‹ Journal de chirurgieChapitre 25 sur 113 · RÉTRÉCISSEMENTS SPASMODIQUES · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENTS SPASMODIQUES

par les paroles suivantes : « On n’a jamais observé la luxation du radius en avant, ce qui « tient sans doute aux obstacles apportés aux mouvements de supination par le liga- « ment interosseux et son accessoire, et par les muscles pronateurs, et à la direction « du radius lui-même, qui est telle que, dans la plus grande supination possible, cet os « est seulement parallèle au cubitus, de sorte que la tête vient se placer directement « au-dessous de la petite tète de T humérus contre laquelle elle presse, *

Cependant, malgré l’autorité de pareils hommes, malgré la justesse apparente de l'appréciation anatomique qu’ils avaient pu faire des luxations du radius au point de leur possibilité , des faits contraires furent publiés çà et là, et vinrent peu à peu ébranler la croyance commune. L’anatomie, qui tout à l’heure était invoquée pour nier ces luxations, va maintenant servir à les établir et à appuyer de nombreuses théories dont l’exposition historique a été si bien faite par M. Malgaigne, et dont l’étude attentive prouvera au lecteur quel abus déplorable on peut faire du meilleur guide de notre raison en chirurgie, quand on veut forcément L’astreindre à prêter son appui à des théories préconçues, ou basées sur un trop petit nombre de faits pour être vraies.

Ces considérations expliquent le silence que j’ai cru devoir garder, quant au diagnostic spécial des luxations incomplètes dont j’ai donné à dessein l’histoire détaillée. « On « peut bien, ditM. Malgaigne, à certains symptômes, reconnaître une luxation en généc ral ; mais le diagnostic spécial n’est assuré qu’ autant qu’on a senti la saillie de l’os « luxé. »

Là donc où le déplacement est trop peu considérable pour qu’on puisse sentir la saillie, la position exacte de l’os luxé, il faut se contenter de noter soigneusement toutes les circonstances du fait qu’on observe ; ne pas porter légèrement un diagnostic qui sera nécessairement incertain ; et attendre que le hasard, plaçant quelqu’un de nous en présence d’un cadavre, vienne déchirer le voile qui ne nous permet que de voir incomplètement les faits nombreux et obscurs auxquels je fais allusion. Quand l’autopsie aura bien montré les différentes positions qu’occupe réellement la petite tête du radius déplacée, seulement alors il sera utile de rassembler toutes nos observations, et d’essayer de les rattacher d’une manière véritablement féconde à une bonne théorie diagnostique des luxations incomplètes de cet os.

Mémoire mur les au cours de l’urine, connus sous les

noms de rétrécissements spasmodiques et de spasmes des rétrécissements ;

par le docteur

C’est particulièrement à J. Hunter que nous devons les idées régnantes sui le sujet que je me propose de traiter. Les alternatives qu’il avait remarquées dans le jet urinaire de certaines personnes, et l’impossibilité d’attribuer des phénomènes aussi variables à une lésion matérielle permanente, l’avaient porté à croire que l’urètre est susceptible de se rétrécir et de se dilater : il en avait même conclu que le tissu de ce canal est musculaire : < L’urètre, dit-il , est sujet aux maladies qui sont propres aux muscles en général, et c’est même la seule preuve que nous ayons de sa muscularité ( Œuvres , trad. franç., t. II, p. 362). > Ainsi, limiter avoue lui-même que ce n’est pas à l’anatomie qu’il doit cette idée sur la structure de l’urètre. E. Home, qui a presque toujours outré les opinions de son maître, a dit avoir vu une couche de fibres circulaires en dehors de la muqueuse, dans toute l’étendue de l’urètre des grands animaux; mais Ch. Bell n’a pu les y rencontrer, et M. Shaw, qui a soumis cette question à des recherches trèsattentives, n’en a trouvé ni sur les chevaux, ni sur l’àne, ni sur le taureau. {Med. chir. trans ., t. X, p. 342.) M. Amussat ayant mis à découvert l’urètre d’un chien vivant et y ayant introduit une sonde, ne rencontra pas la moindre difficulté en suivant la véritable direction, lors même qu’il excitait le canal à se contracter devant le bec de la sonde, soit par des piqûres, soit par des pincements ou autres stimulants extérieurs. [Gaz. fiiédn 1836, p. 114.) D’ailleurs, j’ai fait une remarque bien simple et qui pourtant suffi-

TRAVAUX ORIGINAUX

sait pour démontrer que le canal n’est pas entouré de fibres circulaires, c’est que, dans l’état de repos, il est aplati en différents sens dans les différents points de sa longueur. C’est surtout en le coupant en travers sur des cadavres congelés qu’il est facile de s’en assurer.

