‹ Journal de chirurgieChapitre 90 sur 113 · n réduit la bouillie de moitié · texte numérisé non relu

n réduit la bouillie de moitié

REVUE CRITIQUE. 309

Pas de selle.— Pas de faim.

é 15.— Diète complète, sauf un peu de gomme adragant pour tromper la faim.

Pas de selle. On administre deux lavements huileux , qui ramènent des mucosités peu consistantes, et environ 45 grammes de matières fécales, délayées ou moulées.

16.— Solution de gomme adragant très-concentrée, avec addition dè sirop simple. — Lait de vache , 125 grammes.

Point de selles.

Du 17 au 18. — Solution de gomme ut suprà— 60 grammes de farine de riz bouillie dans une tasse de lait de vache.

Point de selles.

Du 19 au 20.— Le vieillard se plaint beaucoup de la faim, et déclare qu’il ne peut l'endurer plus longtemps. On lui promet de la calmer avec de la gomme adragant.— Du reste, même régime.

Pas de selles.

Du 21 au 22. — Même solution de gomme; bouillie avec 90 grammes de farine de riz.

Pas de selles.

Du 23 au 24.— Mêmes prescriptions.

Deux selles moulées, pesant ensemble 95 grammes.

Du 25 au 26.— Même solution ; bouillie avec 120 grammes de farine de riz.

Pas de selles.

Le 27, le sujet, bien que n’ayant pas éprouvé de dérangement sérieux, s’ennuya de son régime, et refusa de le contiuuer.

En résumé, du 3 au 11 octobre, tant qu’on ne fit que diminuer le régime ordinaire, on eut des selles moins copieuses, mais à peu près aussi nombreuses. Du 12 au 15, en quatre jours , avec la bouillie de riz et la gomme adragant, il n’y eut pas de selles; les matières ramenées par les lavements équivalaient au septième environ des aliments solides pris dans ces trois jours. Il est à regretter que le poids des premières selles n’ait pas été noté, pour établir une comparaison analogue ; il semble seulement que chez ce sujet le pain ait donné un résidu beaucoup plus considérable , et environ un quart de son poids. Peut-être aussi eût-il mieux valu attendre les selles naturelles sans les provoquer par des lavements.

Quoi qu’il en soit , du 16 au 24 , avec la gomme adragant et un peu de bouillie, on tint le ventre fermé durant près de huit jours; et l’on eut ensuite en deux selles un résidu d’un peu moins du sixième des aliments solides pris durant tout ce temps.

La deuxième expérience fut faite sur un individu de 32 ans, manchot, mangeant près d’un quart de plus que le vieillard. Le résultat ne fut pas grandement différent, si ce n’est que la faim arriva plus vite et plus insupportable.

Du 10 au il, pour 840 grammes de pain, il eut une selle de 155 grammes, plus du sixième.

Du 12 au 13, pour 500 grammes de farine de riz et deux œufs à la mouillette, il eut une selle de 90 grammes. La proportion, à cause des deux œufs, est difficile à établir. Mais à partir du 15, où il eut deux lavements , il resta jusqu’au 22 sans avoir de selle ; et alors pour 420 grammes de farine de riz, plus une quantité indéterminée de gomme adragant, il eut une selle de 67 grammes, moins du sixième.

La troisième expérience avait pour sujet un aveugle de 21 ans, mangeant moitié moins que le vieillard, ayant deux selles par vingtquatre heures. Il supporta parfaitement la faim. Chez lui, du 10 au 11 octobre, 300 grammes de pain, plus un œuf à la mouillette, donnèrent une selle d’environ 36 grammes, moins d’un huitième en poids.— Du 12 au 15 octobre, 390 grammes de farine de riz donnèrent, à l’aide de lavements, environ 43 grammes de matières, encore moins du huitième. Plus tard, du 17 au 22, par exemple , pour 420 grammes de farine de riz , il eut trois petites selles, mais composées en partie de matières muqueuses, et à peu près dans la même proportion avec les aliments solides. Il est assez curieux de noter1 que chez ce jeune homme la digestion était habituellement laborieuse , et que cependant c’est lui qui absorbait le plus des matières solides ingérées.

