‹ Journal de Clément de Fauquembergue, graffier du Parlement de Paris, 1417-1435Chapitre 29 sur 40 · A la marge se trouve cette rubrique : « De littera privi · texte numérisé non relu

A la marge se trouve cette rubrique : « De littera privi

Ce jour, la Court a donné congié à Jehan Paris, procureur, jusques à ung mois, en laissant substitut.

Matinées, X (Xi»4792), fol. 143 v°.

Mardi, iiij* jour de juilet.

Les recteur et députés de l'Université de Paris vindrent en la Chambre de Parlement pour faire certaines requestes. Et requirent premièrement que certaines lettres royaux en forme de chartre, qu'ilz dient estre confîrmatoires de leurs privilèges, feussent publiées, et que, après publicacion, leur feussent restituées par la Court, en protestant que, pour opposicions ou appellaclons faictes ou à faire pour occasion de leurs privilèges dessusdis, ilz n'entendoient à plaidier ou entrer céans en procès; et disoient oultre qu ilz n'avoient mie aggreables les cedules ou minutes des lettres confîrmatoires advisées par aucuns du Conseil du Roy, à eulz monstrées, pour ce que lesdictes lettres estoient en termes trop generaulz, en requérant que la Court voulsist sur ce briefment pourveoir et faire response convenable. Ausquelz, par ycelle Court, fu jour assigné à lendemain pour assembler les presidens et conseilliers des trois Chambres dudit Parlement pour délibérer et faire response

sur ce^

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 188 v^

legiorum, concessa absenti in forma qua presentibus conceditur. »

1. Cet extrait a été, comme les précédents, imprimé par Du Boulay, Hist. Univ. Parisiensis , t. V, p. 342.

Venredi, vij® jour de juillet.

Ce jour, parti de Pontoise le duc de Bourgoingne pour venir devers monsegneur le Dauphin à GorbueiM.

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 189.

Mecredi, xïf jour de juUet.

Ce jour, vindrent à Paris certaines nouvelles du traictié fait entre monsegneur le Dauphin et le duc de Bourgoingne sur l'apaisement des debas et divisions de ce royaume, dont les habitans de Paris furent touz resjouys; et, incontinent après ces nouvelles oyes, on fîst sonner les cloches es églises de Paris et chanter Te Deum laudamus en signe de très grant joye et liesse, et ad laudem Dei, et furent faiz feux à Paris par les rues^.

Jeudi, xuy jour de jullet.

Y ot processions générales de Teglise Nostre-Dame à l'église Saint-Katherine-du-Val-des-Escoliers, les-

1. D'après E. Petit, Itinéraire des ducs de Bourgogne^ p. 449, Jean-sans-Peur, ce jour, « vint disner au pont de Charenton, souper et gister à Corbeil, » y passa la journée du samedi, durant laquelle il vint trouver le Dauphin, « luy parler et besoigner à luy prez Poillez-lez-Melun » (Pouilly-le-Fort, Seine-et- Marne, arr. et cant. de Melun, commune de Vert-Saint-Denis); le dimanche 9, il reçut le chancelier de Guyenne, Tanneguy du Chastel, Barbazan et autres ambassadeurs du Dauphin; le mardi 11, il retourna à Pouilly pour traiter de la paix; son séjour à Corbeil se prolongea jusqu'au 16 juillet.

2. Les extraits des 7, 12 et 15 juillet ont été reproduits par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris y pièces justificatives, t. IV, p. 579.

quelles processions furent ordonnées pour regracier Dieu des aliances et du traictié de paix et union entre messegneurs le Dauphin et le duc de Bourgongne, et pour reconamender la paix et union de ce royaume à la conservacion d'icellui.

Venredi, xiiij® jour de jullet.

La Court acompaigna le collège de la Sainte-Ghappelle, qui ala en procession à l'église Sainte-Geneviefve pour prier Dieu pour la paix, salut et prospérité de ce royaume.

Ce jour, trespassa Tevesque de Bayeux^.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 189.

Samedi, xv® jour de jullet.

Ce mesme jour, monsegneur le Dauphin, qui estoit

venu à Gorbueil avec le duc de Bourgoingne pour traic-

tier de la paix et union de ce royaume, après certains

traictiez de paix et aliances, se parti dudit Gorbueil

pour aler à Meleun.

Conseil, XIV (Xial480), fol. 189.

Lundi, xvij® jour de jullet.

Ce jour, maistre Guillaume de Besze, conseillier du Roy, a asseuré aux us et coustumes de France Marguerite, vefve de feu Jehan Remon, damoiselle Katherine, vefve de feu Pierre Ogier, et Jehannete la Preudefemme, nourrisse.

1. Jean II Langret de Poligny, conseiller du duc de Bourgogne, avait été nommé évêque de Bayeux, le 11 avril 1412, par Jean XXII ; comme on le voit, il ne fut pas l'une des victimes des massacres du 12 juin 1418, ainsi que le prétendent certains auteurs. Il fut inhumé dans l'église de Poligny.

308 JOURNAL [14i9]

Ce mesme jour, la Court a enjoint audit de Besze qu'il traicte sa femme amiablement et ainsi que mary doit traictier sa femme, et non autrement.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 189 v«.

