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DESORMEAUX. — RECHERCHES SUR LA TEXTURE MICROSCOPIQUE DU CANCER

« 3° Carcinoma medullarc avec corpuscules à fibres ou fusiformes. — Ces encéphaloïdes ont parfois une sorte d’aspect fibreux à la déchirure, lorsque les corpuscules fusiformes affectent des directions déterminées, comme dans les cas décrits par Yalentin. J’ai trouvé ces corpuscules dans plusieurs encéphalo'ides, tantôt -en petit nombre, au milieu de globules ronds, tantôt plus nombreux que ceux-ci... Suivant la direction que prennent les corpuscules fusiformes dans leur disposition réciproque, il peut en résulter une aspect rayonné, une apparence d’arrangement en houppes ; mais souvent aussi leurs directions sont tellement variées que leur déchirure n’offre pas de traces de fibres. Alors même qu’il y a apparence de fibres, ces tumeurs ne se déchirent pas facilement en houppes, et les fragments se rompent aisément. Mais les corpuscules fusiformes s’arrangent fréquemment avec une grande régularité. Leur intérieur est analogue à ce que nous avons déjà décrit plus haut : ils contiennent, soit des granulations sans noyaux bien distincts, ou bien un noyau plus ou moins visible avec un ou plusieurs nucléoles. Les corpuscules s’allongent sur un ou deux côtés, rarement dans plusieurs directions, en fibres de différentes longueurs. Ce sont des cellules qui s’arrêtent

à la période de transition des cellules aux fibres. »

Faut-il regarder ces trois variétés comme trois formes distinctes ou comme trois degrés de développement d’un même tissu? Je pense que nous pouvons admettre cette dernière idée d’une manière plus absolue que ne le fait M. Muller.

Que trouvons-nous, en effet, en considérant, dans l’ordre où ils viennent d’être indiqués, les éléments essentiels de ces trois formes ? — 1° des globules arrondis pourvus de noyaux; 2° des globules allongés, ovalaires, n’offrant plus de noyaux ou dont le noyau était peu visible (j’ai vu dans un cancer de l’estomac des globules entièrement conformes à la description de M. Müller, et dans quelques-uns desquels on parvenait à découvrir des noyaux en ménageant la lumière) ; 3° des globules fusiformes ou offrant des prolongements fibriformes. Yoilà les trois formes successives, les trois périodes d’évolution par lesquelles doit passer une cellule avant de former une fibre, d après les observations faites sur les tissus normaux. Ainsi, nous trouvons dans 1 encéphaloide la même transformation des éléments primitifs que dans beaucoup de tissus sains, avec cette seule différence que l’évolution n’est pas complète, qu’elle s’arrête avant que la fibrine soit parfaite. L’analogie est telle que nous pouvons déjà conclure à 1 identité du mode de formation.

Pour donner à cette conclusion toute la rigueur désirable, il faudrait avoir une description exacte des tumeurs dans lesquelles on a observé chacune de ces formes élémentaires, et malheureusement M. Müller a négligé de nous les décrire. Cependant nous trouvons dans son ouvrage, à propos de la troisième forme, de quoi appuyer notre interprétation ; à cette forme se rapportent des encéphaloides énormes conservés au musée de Berlin ; et dans l’ encéphaloide, un degré avancé de l’évolution du tissu accompagne d’ordinaire un accroissement considérable de la masse; enfin M. Müller cite, comme appartenant à la même forme, une tumeur observée par M. Valentin [Répert., 1837, p. 277), et voilà ce que rapporte cet auteur:

<r La tumeur qui était située à la cuisse avait neuf pouces et demi sur onze et demi, elle pesait quinze livres et existait depuis trois ans chez une fille de vingt-cinq ans. Cette tumeur était renfermée dans un kyste fibreux de nouvelle formation ; elle était composée de lobes isolés dans une grande partie de leur surface, et dont un certain nombre étaient remplis d’un liquide épais, ressemblant à du pus, mais offrant, au lieu des globules caractéristiques de ce liquide, des globules cancéreux ronds, sans mouvement moléculaire; le reste de la tumeur avait les caractères de l’ encéphaloide qui commence à se ramollir. »

A tous les caractères, il serait facile de reconnaître de l’ encéphaloide ramolli, quand même M. Yalentin n’aurait point dit que c’en était réellement.

