‹ Journal de Clément de Fauquembergue, graffier du Parlement de Paris, 1417-1435Chapitre 28 sur 40 · Juvenal des Ursins (p. 549) rapporte que le Roi « vint le · texte numérisé non relu

Juvenal des Ursins (p. 549) rapporte que le Roi « vint le

f1419] DE CLÉMENT DE FAUQUEMBERGUE. 299

lendemain à Pontoise, en intencion de estre et comparoir le penultime jour de ce mois et es jours ensuivans à Meurlent et ou lieu ouquel dévoient assembler les François et les Anglois pour entendre aux traictiez de paix et des mariages autresfois pourparlez entre les ambassadeurs du Roy, d'une part, et les ambassadeurs desdis Anglois, d'autre part^.

Dimenche, xxviij® jour de may. Furent publiéez à Paris les lettres faictes et accordées sur l'abstinence de guerre d'entre les gens qui se disoient de l'adveu du Roy et du duc de Rourgoingne estant en la compaignie du Roy, d'une part, et les gens qui se disoient estre au Roy et à monsegneur le Dauphin estant hors de la compaignie du Roy.

Lundi, xxix® jour de may.

Maistre Phelippe de Morvillier, premier président, m. Ja. Branlard, m. Phelippe de Rully, m. Hue de Dicy, m. G. Cotin et pluiseurs autres, par l'ordonnance du

samedy au giste au Bois de Vincennes, et le dimanche avec toute sa compaignie à Pontoise, » où il resta, étant retombé malade. Les ambassadeurs du roi d'Angleterre, notamment l'archevêque de Cantorbéry et le comte de Warvick, avaient fait choix, le 9 mai 1419, du lieu de l'entrevue, le champ dit de La Chat, entre Meulan et Mézy, où furent dressées les tentes des deux partis et où se rencontrèrent pour la première fois, le 29 mai, la reine Isabeau, sa fille Catherine, le duc de Bourgogne et le roi d'Angleterre (cf. Monstrelet, t. III, p. 319, et Mémoires de P. de Fenin, éd. de M"« Dupont, p. 107).

1. Ce paragraphe a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 579, et par Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles F/, t. I, p. 402.

Roy, partirent de Paris pour aler par devers luy, qui s'estoit parti de Provins pour aler à Meurlent pour les causes dessus declairées sur le registre des jours precedens.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 186 v°.

Mecredi, xxxj® jour de may.

Ce jour, maistre Jaques Branlart, président en la Chambre des Enquestes, fist relacion en la Chambre de Parlement de ce qu'il avoit fait et besoingnié par devers monsegneur le Dauphin et les gens de son Conseil, en l'ambassade à lui et à Pierre Le Voyer, eschevin de Paris, enchargée par le Roy, touchant principalment l'efFect des lettres de l'abstinence de guerre publiéez le xxviij® jour de ce moys.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 186 v^.

Jeudi (xv^ jour de juin), feste du Saint Sacrement, Curia vacat.

Lendemain, y ot processions générales de l'église de Paris à l'église Saint-Martin-des-Champs , lesquelles processions avoient esté ordonnées estre faictes pour le salut et prospérité du Roy et de ce royaume et pour la paix et union d'icellui. Hac die, Curia vacavit.

Samedi, xvij^ jour de juin.

Ce jour, la Court a ordonné et consenti que maistre Jehan Rommain, conseillier de Parlement, puist prendre et avoir ses gaiges de conseillier sans venir céans, durant sa maladie.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 187 vo.

Venredi, xxiif jour de juin.

Furent assemblez au Conseil en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement pour délibérer sur ce que l'Université de Paris requeroit ou regard de la publicacion de certaines lettres royaux touchans la confirmacion de leurs privilèges ^ Et, pour ce que lesdictes lettres n'estoient en forme deue et que la publicacion d'icelles pour lors pourroit susciter commocion, esclande ou dommage en la ville de Paris, furent aucuns de la Court députez pour assembler après disner en ladicte Chambre de Parlement et conférer avec le recteur et députés de ladicte Université sur ceste matière et pour leur remonstrer sur ce Tadvis desdis conseiUiers, afin de faire surseoir ladicte publicacion. Et assemblèrent, ainsi que dit est, mais lesdis de l'Université ne furent mie contenz. Et lendemain retournèrent en ladicte Chambre de Parlement, où estoient assemblez les presidens et conseilliers dessusdis, et en persévérant requirent très instaument que leursdictes lettres

1. L'Université de Paris avait écrit au Roi pour demander la confirmation de ses privilèges et pour se plaindre de ce que ses suppôts étaient « si grandement travailliez, » que l'Université était en voie « d'estre du tout dissipée et désolée, » comme l'exposeraient de vive voix ses délégués, Pierre-aux- Bœufs, docteur en théologie, et Pierre de la Loge, docteur en décret (cf. le P. H. Denifle, Chartularium Universitads Parisiensis, t. IV, p. 366). A la suite de ces réclamations, Charles VI, par lettres données à Pontoise le 12 juin 1419, confirma aux maîtres et suppôts de l'Université l'exemption de tous impôts, guets et chevauchées, qui leur avait été accordée en 1418. Le texte de ces lettres se trouve aux Ordonnances , t. X, p. 6.

feussent publiéez, aliàs, selon la deliberacion de l'Université, disoient qu'ilz cesseroient cum intimacione cessacionum. Et neantmoins lesdictes lettres ne furent point publiéez, pour ce qu'elles n'estoient uiie in forma débita, et si eust esté la publicacion d'icelles périlleuse et préjudiciable, et retint la Court les lettres de ladicte confirmacion, lesquelles n'estoient mie deument faictes, afin que lesdis de l'Université ou temps à venir contre raison ne s'en peussent aidier^

Conseil, XIV (Xi* 1480), fol. 188.

