‹ Journal de Clément de Fauquembergue, graffier du Parlement de Paris, 1417-1435Chapitre 30 sur 40 · Le testament de Mahieu du Bosc, trésorier de Bayeux · texte numérisé non relu

Le testament de Mahieu du Bosc, trésorier de Bayeux

Cuer et J. Galvi, ou nom et comme exécuteurs du testament de feu maistre N. Veau, nagaires evesque de Limoges, ont consenti que certains biens de Texecucion dudit feu evesque, estans en l'ostel dudit feu du Boc, où demouroit ledit feu evesque, soient transportés et mis en une chambre de l'ostel où demouroit ledit feu du Boc, et ont requis les dessusdiz leurdit consentement estre enregistré.

Mecredi, ix« jour d'aoust.

Ce jour, les Anglois vindrent courir devant les portes de Paris et se tindrent par long espace de temps près de la maison Saint-Ladre, devant la porte Saint- Denis, et environ midy se retrairent et retournèrent à Argentueil, où ilz avoient esté logiez, si comme on disoit. Et lors y avoit à Paris petite garnison de gens d'armes, pour l'absence du Roy, de la Royne, de messegneurs le Dauphin, le duc de Bourgoingne et des autres seigneurs de France, qui jusques cy ont fait petite resistence ausdiz Anglois et à leurs entreprises depuis le siège de Harfleu; depuis lequel siège les Anglois ont occupé la ducliié de Normendie avec pluiseurs villes et forteresses, soubz umbre et par le moyen des debas et divisions qui ont esté entre les seigneurs et peuple de ce royaume, pour lesquelles apaisier ont esté. fais certains traictiez de paix et union dont les

conseiller au Parlement, est du 23 septembre 1418 ; celui de Nicolas Viaud, évêque de Limoges, est du 13 mai 1418 ; ils faisaient partie du registre des Testaments (Xi^9807) et se trouvent tous deux dans le volume 1162 de la collection Moreau.

lettres furent céans leues, publiéez et enregistréez le xx° jour de juUet derrain passé.

Lendemain, x® jour d'aoust, jour de saint Lorens, cessa le marchié et foire, acoustumés chascun an ledit jour estre tenus ou forsbourc de Saint-Lorens leiz Paris, pour doubte du duc de Glarence^ et des Anglois estans en sa compaignie, qui, ce jour et le jour précèdent, vindrent en armes devant Paris audit lieu de Saint-Lorens, et jusques à l'ostel de Saint-Ladre, leiz la porte Saint-Denis^. Et lendemain, xj® jour d'aoust, retournèrent à Pon toise, si comme on disoit^.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 191.

Venredi, xj® jour d'aoust.

Furent assemblez au Conseil en la Chambre de Parlement pluiseurs des conseilliers de céans, qui s'en départirent avant x heures pour occasion des Anglois, qui la nuit précèdent avoient esté logiez en la ville de Saint-Ouin et en pluiseurs villages environ Saint-Denis, qui retournèrent ce jour à Pontoise, si comme on disoit.

Conseil, XIV (X^a 1480), fol. 191.

1. Thomas de Lancastre, duc de Clarence, frère du roi d'Angleterre et son lieutenant en France en 1420, « moût biau prince et renommé d'estre vaillant « (Mémoires de Pierre de Fenin, p. 153), fut tué à la bataille de Baugé.

2. Suivant le Journal d'un bourgeois de Paris (p. 128), les Anglais n'osèrent attaquer Paris, « pour la commune, qui tantost se misdrent sur les murs pour deffendre la ville..., et s'en allèrent, pillant, tuant, robant, prenant gens à rançon. »

3. Le paragraphe concernant la course des Anglais devant Paris a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, pièces justificatives, t. IV, p. 579.

Samedi, xix® jour d'aoust.

Ce jour, la Court a nommé et esleu maistres G. Cotin et Q. Massue pour entendre et assembler avec les gens du Grant Conseil du Roy et autres sur aucunes besoingnes touchans le bien et conservacion de ce royaume et de la ville de Paris.

Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 191 w\

Lundi, xxj® jour d'aoust.

Avant les plaidoieries, presens maistres Phelippe de Morvillier, J. Rapiout, J. de Longueil, presi- -densS et autres, vint en la Chambre de Parlement, au mandement de la Court, Loys Culdoe, maistre gênerai des Monnoies de ce royaume, auquel ycelle Court avoit enjoint autresfois de faire diligence à Texpedicion et délivrance de certaine somme d'argent qui devoit estre prinse et levée sur le proufit et émolument de la Monnoie de Paris pour convertir et emploier ou paiement des gaiges dez presidens et conseilliers de ladicte Court, selon l'ordonnance des generaulz commissaires sur le fait des finances de ce royaume. Et, pour ce que ledit Loys avoit en ceste besoingne fait petite diligence, ou néant, lui fu dit de par la Court, entre autres choses, que la Court s'esmerveilloit de ce que lui, qui congnoissoit Testât d'icelle Court, de laquelle il estoit subget, n'avoit fait aucune diligence sur l'expedicion ou délivrance de ladicte somme ; à quoy ledit Loys respondi par manière assez arrogant qu'il estoit subget du Roy. Et ledit premier

Page 1