Jeudi, XX® jour de ce moys.

Furent publieez céans les lettres ordonnées par le Roy sur la paix et union de ce royaume, et les lettres de messegneurs le Dauphin et le duc de Bourgoingne, ratiffians et approuvans lesdictes lettres royaux, et furent céans enregistréez ^ .

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 189 v«.

Venredi, xxviij® jour de jullet.

Ce jour, la Court manda maistres Philibert de Montjeu, Estienne Grasset, Jehan de la Marche, conseil- Hers du Roy, commis par le Chancelier à la garde du petit seel ; lesquelz vindrent en la Chambre de Parlement au mandement de la Court, qui les redargua et blasma, pour ce qu'ilz avoient refusé à sceller ung extrait d'une ordonnance ou lettre royal publiée et enregistrée céans, et avoient escript ou fait escripre au dos dudit extrait : vade ad dominum Cancellarium. Sur quoy ledit de la Marche, en tant que à lui tou-

1. Les lettres de Charles VI réglant les conditions de la paix entre le Dauphin et le duc de Bourgogne furent données à Pontoise le 19 juillet; la ratification de Jean-sans-Peur est du même jour et celle du Dauphin du 20 juillet ; leur texte fut inséré dans le registre du Trésor des chartes (JJ 176, n° 29) et dans celui du Parlement (X**8603, fol. 51-53); il se trouve imprimé dans les Ordonnances, t. XII, p. 263. A l'occasion de la publication de ces lettres, il y eut des réjouissances publiques et des feux de joie allumés dans les rues.

choit, respondi qu'il avoit esté et estoit d'acord de seeller ledit extrait, et lesdis de Montjeu et Grasset respondirent, que pour ce que lesdictes lettres touchoient aucunement la matière des libertés de l'Eglise, qu'ilz avoient renvoyé lesdictes lettres à monsegneur le Chancelier, ainsi qu'ilz avoient acoustumé de faire de toutes lettres faictes en grandes matières.

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 190.

Lundi, dernier jour de jullet.

Vindrent nouvelles de la prinse de Pontoise par les

Anglois, qui montèrent par eschieles sur les murs

d'icelle ville, entre un et v heures au matin S après ce

que les gens qui avoient fait le guet furent departiz^.

Conseil, XIV (X** 1480), fol. 190.

1. D'après le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 126, 127), la nouvelle de la surprise de Pontoise par les Anglais, qu'apportèrent les fuyards « en grans tourbes, » plus morts que vifs et à demi nus, se répandant en gémissements et lamentations, produisit la plus vive impression et donna lieu à des commentaires peu favorables. Le peuple de Paris fut « moult esmerveillé » de voir que le duc de Bourgogne, qui se trouvait en forces à Saint-Denis, non seulement ne porta « aucun secours à ceulx de Pontoise, » mais se hâta de plier bagage et de se retirer à Lagny. Monstrelet, qui nous a laissé un récit complet de la prise de Pontoise, dit que les Anglais, commandés par Gaston de Foix, captai de Buch, « firent maulx innumerables, comme en ville conquise, et gagnèrent grant finance. » S'il faut en croire un bruit rapporté par le greffier du chapitre de Notre-Dame dans les registres capitulaires (Arch. nat., LL215, fol. 242), la trahison n'aurait pas été étrangère à cet événement.

2. Cet extrait du Parlement est donné par D. Félibien, His^ toire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 579, et par Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 404.

Lundi, vij® jour de aoust.

Ce jour, la Court arresta en la main de maistres J. Aguenin, procureur, et P. de Marigny, advocat du Roy, la somme de deux cens et cinquante escus en or qu'ilz avoient receuz des exécuteurs du testament de feu maistre Nicole de Baye, à cause de certain traictié accordé entre lesdis procureur et advocat ou nom du Roy, d'une part, et lesdis exécuteurs, d'autre part, ou cas qu'il plairoit à la Court*. Sur quoy ycelle Court n'a encores sur ce donné aucun consentement, combien que lesdis procureur et advocat ayent au jour duy exposé en ladicte Court les causes qui les ont meu et les manières qu'ilz ont tenues à faire ledit accord. Mais a ycelle Court appoinctié de veoir informacions, opinions, exploiz et ce que lesdis procureur et advocat ont touchant ceste matière pour en ordonner au Conseil.

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 190 \\

Mardi, viij® jour d' aoust.

Maistre Jehan Filleul, ou nom et comme exécuteur du testament de feu maistre Mahieu du Roc, nagaires conseillier de ceans^, d'une part, et maistres Nicole

1. Le débat engagé entre les exécuteurs testamentaires de Nicolas de Baye et les gens du Roi au Parlement portait sur le point de savoir si Nicolas de Baye devait être considéré comme serf, ou si son affranchissement lui donnait qualité pour disposer de ses biens. L'accord qui fut passé à ce sujet le 3 août 1419 ne fut homologué par la Cour que le 9 janvier 1422 (cf. la notice biographique en tète du tome II du Journal de Nicolas de Baye, p. xli).

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