Ceux de Paris et de Chartres qui assistaient à la séance
ceste manière : « 11 semble à la Court que l'en devroit premièrement estre bien informez des facultez et estât de chascun de ceulx de qui l'en vouldra emprunter, et soient mandez par le Roy ou ses commis à ce, et exhortez bien et amiablement, en promettant bien rendre et bailler bonnes seurtez ; et, en cas de refus, soient contrains les officiers royaulx et autres qui ont gouverné les finances, et praticiens, soient clers ou laiz, par privacion de leurs offices et pratiques, et par prise, detencion, vendicion et expletacion de leurs biens, se mestiers est, les non officiers laiz par prise, vendue et expletacion de leurs biens, et les clers par prise de leurs temporelz, en leur mettant mulctes et peines, et menassant de mettre mangeurs en leurs maisons ou cas qu'ilz n'obeyront, non obstans oppositions ou appellacions quelxconques et mandemens ou défenses à ce contraires. »
Et a esté baillée ycelle cedule signée à maistre G. de Villiers pour bailler au Gonnestable qui ce demande. Et ont esté esleuz et commis à estre au fait des empruns avec aucuns de la Chambre des Comptes et autres ja députez à ce par le Roy, comme Ten disoit, maistre N. de Baye et maistre R. Houel.
Jeudi, tiers jour de juing.
Ce jour, avant les plaidoieries, ont esté mandez en la Chambre les advocas et procureurs seulement et exhortez par la Court de par le Roy de prester au Roy pour sa nécessité urgent qui est de présent, pour résister aux Anglois et autres adversaires de ce royaume qui se mettent sus pour le grever. Et a esté
au fait desdiz empruns, avecques maistres N. de Baye et R. Houel, ja commis et esleuz à ce par la Court, commis maistre Jehan Milet, notaire du Roy céans*. Matinées, IX (X1&4791), fol. 242.
Vendredi, iiij® jour de juing.
Ce jour, a esté rendue à Gauvain Trente^ etBerthelemin Martin, marchans et bourgeois de Paris, une cedule signée de leurs mains, du xij® jour de janvier mil CGGCxmi, par laquelle ilz confessent avoir en garde et depost de par la Court ij"" iij*^ escus en monnoie, venant de Jehan Bermont, Bertran Navars, Pierre Bertholin et François de Monoaldo, de Montpellier, lesquelx les avoient mis devers ladicte Court pour le rachat de certaines rentes, esquelles ilz estoient tenuz envers messire Helye de Lestrange, evesque du Puy, et pour occasion de quoy procès est pendant
1. Ce paragraphe se trouve dans Douët d'Arcq [Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 391).
2. Gauvain Trente était un marchand lucquois établi à Paris; nous le voyons recevoir en gage du duc de Bourgogne, le 31 août 1411, quantité de joyaux pour garantie d'un prêt de 18,030 livres (cf. Chronique de Perceval de Cagny, éd. Henri Moranvillé, p. 59, n. 1). Le 14 avril 1417, il avança aux connétable et chancelier de France, pour les besoins de l'Etat, 4,000 livres, remboursables à la fin de juin, et reçut en nantissement plusieurs joyaux de prix, tels que le rubis balais d'Orange, le saphir de Melun (Arch. nat., J426, n° 35®). Il faisait d'ailleurs le commerce de pierreries; d'après Vlnventaire du duc de Berry, il lui vendit une émeraude montée du prix de 80 francs et il figure parmi les créanciers de ce prince. Gauvain Trente mourut avant le mois de juillet 1424; sa veuve et ses enfants obtinrent des lettres royaux auxquelles fît droit le Parlement (X*» 1480, fol. 303 v°).
céans entre lesdictes parties. Et a fait recevoir ladicte Court ladicte somme de ij'" iij*' escus par maistre Jehan du Bois, greffier criminel d'icelle et payeur des gages de messeigneurs de ladicte Court, pour y celle somme ou au moins la somme de ij"" frans prester au Roy pour ladicte Court, contraincte à ce de par ledit seigneur pour la nécessité urgent du royaume. Et est par ce demourée ladicte Court chargée de ladicte somme de ij°^ iij*' escus rendre ou faire rendre où et quant il appartendra.
Cedit jour, a esté ordené estre fait ouverture en Tostel maistre Giles de Clamecy, conseiller du Roy céans, pour avoir certains procès qu'il a et qui ont esté longuement poursuiz et demandez. Et a ce commandé estre fait par un huissier, se mestiers est. Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 94.
Samedi, ix® jour de juing.
Ce jour, ont esté céans monseigneur le Chancelier et plusieurs maistres des Requestes et du Grant Conseil du Roy avec lui, et ont apporté certaines lettres royaulx par lesquelles est octroyé aux prevost des marchans et eschevins de Paris qu'ilz puissent vendre sur les rentes de la Ville mil 1. p. de rente à vie ou à héritage à rachat, pour tourner l'argent qui ystra de ce es reparacions, em parement et défense de ladicte Ville. Et à icelles lettres, dont est demouré autant au registre de la Court, a esté obtempéré, pourveu que au compte rendre aura aucuns des seigneurs de céans avec ceulx de la Chambre des Comptes ^