Guillaume de Gantiers, évêque d'Evreux depuis
5. Philippe de Villette, abbé de Saint-Denis, que le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 93, qualifie de « très faulx papelart » et qui fut incarcéré dans la prison de Saint-Éloi près du Palais.
arrestast aucuns prisonniers ne fîst prisons privées. Ce jour, ledit messire Guy de Bar fu commis par le Roy à la garde de la prevosté de Paris, et ne furent seelleez ses lettres que du seel de secret du Roy, pour ce que les seaulz de la Ghancelerie estoient perduz, et n'en savoit dire nouvelles ledit Chancelier qui estoit prisonnier. Et assez tost après l'entrée et venue desdictes gens d'armes, toutes les gens de l'ostel du Roy et des segneurs qui estoient demourez à Paris prindrent et portèrent l'enseigne du duc de Bourgongne et la crois Saint Andry, et pareillement touz les autres bourgois et habitans, femmes et enfans de la ville de Paris, ausquelz, pour la plus grant partie, ladicte entrée et venue fust moult joyeuse et agréable. Et ne trouvèrent ce jour lesdictes gens d'armes aucune resistence, et n'y ot que deux ou troiz personnes tuez ledit jour es rues de Paris, lesquelz avoient, si comme on disoit, voulu soubstenir le fait dudit d'Armignac, en la présence desdictes gens, en criant : « Vive Armignac. » Des segneurs qui estoient à Paris demourerent, entre les autres, les cardinaulx de Bar et de Saint Marc, le conte de Tripoly, Charles, monsegneur de Bourbon, Jehan, monsegneur de Harcourt, le conte en Milan (sic) et pluiseurs autres chevaliers et nobles de ce royaume avec les dessusdis prêtas et autres prisonniers et arrestez à Paris^ Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 137 v«.
1. Ce récit de l'entrée des Bourguignons à Paris a été reproduit par D. Félibien (Histoire de la ville de Paris, t. IV, p. 566). On peut le rapprocher de la relation si passionnée de l'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 90, et de celle de Nicolas Le Sellier, notaire du chapitre de Notre-Dame, extraite des
Diraenche, xxix® jour de may.
Curia vacavit. An te auroram hujus diei armigere geutes pro duce Burgundie intraverunt villam Parisius.
Lundi, XXX® jour de may.
Curia vacavit occasione ingressus armigerarum gentium, die precedenti Parisius introductarum.
Mardi, xxxj* jour de may.
Ce jour, Jehan de Maisné, dit de Blois, clerc du greffier criminel de ceste Court de Parlement, lequel ung nommé Roquet avoit fait mettre et retenir prisonnier soubz umbre de ce qu'il lui imposoit qu'il avoit esté et estoit Arminague\ a esté et est par ordonnance de ladicte Court mis hors de prison. Matinées, X (Xia4792), fol. 52 v^.
Mardi, dernier jour de may.
Ce jour, messire Guy de Bar, chevalier, fu receu à
registres capitulaires [Ibid.^ p. 90). Le registre du Bureau de la Ville relate le même fait en ces termes : « Ce jour, environ le point du jour, entrèrent à Paris, par la porte Saint Germain des Prez, les seigneurs de l'Isle Adam, messire Guy de Bar, bailli d'Auxois, messire Glande de Chasteluz, chevaliers, et autres de leur compaignie, par le moyen et bon exploit desquelz furent subjuguez le conte d'Armignac et autres perturbateurs de la paix traictée entre nosseigneurs du sanc royal, et furent la greigneur partie desdiz perturbateurs de paix et leurs complices prins et emprisonnez » (Arch. nat., Z*^ 7, fol. 91).
1. Monstrelet (t. III, p. 271) dit à ce propos : « Qui alors heoit un homme, de quelque estât qu'il feust, bourguignon ou autre, il ne faloit que dire : Vêla ung armignach ! tantost il estoit mis à mort sans en faire aucune informacion. »
Toffice de la garde de la prevosté de Paris ou lieu de messire Tanguy du Ghastei et fist le serement acoustumé, et furent ses lettres publiées, lesquelles n'estoient seellées que du seel de secret du Roy, pour ce que les seaulz de la Ghancelerie avoient esté perduz le xxix® jour de ce mois par TefFray et tumulte qui avoit esté à Paris à l'entrée des gens du duc de Bourgongne. Ce jour, le conte d'Armignac fust mis prisonnier ou Petit Chastellet de Paris*.
Ce jour, la Court fist certains advis touchans la paix, transquilité et conservacion de la ville et habitans de Paris, qui furent bailliez audit messire Guy de Bar, commis à la garde de la prevosté de Paris, pour yceuz advis mettre à execucion et faire cesser roberies, prinses de gens que pluiseurs entreprenoient sans auctorité de justice; selon lesquelz advis ledit de Bar, par cry publique et à son de trompe, fist deffendre telles manières de roberies, prisons privées^, fist en oultre faire pluiseurs inhibicions et deffenses pour tenir en paix et transquilité les gens de Paris, contre lesquelles deffenses furent faictes depuis pluiseurs entreprinses , pour quoy lesdictes deffenses furent depuis par pluiseurs fois réitérées pour obvier et
1. En marge se trouve cette rubrique : De prisione comitis Armaniaci.
2. Suivant le témoignage de Juvénal des Ursins (éd. Michaud, p. 541) « de déclarer les meurtres, pilleries, robberies et tirannies qui se faisoient à Paris, ce seroit chose trop longue et piteuse à reciter. On prenoit gens : les uns estoient mis en prisons privées, en maisons, en intention de les garder pour avoir argent, les autres estoient menez au Grand et Petit Chastellet, au Louvre, au Temple, à Saint Martin des Champs, Saint Magloire et en autres lieux. »
mettre fin ausdictes entreprinses. Et nondum statim
finis ^.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 138.
Mecredi, premier jour de juing.
Arriva devant Paris grant nombre de gens d'armes, qui s'efforcèrent d'entrer à Paris par la Bastide et porte Saint Anthoine, selon l'ordonnance des capitaines et gens de Conseil qui estoient avec monseigneur le Dauphin, et ne passèrent point la porte Baudet, mais furent reculez par les gens d'armes du duc de Bourgongne et dez gens armés de la ville de Paris, qui survindrent en grant nombre et lez firent retrayre dedens ladicte Bastide, les aucuns, et les autres hors de ladicte ville de Paris. Il y ot pour occasion de ce grant effray et commocion des gens estans à Paris, pour ce que on disoit que lesdictes gens d'armes, qui s'estoient efforciez et efforçoient de entrer à Paris, vouloient grever et destruire les gens du duc de Bourgongne et bourgois de Paris. En laquelle commocion aucuns prisonniers et autres furent tuez et mis à mort sans autre congnoissance de cause, soubz umbre de ce que on disoit yceulz avoir esté et estre favorisans au conte d'Armignac contre le duc de Bourgoingne, et doubtoit on que ilz ne voulsissent introduire à Paris gens d'armes pour grever et dommagier ledit de Bourgongne et bourgois de Paris, et se continua ledit effray ou commocion par tout le jour'^.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 138.
1. Ces extraits ont été reproduits par D. Félibien [Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 567).