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DESORMEÂUX. — RECHERCHES SUR LA TEXTURE MICROSCOPIQUE DU CANCER

L’expérience des trois images ne me paraît donc pas avoir, dans le diagnostic des cataractes commençantes, la valeur queSanson a essayé de lui donner. Lorsqu’un malade est atteint de cataracte noire ou pigmenteuse, elle prouve seulement que ce n’est point à l’amaurose qu’on a affaire, lorsque les deux images profondes disparaissent et que celle de la cornée seule demeure apparente. Elle n’a donc qu’une valeur relative peu importante, et ne peut nullement servir à distinguer la cataracte noire seule, ainsi que l’a écrit M. le docteur Magne, élève de Sanson, puisque le phénomène principal sur lequel repose, selon lui, le diagnostic de la cataracte noire, l’apparition d’une seule image lumineuse, est commun à' cette affection et à la cataracte pigmenteuse. (Y. le Journal de chirurgie, tom. Ier, pag. 223.) Je ne saurais trop engager les lecteurs de ce travail à relire cette observation de prétendue cataracte noire ; ils reconnaîtront aisément qu’il s’agissait tout simplement d’une .véritable cataracte pig¬

menteuse.

Traitement. — Lorsque la cataracte pigmenteuse est complète et que le malade n a que l’œil qui en est atteint, une opération seule peut lui rendre la vue. Si la maladie est consécutive à une opération de cataracte après laquelle le cristallin a disparu, on pourra essayer de déchirer, au moyen de l’aiguille, les fausses membranes placées dans la pupille, surtout si elles présentent une assez grande largeur. Il pourra arriver néanmoins assez souvent qu’ après l’opération une inflammation se déclare et que la pupille laborieusement débarrassée disparaisse de nouveau, circonstance due à ce que les yeux qui présentent dans la pupille de larges et épaisses fausses membranes , ont une tendance extrême à s’enflammer quand on détruit ces exsudations. Si ce revers arrivait, on se conduirait alors comme dans le cas où, lè cristallin existant, des adhérences souderaient complètement l’iris et la capsule recouverte de pigmentum, c’està-dire qu’on devrait pratiquer la pupille artificielle par décollement. On ferait au contraire cette même opération par excision, si une portion suffisante de la pupille normale permettait de saisir l’iris demeuré libre dans une certaine étendue.

Si la cataracte pigmenteuse était très-petite, et la vision peu altérée, aucun traitement médical ou chirurgical ne devrait être proposé.

Dans le cas où l’on assisterait à la formation de la cataracte pigmenteuse, c’est-à-dire où des adhérences plus ou moins nombreuses tendraient à se former entre l’iris et la capsule pendant une inflammation de ces membranes, on devrait éloigner le plus rapidement possible la marge pupillaire de l’axe antéro-postérieur de l’œil, en employant la belladone de la manière que nous avons indiquée ailleurs (V. Gazette des hôpitaux, du 20 août 1842), à propos des hernies récentes de l’iris, et cela indépendamment d’un traitement antiphlogistique approprié à la constitution du malade, et des préparations mercurielles administrées à l’intérieur et en frictions autour de l’orbite.

Recherche» saar la texture microscopique du cancer ; par ïfl. ©es ormeaux, D.-M.-P ., ancien interne des hôpitaux de Paris , membre de la Société anatomique (1).

Les tissus qui constituent le cancer ont été étudiés , quant à leurs éléments primitifs, par de nombreux observateurs, et tous sont arrivés, à peu de chose près, aux résultats

(1) L’intérêt qui s’attache aux nouvelles études microscopiques sur la composition des tissus morbides, et particulièrement du cancer, nous engage à emprunter l’excellent résumé qu’on va lire à un travail remarquable de M. Desormeaux, fils du savant professeur dont la science regrette encore la perte. ( Recherches sur la théorie élémentaire de la production des tissus accidentels, Diss. inaug., Paris, 1844.) Nulle part encore nous n’avons trouvé une analyse aussi complète des travaux des micrographes allemands; et l’on verra que le jeune observateur a pu déjà les contrôler par sa propre expérience.