Voilà ce que nous avons pu tirer de ces' expériéÜces ; car M. Cazenave les donne toutes brutes, et sans en rien conclure. Elles montrent bien plutôt ce qu’on pourrait en attendre en les variant et en les multipliant, qu’elles ne donnent des résultats bien précis. Le seul point peut-être de quelque importance qu’elles aient mis en relief, c’est l’efficacité d’une petite quantité de gomme adragant pour apaiser la faim.

Arrivant donc sans transition au traitement de la fissure, M. Cazenave recommande un régime de fécules et de végétaux herbacés; des minora tifs tous les deux jours; des quarts de lavements huileux deux fois par jour, des injections narcotiques dans le rectum ; le repos horizontal ; et après quinze jours, il ajoute à tous ces moyens, qui n’en doivent pas moins être continués , un appareil destiné à préserver l’anus du contact des matières fécales, et qu’il décrit de cette manière :

« Cet appareil se compose d’un cercle en baleine arrondie , très-flexible, s’enroulant sur un très-petit mandrin à tête. Cette baleine doit être matelassée avec un peu de linge fin ou de charpie, et recouverte ensuite

d’une enveloppe en bon taffetas ciré ayant

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huit travers de doigt de long. Tout étant ainsi préparé, on graisse avec du cérat, et on introduit baleine et mandrin dans l’anus et le rectum, préalablement dilatés par une injection opiacée si le sphincter est trop contracté. Quand la baleine est parvenue au-dessus du sphincter et au niveau de l’évasement inférieur du rectum, son élasticité la fait se dérouler, former un cercle ayant les dimensions obligées de la partie la plus inférieure du ventre d’amphore (du rectum). Cela fait, on arrange le taffetas ciré, qui doit franchir le sphincter et dépasser l’anus d’au moins quatre travers de doigt. »

Le but de cet appareil est de servir de canal aux matières fécales ; l’expérience a appris à l’auteur qu’il ne fatigue pas les parties, qu’il est facile à placer et à enlever; et enfin, il cite cinq observations de fissures guéries après trois, quatre, et au plus six semaines de ce traitement.

Sans contredit, l’opération estplusprompte, et surtout nous la croyons bien plus efficace. Mais comme il se rencontre beaucoup de sujets qui s’y refusent opiniâtrement, la méthode deM. Cazenave offrira peut-être alors une ressource utile , et qu’on peut du moins essayer sans beaucoup d’inconvénient.

Sur le traitement des fissures a l’anus

par V extrait de ratanhia ; par M. Payan,

d’Àix.

Nous venons de voir un praticien recommandable raconter les échecs qu’a eus entre ses mains l’extrait de ratanhia ; M. Payan au contraire n’a presque jamais eu qu’à se louer de l’emploi de cette substance. Triste condition de la thérapeutique, lorsqu’elle sort des moyens purement mécaniques pour s’aider des forces si capricieuses des médicaments ! Entre cette contradiction perpétuelle des succès des uns et des revers des autres, dans les mêmes affections traitées par les mêmes moyens, trop souvent le doute vient assiéger l’esprit; on se dit bien que la maladie n’était la même qu’en apparence, que les idiosyncrasies sont encore plus variables; toujours est-il que le secret de ces variétés nous échappe, et que nous sommes ainsi trop souvent exposés à agir au hasard. Le seul bénéfice que l’on puisse retirer de ces faits en apparence contradictoires, c’est d’apprendre, d’une part, à garder toujours quelque méfiance d’un remède prématurément déclaré infaillible, et, d’une autre part, à ne pas rejeter trop à la légère un moyen utile, parce qu’il n’aura pas constamment réussi.

