POUCE
Nous trouvons, dans le compte rendu des séances de la Société Pathologique de Dublin, un fait de luxation compliquée de la phalangette du pouce, qui peut être enregistrée d’abord pour sa rareté ; mais nous nous étonnons qu’aucun des membres de la Société n’ait fait la moindre observation sur le traitement un peu rigoureux suivi par le chirurgien. Le fait a été communiqué parM. Smith.
« C’était un cas de luxation du pouce, qui lui avait été envoyé par le chirurgien Brabazon, de Downpatrick. Tout le monde sait l’extrême difficulté que présente la réduction des luxations du pouce. Celle qu’on rencontre le plus
REVUE CRITIQUE
fréquemment est celle dans laquelle la première phalange est luxée sur le dos de l’os métacarpien. Dans le cas actuel, c’était la seconde phalange qui était luxée sur le dos de la première. L’accident était arrivé à un homme qui tenait un cheval par une longue bride; l’animal ayant fait un écart subit, l’homme fut jeté par terre, et la main heurta le sol de telle sorte qu’il se fit une luxation compliquée du pouce, la tête de la première phalange étant passée à travers les téguments. Le tendon fléchisseur était fortement déplacé, et se trouvait entre la première et la seconde phalange. Manifestement la réduction aurait
été très-difficile, sinon impossible. M. Brabazon craignit que le tétanos n’en fût la suite; et en conséquence il préféra l’amputation, qu’il pratiqua en divisant la première phalange à l’aide d’une pince à résection. » Procéder à l’amputation sans même tenter la réduction, c’est aller beaucoup trop vite en besogne. Les luxations des phalanges entre elles sont d’abord beaucoup moins difficiles à réduire que les luxations métacarpophalangiennes ; nous renvoyons le lecteur à une note de M. Gerdy sur cette matière, que nous avons analysée. Tome Ie»' de ce journal, p. 80.