‹ Journal de Clément de Fauquembergue, graffier du Parlement de Paris, 1417-1435Chapitre 4 sur 40 · Ce paragraphe a été reproduit par Douët d'Arcq (Choix · texte numérisé non relu

Ce paragraphe a été reproduit par Douët d'Arcq (Choix

Item, a baillé ledit Ghancellier certain advis du Grant Conseil pour avoir finances, ci ataché :

Advis fait par les gens du Conseil du Roy pour trouver finance :

Premièrement, de assoupper la revenue des greniers tant du droit du Roy comme du droit des marchans, et demander aux grenetiers qu'ilz envoyent devers les commissaires la déclaration du sel qui est es diz greniers, tant celui qui est composé comme celui qui est à composer (l"> fr.).

Item, de mettre un x™^ sur le clergié, et, pour avoir l'argent plus promptement, que le prélat d'un chascun diocèse, avec X ou xij tant abbez comme collèges ou autres personnes notables desdiz dyoceses, soyent contrains à prester l'argent dudit x™®, qui sera assiz en chascun dyocese, à recouvrer sur ledit x™® (l™ fr.).

Item, que tous ceulx qui ont estez examps de paier les aides precedans l'aide mis sus ou mois de mars derrain passé, soient contrains à paier ledit aide mis sus ou mois de mars, et celui qui derrainement a esté mis sus (xx™ fr.).

Item, d'aviser comment l'en pourra prandre sur les aides venans en la main du Roy, tant en restraingnant les despences des hostelz du Roy, de la Royne et monseigneur le Daulphin, comme autrement (iiij" mil fr.).

Item, d'aviser comment les seigneurs facent chascun un certain nombre de gens d'armes pour le service du Roy, ou le paiement pour iiij mois, en lieu de la revenue qu'ilz prennent en leurs terres sur le fait des aides ordonnés (l°» fr.).

Item, de prandre un aide sur chascune queue de vin

de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 390).

entrant es bonnes villes de ce royaume, tel qu'il sera ad visé (l™ fr.).

Item, de révoquer toutes exempcions octroyées puis X ans en ça.

Item, d'aviser comment on pourra trouver finances sur le fait des monnoies (iij*" mil fr.).

Item, des joyaulx et argent de la Royne (sic) (l™ fr.)*. Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 94.

Samedi, xij® jour de juing.

Ce jour, la Court s'est tenue pour content de la somme de v"" escus venant de Jehan Lefevre, dit Goustellier, prisonnier ou Ghastellet de Paris, par l'obligation de maistre Jaques de Bernay et Pierre Bourju, estant devers la Court, pour ladicte somme convertir es reparacions de ce Palais.

Item, ce jour, depuis sont venus monseigneur le Chancelier, les evesques de Lisiex et de Paris, messire G. Le Bouteiller, chevalier, maistre N. Fraillon, m. G. Chanteprime, m. Arnault de Marie, m. Bureau Boucher, maistres des Requestes de FOstel, maistre Miles Dangeul, maistre en la Chambre des Comptes, maistre André Cotin, advocat, et maistre J. Aguenin, procureur du Roy, et a esté conseillé sur ce que maistre J. de Vitry, conseiller céans et maistre des Requestes de rOstel de monseigneur le Daulphin, et envoyé de par lui absent de Paris à tout lettres de créance, requeroit Tadvis de la Court et du Conseil sur ce que messire Sigismond, soy disant roy des Rommains et semper augustus, avoit mandé ou

1. Cette pièce est intercalée dans le registre sur un feuillet à part (fol. 95 du registre).

Daulphiné que tous ses feodaulx lui feissent leurs devoirs à cause de l'Empire, dedens Penthecouste derrain passée ^ Et finablement a esté respondu audit Vitry que Tadvis est de prendre delay, quantum poterit, dudit Sigismond, et de lui offrir faire tout devoir raisonnable; et intérim et quam citius fieri poterit, soy informer à Grenople, et ailleurs ou Daulphiné, quelz devoirs peuvent estre deuz à cause dudit Daulphiné ou autrement à l'Empire et en faire après toute raison. Conseil, XIV (X*» 1480), fol. 96.

Dimanche, xiïf jour de juing, Curia vacat. Ce jour, entre ix et x heures avant midi, vindrent environ viij hommes, y a voit iij chevaliers, eulx disans venir de par le Roy es prisons de la Conciergerie du Palais, et rompirent le premier huis desdictes prisons et, invitis custodibus, prindrent en la grosse tour messire Guy Turpin, chevalier, soy disant seigneur de LavaP, qui, par ordonnance de la Court, estoit pri-

1. Voy. à ce sujet les lettres du dauphin Charles, données à Tours le 2 juin 1417, prescrivant aux gouverneur et gens du Conseil du Dauphiné de faire assembler les Etats du pays, afin de prendre de concert les mesures nécessaires pour résister aux entreprises du roi des Romains [Ordonnances des rois de France, t. X, p. 414).

2. Le registre criminel (X^a 17) ne dit mot de cette effraction de la Conciergerie, suivie de l'enlèvement de Guy Turpin; on voit seulement à la date du 9 juin une opposition faite au nom de Jeanne de Laval et de Jacques de Bernay à la mise en liberté de Guy Turpin, prisonnier en la Conciergerie. Le jeudi 8 juillet, messire Guy Turpin, Jean, seigneur de Coulanges, et nombre d'autres furent ajournés à comparoir en personne, sous peine de bannissement, par la bouche d'un huissier du Parlement, mais firent défaut. Cette citation était lancée à la

sonnier en ladicte tour, et remmenèrent de fait devers le Roy en Tostel delez Saint Pol à Paris * .

Matinées, IX (Xia4791), fol. 248.

Lundi, xiiij® jour de juing.

Ce jour, n'a point esté plaidié, mais a l'en esté au Conseil sur ledit fait dudit Turpin, et est le registre de ce au greffe criminel.

Mardi, xv® jour de juing.

Ce jour, la Court a obtempéré à unes lettres, par lesquelles le Roy ordonne que le sire de Préaux 2, qui

requête du procureur général du roi, de Jeanne de Laval- Châtillon, ainsi que des bourgeois et habitants de la ville et des faubourgs de Laval. Le 24 juillet et le 30 août, nouvelle citation du même Turpin, qui continua à faire défaut. La vie aventureuse de ce personnage a été récemment l'objet d'une curieuse étude (voy. la notice historique consacrée par l'abbé Ledru à Anne de Laval et Guy Turpin, 1888). Guy Turpin avait contracté un mariage clandestin avec Anne de Laval, veuve de Jean de Montfort, fille de Guy XII et de Jeanne de Laval-Châtillon, laquelle encourut le ressentiment de sa mère qui la mit en chartre privée. Guy Turpin, après cette union secrète, s'était réfugié à Paris, où il commandait, avec le titre de chevalier banneret, une compagnie d'hommes d'armes auprès de la personne du Roi, sous les ordres de Tanguy du Châtel, prévôt de Paris. L'affaire du mariage clandestin de Guy Turpin et d'Anne de Laval fut portée devant le Parlement, qui, le 5 juin 1417, prit des mesures de rigueur contre les varlets et serviteurs de Guy Turpin et fit arrêter Guy Turpin lui-même. Par suite des mesures de proscription qui enveloppèrent le Parlement à la fin d'août, la cause des dames de Laval ne reçut aucune solution.

1. Ce paragraphe a été reproduit par M. Douët d'Arcq (CAoeo; de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 390).

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