‹ Journal de chirurgieChapitre 30 sur 113 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

SOMMAIRE

I. Travaux originaux. — Quelques mots sur la myotomie rachidienne. — Mémoire sur l’abrasion de la cornée pour remédier aux opacités de çette membrane , par M. Malgaigne. —Mémoire sur les hernies étranglées réduites en masse, par M. James Luke.— II. Revue critique. — Chirurgie. — De la ténotomie appliquée au traitement des luxations et des fractures. — Luxation de l’avant-bras en arrière; fracture de l’olécrâiie reconnue après la réduction. — Luxation de l’avant-bras en avant. — Obstétrique. — De la catalepsie chez les femmes en travail. — Pharmacologie chirurgicale. — Du danger de l’emploi de quelques collyres mal formulés ou mal préparés dans les cas d’ulcération de la cornée.

— 111. Bulletin clinique. — Accouchement rendu difficile par la présence d’un abcès intersticiel dans le col de l’utérus, par M. Prestat. — IV. Bibliographie. — Œuvres complètes d’Hippocrate, traduction nouvelle avec le texte en regard, etc., par M. Littré.

— V. Nouvelles et Variétés. — Académies.

TRAVAUX ORIGINAUX

sur Sa. luyotoanie raeliidienue*

Réalité dans la science,

Moralité dans l’art.

Quand, au milieu de la discussion soulevée par le Releve statistique de M. Guérin, nous fûmes surpris inopinément par une assignation à comparaître en police correctionnelle, nous déclarâmes que le véritable procès ne se poursuivrait point là ; que nous irions demander des juges plus compétents à l’Académie royale des sciences et à l’Académie royale de médecine, et notamment que nous déférerions à ces deux compagnies savantes la question de la valeur réelle de la myotomie rachidienne dans le traitement des déviations de l’épine. Après quelques retards qui ne venaient point de notre fait, nous avons accompli notre devoir et dégagé notre parole ; ce Mémoire, annoncé dès le mois d’octobre, a été lu à l’Académie de médecine dans la séance du 2 avril, et adressé immédiatement à l’Académie des sciences ; le reste regarde les commissions qui nous ont été nommées.

Nous aurions donc attendu en silence le rapport de ces commissions, si M. Guérin, qui sans doute a ses raisons pour cela, n’avait jugé convenable de devancer leur jugement en publiant à grand bruit un compte rendu qu’il a daigné faire lui-même de no-

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lie Mémoire. Comme on peut bien le penser, il s’en montre fort peu satisfait; et il nous dispense si libéralement les épithètes et les qualifications plus ou moins flatteuses, qu’on peut conclure, sans hésiter, qu’il a été fortement troublé dans son équilibre. De ces injures, de ces clameurs, de cette aveugle et impuissante colère, nous ne tenons et ne tiendrons aucun compte ; et, pour nous servir d’une expression célèbre, il aura beau accumuler ses outrages, il ne les élèvera jamais au-dessus de notre dédain.

Ses objections, dans un autre temps, auraient pu mériter une réponse ; mais nous préférons de beaucoup, à cette heure, que la réponse lui vienne des commissions académiques. Qu’il l’attende ; mais surtout, si l’attente lui pèse, qu’il n’apporte pas à la vérification des faits, des obstacles qui ne feraient, d’ailleurs, que la retarder; et puisqu’il ne veut que la vérité, il aura satisfaction pleine et complète.

Cependant, il y a deux points sur lesquels nous sommes bien aise d’édifier nos lec^ teurs. Les sujets entrés dans le service orthopédique pour les déviations de l’épine, et définitivement sortis lors de la publication du Relevé, étaient au nombre de 42; de ces 42, 7 seulement ont échappé à nos recherches. Mais, sur les 35 autres, il nous a paru équitable d’en éliminer 11, dont le traitement était resté incomplet ou n’avait pas été commencé; restait 24.

Sur ces 24 sujets, ayant séjourné à l’hôpital 2 à 3 mois au moins, 9 à 10 mois au plus; ayant pour la plupart subi la myotomie rachidienne, et quelques-uns jusqu’à 9 opérations, qu’a-t-on obtenu?

Il n’y a pas une seule guérison.

La majeure partie des malades est aujourd'hui dans le même état ou dans un état pire. Il y a deux améliorations franches , et quatre améliorations partielles compensées par des aggravations partielles.

Parmi toutes les raisons bonnes ou mauvaises que M. Guérin a pris la peine d’accumuler pour ébranler ces conclusions, il y en a une qui nous a paru tellement curieuse, que nous avons cru devoir la mettre en plus grande lumière qu’il n’avait fait lui-mème. Cette raison, la voici : c’est que les malades étaient bien plus mal soignés dans son service que chez leurs parents. On ne le croirait pas si nous ne placions ses propres paroles sous les yeux du lecteur.

« Quant à l’efficacité des soins, il est certain que les parents exécutent beaucoup mieux et beaucoup plus rigoureusement les prescriptions du traitement consécutif qu’on ne le fait à l’hôpital. Le service' orthopédique n’a ni interne, ni externe; l’application des machines est laissée à une fille de service, et l’on connaît le zèle, l’intelligence et la bonne volonté de ces sortes d’aides. Il est donc positif et avéré que les résultats obtenus sur les malades traités à l’hôpital ont été et ont dû être beaucoup moins avantageux que ceux obtenus sur les malades de la consultation, à cause de la plus grande gravité des cas, et à cause du défaut de suite et de précision dans les soins. »

La conclusion assez directe de ces étranges aveux, c’est qu’il faut bien se garder d’envoyer des malades dans un service où ils sont si mal soignés. Mais cependant, nous avons vu plusieurs sujets qui, ayant obtenu des améliorations apparentes à l’hôpital, les avaient perdues chez leurs parents. M. Guérin ne répond pas moins victorieusement à cette autre observation :

c A qui la faute, s’écrie-t-il? au médecin, à la méthode? tout simplement au défaut de persévérance et à l’incurie des malades, voilà tout! »

Peut-être bien n’est-ce pas là tout; mais il faut convenir qu’avec un service si mal tenu d’une part, et d’autre part avec l’incurie des malades, les guérisons du relevé deviennent encore bien plus miraculeuses, et nous ne nous étonnons pas de n’en avoir pu rencontrer une seule.

Mais, outre ses réponses générales, M. Guérin en a de particulières, et il faut bien que nous en donnions aussi un échantillon.

* 1er cas. D’abord le cas de M. F. Lechner (4e cas de la 4e catégorie.) « La malade et la

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