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DE LA MANIÈRE DONT LE CORDON OMBILICAL

peut contribuer au développement des vices de conformation du fœtus ; par le docteur Schreiber d’Eschwege.

La naissance d’enfants qui semblent avoir subi, dans le sein de leur mère, l’amputation d’un membre , n’est pas un fait très-rare.

Quoique les occasions de l’observer se fussent assez souvent produites avec des circonstances qui semblaient propres à jeter du jour sur la cause de cette singulière anomalie, le mode suivant lequel elle s’opère a pourtant été longtemps méconnu. On conçoit qu’un arrêt de développement ait pu être invoqué dans

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les cas où la portion de membre séparée n’a point été retrouvée entière, ou sous la forme de quelque fragment reconnaissable. Bientôt pourtant, lorsqu’on vit sortir avec le délivre la portion comme amputée du membre, l’explication dont on s’était contenté jusqu’alors se trouva en défaut, et l’on reconnut qu’il est au moins un certain nombre de cas pour lesquels elle est inadmissible. On crut pouvoir alors expliquer le phénomène par une gangrène spontanée, suivie du travail éliminatoire qui sépare le mort du vif. C’est à Montgomery que revient l’honneur de l’explication généralement adoptée aujourd’hui. Ses observations lui ont permis de voir, non pas seulement la séparation achevée, mais encore le commencement et les diverses périodes de ce travail morbide. Il a pu constater qu’une bride étrangle le membre, et en opère graduellement la section. L’habile accoucheur de Dublin a donc cru pouvoir désigner cette striction graduelle jusqu’à séparation complète sous le nom d 'amputation spontanée. Ses observations ont été ensuite étendues par d’autres , en ce sens au moins qu’on a vu le cordon ombilical agir exactement comme une bride accidentelle, entourer, serrer, étrangler, couper de la même manière l’un des membres du fœtus Tel n’est pourtânt pas toujours l’effet de la constriction opérée par le cordon ; et l’observation suivante semble démontrer avec d’autres qu’elle a quelquefois pour unique résultat un arrêt du développement ou un vice de conformation du membre.

* Le 21 août 1841, dit Schreiber, je fis la version chez une jeune juive que j’avais , l’année précédente, accouchée avec le forceps. Les vifs mouvements de l’enfant pendant l’opération ne laissaient pas de doute sur la persistance de la vie, qui s’éteignit pourtant peu de temps après la naissance. Il était en bon état et bien développé ; mais ses extrémités inférieures étaient toutes deux mal conformées.

« Il y avait à la fois pied-bot équin et varus. Le tibia et le péroné , courbés par la tension du tendon d’Achille , formaient un angle obtus de 110 à 120 degrés, à gauche vers le milieu , à droite au niveau du tiers inférieur de la jambe. Au sommet de cet angle , à la face antérieure de la jambe, la peau présentait de petites cicatrices arrondies de deux lignes environ de diamètre. Les deux jambes, la droite surtout , offraient un arrêt notable

de développement. J’eus d’abord la pensée qu’il y avait eu, à l’endroit de la courbure , fracture avec perforation de la peau par les fragments. Considérant toutefois la similitude parfaite de la déformation des deux côtés , la nécessité que la cause fracturante eût par conséquent agi au même degré sur l’un et l’autre membre, ce qui suppose une violence extrême, quand on songe surtout que cette action aurait dû avoir lieu à travers les membranes, je pensai qu’il y avait eu courbure et non fracture des os, ce que confirmait d’ailleurs l’état du tissu osseux. Mais cette courbure pouvait-elle être le résultat de la tension et de la rétraction toujours croissante des tendons d’Achille? En admettant que la rétraction eût pu produire de tels effets , il resterait encore à expliquer les cicatrices observées, qui ne peuvent résulter que d’une pression, d’une constriction, d’un frottement. Or , il n’y a que le cordon ombilical qui ait pu agir de cette manière, qui ait pu, entourant les deux jambes à une époque peu avancée de la vie fœtale, déterminer un arrêt de développement dans les parties situées au-dessous de la compression. Cette manière de voir serait d’ailleurs confirmée par des observations de Montgomery lui-même , de Siebold et d’autres. En même temps qu’il y avait arrêt dans la croissance des parties inférieures à la ligature , les parties situées audessus devaient se développer d’autant plus, et cette prédominance devait avoir pour résultat l’extension forcée et la déformation ; puis, à mesure que la courbure s’opérait, une pression de plus en plus forte sur l’angle osseux et enfin une plaie. La cicatrisation ne se sera opérée sans section que parce que , à une époque plus avancée , les mouvements plus étendus et plus fréquents du fœtus auront sans doute dégagé ses membres de l’étreinte, qui , prolongée, aurait fini par en séparer complètement une portion. » — Nette Zeitschr. f. Geb. XV; 1844.

