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OBSERVATIONS DE FRACTURES INCOMPLÈTES DES

os longs; par m. malgaigne.

Dans les numéros de janvier et février des Archives générales de Médecine , M. Thore a publié un intéressant mémoire sur la courbure accidentelle et la fracture incomplète des os longs chez les enfants. Il en avait réuni une dizaine de cas publiés, à partir de 1767 , par Martin, Chevallier, Thierry, Villiaume, Murat, Wilson , Campaignac , Fleury , Gulliver, Otto et Mondière, sans parler des faits plus nombreux allégués par Jurine ; et lui-même avait ajouté à cette liste trois observations par lui recueillies et une autre due à M. Voillemier; de telle manière que cette sorte de fracture , omise dans la plupart des traités de chirurgie, devait être regardée comme bien moins rare qu’on ne le croirait au premier abord. Malgré les consciencieuses recherches de M. Thore , bon nombre de faits semblables lui avaient encore échappé; ainsi , en 1673, Glaser avait vérifié, par la dissection, une fracture incomplète du fémur chez un enfant de 12 ans ; A. Bonn en avait montré un autre exemple chez un adulte; Camper avait trouvé une lésion analogue sur un tibia; et, plus récemment,

Hart, Johnson, Champion, Pourché, et M. J. Cloquet en ont aussi rapporté des exemples. Il y a véritablement lieu de s’étonner, après tout cela, que cette fracture soit si mal connue. Le Compte rendu des travaux de la Société de Médecine de Dijon en rapportait récemment deux observations dues à M. Laurent , officier de santé à St-Jean-de-Losne; et le rédacteur de ce compte rendu paraît si surpris de ces faits qu’il a jugé nécessaire de les accompagner d’une espèce de certificat attestant la véracité de l’observateur. Enfin le dernier numéro du Bulletin de Thérapeutique contient trois faits nouveaux rencontrés par M. Galyay , médecin à Tarbes , qui confesse de bonne foi ne s’être pas douté qu’il y eût fracture, et qui , maintenant même , ne le croit pas encore ; il aime mieux supposer une courbure simple.

Disons d’abord que cette hypothèse d’une courbure simple et permanente, brusquement produite par une violence extérieure, bien que trouvant à s’appuyer sur quelques rares expériences faites sur des animaux, n’a jamais été vérifiée chez l’homme ; tandis que la réalité des fractures incomplètes, dans les cas de

ce genre , a été mise plus d’une fois liors de doute par l’autopsie. Si nous recherchons maintenant dans quelles conditions on les a rencontrées, d’abord le jeune âge y est manifestement prédisposé. M. Thore estime qu’on ne les observe guères que jusqu’à l’âge de 12 ans environ. Dans un travail sur cette matière qui fera partie de mon Traité des fractures et des luxations , sur 14 sujets dont l’âge a été noté , j’en avais trouvé un de 10 mois, un de 3 ans ; tous les autres compris entre 5 et 13 ans. Mais les faits de Camper, de Bonn et de M. J. Cloquet, quelques-uns de ceux de Jurine, semblent bien se rapporter à des adultes; et j’ai produit des fractures incomplètes sans nombre sur des cadavres de tous les âges , même sur des vieillards plus que septuagénaires. En examinant, sous ce rapport , les faits nouveaux apportés par MM. Thore, Laurent et Galyay, et celles de Martin, Yilliaume, Murat et Mondière, qui m’avaient échappé, on trouve , outre une petite fille sans âge désigné,

1 enfant de 2 ans.

1 — de 3

1 • — de 4 1/2

10 — de 5 à 10 ans.

J’en rapporterai plus bas un exemple sur un garçon de 13 ans.

De mes premières recherches , j’avais conclu que les filles n’y étaient pas plus sujettes que les garçons; mais, sur ces 14 faits, je ne trouve que 3 filles , ce qui donne au sexe masculin une prédominance considérable.

C’est à l’avant-bras que cette fracture se montre le plus souvent. Sur les 14 cas en question, l’avant-bras était affecté 12 fois, l’humérus une fois; la dernière fracture occupait la jambe. Il n’y a quelquefois qu’un des os de l’avant-bras de cassé ; mais il est facile de croire à la fracture des deux, comme je m’en suis assuré , et les observateurs ont rarement songé à ce diagnostic différentiel.

