Ce récit du massacre des Armagnacs a été reproduit par
Dimenche, xij® jour de juing.
Guria vacat. Eo (sic) die, vacaverunt Parisius officia plurimorum per mortem et obitum ipsorum*.
Lundi, xiij® jour de juing et les jours ensuivans.
Guria vacavit, occasione tumultus et eorum que (sic) Parisius die precedenti contingebant (sic).
Matinées, X (Xia4792), fol. 54 v«.
Jeudi, xvj® jour de juing.
Ce jour, messire Jehan, segneur de Gohem^, chevalier, a présenté lettres du Roy scellées du petit seel pour estre receu à l'office de Grant Veneur de France ou lieu de messire Guillaume de Gamaches^,
D. Félibien [Histoire de la ville de Paris ^ pièces justificatives, t. IV, p. 568). Cf. la relation du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 96.
1. Deux conseillers au Parlement, Jean de Vitry et Oudard Gentien, et deux procureurs, Oudard Correl et Jean de Combes, périrent dans les massacres (cf. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 99).
2. Jean de Berghes, seigneur de Cohem et de Marquillies, attaché au parti bourguignon, fut nommé grand veneur par lettres du 2 juin 1418; cette même année, il reçut le commandement des troupes chargées d'assiéger Montlhéry et devint plus tard gouverneur d'Abbeville.
3. Guillaume de Gamaches, chambellan de Charles VI et du Dauphin, avait été pourvu, le 29 décembre 1410, de la charge de grand veneur; fait prisonnier à Azincourt, il fut nommé bailli de Rouen le 3 août 1417, capitaine de Compiègne le 21 juillet 1418, et occupa ce poste jusqu'au 18 juin 1422 ; il devint, en 1424, grand maître des Eaux et Forêts ; sa femme, Marguerite de Corbie, était la nièce du chancelier Arnaud de Corbie.
chevalier, et a fait en la Court le serement de bien et deument exercer son office, etc. Et a présenté sesdictes lettres à la Court, pour ce que le Roy n'avoit encores point pourveu à l'office de souverain maistre des Eaues et Forests, si comme on disoit; aussi lesdictes lettres s'adreçoient à la Court, et, pour ce, la Court a receu ledit de Cohem, comme dit est.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 139 v°.
La Court, du consentement de maistre Sy. de Nanterre, président, maistre Henry Mauloué, audiencier, et de Jehan Lasne, exécuteurs du testament et derreniere volenté de feu messire Arnault de Corbie, jadiz chancelier de France, a deschargié lesdiz exécuteurs du fait de ladicte execucion, pourveu qu'ilz renderont compte et reliqua de ce qui a esté par eulz fait, mis et receu à cause de ladicte execucion par devant les commissaires de ladicte Court, et ou lieu d'iceulx exécuteurs a surrogué révérend père en Dieu maistre Jehan de Corbie, evesque de Mende, nepveu dudit defifunct, lequel a fait serement de acomplir ledit testament nomine executorio et de parfaire ladicte execucion et d'en rendre compte et reliqua en temps et en lieu, selon l'ordonnance de ladicte Court, ainsi qu'il appartendra.
Matinées, X (X** 4792), fol. 54 v«.
Samedi, xviij® jour de juing.
Messire Jehan de Villiers, segneur de l'Isle Adam, a présenté en la Court lettres du Roy scellées de seel de secret pour estre receu à l'office de mareschal de France ou lieu de messire Jehan Le Meingre, dit Bou-
ciquaut, lequel de Villiers a esté receu oudit office et a fait le serement acoustumé^
Ce jour, cessa le Parlement du tout ab ordinariis et extraordinariis actibus, qui par avant avoit cessé ab ordinariis.
Conseil, XIV (X^a 1480), fol. 139 v«.
Lundi, iiij® jour de juillet, vacante Curia,
Jehan de Vauricher, escuier, jadiz varlet de chambre de feu monseigneur le duc de Guienne, a appelle en sa personne en Parlement de certaine condempnacion et autres griefs à lui faiz par feu maistre Raoul Anchier, jadiz lieutenant du prevost de Paris, maistres Phelippe du Puys, Oudart Gencian et autres eulx disans commissaires royaulx en celle partie, en procédant d'office à l'instance du procureur du Roy, comme l'en disoit, ou autrement ; et a dit et déclaré ycellui de Vauricher par son serement que plus tost bonnement n'en eust osé appeller pour crainte desdiz eulx disans lieutenant et commissaires, et car il a tousjours depuis esté prisonnier, et ce a requis estre enregistré.
