‹ Journal de chirurgieChapitre 10 sur 113 · CASTARA. — LUXATIONS DE LA ROTULE · texte numérisé non relu

CASTARA. — LUXATIONS DE LA ROTULE

cersans hésitation sur la présence d’un cysticerque sous la conjonctive , toutes les fois qu’on trouvera, vers l’un des angles et plus ou moins rapprochée du diamètre transversal de l’hémisphère antérieur de l’œil , une tumeur recouverte par la conjonctive, arrondie, rose pâle et semi-diaphane au centre où l’on reconnaîtra un disque blanchâtre circonscrit; que celte tumeur sera d’un rouge plus foncé et plus vascularisée à sa circonférence, élastique, mais peu dure, se déplaçant latéralement dans une certaine étendue, mais adhérente par le centre de sa face postérieure à la sclérotique. Dans ce cas on pourra en même temps s’attendre à trouver le ver entouré d’une enveloppe extérieure encore mince et fibro-séreuse à sa surface antérieure.

Lorsque la tumeur est plus rouge, plus vascularisée, plus dure, opaque et ovalaire, le diagnostic devient plus difficile ; mais quand il est facile de la déplacer dans une certaine étendue et qu’elle ne présente point à sa surface de poils, de végétations ou d’excroissances cornées , on peut supposer, avec les plus grandes chances de ne point se tromper, qu’elle appartient à celles que nous venons de décrire. Nous croyons même que, parmi les tumeurs sarcomateuses ou vascularisées de la surface antérieure de l’œil qu’on a enlevées comme simples, il doit y en avoir eu un grand nombre qui contenaient des cysticerques qu’on a laissé passer inaperçus.

Quant aux kystes de la cornée qui contiennent des vers vésiculaires , je pense que, vu le peu d’épaisseur de la conjonctive cornéenne et la cpiantitô minime de tissu cellulaire qui la tapisse, ils doivent toujours avoir une certaine transparence , que l’on pourra constater par l’examen dans un lieu obscur, et à l’aide d’une bougie placée à côté de la tumeur.

§ X. Les caractères jAiysiologiques des kystes contenant des cysticerques sont peu nombreux et presque entièrement négatifs. 11 n’existe aucune douleur spontanée, quelquefois seulement une sensation d’une légère pression (n° 1], ou d’une gêne lorsque les paupières se rapprochent. Au toucher la tumeur ne montre que la sensibilité ordinaire de la conjonctive. La vision n’éprouve point de trouble réel accompagné de changement dans la forme et mobilité de la pupille, mais seulement, dans quelques cas exceptionnels, une gêne dépendant de la position du kyste. Elle existe surtout quand celui-ci occupe l’angle interne pios 1, 2 et 4), où il doit masquer, pour l’œil malade, certaines parties des objets placés droit en avant et surtout du côté opposé à l’organe affecté. Dans le deuxième cas, la malade ne pouvait voir que les objets placés en face d’elle ou en dehors, c’est-à-dire à droite, l’œil affecté étant le droit; ceux situés à gauche restaient invisibles. Cependant un autre malade (n° 7), qui aussi portait l’entozoaire du côté du grand angle, n’époruvait que de la gêne dans les mouvements du globe, sans aucun trouble visuel.

ïl est naturel que, dans le cas unique où la plus grande partie de la tumeur occupait la cornée et s’étendait jusqu’à son centre,. « la vision se trouvât fortement gênée, » absolument comme cela a lieu lorsqu’un ptérygion ou une excroissance opaque s’étendent jusqu’en face de la pupille. Dans ce cas aussi la tumeur n’occasionnait aucune douleur.

(La fin au prochain numéro.)

Sua* «leiax. luxations successives «Se Usa aaaêane a*otule* produites par faction musculaire ; par «B'.-S. CJas-iara, B.-M.-P., chirurgien et lithotomiste de l’hôpital Saint-Jacques de Lunéville.

A M. le Rédacteur du Journal de Chirurgie.

Lunéville, 4 novembre 1845.

Très-honoré confrère,

Vous avez publié, dans le cahier de septembre de votre Journal de Chirurgie , une série d’observations sur les luxations par relâchement des ligaments.

Le n° X doit se rapporter à une observation qui m’appartient et que je recueillis en

TRAVAUX ORIGINAUX

1838; mais la relation sommaire que j’en ai lue, écrite d’après le récit fait par moi, dans le temps, à M. Putégnat et à d’autres médecins, n’est due qu’au souvenir. Il ne sera donc pas surprenant que la mémoire de mon estimable confrère ait pu le trahir au bout de plusieurs années, et le faire tomber dans l’erreur.

Ainsi, la luxation avec antéversion de la face articulaire de la rotule, au lieu de se trouver en dedans, s’était produite en dehors ; au lieu d’avoir été précédée d’un semblable accident, fut au contraire suivie, un an plus tard, d’une luxation incomplète en dehors. C’est dans l’unique but de rectifier ce fait et d’en donner une explication probable, que je vous envoie mes observations.

Obs. I. — Luxation incomplète en dehors avec antéversion de la face articulaire.