Samedi, xxiiij® jour de juin.

Furent, comme dit est, assemblez en la Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des trois Chambres de Parlement pour délibérer sur ce que dit [est] ou registre du jour précèdent sur la publicacion des lettres de l'Université. Sur quoy fu advisé et conclu que lettres de la confirmacion de leurs privilèges seroient faictes en forme deue, en termes generaulz, qui seroient publiéez, se mestier estoit, pour contenter et apaisier lesdis de l'Université, et que on pourverroit et feroit pourveoir aux cas particuliers, se on trouvoit aucunes entreprinses estre faictes ou préjudice de leurs privilèges. Et fu dit sur ce aux députez de l'Université que ceste matière touchoit les prevost des marchans et eschevins de Paris et le procureur du Roy, qui avoient auJresfois requis d'estre oys sur ce, et que la Court les manderoit et orroit ce que vouldroient dire, pour les mettre touz ensemble en accord

1. Cette délibération du Parlement est imprimée dans Du Boulay, Hist. Univ. Parisiensis, t. V, p. 341.

et union, et pourveoir sur tout, ainsi qu'il appartendroit^ Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 188.

Venredi, xxx^ jour de juin.

Ce jour, furent assemblez en la Grant Chambre de Parlement les presidens et conseilliers des Enquestes, et y survindrent le recteur^ et députez de l'Université de Paris, d'une part, requerans la redicion, publicacion et entérinement de certaines lettres royaux en forme de cliartre, confirmatoires de leurs privilèges, et les prevost des marchans, eschevins, procureur et pluiseurs autres officiers bourgois de la ville de Paris, qui s'opposèrent à ladicte requeste de l'Université, recteur et députez d'icelle, mesmement en tant que ladicte requeste estoit préjudiciable au Roy et à ladicte ville de Paris, et, en oultre, lesdis prevost et eschevins requirent l'adjunction du procureur du Roy en ceste partie et demandèrent distribucion de Conseil. Et, neantmoins, lesdis recteur et députez recjuirent comme dessus, disans que leur intencion n'estoit point de plaidier de ceste matière en la Court de céans, ausquelz fu respondu par ledit de Longueil, président, que, obstant ladicte opposicion et considéré ce que autresfois avoit esté advisé en ladicte Court par les gens du Conseil du Roy, on ne povoit faire la requeste

1. Ce paragraphe a été reproduit par Du Boulay, Hist. Univ. Parisiensis, t. V, p. 341.

2. Jean L'Archer, clerc du diocèse d'Autun, maître es arts et en théologie, était recteur depuis le 23 juin, il fut reçu licencié en théologie le 3 mars 1424; le 7 décembre suivant, il vint, au nom de l'Université, au Parlement demander l'expédition des lettres de Charles VI qui n'avaient pas été enregistrées. Voir à cette date.

desdis recteur et députez sans oïr partie. Et, pour ce, la Court fist commandement à maistres G. Intrant et J. Luillier, advocas, qu*ilz fussent au conseil desdis prevost et eschevins. Et, neantmoins, de rechief lesdis de FUniversité dirent qu'ilz ne plaideroient point céans de ceste matière, ausquelz le prevost de Paris, lors présent en ladicte Chambre de Parlement, se ofFry, comme conservateur desdis privilèges, de reparer et faire reparer tout ce qui auroit esté fait ou altempté contre yceulx privilèges, en requérant lesdictes parties que, sans préjudice, voulsissent tenir ceste besoingne en surseance jusques à mardi prouchain venant, en espérance de traictié^

Conseil, XIV (Xi^ 1480), fol. 188.

Lundi, iij® jour de jullet.

Avant les plaidoiries furent au Conseil m. J. de Longueil, président, m. E. Joffron, m. E. des Portes, m. Gil. des Champs et pluiseurs autres, par lesquelz fu octroyé que maistre Gautier Ponce, conseillier de céans, lequel, par Tordonnance et congié de la Court, passé demy an, s'estoit parti de Paris pour aler au pais, où il avoit esté continuelment depuis, et encores y estoit, auroit lettre de ses privilèges en forme de signifîcamus, comme se présent eust esté continuelment en la Court résident, pour ce mesmement qu'il avoit gaiges à vie et s'estoit party du congié de la Court, comme dit est^.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 188 V.

1. Cette délibération se trouve reproduite dans Du Boulay, Hist. Univ. Parisiensisy t. V, p. 342.

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