On trouvera peut-être un peu forcée l’explication de Schreiber. Qu’on considère pourtant qu’il n’y est arrivé que par analogie et par voie d’exclusion. S’il reste du doute sur la véritable manière d’interpréter ce fait , on conviendra toutefois qu’il mérite de fixer l’attention des hommes qui s’occupent à la fois d’obstétrique et de tératologie, ne fût-ce que sous le rapport des altérations remarquables que présentaient les membres du fœtus.

Pliariiiaeologie ©HiFiirgicsale*

QUELQUES remarques sur le sparadrap com- que)t soit pour le bandage du sein, a recours mun ; par m. trousseau. habituellement à de longues bandes de diachv-

M. Trousseau , soit pour l’appareil contre Ion ayant au moins deux mètres. Les pharmal’exomphale (voir ci-devant à la Revue criti- ciens , en ville , donnent rarement plus d un

mètre de longueur k leur sparadrap ; c’est une habitude qui peut avoir des inconvénients et qu’il serait bon de corriger.

Mais , ce qui importe davantage , tous les praticiens ont pu remarquer que le diachylon des pharmaciens est habituellement trèsbrillant , très-collant , très-mou , ce qui peut être une qualité quand on n’en applique qu’un petit morceau , mais ce qui est un défaut capital quand on s’en sert sous forme de bande ; en effet , la matière emplastique trop molle , se ramollit encore au contact de la peau ; la bande glisse, et l’appareil manque de solidité. En outre, comme la térébenthine est en excès dans ce diachylon , il est plus sujet à irriter la peau, et à déterminer , dans certains cas , des exzémas ou des érysipèles.

Le meilleur sparadrap est celui des hôpitaux ; mais comme il ne paraît ni si beau ni si collant que l’autre, les pharmaciens préfèrent celui-ci pour satisfaire le goût de leurs clients.

Toutefois , même dans les hôpitaux de Paris , on a introduit dans la préparation du diachylon gommé une modification contre laquelle M. Trousseau ne cesse de s’élever. Pendant l’été, le diachylon est rigoureusement fait selon la formule ; il se roule facilement et n’a pas trop de mollesse; mais, pendant l’hiver, pour empêcher que le froid ne durcisse la matière emplastique qui se

gerce , se fendille , et s’enlève quelquefois quand on roule les bandes , on y ajoute de l’huile et de la térébenthine, ce qui le rapproche de celui des pharmaciens de la ville, et lui en communique tous les inconvénients.

Ici les pharmaciens des hôpitaux ont accordé trop d’attention à la beauté de la préparation, et trop peu à son utilité réelle. Dans l’officine , le sparadrap leur paraît trop cassant ; ils n’ont pas songé qu’il doit être fait, non pas en vue de la température atmosphérique, mais bien de la température de la peau sur laquelle il doit être appliqué, et qui varie peu dans l’une et l’autre saison. Aussi, qu’arrivet-il ? Pendant l’été , les chirurgiens des hôpitaux ne se plaignent jamais du diachylon ; pendant l’hiver, ils ne sauraient en construire un appareil solide. Il est impossible de faire un bandage ombilical ou un bandage du sein, qui reste appliqué huit ou dix jours sans se déranger , avec du diachylon trop mou.

M. Trousseau insiste avec raison sur ce point, qui révélera aux praticiens la cause de dérangements dans les appareils dont ils ont pu avoir à se plaindre, sans peut-être en avoir trouvé l’explication.

(Voyez une note sur le sparadrap commun , par M. Bouchardat, tome 1er de ce journal, page 29.)

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