Ce jour, ont esté renduz cassez à Phelippe d' Aigreville, escuier, filz de feu messire Guy d'Aigreville, jadiz bailly de Sens-, un seel et un contreseel d'argent qui estoient escripz : Sigillum et contrasigillum baillivie Senonensis, pesans vij onces vj esterlins ou environ, lesquelx avoient eslé mis devers la Court par
1. Ce paragraphe se trouve dans D. Félibien (Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 569).
2. Guy d'Aigreville, chevalier, avait été nommé bailli de Sens le 9 octobre 1411 et dépossédé de son office le 14 août 1413 par le seigneur de Saint-Brice.
maistre Benoit Pidalet, procureur de la mère dudit Phelippc, lequel Phelippe a promis de ce porter garantie vers tous.
Matinées, X {X*a4792), fol. 55.
Lundi, XXV® jour de juillet.
Recommença le Parlement, qui, depuis le x® jour de juing précèdent, avoit vaqué. Et avoient pendant ycelle vacacion tous offices royaulx esté mis en la main du Roy et les dons d'iceulx révoquez.
Et tinst ledit Parlement maistre Eustace de Laitre, chancellier de France, et institua de nouvel, de par le Roy, à tenir ycellui Parlement les nommez es lettres royaulx sur ce faictes et enregistrées ou livre des OrdenancesS dont aucuns sont absens. Et firent les seremens acoustumez, après la lecture des ordenances touchans les Chambres du Parlement, des Enquestes et des Requestes du Palais, ceulx qui s'ensuivent; c'est assavoir : maistres Phelippe de Morvillier, premier président, messire Guy Ermenier, docteur en loys, maistre Jehan Rapiout, président, m. Guillaume de Saulx, m. Jehan Garitel, m. Gautier Ponce, m. Jehan Mengin, m. Estienne Joffi^on, m. Hugues de Ghassaigne, m. Raoul de Bery, clers en la Grant Chambre; m. Gaillart Petitsayne, m. Régnant du Mont Saint Eloy, m. Guillaume de Celsoy, m. Guillaume de Beze, m. Jehan Rommain, m. Gaucher Jayer, m. Estienne Basan, m. Pierre Tartier, m. Pierre
1. Les lettres en question, portant nomination des nouveaux officiers du Parlement, sont du 22 juillet; elles se trouvent au registre Croisé (X** 8603, fol. 30), et sont imprimées dans les Ordonnances y t. X, p. 459.
Le Ghoiiat, m. Jehan du Noyer, m. Laurens Durey, laiz d'icelle Grant Chambre ; m. Adam de Baudribost et Jaques Branlart, presidens en la Chambre des Enquestes, m. Guillaume de Gy, m. Phelippe de Ruiily, m. Berthelemin Hamelin, m. Hue de Dicy, m. Guillaume Cotin, m. Jehan de Vissac, m. Jehan François, m. Jehan de la Jaisse, m. Ancel de la Viezville, m. Jehan du Gard, m. Guillaume Le Breton, clers de ladicte Chambre; m. Jehan de la Marche, m. Jehan Vivian, m. Estienne des Portes, m. Jehan de Saint Rommain, m. Hue de Moreuil, m. Hugues Le Coq, m. Jehan de Voulton, m. Lucian du Croquet, m. Nicolas Surreau, m. Jehan Le Fer, m. Pierre Saiget, m. Jehan Sardon, m. Jehan Biseul, lais de ladicte Chambre des Enquestes; m. Robert Piedefer, président es Requestes du Palais, m. Symon Gudin, m. Phelippe Le Bègue, m. Pierre Le Jay, m. Jehan Forme, m. Jehan des Portes, conseilliers esdictes Requestes; m. Jehan du Boys, m. Jehan de la Perreuse, greffier des presentacions de Parlement, m. Jehan Milet, notaire, m. Jehan Aguenin, procureur gênerai, m. Pierre de Marigny, advocat du Roy, et m. Guillaume de Vaulx, clerc desdictes Requestes du Palais. Et, ce fait, ont esté les huys ou vers et leues les ordenances touchans advocas et procureurs et parties. Et à tenir l'onneur du siège ont assisté et esté m. Henry de Savoisy, arcevesque de Sens, Bernart de Chevenon, evesque de Beauvais, Tevesque de Lengres, Tevesque de Bayeux, le prince d'Orenge, messire Charles de Villars, Régnier Pot, Jaques de Vienne, Gautier de Ruppes et Jaques de Courtiamble, chevaliers. Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 139 v«.
Lundi, XXV® jour de juillet.
Recommença le Parlement et le tinst maistre Eustace de Laitre, chancellier de France, et les autres contenus ou livre du Conseil, et furent faizles seremens et leues les ordenances acoustumées.
Matinées, X (X*a4792), fol. 55.