M. Payan a essayé la cautérisation avec le nitrate d’argent ; il ne paraît pas disposé à y revenir. —•« Trois fois, dit-il, nous l’avons employé chez des militaires et à plusieurs reprises, avec toutes les précautions conve¬

nables, sans que, pour prix des douleurs trèsvives qui en résultaient pendant quelque temps et qui allaient quelquefois jusqu’à développer la fièvre , les malades eussent obtenu aucun résultat curatif, et eussent pu se soustraire à l’incision. »

L’incision au contraire ne l’a jamais trahi; et six cas de fissure à l’anus ainsi traités ont été pour lui six cas de guérison. Toutefois, dès que M. Trousseau eut publié sa lettre sur les bons effets de l’extrait de ratanhia, M. Payan n’hésita pas à substituer dans sa pratique ce traitement si facile et si simple à une opération douloureuse et qui cause encore plus d’effroi que de douleur. Voici le résumé de ses observations.

Obs. I. — Le nommé Chapeau, fusilier, entra à l’Hôtel-Dieu d’Aix, pour des hémorroïdes, disait-il, dont il souffrait depuis plus de six mois. Les douleurs n’étaient pas continues, mais se déclaraient aiguës et déchirantes au commencement des garde-robes, pour durer ensuite plusieurs heures après la défécation. D’après ces circonstances, M. Payan soupçonna une fissure, dont l’examen local vérifia l’existence.

Après avoir débuté par quelques bains généraux, on prescrivit pour le matin un lavement émollient, qui devait être suivi dans la demi-heure de l’administration d’un quart de lavement avec :

Extrait de ratanhia. . 4 grammes.

Alcool . l gramme.

Eau commune . 200 grammes.

Le lavement émollient fit pousser une selle avec les douleurs ordinaires ; et le lavement de ratanhia fut gardé pendant deux heures seulement. On en donna un autre le soir, sans lavement émollient préalable.

Les jours suivants, mômes prescriptions; seulement dès le 4e jour la dose d’extrait fut portée à 5 grammes. Jusque-là les garde-robes avaient été encore assez pénibles, quoiqu’un peu moins qu’auparavant; le 5e jour, elles commencèrent à être exemptes de toute souffrance ou à peu près.

Tout à coup, le 8e jour, ténesme, douleur d’entrailles, soif, agitation fébrile. On apprend que plus d’une fois, par une paresse blâmable, le lavement de ratanhia a été donné sans lavement émollient. Prescription : bain de siège, lavement à l’eau de son, tisane de riz , diète modérée. Huit jours se passèrent ainsi; l’irritation intestinale se dissipa; mais comme les douleurs à l’anus étaient revenues, on revint aux lavements de ratanhia, savoir: un seul le matin durant trois jours, puis un le matin et un le soir. Le 11e jour de la reprise des lavements, constipation, chaleur abdominale; on se borne à un lavement émollient. Le malade sortit trois jours après,

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se sentant fort bien, la fissure recouverte d’une cicatrice fine et rougeâtre; en un mot, avec toutes les apparences d’une guérison solide.

Obs- II. — Dès le 4^ jour du traitement, les selles n’étaient presque plus douloureuses; le 8e elles étaient nulles, bien que la fissure ne fût pas encore cicatrisée. Au 12e il fallut suspendre les lavements de ratanliia, pour cause de constipation et de coliques; des lavements émolliens continués encore 10 jours complétèrent la guérison.

Obs. III. — Celle-ci présente la circonstance assez rare d’une fissure existant chez une petite fille de 4 ans et demi. On prescrivit un lavement émollient le matin, suivi, une demi-heure après, d’un autre ainsi formulé :

Extrait de ratanhia. 2 grammes et demi.

Alcool à 23° . 0, 50 centigrammes.

Eau commune - 100 grammes.

Ce dernier à répéter le soir.

Le premier lavement fut suivi d’une selle ; le second fut gardé; c’est pourquoi le soir on fit précéder le second lavement de ratanhia d’un lavement simple, qui fut rendu presque aussitôt.

Le 3e jour de ce traitement, l’enfant eut une selle sans douleur. Le 7e jour, des coliques obligent à le suspendre. On le reprend le 11e, bien que les douleurs ne se soient pas reproduites, mais pour consolider la guérison. Le 18e, on le cesse définitivement; la fissure était guérie, et depuis trois ans elle n’a pas reparu.