C’est une question de savoir de quel côté la courbure a lieu le plus souvent à I avantbras. Thierry veut que la concavité soit toujours à la face postérieure”, Jurine dit que la courbure est toujours en dehors , ce qui laisse quelque doute sur le sens réel; M. Thore pense que, le plus souvent, la concavité est en avant. Il y a sur ce point lacune ou obscurité dans la plupart des observations connues, pour mon compte , j’ai vu 1 une et 1 autre courbure ; mais je n’oserais rien affirmer sur leur fréquence comparative.

Le traitement consiste à presser sur l’angle saillant jusqu’à ce que les os aient repris leur rectitude naturelle. Quelquefois cela se fait aisément et sans bruit ; dans d autres cas, on peut bien diminuer, mais non détruire absolument la courbure ; alors , ou bien un appareil à attelles exerçant une compression perma¬

nente achève la réduction; ou bien on a recours à une plus grande force , et on opère la réduction, mais en complétant la fracture; ce qui n’ôte rien à la bénignité du pro nostic.

On a pu lever l’appareil au bout de 12 jours sans inconvénient ; Mondière dit même que l’appareil fut enlevé , par les parents de son jeune malade, dès le quatrième jour, et, bien que l’enfant eût 10 ans , il ne survint aucun accident. M. Laurent a laissé son petit garçon de 6 ans sans appareil dès le troisième jour, et avec le même succès. M. Thore rapporte un fait analogue. Cependant cette conduite ne nous paraît nullement prudente, et il sera toujours sage de garder au moins 12 à 15 jours un appareil.

Chose curieuse , cette fracture est sujette à récidive. Jurine l’avait vue deux fois sur le même sujet et à la même place ; M. Thore rapporte un cas semblable; M. Laurent a même eu à traiter , chez sa petite fille , une double rédicive.

Après cette rapide analyse, je passe au récit des faits qui me sont propres. J’ai observé le premier lorsque j’étais chirurgien de l’hospice de Bicêtre.

Obs. I. — Fracture incomplète du radius , douteuse du cubitus, avec courbure à concavité

postérieure.

Angélina Eydt, âgée de 8 ans, forte et bien proportionnée, courait dans une des cours de Bicêtre, lorsqu’un obstacle l’ayant fait trébucher, elle fut lancée contre une porte, la main droite en avant, mais fléchie, en sorte qu’elle heurta la porte par le dos de la main. Par suite du même choc , elle perdit l’équilibre et tomba par terre, toujours sur la même main ; chose singulière , elle n’éprouva aucune douleur, en sorte qu’il fut impossible de déterminer à quel instant avait eu lieu la courbure. Mais, quand elle se releva, l’avant-bras était ployé en arrière, vers sa partie moyenne, et presque à angle droit. M. Verjus, mon interne, appelé aussitôt , crut avoir affaire à une fracture des deux os et se mit en devoir de la réduire; il ramena bien l’avant-bras à un angle de 160° environ, mais pas plus loin; ou du moins quand la pression avait rendu au membre sa direction rectiligne , il reprenait aussitôt cette courbure. Il faut ajouter qu’en commençant la réduction , on avait entendu un mouvement de crépitation , mais unique , et qui ne s’était pas reproduit.

Je vis la malade le lendemain matin : l’angle de 160° persistait; il n’y avait ni mobilité , ni saillie de fragments , ni crépitation ; on pouvait même imprimer à l’avant-bras des mouvements de pronation et de supination. Pas de douleur, hors quand on pressait sur l’angle de la courbure. Pendant trois jours

BULLETIN CLINIQUE

les choses restèrent en cet état; enfin le quatrième, la douleur ayant disparu, je voulus obtenir la réduction complète, et j’y parvins en effet pour le radius; mais aussitôt je m’aperçus qu’il offrait une flexibilité en tous sens au niveau de l’angle effacé, indice assuré d’une fracture complète. Le cubitus était aussi solide qu’auparavant. J’appliquai un appareil à deux attelles : la guérison était complète en vingt jours.

Cette solidité du cubitus , la direction rectiligne que je lui trouvai lorsque tous mes efforts de réduction avaient porté sur le radius, me firent douter s’il avait été réellement fracturé. En admettant que la courbure ait été jusqu’à l’angle droit , la fracture du cubitus est extrêmement probable ; mais , ainsi que je l’ai déjà dit, je me suis assuré, par des expériences sur le cadavre , que la flexion en arrière du radius seul simule à merveille celle de l’avant-bras tout entier; et j’appelle sur ce point l’attention des observateurs.

Le deuxième cas est plus récent et s’est présenté à moi à l’hôpital Saint-Antoine.

Obs.II. — Fracture incomplète des deux os

de l'avant-bras, avec courbure à concavité

antérieure.