Mardi, xxvj® jour de juillet, furent commencées les plaidoiries après ce que le Parlement a esté remis sus, qui, par certain temps, avoit vacqué.
La Court a commis Jehan Dauvillier à aler en Tostel maistre Guillaume Le Tur pour recouvrer plusieurs procès et exploiz de plusieurs personnes pour lesquelles il estoit chargié de plaidoier, et iceulx procès et exploiz baillier aux parties ou leurs procureurs à
qui ils appartiennent.
Matinées, X (X^» 4792), fol. 55.
Mardi, xxvj® jour de juillet.
Avant les plaidoieries , maistre Jehan Le Clerc, m. Jehan de Mailly, m. Pierre Cauchon, m. Thierry Le Roy, m. Philibert de Montjeu, m. Jehan Mercier, m. Estienne Grasset et m. Jehan Perron, créez de nouvel maistres des Requestes de l'Ostel du Roy par lettres royaulx, enregistrées ou livre des Ordenances S ont fait le serement acoustumé à cause desdis offices.
Mercredi, xxvij® jour de juillet.
Ce jour, a esté ordené que Tevesque de Paris com-
1. Les lettres portant institution de nouveaux maîtres des Requêtes de l'Hôtel sont du 22 juillet; elles figurent au livre Croisé (X*a8603, fol. 31), et se trouvent imprimées dans les Ordonnances, t. X, p. 461.
mettra vices suas k certains conseilliers royaulx ou autres clers à cognoistre et faire les procès des prisonniers clers qui sont et seront emprisonnez pour cas touchans crime de leze majesté et autres préjudiciables à la chose publique; ce que ledit evesque a octroyé. Et lui ont esté nommez frère Estienne du Mesnilfouchart^, menistre de Saint Mathurin à Paris, maistres Pierre Gauchon, G. de Gy, Jehan de Vissac et G. Le Breton, ausquelx il a baillé sa commission. Conseil, XIV (Xi* 1480), fol. 140.
Venredi, xxix® jour de juillet.
Ce jour, toutes les lettres ou procès qui ont esté trouvez en Tostel de maistre Guillaume Le Tur, nagaires advocat du Roy, par maistre Jehan Ghoart, lieutenant du prevost de Paris, Guillaume du Buymont et Colin Du Ru, huissiers de Parlement, ont esté portez par Tordenance de la Court dudit Parlement en Tostel de maistre Jehan Aguenin, procureur gênerai
du Roy.
Matinées, X (Xia4792], fol. 57.
Mercredi, tiers jour d'aoust.
La Court a donné congié à maistre Guillaume Quintin, procureur céans, en laissant substitut, pour aler ycellui Quintin, avec messire Jehan Le Bigot, chevalier, es marches de Bretaigne, jusques à un mois.
Ce jour, furent au Conseil maistre Eustace de Laistre, chancellier de France, m. Phehppe de Mor-
1. Etienne du Mesnil-Fouchart plaidait, en mai 1416, contre Pierre Chaudote, avec Jean de Troyes, qui fut admis à tenir le chapitre de l'ordre de la Trinité (X*» 1480, fol. 56 v<>).
villier, premier président, les evesques d'Arras, de Bayeux et de Therouenne, m. J. Le Clerc, m. P. Gauchon, m. J. Mercier, m. Estienne Grasset, maistres des Requestes de TOstel, m. G. de Saulx, m. A. de Baudribos, m. G. de Celsoy, m. Estienne Joffron, m. Jaques Branlart, m. Jehan de la Marche, m. Phelippe de Ruilly, m. Estienne des Portes, m. J. de Saint -Rommain, m, G. Cotin, m. B. Hamelin, m. Gaillart Petitsayne, m. J. Garitel, m. G. Ponce, m. R. Piedefer, m. H. Le Coq, m. P. Le Jay, m. G. Jayer, m. J. Mengin, m. J. Rommain, m. J. du Noyer, m. Regnaut du Mont-Saint-Eloy, m. Hue de Dicy, m. Lucian du Croquet, m. J. François, m. J. Le Fer, m. Raoul de Bery, m. P. Chouat, m. P. Tartier, m. J. Forme, m. J. des Portes, m. J. de la Jaisse, m. P. de Neauville, m. J. Biseul, m. Ansel de la Viezville, m. Estienne Bazan, m. R. Le Jeune, sur une requeste que recita ledit Chancellier faicte de par le Pape et lescardinaulx, afin de révoquer l'ordenance faicte en mars derrain passé sur la réduction de l'Eglise de France et du Daulphiné de Viennois à ses anciennes libertez ; et, finablement, a esté dit et conclut que le procureur du Roy verra les besoignes touchans la matière, et après les verront les evesques d'Arras et de Bayeux, maistre Adam de Baudribos et maistre Robert Piedefer ; et puis sera debatue y celle matière hinc inde et ordené sur ce ainsi qu'il appartendra. Conseil, XIV (Xia 1480), fol. 140 v^.
