsaq, présent â l'un de ces spectacles; frappa maladroitement la convuléiôrinaire et la tua 4.

Là fermétiïfè du cimetière Saint-Médard n'arrêta pas, comme on l'a répété souvent, ces farces sacrilèges; Elles continuèrent ëh caèhétte dans les maisons des initiés ou dans des chambres écartées, pu l'on n'introduisait que des dtipes ou des gens sûrs5.

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