Les cellules que j’ai décrites forment toujours l’élément essentiel de l’ encéphaloide ; quelquefois elles le constituent à elles seules et sont juxtaposées sans moyen d’union

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visible. Dans d’autres cas, on trouve entre les cellules une trame de tissu fibreux ou cellulaire. Lorsque ce tissu fibreux domine dans la tumeur, l’encéphaloïde se rapproche du squirrhe (Vogel).

Squirrhe. — Le squirrhe offre d’une manière bien plus évidente les deux substances que l’on trouve dans beaucoup d’encéphaloides, des fibres et des globules. Souvent les fibres sont parallèles, régulièrement arrangées, et en tout semblables à celles du tissu cellulaire; souvent elles sont visibles à l’œil nu , et dessinent dans la coupe de la tumeur des figures diverses qui ont servi à former des variétés du squirrhe. Elles forment souvent des capsules arrondies, ou de différentes formes, dans lesquelles sont contenus les globules ; je ne décrirai pas toutes les dispositions qu’elles peuvent présenter. De même que les jeunes fibres du tissu cellulaire, elles sont détruites par l’acide acétique, et laissent des noyaux ou des fibres de noyaux. Quelquefois on trouve des fibres avec des renflements variqueux contenant chacun un noyau (Vogel). Ces fibres, pas plus que les précédentes, n’appartiennent en propre au squirrhe ; on les a trouvées constituant à elles seules des tumeurs fibreuses de la matrice ; je les ai observées dans une tumeur fibreuse de la cuisse, dont elles occupaient la périphérie, et qui n’offrait point de traces de squirrhe.

Dans le carcinoma reticulare de M. Müller, le réseau blanc qui enferme dans ses mailles les globules squirrheux est formé de granulations rondes, blanches, opaques, deux, trois ou quatre fois aussi grosses que les globules du sang, et que l’on trouve aussi agglomérées en amas arrondis. Je ne pense pas que l’on puisse établir une variété sur la présence de ces globules, qui semblent être analogues à ceux que l’on rencontre dans beaucoup de cytoblastèmes et de substances intercellulaires ; leur disposition même n’est peut-être due qu’à ce qu’ils sont repoussés dans les espaces que n’occupent pas les groupes de cellules.

La substance légèrement grisâtre et véritablement squirrheuse est formée de globules qui ressemblent, en général, à ceux du premier degré de l’encéphalo'lde. Ces globules sont tantôt ronds, tantôt un peu ovales ; on trouve aussi des noyaux libres avec leurs nucléoles (Vogel). Comme je l’ai fait pour l’encéphaloïde, je dois commencer par reproduire la description que M. Müller donne de ces globules, en parlant du scirrhus ou carcinoma simplex et du carcinoma reticulare.

Dans le carcinoma simplex , « ces globules de formation sont des globules creux ou des utricules transparentes de 0,00045 — 0,00100 — 0,00120 p. z. de diamètre (0mm,01 1 18 — 0,02707 — 0,03248). Ils sont insolubles dans l’eau, dans l’acide acétique et dans l’eau bouillante. Dans un certain nombre de ces cellules, on ne trouve que quelques points qui semblent de petits granules; dans d’autres, on voit un corpuscule plus gros, comme un noyau ou comme une utricule plus petite, contenu dans le globule cellulaire. » Dans beaucoup de cas, M. Müller n’a pas pu s’assurer de l’existence de ces jeunes cellules dans les globules; d’autres fois elles y étaient très-distinctes.

Dans un squirrhe ulcéré de la mamelle, il a trouvé un grand nombre de globules contenant une ou plusieurs jeunes cellules, comme l’indique la planche qu’il en donne.

Dans le carcinoma reticulare , <r la masse grise est constituée par des globules de formation ou des cellules transparentes, semblables à celles du carcinoma simplex. Ces cellules contiennent souvent aussi une, deux, ou plusieurs petites utricules avec des noyaux peu visibles. Dans d’autres cas, on ne pouvait reconnaître les plus petits germes de cellules dans des globules plus gros. Alors on trouvait beaucoup de petits grains à l’intérieur des globules cellulaires transparents. »

J’ai été souvent à même de vérifier les caractères que M. Müller assigne à ces deux variétés de cellules squirrheuses. Quant aux globules transparents qui renferment souvent de jeunes cellules, je ferai remarquer que ces dernières sont souvent fort difficiles à apercevoir, même avec une lumière très-faible. Dans un squirrhe de la mamelle opéré par M. Nélaton, dont la trame fibreuse était très-considérable et d’une grande

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