Vendredi, iiij® jour d'aoust.
Ce jour, messire Robert de Mailly^ chevalier, a fait
1. Robert de Mailly, dit Robinet, chevalier, attaché au parti I 10
le serenient de Grand Pannetier de France ou lieu du sire de Gra ville ^ et après ce, le procureur du Roy lui a signifié en la Court certaines ordenances royaulx, que il ne contraigne ne exige des boulengiers de ce royaume conime aucuns ses prédécesseurs, et que se il le faisoit, que il soit contraint à cesser par detencion de prison, se mestier est.
Matinées, X (X*» 4792), fol. 61.
Mardi, ix^ jour d'aoust.
Ce jour, la Court a donné congié à maistre Estienne Basan, conseillier du Roy céans, pour aler veoir sa femme, qu'il disoit estre fort malade ou païs de Bourgongne.
Vendredi, xij^ jour d'aoust.
Ce jour, par lettres royaux a esté translaté de la Chambre de Parlement en la Chambre des Enquestes maistre Laurens Durey, conseillier du Roy, qui mesme ce a requis.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 141 v°.
Mercredi, xvij® jour d'aoust.
Ce jour, ont esté receus maistre Quentin Massue en office de conseillier lay en la Grant Chambre de
de Jean-sans-Peur, avait été banni de Paris en 1412 ; il y rentra en 1418, à la suite du sire de l'Isle-Adam, et fut nommé d'abord grand panetier, puis membre du Grand Conseil le 1®*^ septembre 1418. Le passage relatif à la signification d'ordonnances royaux qui lui fut faite par le procureur du Roi se trouve rapporté dans le P. Anselme [Histoire généalogique de la maison de France, t. VIII, p. 624).
1. Jean Malet, cinquième du nom, sire de Graville et de Marcoussis, avait été nommé grand panetier de France en 1413.
céans, maistre Robert Agode en office de conseillier clerc en la Chambre des Enquestes, et ont fait le serennent acoustumé.
Ce mesmes jour, ont esté receuz et fait le serement d'office d'uissiers de céans ^ Jehan DauvilHer, Pierre Belle, Adam des Vignes, Colart Du Ru, Denis des Gués, Jaquet de Cremery, Jaquet Rat, Gervais de Vuke et JofFroy de Molins. Et a esté dit et ordené que ledit Jaquet Rat aura l'office de portier de la grant porte du Palais.
Ce jour, je. Clément de Fauquembergue, ay esté receu en l'office de greffier civil, et ay fait le serement comme autresfois en la manière acoustumée.
Jeudi, xviij® jour d'aoust.
Maistre Giles des Champs a esté receu en conseillier lay de la Grant Chambre de céans et a fait le serement acoustumé.
Ce jour, maistre Claude Richete a esté receu en conseillier clerc en la Chambre des Enquestes et a fait le serement acoustumé.
Ce jour, messire Charles de Lens a esté receu en office de admirai, ou lieu de messire Robert de Braquemont, et a fait le serement acoustumé.
Vendredi, xix* jour d'aoust.
Maistres Jehan de Clugny, J. Brillot et J. Julian ont .esté receuz en conseilliers clers, et maistre Guillaume
1. Ces nouveaux huissiers du Parlement avaient été institués par lettres du 4 août, insérées au volume des Ordonnances (Xia 8603, fol. 35) et imprimées dans le recueil des Ordonnances des rois de France, t. X, p. 464.
Aymery en conseillier lay en la Chambre des Enquestes, et ont fait les seremens acoustunnés.