On a encore cité, en preuve de la muscularité de l’urètre, le jet avec lequel la matière gonorrhéique sort quelquefois lorsqu’on sépare les lèvres du méat urinaire collées l’une à l’autre par le dessèchement d’une certaine quantité de cette matière; mais ce phénomène est un pur effet de l’élasticité. 11 en est de meme do la force avec laquelle une injection est expulsée du canal , et la môme chose aurait lieu sur le cadavre. Il suffit d’ailleurs que le sang afflue dans le tissu spongieux de l’urètre en un peu plus grande abondance que de coutume, pour diminuer le calibre du canal. C’est ce qu’on peut également produire après la mort en injectant, comme l’a fait M. Shaw, de l’eau dans son tissu de manière à donner au pénis ce léger gonflement qu’il a souvent dans la gonorrhée.

Si, dans cet état, on introduit une bougie à plusieurs centimètres dans l’urètre, elle en est graduellement expulsée, surtout si elle est conique; ce qui prouve que cette expulsion qu’on avait également invoquée comme preuve de la contractilité du canal, n’a pas la valeur qu’on lui avait attribuée. D’ailleurs, ainsi que le fait remarquer M. Shaw, ce phénomène est complexe; car, lorsqu’on a introduit une bougie, on allonge presque toujours la verge, et celle-ci abandonne en partie la bougie sitôt quelle est libre d’obéir à son élasticité.

On a encore signalé à l’appui de la même cause un phénomène tout à fait contraire : une bougie, dit-on, qui avait pénétré avec assez d’aisance, n’a pu être retirée qu’en employant une certaine force. Cette difficulté s’explique facilement lorsque la bougie a franchi un rétrécissement dur et calleux ; car pour peu que son tissu soit hygrométrique, il se gonfle devant et derrière la coarctation. Mais j’ai quelquefois remarqué un phénomène qui, observé par d’autres et mal interprété, a pu induire en erreur. Souvent le méat urinaire est très-étroit, et il faut pousser avec une certaine force lorsqu’on veut introduire une sonde un peu volumineuse. Or, voici ce qui peut avoir lieu lorsqu’on la retire. Si l’on se contentede tirer sur cet instrument sans fixer la verge, celle-ci s’allonge. L’urètre perdant alors en largeur ce qu’il prend en longueur, comprime toute la partie de la sonde qu’il renferme, et avec d’autant plus de force qu’on tire davantage : par là se trouvent multipliés les points de frottement; par là se trouve conséquemment accrue la résistance.

D’ailleurs, ce sont parfois des causes tout à fait accidentelles qui peuvent en imposer ainsi pour un spasme de l’urètre. M. Amussat rapporte qu’ayant un jour introduit une bougie très-fine à travers un rétrécissement, il lui arriva de ne pouvoir ni la pousser, ni la retirer. Il imagina alors de faire une injection forcée dans le canal, et cette manœuvre lui réussit, car la bougie fut dégagée et le malade urina avec force; mais qu’elle ne fut pas la surprise du chirurgien lorsqu’il vit ses doigts couverts de sable rouge! Il comprit alors que ces corps étrangers s’étaient accumulés derrière l’obstacle, et que c’était eux qui avaient serré sa bougie d’une manière si' étrange. [Gaz. méd ., 1836, p. 98.) J’ai vu, après la litothritie, des fragments de calculs produire des phénomènes analogues.

Si nous examinons successivement les différentes portions de l’urètre, nous trouverons encore dans chacune d’elles des particularités qui ont pu en imposer, et, pour faire mieux comprendre que la question que je traite a bien plus qu’une valeur théorique, je vais supposer qu’on veuille introduire une sonde dans la vessie.

A l’entrée même du canal, j’ai vu des chirurgiens peu expérimentés, des élèves en médecine, par exemple, tâtonner pendant quelque temps, puis pénétrer tout à coup, sans comprendre ce qui avait pu d’abord les arrêter. Ils ne faisaient pas attention que le canal, pour se rendre du sommet du gland à la face inférieure de la verge, décrit une courbe plus ou moins prononcée suivant les individus, et qu’en introduisant leur sonde

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