Le 24 décembre 1845 , le nommé Juguerre (Théophile), âgé de 15 ans, étant monté, pour la graisser, sur une mécanique à scierie, eut la manche gauche de sa blouse prise par l’arbre, et fit une quinzaine de tours autour de l’arbre , sans rencontrer heureusement aucune autre pièce , jusqu’à ce qu’on arrêtât la machine. Il ne peut pas donner de détails plus précis.

Entré le même jour à l’hôpital St-Antoine, il présente des éraflures à la partie antérieure et externe du moignon de l’épaule, sur les deux tiers supérieurs de la face externe du bras ; plus une petite éraflure au milieu de la face dorsale de l’avant-bras , vis-à-vis le radius; et un peu plus bas, vis-à-vis le cubitus, une ecchymose livide, avec enfoncement delà peau, ressemblant parfaitement au retrait d’une cicatrice adhérente aux os : enfin, au milieu du bras, un gonflement très-douloureux, et une fracture sans déplacement ni crépitation, mais facilement reconnaissable à la flexibilité, en divers sens , et principalement en dedans et en dehors.

L’avant-bras est plié sur la face palmaire , les deux os formant, vers le milieu de la face dorsale, un angle saillant fort obtus, et d’environ 160 degrés. Le pli cicatriforme de la peau semble être déterminé par le bout supé¬

rieur du cubitus, qui aurait entraîné un pli de la peau en bas.

11 y avait là une fracture dentelée complète de l’humérus, et une fracture incomplète des deux os de l’avant-bras; je dis les deux os, parce que je m’étais bien assuré que le cubitus faisait un angle aussi bien que le radius.

Ce diagnostic établi , je procédai d’abord à l’application de l’appareil pour l’humérus. En écartant le coude du tronc, la douleur fit que le malade se rejeta fortement à droite, et l’on entendit un bruit de crépitation distincte dans la fracture du bras; et il y eut un léger déplacement des fragments qui fut réduit avec une grande facilité.

L’appareil étant placé autour de l’humérus, je procédai à la réduction de l’avant-bras, par traction directe d’abord, afin de dégager le pli de peau accroché par le cubitus; puis, ceci obtenu , en exerçant une forte pression sur le radius. Un premier craquement, obtenu sans effort, me fit soupçonner un instant que la fracture était complète ; mais je fus bientôt détrompé par la résistance qu’offre encore le radius au redressement ; j’accrus donc la pression par degrés , jusqu’à ce que tout à coup nous entendîmes un craquement éclatant , annonçant que les dernières fibres de l’os venaient de se rompre. En effet, la fracture s’était complétée , et l’os dès ce moment se redressa sans effort- Le cubitus résista moins d’abord , et se redressa presque complètement ; mais, à la fin, il opposa une résistance si forte que, pour éviter sa rupture complète, je jugeai à propos de m’en remettre à l’appareil du soin du redressement complet. J’appliquai en conséquence, à la face palmaire, une attelle dont les extrémités étaient tenues plus élevées que le centre, par des compresses accumulées en haut et en bas; à là face dorsale au contraire, une attelle qui pressait directement sur la saillie du cubitus, à l’aide d’une compresse épaisse disposée sur ce point. Le malade ressentit d’abord d’assez vives douleurs à l’endroit de la fracture de l’avant-bras; mais, le troisième jour, toute douleur avait disparu. La consolidation mar cha dès lors sans accidents; et, au bout de cinq semaines environ, les deux appareils enlevés montrèrent une consolidation régulière des deux fractures, et le cubitus revenu à sa direction normale.

Il y a quelques semaines, un nouvel exemple de courbure des os de l’avant-bras s’est présenté au traitement externe de l’hôpital Saint-Antoine; la réduction a été opérée par rnon interne, M. Mayor; mais, comme je ne l’ai point observée, je ne saurais donner plus de détails.

BIBLIOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE

TRAITÉ ANALYTIQUE DE LA DIGESTION, COUSldérée particulièrement dans l’homme et dans les animaux vertébrés, par M. Blondlot, professeur-adjoint de chimie a l’École de médecine de Nancy, etc. (1).