Ce jour, monseigneur le Chancelier vint en la Chambre de Parlement et y fist assembler les presidens et conseilliers des Enquestes et des Requestes du Palais pour eslire ung président en la Chambre desdictes Enquestes ou lieu de feu maistre Adam de Baudrisboc^ Et, pour ce que aucuns disoient et vouloient maintenir que, par certaines ordonnances autresfoiz faictes, on devoit mettre en ladicte Chambre des Enquestes ung président lay avec le président clerc, et que autresfoiz ainsi avoit esté fait, les autres disoient au contraire que ung lay n'estoit pas eligible en président de ladicte Chambre des Enquestes, mais dévoient estre clers les deux presidens d'icelle Chambre, et que ainsi avoit esté gardé et observé de tout temps, eciam a primeva institucione Parlamenti, monseigneur le Chancelier mist en deliberacion et demanda Tadvis et opinion des dessusdis presidens et conseilliers, pour savoir se on pourroit et devroit
1. Adam de Baudribosc, d'origine normande, était, depuis le 29 janvier 1415, président de la Chambre des Enquêtes, et, en outre, chanoine de Rouen et de Bayeux. Il siégeait encore le 3 août 1418; à cette date, il avait été chargé d'examiner, de concert avec les évêques d'Arras et de Bayeux et Robert Piédefer, une requête du Pape et des cardinaux tendant à l'abrogation de l'ordonnance de mars 1418, qui avait restitué à l'Eglise de France ses anciennes libertés, mais il mourut peu de jours après. Son testament, en date du 10 août 1418, est publié dans notre Recueil de testaments enregistrés au Parle^ ment de Paris sous le règne de Charles VI, p. 349. Le 26 août, Etiennot de Baudribosc, frère et exécuteur testamentaire du président, soumit au Parlement l'exécution du testament (Arch. nat., X*a9807, fol. 22).
mettre ung lay ou lieu dudit feu de Baudrisboc, et se ung lay estoit eligible en président de ladicte Chambre des Enquestes. Et finablement fu conclu et dit que on ne mettroit ne devoit mettre ung lay ou lieu dudit feu de Baudriboc et que les deux presidens de ladicte Chambre des Enquestes dévoient estre et seroient clers. Et ne procédèrent pour lors en oultre à l'élection dudit président, mais fu la chose continuée jusques à lendemain.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 142.
Samedi, xx® jour d'aoust.
Ce jour, monseigneur le Chancelier vint en la Chambre de Parlement et y fist appeller et assembler les presidens et conseilliers des Requestes de l'Ostel, de la Chambre des Enquestes et des Requestes du Palais, pour eslire ung président clerc en ladicte Chambre des Enquestes ou lieu de feu monseigneur maistreAdam de Baudrisboc. Ou lieu duquel fu esleu maistre Jehan Vivian, conseillier lay en ladicte Chambre des Enquestes, pourveu qu'il laisseroit le lieu de conseillier lay et auroit lieu de clerc. Et en la présence des dessusdis, monseigneur le Chancelier publia ladicte élection faicte en scrutine, dont ledit Vivian les remercia, et après aucunes excusacions par lui proposées, par le commandement de monseigneur le Chancelier et autres, accepta ledit office de président clerc en la Chambre des Enquestes, et ot agréable ladicte élection en la forme et manière dessusdictes.
Ce jour, environ dix heures de nuyt, s'esleva grant nombre des gens du menu peuple de Paris armez, qui murmuroient, si comme on disoit, de ce que ou Chas-
tellet, et ailleurs à Paris, avoit pluiseurs prisonniers, lesquelz ilz disoient avoir esté favorisans au feu conte d'Armaignac et avoir esté coulpables et consentans du mauvais gouvernement qui avoit esté en ce royaume et de la desolacion d'icellui, et que les aucuns d'iceulz prisonniers avoient esté consentans d'aucunes dampnables conspiracions et consultacions qui avoient esté faictes à Paris et ailleurs, lesquelz on ne punissoit point, et que les aucuns, par faveur ou autrement, avoient esté délivrez, les autres eslargis, et les autres demouroient prisonniers sans en faire justice telle qu'il appartenoit. Et murmuroient très fort en disant lesdictes parolles ou semblables, et vouloient, si comme on disoit, noter ou chargier sans cause les gens de la justice de négligence ou de corruption, d'ignorance ou de dissimulacion. Pour quoy ou autrement les dessusdiz, assemblez en grant nombre, alerent celle nuyt ou Grant Ghastellet et ou Petit et rompirent à force toutes les prisons, tuèrent et firent mourir tous ceulz qui estoient prisonniers pour avoir favorisié ledit d'Armaignac, exeptez aucuns qui eschaperent d'aventure ou autrement à l'ayde de ceulz qui estoient presens. Et dura ledit murmure et commocion toute la nuyt et le jour ensuivant, et sercherent les dessusdiz en pluiseurs lieuz et places à Paris pour destruire et faire mourir aucuns qui avoient favorisié ledit d'Armaignac. Et disoient les dessusdiz, ainsi assemblez que dit est, que ilz ne se desisteroient ou departiroient de leur entreprise jusques à ce que on leur eust baillié et délivré certain nombre de prisonniers que on avoit retrait en la bastide Saint-Antlioine, lesquelz on avoit depuis
[1418] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 15i
transportez ou chastel du Bois de Vinciennes pour les garder et deffendre du péril de ladicte commocion ou autres semblables. Et finablement pour apaisier les dessusdis et pour éviter plus grans perilz^ furent lesdiz prisonniers jusques au nombre de viij ou neuf personnes, bailliez et livrez es mains desdictes gens armez, parmy ce qu'ilz firent serement et promirent de les amener et conduire seurement et de lez mettre en main de justice ou du prevost de Paris sans les navrer ne tuer. Desquelz prisonniers les aucuns, c'est assavoir : messire Enguerran de Marcoignet' et messire Hector de Chartres, chevaliers, et Jehan Tarenne, bourgois de Paris, et autres furent amenez dedens le Petit Ghastellet et sans longue demeure furent par lesdictes gens armez tuez et mis à mort. Mais messire Jaquelin Trousseau et messire Ja. de Montmor^, chevaliers, à Tayde et intercession d'aucuns de leur congnoissance , par leur bon rapport, furent garantiz dudit péril et commocion à très grant difficulté. Durant laquelle assemblée ou commo-
1. Enguerrand de Marcoignet, premier écuyer d'écurie du duc d'Orléans, puis chambellan de Charles VI, Hector de Chartres, maître de l'hôtel du Roi, père de l'archevêque de Reims, « vieils et anciens chevaliers et prudhommes, » Jean Taranne, riche changeur, Charles Poupart, argentier du Roi, figurent, en effet, parmi les victimes de la journée du 20 août. Voy. les notes consacrées à ces personnages dans le Journal cTun bourgeois de Paris, p. 109.