Le 24 août 1838, à neuf heures du soir, Mlle D***, âgée de 17 ans, grande, forte, bien conformée, d’un tempérament lymphatique, sans avoir jamais éprouvé aucune maladie des glandes, se pencha brusquement vers une table, pour atteindre un livre qui s’y trouvait au delà de la portée de sa main droite. Dans le mouvement rapide et violent qui s’effectua, cette jeune personne prit une attitude forcée: l’extrémité des doigts de la main gauche était posée sur la table, la jambe du même côté se dirigeant en arrière, le pied éloigné du sol, tandis que le membre pelvien droit, dans l’extension, appuyant le côté externe de la rotule sur le bord d’une chaise, supportait en quelque sorte tout le poids du corps incliné et lancé en avant.

Tout à coup, après un cri aigu provoqué par une douleur extrêmement vive dans le genou et la partie antérieure de la cuisse du côté droit, Mlle D*** se sent défaillir ; on la soutient, on l’assied ; la rotule était luxée : il ne fallut pour tout cela qu’un instant.

A mon arrivée, la malade, pâle, inquiète, se plaignait de douleurs que le moindre mouvement du membre augmentait beaucoup. Le genou se trouvait considérablement déformé, et la jambe, à demi fléchie, ne pouvait être que très-peu redressée. La rotule, déplacée en dehors, faisait dans ce sens une saillie de deux centimètres et demi ; elle avait un de ses bords sur le côté externe et supérieur de la poulie articulaire du fémur, et offrait un plan légèrement incliné de dehors en dedans et d’avant en arrière. On sentait à travers la peau la presque totalité de la poulie, car la rotule ne la recouvrait que dans une largeur de six à huit millimètres. Les téguments tendus sur la face présumée antérieure de l’os luxé permettaient d’y reconnaître, en examinant avec soin, des inégalités, deux dépressions latérales, séparées par une légère élévation longitudinale. Le tendon commun des extenseurs de la jambe formait, ainsi que le ligament rotulien, une corde arrondie, assez épaisse et dure.

Je crus, de prime abord, avoir affaire à une luxation incomplète en dehors; mais ayant trouvé de la difficulté à réduire par le procédé ordinaire, et revenant à un examen plus attentif de la disposition des parties, je ne pus méconnaître un double déplacement de la rotule, c’est-à-dire une luxation en dehors avec antéversion de la face articulaire.

En conséquence, saisissant la rotule par ses deux faces, entre le pouce et l’index, je la sentis céder à un léger effort, et lui imprimant un mouvement de rotation d’arrière en avant et de dehors en dedans, elle se replaça d’ elle-même pour ainsi dire et sans douleur.

Comme la réduction se faisait avec une certaine lenteur, il me fut facile d’en suivre la marche, de retenir aussi longtemps que je le voulus l’os luxé de champ, et d’acquérir la certitude qu’il était retourné.

La douleur cessa et les mouvements de la jambe se rétablirent immédiatement.

Des compresses imbibées d’eau végéto-minérale camphrée furent appliquées sur le genou, et maintenues par une bande médiocrement serrée. Il ne survint ni gonflement, ni ecchymose sous-cutanée, ni épanchement dans l’articulation.

Au bout de quelques jours, malgré nos avis, la jeune demoiselle ne prenait plus aucune précaution en marchant.

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Ubs. II. — Luxation incomplète en dehors.

Le 6 octobre 1839, à deux heures du matin, la même personne rentrait chez elle, à la suite d’un bal où elle avait beaucoup dansé. Se tenant debout pour être déshabillée, et sans faire de mouvement, elle ressentit soudain une violente douleur dans le genou et le devant de la cuisse ; la rotule droite était encore luxée.

Je trouvai Mlle D*** assise et très-souffrante; la jambe était un peu fléchie. La difformité cette fois était moindre. La rotule déplacée directement en dehors, sur le bord externe de la poulie articulaire , proéminait dans ce sens de quinze à vingt millimètres. Je sentis aisément, à travers le tissu cutané, une partie de la poulie du fémur, le creux sus-condylien, la face antérieure de la rotule un peu inclinée en dedans, son bord externe plus mince, et postérieurement une concavité bien marquée. Le ligament rotulien et le tendon du quadriceps fémoral formaient chacun une corde aplatie d’avant en arrière. En étendant la jambe, une faible pression de dehors en dedans sur le côté externe de la rotule suffit pour la replacer.

Comme précédemment , les résolutifs et le repos furent mis en usage, et la guérison fut prompte.

Depuis cette époque aucun accident pareil ne s’est renouvelé, quoique Mlle D1*** n’ait pas négligé les exercices de la danse.

Maintenant faut-il admettre pour cause de la première luxation un relâchement des ligaments? Sans nier qu’une certaine laxité, une extensibilité plus grande que de coutume des ligaments rotuliens ait pu faciliter le déplacement , je pense qu’il doit être attribué: 1° à une contraction brusque, énergique, du quadriceps fémoral, contraction nécessitée peut-être par le besoin de maintenir l’équilibre ; 2° à ce que la rotule, poussée fortement en dedans et ayant son côté externe plus ou moins enfoncé dans la gorge de la poulie articulaire, y trouvait au besoin un point d’appui, par le fait de la pression contre un des bords de la chaise. Dès lors la rotule, ne pouvant se mouvoir en conservant ses rapports normaux d’articulation, a dû se retourner et se porter en dehors pour suivre la résultante de l’action vigoureuse des muscles extenseurs.

Bieu que les ligaments en semblable circonstance ne jouent pas le premier rôle, on conçoit néanmoins que s’ils sont relâchés ou plus extensibles, ils resteront sans autre lésion, et que dans le cas contraire il y aura rupture.

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Oairairgie.

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