Après les travaux de MM. Leuret et Lassaigne, et de Tiedmann et Gmelin sur la digestion, après les recherches plus récentes encore d’Eberle, Schwann, de MM. Sandras et Bouchardat, etc., n’aurait-on pas pu penser que la question était épuisée au moins pour quelque temps? Mais il en va ainsi dans les sciences humaines, que plus on creuse avant et plus on découvre de nouveaux filons , et que ce que nous apprenons de nouveau ne sert pas tant à compléter nos connaissances qu’à nous mieux avertir de tout ce que nous ignorons encore. Ainsi, dans l’examen scrupuleux qu’il a fait des découvertes de ses devanciers, M. Blondlot a surtout été frappé du peu de rigueur de leurs procédés, du vague de leurs démonstrations, de leurs contradictions si fréquentes; il a donc entrepris cette tache pénible de vérifier tout ce qu’ils avaient annoncé, de mettre chaque assertion en regard de sa preuve, de poursuivre les expériences laissées incomplètes , de refaire celles qui péchaient par trop de négligence, en un mot, de reprendre toute l’histoire de digestion par la base, et de la réédifier pierre à pierre jusqu’à son couronnement. 11 a revu Lanatomie, il a refait les analyses chimiques, mais surtout il a répété et varié les expériences de manière à obtenir des résultats plus complets et plus exacts à la fois.

Il y a lieu de s’étonner qu’à l’époque où nous sommes arrivés, pour étudier l’action de l’estomac dans la digestion, on ait négligé précisément le moyen le moyen le plus naturel de tous, l’inspection directe de ce viscère. Un chirurgien des États-Unis, le docteur Beaumont , avait eu cependant le rare avantage de sauver et de conserver durant longtemps près de lui un jeune homme qui, atteint d’un coup de fusil presque à bout portant dans le flanc gauche , en avait conservé une plaie fistuleuse aboutissant à 1 estomac. Beaumont avait senti tout le prix dun cas de ce genre; il avait poursuivi une série d’expériences qui laissaient de bien loin en arrière, pour leur importance, toutes celles de nos physiologistes; mais à peine seulement s’ils y avaient pris garde; et personne n’avait songé à les répéter sur les animaux.

(1) Un vol. in-8° de 470 pages.— 1843.— Chez Graimblot, Ravbois et Cie, libraires à ÏSancy, place Stanislas, 7,

M. Blondlot a donc eu le premier l’idée si simple et si lumineuse de pratiquer sur des chiens des fistules stomacales artificielles ; par là il se mettait en possession d’un moyen de recherches inférieur sans doute à certains égards à celui de Beaumont, puisque après tout il y a bien quelque différence entre l’estomac du chien et celui de l’homme; mais supérieur peut-être en un autre point, parce que l’on n’oserait tenter sur l’homme tout ce que l’on peut expérimenter sur le chien.

Il nous serait difficile d’exposer ici toutes les expériences faites par l’auteur ; nous donnons seulement quelques-unes de ses conclusions les plus directes.

La mastication et l’insalivation, outre leurs effets mécaniques, paraissent avoir pour résultat de disposer sympathiquement l’estomac à une plus grande sécrétion de suc gastrique. Des aliments même mâchés au préalable, introduits par la fistule stomacale, déterminent une bien moindre sécrétion que mâchés et avalés par l’animal lui-même.

Chez divers animaux , la mastication ou trituration est précédée d’une macération préalable dans l’œsophage. C’est à quoi sont destinés le jabot chez les gallinacés, la panse, le bonnet et le feuillet chez les ruminants. Ainsi ces trois poches appartiennent à l’œsophage ; et les ruminants n’ont qu’un seul estomac comme les autres animaux.

L’estomac vide ne sécrète que du mucus. Au contraire dès qu’il a reçu des aliments, sa muqueuse rougit, se gonfle, et sécrète en abondance le suc gastrique. Ce suc est toujours acide, et son acidité est due à du phosphate acide de chaux. Toutefois, ce n’est pas par son acidité qu’il agit, comme on verra par ce qui va suivre.

Le suc gastrique agit diversement sur les aliments de diverse nature. D’abord il n’a aucune action sur les substances dont le ligneux et le mucus forment la base. — Il dissout, sans les altérer, le sucre, la gomme, etc. — Il ramollit et réduit en pâte la fibrine, l’albumine, le gluten, et y développe l’affinité de composition ; ici ce n’est plus une dissolution, mais une action sui generis.— Il réduit en poudre la matière calcaire des os sans la dissoudre, ni la décomposer aucunement; influence étrange, et qu’il n’exerce sur aucune autre substance inorganique. — Si on l’expose à une température de 40 à 50° centigrades, il perd irrévocablement ses propriétés chymiliantes bien qu’il soit aussi acide qu’auparavant, sans que par l’examen chimique ou microscopique, on puisse découvrir la cause de cette altération, ni distinguer le suc ainsi

NOUVELLES ET VARIÉTÉS

altéré d’un autre qui ne le serait pas. Il résiste mieux h la réfrigération, et on peut le faire geler, puis dégeler lentement h une chaleur douce, sans qu’il ait perdu aucune de ses propriétés. Enfin, soustrait au contact de l’air, il se conserve sans altération pendant des années entières; M. Blondlot en a gardé deux ans qui était aussi actif après ce temps.