2. Jacques de Montmaur, que nous trouvons en 1416 en procès pour l'office de maître des Eaux et forêts de Champagne et de Brie (Journal de Nicolas de Baye), et que le Religieux de Saint-Denis (t. VI, p. 265) appelle Morellet de Montmaur, fut, paraît-il, sauvé, grâce à l'intervention personnelle du duc de Bourgogne.
cion furent esdictes prisons et ailleurs à Paris tuez et mis à nfiort environ de iiij" à cent personnes, entre lesquelles il y ot trois ou quatre femmes tueez^, si comme on disoit. Dont les gens de justice du Conseil du Roy et de monseigneur de Bourgongne^ et les notables bourgois de Paris furent moult courouciez et desplaisans de ladicte commocion et de tout ce qui en estoit advenu, et, pour y pourveoir, furent faiz les seremens, de quibus infra in registre penultime diei hujus mensis^.
Conseil, XIV (X^a 1480), fol. 142 vo.
Lundi, xxij® jour d'aoust.
Furent au Conseil maistres Phelippe de Morvillier et J. Rapiout, presidens, et pluiseurs autres des conseillers de la Court, lesquelz se départirent assez tost du Palais pour eulx retraire en leurs hostelz, pour ce que pluiseurs gens se armoient et aloient armez par la ville de Paris, et doubtoit on qu'il n'y eust aucune commocion périlleuse ou peuple de Paris. Mais ladicte armée estoit faicte, si comme on disoit, pour ce que
1. Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 110, à la date du 22 août, dit que « aucunes femmes furent tuées et mises sur les carreaulx sans robbe, que de leurs chemises, entre lesquelles femmes le bourreau tua une femme grosse qui, en ce cas, n'avoit aucune coulpe. »
2. D'après les Mémoires de Pierre de Fenin, p. 97, en présence de l'agitation populaire, « le duc Jehan se couroucha à aucuns des plus grans, et leur dist qu'il leur feroit leurs testes coper, s'ilz faisoient plus ainsi, et pour ce furent rapaisiés. »
3. Le paragraphe relatif aux massacres commis du 20 au 21 août est rapporté par D. Félibien [Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 569). Cf. le récit donné par le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 106-108.
on avoit rapporté que les gens d'armes de la garnison de Meaulz et de Melun, et autres favorisans et conduisans les entreprises du feu conte d'Arraaignac, estoient en grant nombre devant et près des portes de Paris, dont il n'estoit riens. De l'assemblée dessusdicte, les aucuns alerent ou chastel du Louvre pour prendre et avoir trois ou quatre prisonniers, entre lesquelz estoit maistre Charles Culdoe^, qui fu amené ou Chastellet et baillié au lieutenant du prevost de Paris, qui vix pro tune vivus evasit.