Les trois autres faits n’offrent rien à noter que le succès plus ou moins rapidement obtenu. Chez un septième malade, la médication au contraire échoua complètement, et l’individu quitta l’hôpital au bout de 23 jours, sans être guéri.

M. Payan termine en rappelant trois cas de guérisons obtenues par M. Roque d’Orbecastel; la dose de l’extrait fut portée de 4 à 10 grammes. Peut-être en effet, dans les cas rebelles, ferait-on bien de hausser ainsi les doses, eh se tenant toutefois en garde contre les effets trop énergiques du remède, qui peut déterminer de la constipation, du ténesme, des coliques et même de la fièvre , ainsi que le montre la première observation de M. Payan.

(, Journ . de méd., de chir. et de pharmacol. de Bruxelles.)

INFLUENCE DE LA PARALYSIE SUR LA CONSO¬ LIDATION des fractures ; par M. Reynaud, de Toulon.

Les faits qui pourraient servir à juger cette question encore douteuse sont fort rares ; on lira donc celui qui va suivre avec quelque intérêt.

« Le 17 janvier 1844, le forçat Langevin, du bagne de Toulon , âgé de 31 ans , d’une constitution robuste , travaillait à l’empilement des bois dans le port, quand une pièce de bois très-lourde le renversa sur le ventre, contusionna fortement la région lombaire et l’abdomen , et, continuant à rouler sur ce malheureux, vint produire une fracture oblique du fémur gauche, à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inferieur, et une fracture comminutive des deux os de lajambe gauche à leur partie moyenne.

« Ce condamné fut immédiatement porté à l’hôpital du bagne ; il était dans un état fort alarmant. La peau était froide, pâle, le pouls très-faible, la sensibilité presque éteinte. A l’aide des moyens convenables employés avec persévérance, on parvint à faire disparaître les phénomènes graves de commotion que présentait ce malade, et à arrêter dans leur marche les symptômes de péritonite qui se montrèrent au début, à la suite de la contusion de l’abdomen. Il resta une paralysie des extrémités inférieures, avec paralysie du rectum et de la vessie, que l’on fut obligé de débarrasser chaque jour des matières qui s’y accumulaient à l’aide du cathétérisme.

« Les fractures furent traitées à l’aide de l’appareil de Scultet; et l’absence de contractions musculaires , ainsi que la docilité du malade, permirent de se borner à l’emploi de cet appareil , qui suffit pour maintenir une coaptation convenable dans la fracture de la jambe. Ce ne fut que plusieurs semaines après l’accident, lorsque le malade était déjà dans un état tout à fait désespéré, que les fragments de la fracture du fémur chevauchèrent l’un sur l’autre, de manière à donner un raccourcissement sensible au membre.

« Pendant la dernière semaine du mois de janvier et une partie du mois de février, l’état de Langevin s’améliora sensiblement , l’appétit revint, les forces se rétablirent un peu ; quelques traces de mouvement et de sensibilité reparurent dans les membres inférieurs; la vessie se débarrassa quelquefois seule des urines qu’elle contenait; mais, après plusieurs semaines d’amélioration , des escarres gangréneuses apparurent sur le sacrum et sur la région lombaire, et donnèrent lieu, par leur chute, à une suppuration très-abondante. La contractilité de la vessie disparut de nouveau, la fièvre se ralluma, l’amaigrissement fit des progrès rapides, et le malade succomba le 27 mars, soixante-dix jours après son entrée à l’hôpital. »

A l’autopsie, on trouva ça et là dans les poumons, quelques petits abcès circonscrits , remplis de pus bien élaboré ; — d'anciennes traces de péritonite ; — les parois de la vessie plus dures que dans l’état normal; — la moelle épinière diffluente vers le ^milieu de

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la région dorsale , et plus bas convertie en un liquide crémeux.

« Entre la moelle et ses membranes, et entre celles-ci et le canal osseux vertébral , existe une quantité notable d’un liquide purulent, fétide, qui communique par les trous de conjugaison avec les larges plaies qui ont suivi la chute des escarres des lombes et du sacrum.