On remarquera qu’il n’est pas question ici du cancer épidermique, sur lequel nous avons

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exposés par M. Mtiller. Toutefois , la plupart des auteurs qui se sont occupés de ce sujet, tout en confirmant l’exactitude des observations de ce savant, rapportent ses différentes variétés aux deux grandes divisions que les pathologistes reconnaissent généralement dans les tissus cancéreux. Je conserverai la division en tissu encéphaloïde et squirrheux, qui est bonne au point de vue pathologique, et à laquelle je crois que l’on peut assez facilement rapporter les observations histogéniques. Je dois dire cependant qu’il existe sur quelques points des doutes que l’on ne pourra éclaircir qu’en étudiant à la fois les tissus sous le triple rapport de leur structure grossière, de leurs éléments primitifs et de leur signification pathologique.

Encéphaloide. — M. Millier pense que sous le nom d’ encéphaloïde (carcinoma medullare, Markschwamm) on peut comprendre différentes formes qui se confondent entre elles ou différents degrés de développement du cancer mou (1). Je vais rapporter, d’après son ouvrage, les trois formes qu’il établit, avant de donner la signification que je crois devoir leur assigner.

« 1° Carcinoma medullare avec prédominance, dans la masse médullaire, des globules de formation ronds sur le réseau fibreux délié. . Gluge a trouvé les plus petits globules plus gros que ceux du pus ; ils diffèrent entre eux pour la grosseur. Les plus petits avaient 1/125 de millimètre de diamètre. Leur forme n’était pas régulière, mais se rapprochait de la forme ronde. Us présentaient une surface inégale, sur laquelle on distinguait des points obscurs et des lignes arrondies auprès des bords transparents des globules. .. Je trouve les globules de formation très-semblables à ceux du cancer commun et du carcinoma reticulare (squirrhe) ; souvent on ne trouve dans leur cavité intérieure que quelques petits points ou de très-petits granules ; mais à un fort grossissement, on y trouve un noyau absolument comme dans d’autres formes du cancer. La grosseur de ces noyaux, par rapport à celle des globules qui sont très-variables, est, en général, la même que dans le cancer commun. »

« 2° Carcinoma medullare, consistant en des corpuscules pâles, elliptiques, sans prolongement, et une masse fondamentale cérébriforme . . . —Presque toute la masse, à part les vaisseaux, consistait en des corpuscules elliptiques, uniformes, qui adhéraient fort peu entre eux. Les corpuscules, très-pâles sous le microscope , étaient aussi larges et une fois et demie ou deux fois aussi longs que les globules du sang. Jamais on ne voyait de fibres partir de ces corpuscules, jamais on ne trouvait dans leur intérieur de noyaux ou de jeunes cellules. Avec les plus forts grossissements, ils n’offraient qu’un ou plusieurs petits points. *

récemment publié une note. (Voyez ci-devant, pag. 180.) M. Desormeaux en dit quelques mots dans un autre endroit ; nous reproduirons d’abord ce passage.

« Après l’aplatissement mécanique, la transformation la plus simple est l’affaissement spontané des cellules, qui perdent leur forme globuleuse pour se transformer en disques; les

globules du sang en sont un exemple remarquable . L’aplatissement peut aller jusqu’à

amener au contact les parois de là cellule, qui perd tout son contenu, et se trouve alors transformée en une canule mince; c’est ce qui arrive aux cellules de l’épiderme qui se transforment en petites écailles ; et d certaines cellules morbides que quelques auteurs ont d cause de cela nommées cellules épidermiques, dénomination vicieuse , puisqu'elle rapproche , comme les variétés d’une même espèce, des objets qui n’ont d’analogie que par leur forme définitive. »

Nous avons voulu avoir l’avis de M. Mayor sur cette critique ; et M. Mayor nous a fait remarquer que le microscope ne révèle que des formes ; qu’on est donc non-seulement fondé, mais en quelque sorte forcé de rapprocher les formes semblables, puisqu’il n’existe absolument aucun moyen de découvrir si elles cachent des espèces distinctes. Ainsi les cellules du cancer décrit parM. Mayor ressemblent exactement aux cellules de l’épiderme; cela suffit d’une part pour qu’on leur en garde le nom, et d’une autre part pour qu’on ne les confonde pas avec celles des cancers encéphaloïde, squirrheux et aréolaire, dont on va lire la description.

(1) Ueber den innern Bau der krankhaften Geschivuelste .

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