Ce jour, la Court manda les lieutenans du prevost de Paris et le procureur du Roy ou Chastellet 2, et y vint maistre Hugues Rapiout, lieutenant civil, et ledit procureur du Roy, ausquelz maistre Phelippe de Morvillier, premier président, de par ladicte Court remonstra les inconveniens et esclandes avenuz à Paris les jours prouchain precedens, et les perilz qui s'en povoient ensuir, la grant desplaisance que les nobles et gens du Conseil du Roy et de monsegneur de Bourgongne, et mesmement mondit segneur de Bourgongne, et les gens de ladicte Court de Parlement et autres notables gens et bourgois de Paris en avoient, en leur remonstrant aussi la grant charge dont les gens du menu peuple de Paris les vouloient chargier et noter, et aussi les autres commissaires
1. D'après le Religieux de Saint-Denis (t. VI, p. 266), Charles Culdoe, bourgeois notable, ancien prévôt des marchands, aurait été sauvé de la fureur populaire par Capeluche, chef des massacreurs, qui le prit en croupe sur son cheval et le conduisit de la porte Saint-Antoine au Châtelet.
2. Le greffier a mis en marge la rubrique suivante : Diligentia Curie pro resistendo ejfractoribus carcerum.
députez sur le fait des prisonniers, lesquelz lieutenans et commissaires lesdictes gens du peuple avoient voulu noter, sans cause, de ignorance, de négligence ou de corruption. Et leur enjoint et commanda ledit président de par la Court qu'ilz voulsissent sur ce pourveoir telement que au cas appartenoit et que aucun inconvénient désormais n'en peust ensuir, autrement que la Court y pourverroit de son povoir, ainsi qu'il appartendroit, car le gouvernement de ce royaume ne d'autre seignorie ne se puet bonnement ne longuement conduire ne entretenir que par justice, si comme disoit plus à plain ledit président en effect. Sur quoy ledit lieutenant civil donna response et excusacions pour lui et lesdiz officiers de Chastellet, en soy offrant à faire de son povoir ce que à lui appartenoit à cause de sadicte lieutenance, c'est assavoir, à l'expedicion des causes civiles, xxvj'' die hujus mensis et sequentihus, facta est justitia et punitio de effractoribus carceriim et conspiratoribus .
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 143.
Mardi, xxiij® jour d'aoust.
Ce jour, maistres Guillaume de Saulz et Ja. Branlard, conseilliers du Roy, firent requeste à la Court, afin que, non obstans certaines inhibitions et deffenses à eulz faictes de non dire ou proposer en jugement aucunes exepcions ou deffenses pour elider l'effect de la bulle et procès faiz sur les nominacions octroyées au Roy par le Pape Jehan xxiij*, ilz peussent, et touz autres à qui il appartendroit, proposer leurs bonnes raisons et deffenses à l'encontre de ceulz qui se vouldroient aidier de la bulle, procès et nominacions des-
susdis, et que les lettres royaulx, par vertu desquelles lesdictes inhibicions et défenses avoient esté faictes, feussent révoquées et mises au néant comme inciviles et desraisonnables, ou que autrement la Court voulsist sur ce pourveoir, ainsi qu'il appartendroit. Sur laquelle requeste la Court ordonna que lesdictes lettres royaulx seroient monstrées et baillées au procureur du Roy pour impugner et debatre en jugement lesdictes lettres, requérir et dire sur ce que dit est ce que bon lui semblera, appeliez ceulz que on saura avoir fait faire lesdictes defïenses, et qui se sont aidiez desdictes lettres royaulz, pour ycelles soustenir, et dire sur ce que dit est ce qu'ilz vouldront.
Conseil, XIV (X^» 1480), fol. 143 v«.
Venredi, xxvj® jour d'aoust.
Avant les plaidoieries , maistre Jehan Forme fu esleu et receu à l'office de conseillier lay en la Chambre des Enquestes, ou Ueu de maistre Jehan Vivian, président clerc en ladicte Chambre, et maistre Jehan Porchier, esleu et receu à l'office de conseillier lay en la Chambre des Requestes du Palais, ou lieu dudit maistre Jehan Forme, et ont fait les seremens acoustumés.
Ce jour, ung nonimé Capeluche et deux autres qui avoient esté des plus principaulz conspirateurs et aucteurs de la commocion et maléfices commis et perpétrez en la ville de Paris, dont dessus est faicte mencion ou registre du xx® jour de ce mois et es jours ensuivans, par la sentence et jugement du prevost de Paris, furent condempnez à mort et furent
décapitez^ et eurent chascun d'eulz ung poing copé es Halles de Paris, et leurs corps mis au gibet. Et y ot pour occasion de ladicte exécution de justice pluiseurs gens d'armes et bourgois de Paris armez avec gens de trait assemblez es quarrefours et lieux convenables pour garder que aucune commocion ne fust faicte pour empeschier ladicte execucion^.
Samedi, xxvij® jour d'aoust.