« Les muscles de la cuisse sont atrophiés ; ils sont infiltrés d’un liquide séro-purulent, dans lequel baignent les deux fragments du fémur fracturé. Ces fragments se sont déplacés et chevauchent l’un sur l’autre, de manière que l’inférieur est en arrière et en dedans du supérieur; ils sont réunis entre eux par une masse résistante dans divers points, encore molle et facile à couper dans quelques autres. Cette masse paraît constituée par d’anciens caillots de sang dépouillé presque entièrement de sa matière colorante, dont on ne trouve que çà et là quelques traces. Quelques parties cèdent facilement à l’action du bistouri ; d’autres résistent et crient à l’instar de fibro-cartilages ; d’autres enfin, plus résistantes encore, offrent des dépôts de petits cristaux calcaires, déposés entre les fibres parallèles du tissu. Quelques débris de périoste entourent ces diverses parties, et présentent des traces d’une vascularisation très-prononcée , et un léger commencement d’ossification dans quelques points. Cette espèce de cal rudimentaire occupe surtout le côté par lequel les extrémités osseuses sont en contact, et le déborde un peu en avant et en arrière. Ces extrémités osseuses elles-mêmes sont amincies, et leur canal médullaire presque entièrement oblitéré.

« Les fragments de la fracture comminutive de la jambe sont dans un état de coaptation parfaite : ils sont entourés d une matière molle de quelques lignes d’épaisseur seulement , dans laquelle il ne s’est effectué aucun travail de consolidation. Le périoste du tibia est un peu épaissi, et les muscles du mollet sont infiltrés d’un peu de sang. »

M. Reynaud arguë de l’absence complète du cal dans la fracture de la jambe pour prouver l’influence puissante de la paralysie sur la consolidation des fractures. On pourrait alléguer le travail déjà fort avancé autour de la fracture du fémur pour arriver à une conclusion toute différente ; mais pour étudier un fait en pleine connaissance de cause, il convient d’abord de le mettre en regard des faits analogues. J’ai dit qu’ils étaient fort rares ; voici en effet tous ceux que j’ai pu recueillir ; j’extrais ce paragraphe du Traité des fractures et des luxations que j’imprime en ce moment.

« La paralysie a certainement une influence dont il importe de tenir compte. Dans un cas

rapporté par Travers, il y avait à la fois fracture de l’humérus, fracture des vertèbres lombaires avec paralysie, et fracture de la jambe ; la fracture de l’humérus se consolida dans le temps ordinaire, tandis que celle de la jambe ne se réunit point. Tuson a vu, sous l’influence d’une semblable paralysie, la consolidation manquer dans une fracture du péroné ; et B. Phillips a constaté, au bout de cinq semaines, dans un cas analogue qui s’était terminé par la mort, que le travail de réparation n’avait pas même commencé. Il ne faudrait pas croire cependant qu’il n’y ait aucune exception à cette règle ; Busk a publié dans la Gazette médicale de Londres , année 1840, l’histoire d’un homme de 65 ans, paraplégique depuis plus de 20 ans, privé de tout mouvement et de toute sensibilité des membres inférieurs, et qui pourtant s’étant cassé la jambe gauche, l’avait parfaitement consolidée au bout de 5 semaines. »

On voit que la même contradiction se retrouve dans ces faits, comme nous l’avons signalée dans le fait de M. Reynaud. Faut-il en accuser simplement des idiosyncrasies individuelles ? Mais déjà il en résulterait que l’influence de la paralysie serait toute secondaire, et soumise à ces idiosyncrasies. Peutêtre y a-t-il une autre explication à donner ; peut-être la fièvre traumatique, la suppuration, les abcès métastatiques auxquels a succombé le forçat de Toulon, rendent-ils compte en grande partie du retard observé dans la consolidation des deux fractures, sans que nous veuillons cependant nier toute influence du côté de la paralysie. Nous le répétons, la question est loin d’être vidée, et il serait à désirer qu’elle fixât l’attention de quelque jeune chirurgien qui, en fouillant plus avant dans les annales de la science, et recueillant un plus grand nombre de faits, arriverait certainement à des conclusions moins douteuses que celles auxquelles nous en sommes encore réduits.

(. Bulletin de Tliérageutique).

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