La bile et le liquide pancréatique ne sont que des produits excrémentitiels.

Les matières arrivées dans le cæcum redeviennent acides quand elles renferment encore quelques traces de principe sucré ; mais par une véritable fermentation, et non par une sécrétion acide de cet intestin.

C’est avec un véritable plaisir que nous voyons sortir de nos écoles de province des travaux aussi remarquables, et nous ne manque¬

rons jamais k les signaler à l'attention de nos lecteurs. C’est par là, bien plutôt que par de stériles récriminations, que la province résistera k l’envahissement centralisateur qu’elle reproche tant k Paris, et qu’elle échappera k son tour k l’inculpation trop souvent méritée d’immobilité et d’inertie. Lyon, Bordeaux, Nantes , Toulouse, Marseille, etc-, ont déjà commencé k se mêler activement au mouvement scientifique ; Nancy paraît ne pas vouloir rester plus longtemps en arrière; et déjà nous avons reçu un compte rendu d’une Société de médecine récemment instituée par les professeurs de cette École. Notre sympathie leur est tout acquise ; et nous prendrons soin de donner une juste publicité k tous ceux de leurs travaux qui rentreront dans la ligne de notre Journal.

NOUVELLES ET VARIÉTÉS

Académie des sciences. — 26 août. — M. Baudelocque adresse deux observations d imperforations du rectum opérées et guéries.

Dans le premier de ces cas , il y avait imperforation du rectum avec continuité du colon descendant; dans le second cas, au contraire, imperforation du rectum sans continuité ni contiguïté du côlon descendant. Dans le premier cas , il conduisit sur la face palmaire du petit doigt de la main gauche l’extrémité mousse d’une sonde, dont il avait eu le soin de placer auparavant le dard tout près de cette extrémité. Quand le bec de la sonde fut arrivé k la membrane qui touchait le rectum, et qui lui faisait former une sorte de dé, il poussa le dard avec le pouce de la main droite, de sorte qu’il put traverser de plusieurs millimètres la membrane obturatrice, puis il retira la sonde ; aussitôt l’enfant poussa le méconium au dehors, et des vents en quantité.

Dans le second cas , M. Baudelocque employa le procédé de Callisen , ou entérotomie lombaire.

M. Barkow , professeur allemand , envoie la description d’un ganglion nouveau , trouvé par lui chez l’homme; il l’appelle ganglion arythénoïdien. Le nerf laryngé inférieur envoie de la partie latérale inférieure du cartilage cricoïde un filet qui, d'après M. Blandin, monte entre la face antérieure du cartilage cricoïde et le muscle crico-arythénoïdien postérieur, en se dirigeant en arrière et en haut , qui passe ensuite au-dessus de la marge supérieure du cartilage cricoïde, et entre dans les intervalles des fibres du muscle arythénoide. A cet endroit, le nerf de chaque côté se gonfle pour former un ganglion de la grandeur k peine d’une ligne, et d’une forme plus ou moins arrondie ou oblongue.

Académie de médecine. — 20 août. =M. Ségalas lit un mémoire sur V influence des lésions de la moelle épinière sur la sécrétion urinaire. Cette lecture , et la discussion qui a suivi , ont occupé encore les deux séances suivantes. Nous y reviendrons quand le mémoire aura été publié.

. — La lumière se fait de toutes parts ; et la science et la vérité , pour avoir attendu une juste réparation, l'auront du moins bien complète. Le conseil général de la Seine, appelé à voter le budget des hôpitaux, y a trouvé un article de 14,000 francs destinés au service orthopédique des hôpitaux de Paris. D’un trait de plume et sans contradiction, il a rayé dix mille francs.

Le journal de Chirurgie paraît le 20 de chaque mois, par livraisons de 32 pages grand in-8°. Prix de l’abonnement : 8 fr. par an; et 12 fr. pour recevoir en même temps le journal de Médecine.— On s’abonne k Paris, au Bureau du journal, chez Paul Dupont et Comp., rue de Grenelle-St-Honoré, n° 55.— Tous les mémoires, articles et réclamations relatifs k la rédaction, doivent être adressés, francs de port, k M. Malgaigne , rédacteur en chef, rue de l’Arbre- Sec , n° 22.

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JOURNAL

Par M. HIAX&AÏ&NE.

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