Ce jour, la Court députa aucuns des conseilliers d'ycelle Court pour aler avec les presidens par devers monseigneur le Chancelier, afin que aucune chose ne feust faicte ou préjudice des anciennes franchises et libertés de l'Eglise de France et Dauphiné de Vien-
1. La plupart des chroniqueurs s'accordent à dire que Capeluche fut exécuté par ordre du duc de Bourgogne. Voici ce que la Chronique de Jean Raoulet rapporte à ce sujet : « Tellement fut la ville gouvernée par ces moyens que le bourreau nommé Capeluche en fut capitaine pour aucuns jours, ou cartier des Halles, et fut en si grant autorité avec un autre satellite, nommé Caboche, qu'il appeloit le duc de Bourgongne son beau frère. Auquel Capeluche le duc de Bourgongne fist assez tost après copper la teste. » Le Religieux de Saint-Denis (t. VI, p. 267) se borne à nous apprendre que le Roi le condamna à mort, ainsi que deux de ses principaux complices (qui ne sont pas désignés). Le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 110, nous a laissé un récit très pittoresque de son exécution ; il nous montre Capeluche instruisant le bourreau de la façon de procéder. Juvénal des Ursins (p. 543) ajoute que le duc de Bourgogne lui fit couper la tête, parce qu'il lui avait « baillé sa main, non cuidant qu'il fust bourreau. »
2. Le récit de l'exécution de Capeluche a été reproduit par D. Félibien [Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 570).
nois, et que aucunes lettres n'en feussent passées ou scellées sans oir le procureur du Roy, qui de ce a voit fait requeste à la Court.
Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 144.
Mardi, xxx® jour d'aoust.
Maistre Jehan de la Rivière fu receu en office de conseiller clerc en la Chambre des Enquestes, in ordine, et ou lieu qui avoit esté assigné à maistre Nicole de Saint-Helier, ex ordinacione Curie, et a fait le serement acoustumé. Ce jour, maistre Robert de Saulz a esté receu en office de conseillier clerc en ladicte Chambre des Enquestes et a fait le serement acoustumé.
Ce jour et les jours ensuivans, les bourgois de Paris et chiefs d'ostel ont fait serement en la présence de monseigneur de Bourgongne de aidier et conforter le Roy et sa justice, de servir le Roy loyaument et obéir et de résister, obvier et empeschier de leur povoir que aucunes conspiracions ou commocions, telles ou autres semblables que faictes avoient esté à Paris le xij® jour de juing et le xx® jour de ce moys, ne feussent faictes, ou autres assembléez dampnables sans auctorité du Roy et de sa justice, et de révéler toutes conspiracions ou entreprinses au contraire, et de assister en ce audit de Bourgongne pour maintenir, garder et entretenir la justice du Roy, la paix et transquilité de ce royaume et de la bonne ville de Paris. Et semblablement monseigneur de Bourgongne fist serement pareil de servir loyaument le Roy et obéir à lui, de aidier et conforter sa justice, de faire et assister avec les bourgois de Paris en ce que dit est pareillement, comme juré
l'avoient. Lesquelz de Bourgongne et bourgois avoient esté et estoient moult desplaisans de ce qui estoit nagaires avenu à Paris durant lesdictes commocions es jours dessusdiz par le fait et entreprinse du mena peuple de Paris, à l'entreprinse desquelz ledit duc de Bourgongne de tout son povoir eust résisté, s'il n'eust doubté que les bourgois eussent esté consentans desdictes entreprinses, jà soit ce qu'il eust pour lors avec lui à Paris petit nombre de gens d'armes. Pareillement lesdis bourgois doubtoient que mondit seigneur de Bourgongne ne fust consentant d'icelles entreprinses, et par ce délaissèrent à y remédier ou résister jusques à ce que par l'ordonnance des gens du Conseil du Roy on fist widier de Paris au iij® jour lesdictes gens du menu peuple de Paris pour aler en la compaignie de certain nombre de gens d'armes au siège de Mont[le]hery^ par quoy lesdictes commocions furent apaisées pour lors en la ville de Paris, lesquelles avoient esté faictes sans le sçeu, adveu ou consentement de monseigneur de Bourgongne ne des bourgois et gens notables de la ville de Paris ^, mais estoient faictes par le fait et
1. Le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 111) semble admettre que l'expédition des Parisiens fut volontaire ; « la commune de Paris », rapporte-t-il, « s'esmut, et allèrent devant Montlehery » pour mettre un terme aux déprédations des Armagnacs; mais les autres chroniqueurs, tels que le Religieux de Saint-Denis (t. Vï, p. 267), Cousinot, dans sa Geste des nobles (p. 173), et Monstrelet (t. III, p. 291) s'accordent à dire que les émeutiers parisiens, au nombre de plusieurs milliers, furent emmenés par Louis de Berghes, seigneur de Cohen, Gautier de Ruppes, capitaines bourguignons, et Gaucher Raillart, chevalier du guet.